Modèle de lettre au maire de Grande-Synthe

Monsieur Martial Beyaert, maire de la commune de Grande-Synthe
Mairie de Grande-Synthe
Place François Mitterrand
BP 149
59792 Grande-Synthe Cedex

 

A Dunkerque, le …. janvier 2021

Objet : dispositifs de mise à l’abri pour la période hivernale dans le dunkerquois

Copies à Messieurs le préfet du Nord, le sous-préfet de Dunkerque, le président de la Communauté Urbaine de Dunkerque (CUD)

Monsieur le Maire de Grande-Synthe,

Je vous demande d’ouvrir, en urgence, un dispositif de mise à l’abri pérenne, accessible à tous de manière inconditionnelle, durant toute la période hivernale et disséminé le long de la côte.

Les associations venant en aide aux personnes exilées à Grande-Synthe constatent quotidiennement dinnombrables témoignages dhommes, de femmes et denfants épuisés physiquement et mentalement par les conditions hivernales (froid, pluie, humidité, vent etc.). Celles-ci rendent insoutenables les conditions de survie inhumaines que ces personnes sans abri subissaient débien avant l’hiver.

Depuis le 1er novembre, date du début de la trêve hivernale, les associations non mandatées par l’État ont accompagné :

  • 652 hommes seuls ; 
  • 101 familles, équivalent à 282 personnes ;
  • 95 femmes, dont 33 femmes seules (dont 11 mères seules), et 7 femmes enceintes ;
  • 127 enfants, dont 107 de moins de 12 ans, 39 de moins de 5 ans et 19 de moins de 3 ans ;
  • 173 mineurs isolés. 

Linstruction interministérielle en date du 3 novembre 2020 concernant la prise en charge des populations précaires pendant la crise sanitaire vous enjoint d’ouvrir : « autant de places que nécessaires en vous fondant sur les demandes non pourvues de SIAO-115 et les données remontées par les maraudes. Lobjectif est quune solution soit proposée à chacun afin d’éviter la présence de personnes à la rue ».

Conformément, au rapport de lIGPN/IGA de 2017, il y a trois ans de cela : « La réduction de la tension sur place passe enfin par une amélioration de la situation humanitaire des migrants, source de risques sanitaires, notamment à l’approche de l’hiver, et facteur dagressivité. La mission estime que la lutte contre l’immigration clandestine et la réapparition de camps est compatible avec des mesures destinées à garantir le respect de la personne et sa dignité ».

Dans ce même rapport, l’IGPN/IGA invitait les autorités à abriter les personnes sans abri en cas de froid et de forte pluie : « Il convient également, à l’approche de l’hiver, de prévoir un dispositif provisoire d’hébergement à actionner, en cas de grand froid ou de pluies intenses, pour ceux qui persisteraient à refuser d’aller dans une structure daccueil. A défaut, la situation de ces migrants, en situation d’extrême précarité, pourrait devenir dramatique et placer l’État et les forces de l’ordre présentes sur place dans une situation risquée, tant sur le plan humanitaire que de la sécurité des personnes ».

Plus encore en cette période hivernale, les mineur.e.s isolé.e.s etranger.e.s dans leur totalité, doivent être systématiquement hébergé.e.s au sein de dispositifs d’accueil d’urgence. Conformément à la protection temporaire prévue par l’article L 223-2 du CASF, un double principe de présomption de minorité et de danger doit prévaloir dans l’attente d’investigations ultérieures.

Or, les associations sur place ont pu constater que les dispositifs de mise à l’abri existants, loin de Grande-Synthe, ne suffisent pas à répondre à cette urgence et comptabilisent depuis le 1er novembre 2020, à minima 203 demandes de mises à l’abri refusées par manque de place au 115 pour des hommes seuls adultes.

Le Défenseur Des Droits rappelait, il y a deux ans dé, en décembre 2018 que « la politique du gouvernement ne doit pas empêcher laccueil digne ». Seule la mise en place d’un dispositif de mise à l’abri adapté, de façon pérenne et ouvert à tous de manière inconditionnelle peut permettre de garantir un minimum de respect de la dignité humaine.

Compte tenu de tout ce qui précède et afin que les demandes ministérielles soient respectées, je vous demande de permettre la mise à l’abri des personnes exilées durant toute la période hivernale.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le maire de Grande-Synthe, l’expression de mes salutations respectueuses.

Modèle de lettre CUD

M. Patrice Vergriete, président de la Communauté urbaine de Dunkerque
Communauté urbaine de Dunkerque
Pertuis de la marine
59140 Dunkerque

A Dunkerque, le …. janvier 2021.

Objet : dispositifs de mise à l’abri pour la période hivernale dans le dunkerquois

Copies à Messieurs le préfet du Nord, le sous-préfet de Dunkerque, le Maire de la commune de Grande-Synthe

Monsieur le président de la Communauté Urbaine de Dunkerque,

Je vous demande d’ouvrir, en urgence, un dispositif de mise à l’abri pérenne, accessible à tous de manière inconditionnelle, durant toute la période hivernale et disséminé le long de la côte.

Les associations venant en aide aux personnes exilées à Grande-Synthe constatent quotidiennement dinnombrables témoignages dhommes, de femmes et denfants épuisés physiquement et mentalement par les conditions hivernales (froid, pluie, humidité, vent etc.). Celles-ci rendent insoutenables les conditions de survie inhumaines que ces personnes sans abri subissaient débien avant l’hiver.

Depuis le 1er novembre, date du début de la trêve hivernale, les associations non mandatées par l’État ont accompagné :

  • 652 hommes seuls ;
  • 101 familles, équivalent à 282 personnes ;
  • 95 femmes, dont 33 femmes seules (dont 11 mères seules), et 7 femmes enceintes
  • 127 enfants, dont 107 de moins de 12 ans, 39 de moins de 5 ans et 19 de moins de 3 ans ;
  • 173 mineurs isolés.

Linstruction interministérielle en date du 3 novembre 2020 concernant la prise en charge des populations précaires pendant la crise sanitaire vous enjoint d’ouvrir : « autant de places que nécessaires en vous fondant sur les demandes non pourvues de SIAO-115 et les données remontées par les maraudes. Lobjectif est quune solution soit proposée à chacun afin d’éviter la présence de personnes à la rue ».

Conformément, au rapport de lIGPN/IGA de 2017, il y a trois ans de cela : « La réduction de la tension sur place passe enfin par une amélioration de la situation humanitaire des migrants, source de risques sanitaires, notamment à l’approche de l’hiver, et facteur dagressivité. La mission estime que la lutte contre l’immigration clandestine et la réapparition de camps est compatible avec des mesures destinées à garantir le respect de la personne et sa dignité ».

Dans ce même rapport, l’IGPN/IGA invitait les autorités à abriter les personnes sans abri en cas de froid et de forte pluie : « Il convient également, à l’approche de l’hiver, de prévoir un dispositif provisoire d’hébergement à actionner, en cas de grand froid ou de pluies intenses, pour ceux qui persisteraient à refuser d’aller dans une structure daccueil. A défaut, la situation de ces migrants, en situation d’extrême précarité, pourrait devenir dramatique et placer l’État et les forces de l’ordre présentes sur place dans une situation risquée, tant sur le plan humanitaire que de la sécurité des personnes ».

Plus encore en cette période hivernale, les mineur.e.s isolé.e.s étranger.e.s dans leur totalité, doivent être systématiquement hébergé.e.s au sein de dispositifs d’accueil d’urgence. Conformément à la protection temporaire prévue par l’article L 223-2 du CASF, un double principe de présomption de minorité et de danger doit prévaloir dans l’attente d’investigations ultérieures.

Or, les associations sur place ont pu constater que les dispositifs de mise à l’abri existants, loin de Grande-Synthe, ne suffisent pas à répondre à cette urgence et comptabilisent depuis le 1er novembre 2020, à minima 203 demandes de mises à l’abri refusées par manque de place au 115 pour des hommes seuls adultes.

Le Défenseur Des Droits rappelait, il y a deux ans dé, en décembre 2018 que « la politique du gouvernement ne doit pas empêcher laccueil digne ». Seule la mise en place d’un dispositif de mise à l’abri adapté, de façon pérenne et ouvert à tous de manière inconditionnelle peut permettre de garantir un minimum de respect de la dignité humaine.

Compte tenu de tout ce qui précède et afin que les demandes ministérielles soient respectées, je vous demande de permettre la mise à l’abri des personnes exilées durant toute la période hivernale.

Je vous prie de vouloir agréer, Monsieur le président de la Communauté Urbaine de Dunkerque, l’expression de mes salutations respectueuses

Modèle lettre sous-préfecture Dunkerque

M. Hervé Tourmente, sous-préfet de Dunkerque
Préfecture de Dunkerque
27 Rue Thiers
59140 Dunkerque

 

A Dunkerque, le …. janvier 2021

Objet : dispositifs de mise à l’abri pour la période hivernale dans le dunkerquois

Copies à Messieurs le préfet du Nord, le président de la Communauté Urbaine de Dunkerque (CUD), le maire de la commune de Grande-Synthe

Monsieur le sous-préfet de Dunkerque,

Je vous demande d’ouvrir, en urgence, un dispositif de mise à l’abri pérenne, accessible à tous de manière inconditionnelle, durant toute la période hivernale et disséminé le long de la côte.

Les associations venant en aide aux personnes exilées à Grande-Synthe constatent quotidiennement dinnombrables témoignages dhommes, de femmes et denfants épuisés physiquement et mentalement par les conditions hivernales (froid, pluie, humidité, vent etc.). Celles-ci rendent insoutenables les conditions de survie inhumaines que ces personnes sans abri subissaient débien avant l’hiver.

Depuis le 1er novembre, date du début de la trêve hivernale, les associations non mandatées par l’État ont accompagné :

  • 652 hommes seuls ; 
  • 101 familles, équivalent à 282 personnes ;
  • 95 femmes, dont 33 femmes seules (dont 11 mères seules), et 7 femmes enceintes ;
  • 127 enfants, dont 107 de moins de 12 ans, 39 de moins de 5 ans et 19 de moins de 3 ans ;
  • 173 mineurs isolés. 

Linstruction interministérielle en date du 3 novembre 2020 concernant la prise en charge des populations précaires pendant la crise sanitaire vous enjoint d’ouvrir : « autant de places que nécessaires en vous fondant sur les demandes non pourvues de SIAO-115 et les données remontées par les maraudes. Lobjectif est quune solution soit proposée à chacun afin d’éviter la présence de personnes à la rue ».

Conformément, au rapport de lIGPN/IGA de 2017, il y a trois ans de cela : « La réduction de la tension sur place passe enfin par une amélioration de la situation humanitaire des migrants, source de risques sanitaires, notamment à l’approche de l’hiver, et facteur dagressivité. La mission estime que la lutte contre l’immigration clandestine et la réapparition de camps est compatible avec des mesures destinées à garantir le respect de la personne et sa dignité ».

Dans ce même rapport, l’IGPN/IGA invitait les autorités à abriter les personnes sans abri en cas de froid et de forte pluie : « Il convient également, à l’approche de l’hiver, de prévoir un dispositif provisoire d’hébergement à actionner, en cas de grand froid ou de pluies intenses, pour ceux qui persisteraient à refuser d’aller dans une structure daccueil. A défaut, la situation de ces migrants, en situation d’extrême précarité, pourrait devenir dramatique et placer l’État et les forces de l’ordre présentes sur place dans une situation risquée, tant sur le plan humanitaire que de la sécurité des personnes ».

Plus encore en cette période hivernale, les mineur.e.s isolé.e.s étranger.e.s dans leur totalité, doivent être systématiquement hébergé.e.s au sein de dispositifs d’accueil d’urgence. Conformément à la protection temporaire prévue par l’article L 223-2 du CASF, un double principe de présomption de minorité et de danger doit prévaloir dans l’attente d’investigations ultérieures.

Or, les associations sur place ont pu constater que les dispositifs de mise à l’abri existants, loin de Grande-Synthe, ne suffisent pas à répondre à cette urgence et comptabilisent depuis le 1er novembre 2020, à minima 203 demandes de mises à l’abri refusées par manque de place au 115 pour des hommes seuls adultes.

Le Défenseur Des Droits rappelait, il y a deux ans dé, en décembre 2018, que « la politique du gouvernement ne doit pas empêcher laccueil digne ». Seule la mise en place d’un dispositif de mise à l’abri adapté, de façon pérenne et ouvert à tous de manière inconditionnelle peut permettre de garantir un minimum de respect de la dignité humaine.

Compte tenu de tout ce qui précède et afin que les demandes ministérielles soient respectées, je vous demande de permettre la mise à l’abri des personnes exilées durant toute la période hivernale.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le sous-préfet, l’expression de mes salutations respectueuses.

Modèle lettre préfecture région Hauts de France

M. Michel Lalande, préfet de région Hauts-de-France
Préfecture du Nord
12, rue Jean sans Peur
CS 20003
59039 Lille Cedex

 

A Dunkerque, le …. janvier 2021

Objet : dispositifs de mise à l’abri pour la période hivernale dans le dunkerquois

Copies à Messieurs le sous-préfet de Dunkerque, le président de la Communauté Urbaine de Dunkerque (CUD), le maire de la commune de Grande-Synthe

Monsieur le préfet de région,

Je vous demande d’ouvrir, en urgence, un dispositif de mise à l’abri pérenne, accessible à tous de manière inconditionnelle, durant toute la période hivernale et disséminé le long de la côte.

Les associations venant en aide aux personnes exilées à Grande-Synthe constatent quotidiennement dinnombrables témoignages dhommes, de femmes et denfants épuisés physiquement et mentalement par les conditions hivernales (froid, pluie, humidité, vent etc.). Celles-ci rendent insoutenables les conditions de survie inhumaines que ces personnes sans abri subissaient débien avant l’hiver.

Depuis le 1er novembre, date du début de la trêve hivernale, les associations non mandatées par l’État ont accompagné :

  • 652 hommes seuls ; 
  • 101 familles, équivalent à 282 personnes ;
  • 95 femmes, dont 33 femmes seules (dont 11 mères seules), et 7 femmes enceintes ;
  • 127 enfants, dont 107 de moins de 12 ans, 39 de moins de 5 ans et 19 de moins de 3 ans ;
  • 173 mineurs isolés. 

Linstruction interministérielle en date du 3 novembre 2020 concernant la prise en charge des populations précaires pendant la crise sanitaire vous enjoint d’ouvrir : « autant de places que nécessaires en vous fondant sur les demandes non pourvues de SIAO-115 et les données remontées par les maraudes. Lobjectif est quune solution soit proposée à chacun afin d’éviter la présence de personnes à la rue ».

Conformément, au rapport de lIGPN/IGA de 2017, il y a trois ans de cela : « La réduction de la tension sur place passe enfin par une amélioration de la situation humanitaire des migrants, source de risques sanitaires, notamment à l’approche de l’hiver, et facteur dagressivité. La mission estime que la lutte contre l’immigration clandestine et la réapparition de camps est compatible avec des mesures destinées à garantir le respect de la personne et sa dignité ».

Dans ce même rapport, l’IGPN/IGA invitait les autorités à abriter les personnes sans abri en cas de froid et de forte pluie : « Il convient également, à l’approche de l’hiver, de prévoir un dispositif provisoire d’hébergement à actionner, en cas de grand froid ou de pluies intenses, pour ceux qui persisteraient à refuser d’aller dans une structure daccueil. A défaut, la situation de ces migrants, en situation d’extrême précarité, pourrait devenir dramatique et placer l’État et les forces de l’ordre présentes sur place dans une situation risquée, tant sur le plan humanitaire que de la sécurité des personnes ».

Plus encore en cette période hivernale, les mineur.e.s isolé.e.s etranger.e.s dans leur totalité, doivent être systématiquement hébergé.e.s au sein de dispositifs d’accueil d’urgence. Conformément à la protection temporaire prévue par l’article L 223-2 du CASF, un double principe de présomption de minorité et de danger doit prévaloir dans l’attente d’investigations ultérieures.

Or, les associations sur place ont pu constater que les dispositifs de mise à l’abri existants, loin de Grande-Synthe, ne suffisent pas à répondre à cette urgence et comptabilisent depuis le 1er novembre 2020, à minima 203 demandes de mises à l’abri refusées par manque de place au 115 pour des hommes seuls adultes.

Le Défenseur Des Droits rappelait, il y a deux ans dé, en décembre 2018, que « la politique du gouvernement ne doit pas empêcher laccueil digne ». Seule la mise en place d’un dispositif de mise à l’abri adapté, de façon pérenne et ouvert à tous de manière inconditionnelle peut permettre de garantir un minimum de respect de la dignité humaine.

Compte tenu de tout ce qui précède et afin que les demandes ministérielles soient respectées, je vous demande de permettre la mise à l’abri des personnes exilées durant toute la période hivernale.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le préfet de région, l’expression de mes salutations respectueuses.

Appel : Exigeons ensemble une mise à l’abri des personnes exilées à Grande-Synthe !

POUR UN ACCÈS À UN HÉBERGEMENT DIGNE DANS LE DUNKERQUOIS EN PERIODE HIVERNALE

19 associations agissant au soutien de personnes exilées dans le dunkerquois ont demandé à l’administration française d’ouvrir, en urgence, un dispositif de mise à l’abri pérenne, accessible à tou.te.s de manière inconditionnelle, durant toute la période hivernale.

Alors que les températures sont toujours plus basses et les conditions de survie déplorables sur place, votre participation est déterminante. Aidez-nous à les solliciter aussi !

Vous pouvez trouver des lettres pré-rédigées sur le modèle de celle envoyées par les associations aux autorités publiques, et leur demander denfin ouvrir des logements dignes. N’hésitez pas à nous aider en imprimant / modifiant ce courrier ou en rédigeant votre propre version et à solliciter par voie postale /email / sur les réseaux sociaux; le préfet des Hauts-de-France, le sous-préfet de Dunkerque, le président de la Communauté Urbaine de Dunkerque et le Maire de Grande-Synthe. Il est de leur devoir daccueillir dignement les personnes exilé.e.s présent.e.s dans le dunkerquois et dassurer le respect de leurs droits fondamentaux !

Retrouvez les modèles de lettres et l’ensemble des contacts ci-dessous :

Les réseaux sociaux de l’administration :

Les adresses mail de l’administration :

Préfecture du Nord

  • Michel.lalande@nord.gouv.fr
  • pref-courrier-webmestre@nord.gouv.fr
  • virginie.gervois@nord.gouv.fr (cohésion sociale pref. Du Nord : Politique de la ville, migrants, logement social, expulsions, hébergements)
  • anne.peny@nord.gouv.fr (secrétaire générale pref du Nord)

Sous-préfecture :

  • herve.tourmente@nord.gouv.fr
  • sp-dunkerque-marianne@nord.gouv.fr

président de la CUD :

  • dunkenmouv@gmail.com

Maire de Grande-synthe :

  • m.beyaert@ville-grande-synthe.fr
  • contact@ville-grande-synthe.fr

Les adresses postales de l’administration :

Préfecture du Nord :
M. Michel Lalande, Préfet de Région Hauts-de-France
Préfecture du Nord
12, rue Jean sans Peur
CS 20003
59039 Lille Cedex

 ——

Sous-préfecture :
M. Hervé Tourmente, sous-préfet de Dunkerque
Préfecture de Dunkerque
27 Rue Thiers
59140 Dunkerque

 —–

Président de la CUD :
M. Patrice Vergriete, président de la Communauté urbaine de Dunkerque
Communauté Urbaine de Dunkerque
Pertuis de la marine
59140 Dunkerque 

—–

Maire de Grande-Synthe :
Monsieur Martial Beyaert, maire de la commune de Grande-Synthe
Mairie de Grande-Synthe
Place Francois Mitterrand
BP 149
59792 Grande-Synthe Cedex

En Ile-de-France, les exilés face à une précarité toujours plus grande

Reportage
« On n’a rien pour dormir. La nuit, on marche » : en Ile-de-France, les migrants face à une précarité toujours plus grande

Par Juliette Bénézit, Publié le 26 décembre 2020, Le Monde

Depuis les évacuations de campements à Saint-Denis et place de la République, à Paris, en novembre, les exilés se retrouvent en situation d’errance, dans un dénuement total. « Le Monde » a pu suivre, dans la nuit de mercredi à jeudi, une maraude qui leur vient en aide.

Lorsque nous le rencontrons, un soir glacial de décembre, Mustafa porte un sweat-shirt fin sur le dos. Il a serré les cordons de son pull au niveau du cou pour affronter ce vent humide qui saisit le corps et raidit les muscles. A ses pieds, deux sacs plastiques laissent entrevoir un modeste kit de survie où sont rangées quelques affaires de rechange. Ce Soudanais de 22 ans, qui a fui la guerre civile dans son pays, engloutit une plâtrée de riz servie par le collectif Solidarité migrants Wilson, dans le 19e arrondissement de Paris. Il raconte : « Toutes les nuits, on marche. Vers Saint-Denis, gare de l’Est… ». Son compagnon de route, Abakar, un Soudanais de 27 ans, poursuit : « On n’a pas d’endroit où dormir. Pas de tente, pas de couverture. A partir d’une heure du matin, il fait vraiment très froid. »

Plus loin, Moussa, 23 ans, squatte un bout de trottoir à deux pas du périphérique. Avec trois camarades afghans, il se prépare à sillonner le nord de Paris dans l’espoir de trouver un point de chute décent pour la nuit. Dépité, Moussa lâche : « Je suis malade. On est beaucoup à avoir des problèmes au corps ». Le jeune homme – qui a demandé l’asile en France – sort de son sac un classeur vert. Il en tire un document de l’hôpital Bichat indiquant qu’il souffre d’une pneumonie. « Et je suis dehors…, s’indigne-t-il. Si vous voyiez où on dort, vous pleureriez tellement c’est sale ».

Un collectif réunissant 33 associations (parmi lesquelles Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, La Cimade, Action contre la faim, Emmaüs ou encore le Secours catholique), a saisi la Défenseure des droits, Claire Hédon, en novembre, sur la situation des personnes migrantes à Paris et en Ile-de-France. Depuis 2015, la région est en effet sous tension : le territoire concentre 50 % de la demande d’asile pour 19 % des places d’hébergement. Seules 30 % des personnes qui entament des démarches pour obtenir le statut de réfugié sont prises en charge dans le dispositif national d’accueil, d’après les chiffres du ministère de l’intérieur. Bilan : les campements se succèdent, dans des conditions toujours plus précaires.

« Une politique d’invisibilisation »

Ces dernières semaines, la tension est montée d’un cran. Le 17 novembre, quelque 3 000 migrants ont été mis à l’abri après l’évacuation d’un camp installé à Saint-Denis ; mal calibrée, l’opération a laissé sur le carreau entre 500 et 1 000 personnes. Plusieurs centaines d’exilés se sont retrouvés en situation d’errance, dans un dénuement total. Le 23 novembre, à l’initiative de l’association Utopia 56, un camp a été installé en plein cœur de Paris, sur la place de la République. Environ 500 Afghans ont réclamé des solutions d’hébergement d’urgence. Le soir-même, la place a été violemment évacuée, les images de l’opération « choquant » jusqu’au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Les semaines suivantes, l’Etat a mobilisé 604 places supplémentaires et organisé des mises à l’abri au fil de l’eau. En ce moment, entre 200 et 300 migrants seraient dehors ; un chiffre qui inclut les nouveaux arrivants.

Pour les associations, les événements récents représentent un pas de plus dans la mise en œuvre « d’une politique d’invisibilisation des exilés », des mots de Yann Manzi, d’Utopia 56. Depuis 2019, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, affiche un objectif : zéro campement dans la capitale. De fait, ceux-ci sont repoussés vers la Seine-Saint-Denis. « Après l’évacuation du 17 novembre, les exilés se sont installés encore plus loin que d’habitude, dans des lieux toujours plus enclavés et exigus, afin de ne pas être délogés », rapporte Louis Barda, de Médecins du Monde. « Il y a eu une politique avérée de dispersement pendant dix jours après l’évacuation de Saint-Denis », explique Corinne Torre, de Médecins Sans Frontières. Rencontré sur un point de distribution alimentaire du 19e arrondissement de Paris, Usman, un Afghan de 20 ans en situation d’errance, dit : « La police nous prend les tentes le soir et ne nous laisse pas dormir. »

Les associations s’alarment de la situation sanitaire et sociale. « On a vu une grande usure physique et psychologique ces dernières semaines, constate Louis Barda. Ils se sont retrouvés éloignés des hôpitaux et des points de distribution. » Certains exilés se sont installés sur les rames inutilisées de stations de métro, de RER ou de tram. « Ils ont été dans des endroits qu’on met beaucoup de temps à atteindre. Il faut parfois escalader un mur pour y accéder. Comment on organise une prise en charge sanitaire dans ces conditions ? », demande Paul Alauzy, de Médecins du Monde.

« On peut avoir une autre tente ? »

C’est aussi l’accès aux droits qui se complexifie : « Les personnes se trouvent éloignées des services de base. Elles sont encore plus obligées de se concentrer sur leurs besoins primaires et ne peuvent pas se déplacer pour leurs démarches administratives », rapporte Alix Geoffroy, du Secours catholique.

Dans la foulée de l’évacuation de Saint-Denis, Utopia 56 a lancé une maraude dite « urgence police », avec pour objectif d’intervenir rapidement en cas de pressions. Elle est devenue, au fil des semaines, une distribution itinérante spécialement consacrée au nord de Paris. Jan Kakar, un Afghan de 36 ans, chapeaute la maraude deux soirs par semaine. Lui est arrivé en France en 2008, après avoir fui son pays et la guerre qui s’y déroule. Il a obtenu la nationalité française en 2019 et vient désormais en aide aux jeunes Afghans primo-arrivants. « J’ai commencé à faire cette maraude juste après l’évacuation de la place de la République », explique ce traducteur occasionnel pour le ministère de la justice.

Ce soir du 23 décembre, avant de prendre la route, les voitures sont chargées à ras bord. Les coffres et les banquettes arrière débordent : on y entasse des tentes, de grandes couvertures grises « haute protection » de 2 mètres sur 1,5 mètre, des stocks entiers de gants et de bonnets, des plats cuisinés fournis par Les Restos du cœur ou des établissements parisiens, des thermos de thé et de café… La nuit où nous le suivons en mission, M. Kakar est entouré d’un petit groupe d’Afghans. La plupart ont une vingtaine d’années ; certains sont réfugiés, d’autres sont en cours de demande d’asile. Bénéficiant d’une situation plus stable, ils fouillent les recoins de la Seine-Saint-Denis en suivant des coordonnées GPS qu’ils récupèrent en amont ; certaines localisations leur sont envoyées par des exilés qui se signalent par Facebook.

SOUS UN AUTRE PONT, UN HOMME DORT EN PLEIN AIR, À MÊME LE SOL, COINCÉ ENTRE LE MUR ET UN BLOC DE BÉTON QUI SERT DE PROTECTION SUR LES CHANTIERS
Les personnes migrantes que nous rencontrons ce soir-là vivent sous des ponts, le long du canal Saint-Denis. « C’est les associations, vous voulez du thé ? », demande M. Kakar en arrivant sur place. Les fermetures des tentes s’ouvrent, laissant apparaître quelques visages. « On peut avoir une autre tente ? On n’a pas assez de place », lance un Gambien de 19 ans. Il partage son abri de fortune avec un camarade. « J’ai demandé l’asile mais on ne m’a pas encore proposé de logement », dit-il les traits tirés. Les personnes en cours de procédure doivent en principe être hébergées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) le temps que leur dossier soit étudié.

Sous un autre pont, un homme se redresse brusquement au passage des bénévoles. Il dort en plein air, à même le sol, coincé entre le mur et un bloc de béton qui sert de protection sur les chantiers. M. Kakar lui enroule une couverture autour du corps. Il fait moins de 10 degrés. Plus loin, dans la pénombre, un Soudanais est prostré contre un mur. Il n’a ni tente ni duvet.

Sous-dimensionnement du parc d’hébergement

A ce jour, le dispositif national d’accueil (DNA) – soit quelque 107 000 places d’hébergement réservées aux demandeurs d’asile – est plein à 98 %. En 2021, 4 500 places supplémentaires doivent être créées. Marlène Schiappa, la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur, a également annoncé la mise en œuvre, dès janvier, d’un nouveau schéma national d’accueil instaurant des transferts systématiques en région pour les demandeurs d’asile franciliens. En cas de refus, des fins de prise en charge – notamment le versement d’aides financières – pourraient être décidées. L’objectif affiché par le gouvernement est de desserrer la pression sur l’Ile-de-France.

Outre le sous-dimensionnement du parc d’hébergement, Didier Leschi, le directeur général de l’OFII, identifie une difficulté principale : « Le nombre de réfugiés en présence indue dans le DNA augmente. On n’arrive pas à les en sortir. Ils relèvent en principe de l’hébergement d’urgence de droit commun. » En 2019, 6,3 % des places étaient occupées par des personnes ayant obtenu le statut de réfugiés.

Les autorités identifient comme autre difficulté le cas des personnes dites « dublinées », en référence au règlement Dublin qui prévoit que les demandes d’asile soient examinées par le premier pays de l’Union européenne dans lequel la personne a été enregistrée. Les Afghans – première nationalité parmi les demandeurs d’asile en 2019 avec 10 175 dossiers déposés – sont particulièrement concernés.

« Plus d’Afghans se sont présentés en préfecture et ont demandé l’asile cette année que l’année dernière à la même époque, alors qu’on est en pleine crise sanitaire. Ils viennent d’autres pays de l’UE et savent qu’ils peuvent avoir l’asile en France. Leur objectif est d’attendre dix-huit mois [délai d’expiration de la procédure Dublin à l’issue duquel ils peuvent déposer une demande en France] », rapporte M. Leschi.

« Aujourd’hui, il faut être dans la bonne case du primo-arrivant : celui qui n’est pas “dubliné”, pas débouté. Or, la vulnérabilité de ces personnes n’est pas moins grande. Ils doivent être pris en charge », insiste Louis Barda. « Après chaque évacuation de campement, et chaque mise à l’abri, il y a des remises à la rue parce qu’on explique que les gens ne rentrent pas dans les critères », explique Alix Geoffroy.

Sous les ponts qui longent le canal Saint-Denis, Jan Kakar demande aux Afghans qu’il rencontre l’état d’avancement de leur procédure. « Lui, il est “dubliné” en Pologne, il vient d’arriver il y a quelques jours », nous explique-t-il après avoir échangé avec l’un d’entre eux. Il prend son  numéro de téléphone pour suivre sa situation. Et aussi « pour lui ramener une paire de chaussures », taille 42 ou 43. Le jeune homme d’une vingtaine d’années marche pieds nus.

Un camp de personnes exilées dans la friche Saint-Sauveur à Lille

La voix d Nord, 17 décembre

Lille: les migrants de la friche Saint-Sauveur pourraient bénéficier du droit à l’hébergement opposable

Une semaine après l’incendie qui a détruit des baraquements dans un camp de migrants de la friche Saint-Sauveur à Lille, les associations haussent le ton en direction de la préfecture et de la ville, qu’ils accusent de rester trop « inactives » face aux besoins de relogement. Martine Aubry s’en est défendue au dernier conseil municipal. Et mercredi, la préfecture a annoncé que les dossiers de droit à l’hébergement opposable (DAHO) des occupants de la friche étaient à l’instruction.

Il y a du nouveau dans le dossier des migrants de la friche Saint-Sauveur. Mercredi soir, la préfecture a annoncé que les recours DAHO (droit à l’hébergement opposable), déposés par l’association Exod pour reloger les personnes vivant dans le bidonville bordant la rue de Cambrai, « sont en cours d’instruction ». Les 46 demandes sont arrivées à la Direction départementale de la cohésion sociale le 14 décembre, précise la préfecture. L’association les avait envoyées le 8, soit la veille de l’incendie qui a détruit plusieurs baraquements abritant des migrants.

Le feu, impressionnant, n’a pas fait de victime. Mais dans les jours qui suivaient, le comité Génération.s Lille a rappelé aux autorités l’urgence de trouver une solution pour une soixantaine de jeunes adultes et une dizaine d’adolescents installés depuis plusieurs mois sur cette friche, dans des conditions indignes. La préfecture avait répondu alors ne pas avoir eu connaissance de demandes de relogement après l’incendie (dans un premier temps), et invité les migrants à solliciter un hébergement du dispositif national d’accueil ou le 115. Une réponse qui a fait bondir les associations, soulignant que « la ville comme les services préfectoraux sont au courant depuis longtemps de la situation à Saint-Sauveur », en produisant des copies de lettres ou mails envoyées à l’automne à Martine Aubry ou au préfet Michel Lalande (lire ci-contre).

« On a droit à une vie digne »

En attendant le résultat des recours DAHO, les conditions sont encore très difficiles sur place. Mardi, en début d’après-midi, le long du mur bordant la rue de Cambrai, quelques jeunes gens s’attellent à reconstruire de nouveaux abris, dans la boue et sur les restes calcinés des anciens. Un peu plus loin dans le camp où sont éparpillés une trentaine de baraques de fortune, d’autres discutent de leur situation. Ils viennent majoritairement de Guinée et de Côte d’Ivoire. Certains sont scolarisés dans la métropole lilloise. Comme, Ernest (*), 20 ans, qui apprend la maçonnerie dans un lycée lommois. Il se plaint surtout de l’humidité. « Je vis dans une cabane depuis cinq mois, explique-t-il. Je me lève à 6 h pour prendre le métro . En ce moment, je me réveille dans le froid, malgré trois ou cinq couvertures. J’ai les doigts figés, je dois rallumer le feu pour chauffer l’eau et faire une toilette. »

En journée aussi, la fraîcheur pousse les occupants à se resserrer autour des braseros. Ce mardi après-midi, ils sont une quinzaine encore, se demandant comment va passer l’hiver qui s’annonce. « Nous qui sommes là, on est des êtres humains avant tout, lance un jeune homme. On a besoin d’une vie digne, on y a droit. »

(*). Le prénom a été modifié.

Associations, préfecture, ville: une communication pas toujours facile

Accompagné d’un agent de sécurité, mardi, un huissier compte les cabanons debout sur la friche, pour le propriétaire la SPL Euralille. L’homme de loi progresse tranquillement au milieu du bidonville. Il fait partie des meubles : « je viens régulièrement », observe-t-il.

Une présence qui, soulignent les associations, « prouve que les autorités sont bien au courant de la situation des exilés ici, dont beaucoup ont des problèmes de santé ». Des courriers d’alerte ont aussi été envoyés par les collectifs et associations LHAstsauveur, Exod et UTOPIA56-Lille : aux élus lillois dont Martine Aubry le 1er octobre ; à la MEL, la préfecture, et au Département le 20 novembre, pour demander une mise à l’abri d’urgence. Et la réponse de la préfecture à la Voix du Nord, le 10 décembre, invitant les migrants à solliciter soit les dispositifs nationaux d’hébergement, soit le 115, a fait bondir les bénévoles. « Les exilés vont de camp en camp depuis deux ou trois ans, souligne Orlane pour Utopia. Certaines propositions d’hébergement, quand il y en a, sont loin des lieux où ils ont créé les liens qui leur permettent de survivre, et où beaucoup sont scolarisés. Quant au 115, ils sont surchargés, il y a des critères de vulnérabilité. Il faut plus de structures d’accueil et sans conditions d’accès. »

Au dernier conseil municipal, Faustine Balmelle (Génération.s et Lille Verte) a appelé aussi au relogement des occupants de Saint-Sauveur. Si l’hébergement d’urgence est une compétence de l’État, la ville offre de jouer les intermédiaires avec la préfecture (comme lors du premier confinement – 30 exilés relogés). « Mais pour ça, on a besoin d’une liste nominative, souligne Marie-Christine Staniec, élue à l’hébergement d’urgence. Une liste que les associations ont refusé de fournir dans un premier temps, expliquant que ce n’est pas leur rôle. « Il faut que les associations acceptent de donner les identités », demande Martine Aubry.

Les Canaries, débordées par l’afflux de migrants

Les Canaries, débordées par l’afflux de migrants : « Ces citoyens dorment au milieu des rats »

Par Sandrine Morel

Reportage Plus de 17 000 Africains sont arrivés depuis le début de l’année dans l’archipel espagnol, première porte de l’Union européenne.

Près des bateaux de pêche amarrés sur le petit port d’Arguineguin, face aux restaurants et aux hôtels désertés par les touristes, près de 2 000 migrants, en majorité marocains et sénégalais, sont entassés sur un quai dans des conditions déplorables. C’est ici, au sud de l’île espagnole de Grande Canarie, que la Croix-Rouge a monté un campement en août afin de leur prodiguer les premiers soins et de les identifier. Mais il était alors prévu pour 400 personnes. Or, ils sont près de 17 000 à être arrivés sur les côtes des Canaries depuis le début de l’année, dont 5 300 en octobre et 1 400 durant la seule journée du 7 novembre. Du jamais-vu depuis la « crise des pirogues » de 2006 – des milliers de migrants rejoignaient l’archipel depuis l’Afrique.

« Il faut transférer ce campement de la honte », exige Onalia Bueno, la maire de Mogan, commune dont dépend Arguineguin. « Ces citoyens dorment au milieu des rats, sur une couverture, ne peuvent se laver que tous les trois ou quatre jours. Et une quarantaine ont le Covid-19 », ajoute-t-elle, devant le port, interdit d’accès à la presse pour, selon le gouvernement espagnol, « préserver l’intimité des personnes ».

Un navire de sauvetage maritime amène à Puerto de Arguineguin un canoë avec 128 hommes et une femme. CESAR DEZFULI POUR « LE MONDE » Quarante-quatre migrants venus d’Afrique subsaharienne sont gardés par la police après avoir accosté sur la plage Mas Palomas à Grande Canarie, le 1er novembre. CESAR DEZFULI POUR « LE MONDE »

Pour les ONG, l’explication de ce boom migratoire est double. D’une part, la fermeture de la route du détroit de Gibraltar par le Maroc, en 2019, a provoqué le report des flux sur la voie canarienne, beaucoup plus dangereuse. D’autre part, « la pandémie a augmenté le nombre de personnes parties du fait de la crise économique », résume Txema Santana, porte-parole de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR).

« On ne peut plus gagner sa vie en Afrique. Il n’y a plus assez de poissons, les gros bateaux de Chine et d’Europe prennent tout », raconte Daouda, pêcheur sénégalais de 26 ans parti de Saint-Louis le 15 août pour un avenir meilleur pour lui et pour sa mère, restée là-bas, qui vend normalement ses poissons sur le marché. Comme lui, de nombreux pêcheurs africains ont fait la traversée récemment. « Les gens ne peuvent plus payer le prix, et les restaurants sont fermés… », explique Ahmed un autre pêcheur, marocain, parti de Dakhla, sur la côte du Sahara occidental.

Les migrants rêvent du continent européen

Non loin, devant l’Hôtel Vista Flor Bungalows de Maspalomas, charmant complexe de petites maisons accolées transformées en centre d’accueil pour 500 migrants, les accords mélancoliques de la kora et la voix du chanteur gambien Jaliba Kuyateh s’élèvent du téléphone de trois jeunes Subsahariens. Ils regardent passer les voitures, les yeux dans le vide.

L’hôtel Vistaflor Bungalows de Maspalomas a été transformé en centre d’accueil pour 500 migrants. CESAR DEZFULI POUR « LE MONDE » Des migrants venus d’Afrique subsaharienne sont accueillis à l’hôtel Vistaflor Bungalows de Maspalomas. CESAR DEZFULI POUR « LE MONDE »

Ce mardi 10 novembre, un avion a atterri sur l’île de Grande Canarie pour embarquer les 22 migrants détenus dans le centre d’internement des étrangers (CIE), direction Nouakchott, grâce à la réactivation des accords de rapatriement avec la Mauritanie annoncé quelques jours plus tôt par le gouvernement de gauche. Ce pays africain accepte le renvoi non seulement de ses ressortissants, mais aussi de tous ceux qui sont partis de ses côtes ou ont transité par la Mauritanie. Les Canaries n’ont jamais été le but de ces migrants : ils rêvent du continent européen. Et ils espèrent leur transfert sur la péninsule, comme cela se fait d’ordinaire pour soulager la pression sur les infrastructures de l’archipel.

Daouda est tellement angoissé qu’il a dû être hospitalisé, pris de fortes douleurs dans le ventre, quand il a compris que le document remis par la police à son arrivée était un ordre d’expulsion. « Les migrants reçoivent des papiers qu’ils ne savent pas lire, des ordres d’expulsion qui peuvent faire l’objet d’un recours, et tous ne connaissent pas leurs droits à demander la protection internationale », assure le juge d’instruction Arcadio Diaz Tejera, qui s’est lui-même déplacé au port à trois reprises pour s’assurer que les Maliens, au moins, sont au courant du droit d’asile.

A gauche, Daouda s’entretient par téléphone avec sa famille devant l’hôtel Vistaflor. A droite, un migrant du Maroc s’apprête à prendre l’avion à l’aéroport de Grande Canarie pour se rendre en Espagne continentale, où un parent attend pour le ramener chez lui. CESAR DEZFULI POUR  « LE MONDE »

« Effet dissuasif » des rapatriements

Avec les femmes et les enfants, ce sont les seuls à être transférés presque automatiquement sur la péninsule, car « ils sont les plus susceptibles de voir aboutir leur demande de protection internationale », explique M. Santana. « De nuit, des hommes sont venus attaquer mon village, Kari, dans le nord du Mali, pour qu’on aille faire la guerre, raconte l’adolescent Adama, 15 ans, en français. Je suis malien, je ne peux pas tuer un autre Malien. J’ai couru pour m’enfuir et j’ai perdu ma famille. Je ne sais pas s’ils sont vivants ou morts… »

« Nous sommes passés d’une centaine de places d’accueil à plus de 5 000, et qui plus est en pleine pandémie », souligne Anselmo Pestana, délégué du gouvernement aux Canaries. Lorsqu’ils débarquent, les migrants sont soumis à un test PCR. Les cas positifs sont envoyés en quatorzaine dans un ancien internat, isolé sur la plage volcanique du Cabron, les autres passent la quatorzaine dans des hôtels, où ils sont logés et nourris, dans l’attente d’une solution. Alors que certains observateurs craignent que l’archipel ne suive le chemin de Lesbos, en Grèce, M. Pestena souligne que « le travail de sauvetage maritime que nous réalisons et notre prise en charge des migrants ne sont pas similaires », tout en demandant « l’implication d’autres pays : l’Union européenne ne peut pas laisser les pays frontaliers assumer seuls ce phénomène ».

La commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, en visite le 6 novembre à Arguineguin, avec le ministre espagnol de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a rappelé que les « immigrants économiques », entrés de manière illégale, doivent être renvoyés dans leurs pays. Tout en évoquant la nécessité « d’implanter le nouveau pacte européen sur la migration et l’asile », et le principe de « solidarité partagée ». M. Marlaska, lui, a promis d’intensifier « la lutte contre les mafias et la coopération effective avec les pays d’origine et de transit, qui nous a permis de réduire de 50 % les arrivées irrégulières en Espagne en 2019 ». Au ministère de l’intérieur, on insiste sur « l’effet dissuasif » des rapatriements.

De crainte d’être le prochain à être rapatrié, Sab, moniteur de sport mauritanien de 26 ans, arrivé le 29 septembre aux Canaries après avoir payé 250 000 francs CFA (380 euros) pour la traversée, s’est dépêché d’acheter un billet pour la péninsule. Il a dû demander de l’argent à sa famille et se débrouiller pour récupérer son passeport.

Daouda, un pêcheur sénégalais, et Azis, un pêcheur marocain, passent la journée à Playa del Inglés. Ils sont arrivés par bateau à Grande Canarie ces dernières semaines et sont devenus amis tout en vivant dans le même hôtel. CESAR DEZFULI POUR « LE MONDE »

Ayoub, marocain de 21 ans d’Oued Eddahab-Lagouira, au Sahara occidental, lui, veut attendre le rendez-vous chez le médecin prévu dans dix jours, pour de « fortes douleurs au cœur », avant de partir sur le continent. Son sort est moins urgent. Pour l’heure, la frontière marocaine demeure fermée. Le 20 novembre, M. Marlaska a une réunion avec son homologue à Rabat pour tenter de le convaincre de la rouvrir. Plus de 1 100 personnes ont encore accosté ce week-end du 14 et 15 novembre sur les côtes des Canaries.

Sandrine Morel Grande Canarie, envoyée spéciale

 

Note de lecture Un archipel des solidarités – Par Martine

Un archipel des solidarités. Grèce 2017-2020 – Christiane Vollaire, Philippe Bazin

2020, Éditions LOCO

Par Martine Devries

C’est un beau, gros, livre, une immersion dans un monde qui est le nôtre, et que nous ne connaissons pas. Une immersion, mais aussi un questionnement, crucial pour qui veut réfléchir sur notre monde, justement. Des mots, du texte et des images pour tout à la fois témoigner, questionner et protester. Résister.

Les lecteurs de « Pratiques » connaissent bien les auteurs : Christiane Vollaire a publié régulièrement dans chaque numéro de la revue une rubrique philosophique entre 2001 et 2019. 18 ans de compagnonnage ! Du numéro 14-15 au numéro 84. Et les livres qu’elle a publiés ont été remarqués dans la rubrique  «Nous avons lu pour vous »1. Philippe Bazin, photographe2, a été le pourvoyeur des photos publiées en couverture et dans la revue de 2010 à 2019. La revue Pratiques a publié ses propres photos dans le numéro « L’humanitaire est-il porteur de solidarité »3. Il est le co-auteur de « Le milieu de nulle part », et l’auteur de « Pour une photographie documentaire  critique», et de « Les coupes4 » également « lus pour vous », à côté de plusieurs autres ouvrages.

Christiane Vollaire et Philippe Bazin ont donc fait des voyages en Grèce, trois voyages entre 2017 et 2020, dans 3 régions différentes, qui donnent trois sujets et trois chapitres5. Ils sont partis pour travailler sur le thème des solidarités pendant la dénommée « crise de la dette en Grèce » à Thessalonique et Athènes, en 2017, et on comprend que la solidarité a directement amené la question des migrations, explorée l’année suivante au cours d’un voyage dans les îles de Lesbos et d’Ikaria. Puis l’été 2018 de nouveau sur le continent.

Comme c’est leur habitude, la méthode est celle des « entretiens philosophiques6 », avec des interlocuteurs qui en font connaître d’autres, et c’est un effet de réseau, et également des rencontres de hasard, jamais refusées. Philippe a choisi de faire des « portaits d’entretien », portraits pris au cours des entretiens, dans la vérité et la tension des visages, qui nous parlent, à nous, nous interpellent, nous émeuvent. La qualité de l’impression des photos est remarquable.

A partir de la question des migrations, à cause aussi des déplacements en des lieux différents, et des 145 interlocuteurs différents, notamment la rencontre avec des personnes très âgées, le thème « Le temps long de l’histoire », troisième chapitre, s’est imposé. Car la découverte de ce qui sous tendait les engagements, les violences7, la lecture des évènements contemporains par les acteurs eux-mêmes était inscrit dans l’histoire de ces personnes, dans l’histoire des lieux, et marqué dans les paysages. C’est ce qui nous est donné à « lire »dans un second cahier de photos, « Paysages à l’épreuve de l’histoire ». J’ai regardé les photos avant de lire le texte, elles sont belles, évocatrices. Puis, je les ai regardées une deuxième fois, après la lecture du livre : elles m’ont « sauté à la figure », non pas comme des illustrations, mais vivantes, parlantes. Ou muettes. Ou mortes. « Les images n’ont pas été articulées au texte. Elles lui font écho… Elles en disent aussi bien le désir d’évocation que les limites. »

Qu’est-ce que les auteurs sont partis quêter au cours de ces entretiens ? Comme le titre l’indique, les marques, la construction, les traces de la solidarité, « sans intention de  neutralité axiologique ».

Les entretiens du début, avec des acteurs de la mobilisation populaire autour de la santé, notamment la création de cliniques sociales autogérées et de dispensaires, permettent d’approfondir ce qu’est et ce que n’est pas la solidarité : « Faire mieux que l’État », « Nous avons à nous tenir debout », et soulignent l’exigence de dignité collective. Ca part d’un geste humanitaire, mais ça le reconfigure en relation de réciprocité. L’auteure fait résonner cette solidarité avec le texte fondateur de Durkheim : De la division du travail social . La contestation des décisions économiques du pouvoir, la montée en puissance de la violence coercitive, et l’affrontement dont témoignent les acteurs rejoignent les analyses de Grégoire Chamayou  La société ingouvernable , « ingouvernable comme on veut la gouverner actuellement ».

La mise en évidence de l’effet pathogène sur le plan psychique de la violence économique et ses conséquences somatiques, fait écho au concept d’« écosophie », développé par Felix Gattari dans Les trois écologies, puis dans Chaosmose. Les entretiens avec les acteurs du mouvement contre l’ouverture de la mine à Skouries sont une autre illustration du « processus sacrificiel »à l’œuvre, sacrifice de la vie des habitants autant que de l’équilibre écologique, avec la pleine et consciente complicité des pouvoirs politiques. La reprise en autogestion de l’usine Vione par ses ouvriers ne règle pas l’avenir, qui dépend de décisions politiques : mais elle permet pour un temps l’emploi, la dignité, l’amélioration de la santé par le changement de production : de produits toxiques, à des produits d’hygiène, et par le mode de gouvernance : l’autogestion, rendant une dignité aux ouvriers de l’usine.

On le voit dans ces exemples, et dans les autres situations, très diverses, où les paroles sont suscitées et recueillies, elles se tissent avec les références philosophiques nombreuses, donnant à lire et à penser tout au long de l’ouvrage, appuyant les paroles, et illustrant les concepts ; c’est facilitant et agréable pour le lecteur profane !

Dans sa conclusion, après avoir affirmé le « pouvoir de réarmement symbolique des solidarités », (en se référant à l’œuvre de Cornelius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société) Christiane Vollaire insiste sur le discrédit massif qui atteint l’État, dont atteste le recours massif aux violences et aux abus de pouvoir. (En s’appuyant sur Ernst Cassirer Le mythe de l’État, et Pierre Bourdieu Sur l’État. Cours au collège de France 1989-1992 ). Le retour de la droite en Grèce en 2019, à la suite de la défection sociale de Syriza, amène dans les situations explorées violences dans le quartier d’Exarchia, danger pour l’usine autogérée de Vione, et l’ouverture de la mine de Skouri. « Mais demeure plus que jamais ce retour du refoulé solidaire…» Violences, poursuites judiciaires, c’est la mise au jour de la filiation souterraine venant du fascisme, la politique dite de réconciliation nationale, mais en réalité politique d’impunité, ayant permis le maintien de criminels et d’idéologues fascistes dans les sphères du pouvoir.

« Portés dans le texte autant que dans l’image par l’intention documentaire de notre travail, nous souhaitons partager avec d’autres le moyen de s’en saisir pour faire vibrer d’autres imaginaires et étendre cet archipel des solidarités. … La visée première des solidarités pour saper les fondements de la domination est de rendre celle-ci… méprisable. »

1 Le milieu de nulle part Christiane Vollaire Philippe Bazin editions creaphis 2012 dans Pratiques N°60. Pour une philosophie de terrain Christiane Vollaire, éditions Créaphis 2017 dans Pratiques N°80. www. Christiane-Vollaire.fr

2 www.philippebazin.fr

3 Pratiques N° 46 – Dossier coordonné par Christiane Vollaire et Daniel Coutant. Juillet 2009

4 Les coupes Portrait d’une exploitation agricole familiale Marie Hélène Lafon Muriel Martin Philippe Bazin. Editions creaphis 2017 note de lecture dans Pratiques N°81

5 Trois articles parus dans Pratiques » ont été faits à partir du travail en Grèce : dans le N° 80 de janvier 2018 « Financiarisation des corps par la mine », dans le N° 82 de Juillet 2018 « Vulnérables ? », dans le N° 83 d’Octobre 2018 « Que soigne la cuisine ? »

6 Ni statistique, ni sociologique, l’entretien ainsi conçu laisse la place à la parole du sujet, lui permet de déplier sa compétence sur sa propre expérience, et sa réflexion. Ce type d’entretien « manifeste la volonté de symétrie entre l’interrogateur et l’interrogé, » et fait la place à la pensée de l’un et de l’autre…Le chercheur n’est pas « enquêteur, mais plutôt quêteur, voire quémandeur », attentif aux tensions que sa présence et ses questions soulèvent, renonçant facilement à insister, mais attentif au sens de ces tensions.

7 On ne le sait pas beaucoup en France, l’intervention « alliée » en Grèce à l’issue de la seconde guerre mondiale, fut assimilée à « la lutte contre le communisme », et a du même coup, annihilé les politiques de socialisation mises en place par les mouvements de résistance et livré le pays à la répression fasciste et à la guerre civile. 

Newsletter n°46

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°46 // 5 novembre 2020

La lettre d’info de la Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s
Réseau d’associations intervenant dans les camps d’exilé.e.s de passage
du Nord de la France et du littoral de la Manche

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Infos des lieux de vie

  • Encore un naufrage dans la Manche. Le naufrage du 27 octobre a tué 7 personnes, dont cinq d’une même famille. Le plus jeune des enfants avait 15 mois. C’est d’ores et déjà le pire drame migratoire survenu dans la Manche. Le lendemain, près de 80 personnes se sont rassemblées à Calais, au Parc Richelieu, pour dénoncer une nouvelle fois ces morts à la frontière et les politiques qui les causent. A lire notamment, le communiqué du collectif dunkerquois Ripostons, présent au rassemblement.

Crédits : Collectif Ripostons

  • A Calais, confinement ou pas, l’arrêté empêchant les distributions alimentaires est prolongé et les expulsions des lieux de vie se poursuivent. Le 19 octobre, un 3ème arrêté préfectoral est venu prolonger l’interdiction de distribution alimentaire pour les associations non opératrices sur un périmètre encore élargi. Le 22 octobre 2020, la préfecture du Pas-de-Calais procédait à l’expulsion et à la destruction massive d’un campement où (sur)vivaient près de 300 personnes exilées. Encore une fois, les associations dénoncent la brutalité et l’inefficacité de ces opérations, qui ne respectent pas les droits fondamentaux des personnes exilées. 8 d’entre elles attaquent d’ailleurs la préfecture en justice, à propos de l’expulsion qui a eu lieu le 29 septembre dernier sur une base légale plus que douteuse : la flagrance. Pour mieux comprendre, c’est ici ! Pendant le confinement, de nouveaux départs volontaires vers des centres d’hébergement dans le département, mais de nouveau éloignés de Calais, devraient être proposés aux personnes.

Une priorité pour les personnes exilées : recharger leur téléphone. Cela se fait sous la pluie. Au fond de sac poubelles, seuls les multiprises et les téléphones sont à l’abri.

  • A Grande-Synthe, les associations ont décidé de poursuivre leur action autant que possible pendant cette période de confinement. La situation ne s’améliore pas pour les 400 à 500 personnes qui survivent aujourd’hui dans des campements : après de multiples demandes des associations, 6 toilettes sèches ont été installées par la mairie, mais ce dispositif est à la fois insuffisant et inadapté pour les personnes sur place; les distributions alimentaires se font dans la boue, et aucun dispositif d’hébergement n’a été annoncé à ce jour, que ce soit par la mairie ou par l’État, pour permettre aux personnes de se confiner et de se protéger face au virus.
  • Un campement d’exilé.e.s au sud de la Belgique qui fait écho à ce qui se passe dans le nord de la France et ailleurs en Europe. « La parcelle n’est pas bien grande. Quelques centaines de mètres carrés de verdure parsemés de grands arbres feuillus. Derrière ces denses branchages, à l’abri des regards, vit un véritable petit village. Le long d’étroits sentiers qui traversent un épais sous-bois, on a planté des tentes de camping, ficelé de grandes bâches sur des troncs d’arbres, bâti de frêles maisonnettes à l’aide de plaques de frigolite, de planches en bois et de tout ce que l’on a pu récupérer ici et là. Ce village, on l’a surnommé « la forêt ». Ou plutôt « la forest », car l’on use ici de la langue parlée sur l’île qui rythme les rêves et le quotidien du lieu : la Grande-Bretagne ». A lire dans la revue BALLAST

Infos des assos

  • La Cabane Juridique a actualisé son flyer pour informer les personnes exilées sur les permanences qu’elle tient au Secours Catholique de Calais, tous les lundis après midi. Elle y accompagne les personnes sur les demandes d’asile.
  • Par ailleurs, la répression qui s’opère à Calais étant toujours aussi forte, la Cabane Juridique a besoin de vous pour maintenir son action de lutte pour un accès au droit pour tou.te.s. Voici un lien vers leur cagnotte.

Faire et dire, les personnes premières concernées

  • « Je voulais une chance de vivre » : des récits de jeunes filles et garçons, mineur.e.s isolé.e.s étranger.e.s, recueillis par Noémie Paté et Jean François Roger. « Ces récits nous emportent et nous dévoilent la douleur de l’exil, la souffrance de la séparation d’avec les être aimés, de la perte des racines, de l’impossible retour. Mais c’est aussi à nos propres échecs qu’ils nous renvoient, à celui de notre humanité, de notre hospitalité, aux carences de notre système de protection et d’accueil qui ont tenté de céder le pas à un système de contrôle, de fichage et de suspicion. » Préface de Jacques Toubon.

Infos de la PSM

  • Une résidence du Journal des Jungles s’est tenue à Caen du 16 au 18 octobre ! Chaleureusement accueilli.e.s dans les locaux du syndicat Solidaires, avec un gros travail de préparation réalisé en amont par les ami.e.s du CAMO (Collectif d’aide aux migrants de Ouistreham), nous avons pu échanger avec de jeunes hommes soudanais survivant dans des campements de fortune sur un quai de Ouistreham, et des demandeurs d’asile, qui se retrouvent « entre parenthèses » à Caen. Leur choix de thème : les violences, dans leurs multiples facettes, notamment policières. Et le besoin de les déposer dans ce journal, malgré la souffrance… Sortie prévue en janvier 2021.

  • A vos agendas ! Les temps du Covid sont bien incertains, et c’est à une conférence-atelier en visio que la PSM risque de vous inviter ce vendredi 4 décembre, fin d’après-midi : le GISTI partagera son analyse sur les processus d’externalisation de la frontière, et plus particulièrement l’externalisation de la demande d’asile. L’intervention sera suivie d’un atelier pour prolonger la réflexion ensemble sur les solutions imaginées ou à imaginer pour que les personnes ne se retrouvent plus bloquées à la frontière franco-britannique, en prêtant attention à chaque fois aux enjeux sous-jacents.
  • Soutenir la PSM ! Utilisatrices et utilisateurs du moteur de recherche Lilo, vous pouvez soutenir gratuitement la PSM en nous reversant vos gouttes ici ! Vous n’utilisez pas Lilo mais seriez partant.e.s ? C’est facile :
    1-Se rendre sur http://www.lilo.org/… pour utiliser le moteur de recherche Lilo (il faut « Choisir Lilo comme moteur de recherche » en l’ajoutant à votre navigateur).
    2-Cumuler au minimum 50 gouttes d’eau.
    3-Aller sur la fiche projet et verser au minimum 50 gouttes d’eau la première fois que vous nous versez vos gouttes. Les fois suivantes, c’est à souhait !

Envie d’agir

    • Le PEROU et le projet de conduire une instruction auprès de l’UNESCO visant à faire reconnaître l’acte d’hospitalité au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. De la « jungle » de Calais, le PEROU a rapporté les preuves d’une humanité capable de toutes les résistances malgré la violence incessante, étatique autant que civile. Cet inventaire des actes d’hospitalité ayant lieu à Calais a été poursuivi parallèlement en Italie en 2020. « Car ces actes font tenir notre humanité, ils sont tout ce à quoi nous tenons aujourd’hui. Ils sont vitaux pour les générations à venir qui connaîtront, nous le savons, des mouvements migratoires au centuple. Tout reste cependant à faire, mais tout sera fait si plus nombreux encore nous nous associons aux chantiers, si plus intensément encore nous construisons des histoires d’avenirs radieux, enfin si plus vigoureusement encore, nous écrivons, photographions, filmons, bâtissons, dansons sur les fronts ». Pour en savoir plus et participer à ce projet, c’est ici.

  • L’acte 3 de la Marche des solidarités. Ils étaient des milliers, ce samedi 17 octobre, à défiler à Paris, pour réclamer outre la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres de rétention administrative, un « logement pour tous  » et un geste du gouvernement pour les travailleuses et travailleurs étrangers, en première ligne pendant la crise sanitaire. Un « acte 4 » est envisagé. A lire, l’article paru dans le journal Le Monde

Belles échappées

  • Pour les spectacles, les réunions, les ateliers du Channel à Calais, il faudra attendre la fin du confinement. Mais une bonne nouvelle concernant la librairie : elle est ouverte pour les retraits de commande du mardi au samedi de 13h à 19h. Pour les commandes 2 adresses : librairieduchannel.fr ou en écrivant à lalibrairie@lechannel.org. Renseignez-vous sur la librairie près de chez vous !

Autres temps de formation et d’échanges

En quête de droit(s) – Outils et infos juridiques

  • Barreau de Lille – Permanence téléphonique d’urgence « étrangers 48h » les week-ends, dédiée aux décisions assorties d’un délai de recours contentieux de 48h, dont le délai expire durant les fins de semaine, le samedi ou le dimanche : un.e avocat.e est joignable par téléphone pour aider les personnes étrangères faisant l’objet d’une mesure d’éloignement sans délai ou d’une assignation à résidence à saisir le tribunal administratif de Lille d’un recours. Plus de renseignements sur l’affiche et sur le site de la commission Droit des étrangers

  • Le procès de l’affaire Mawda est fixé les 23 et 24 novembre à Mons. Pour les associations, l’enjeu de ce procès est la question de l’impunité des violences commises par les policiers. Rappel : le 17 mai 2018, une patrouille de la police des autoroutes avait pris en chasse, sur l’autoroute E42, une camionnette suspectée de transporter des personnes exilées qui voulaient rejoindre l’Angleterre. Malgré les injonctions de la police, le chauffeur a refusé de s’arrêter. Un policier a ouvert le feu et le véhicule s’est arrêté à hauteur de Mons. A l’intérieur, une petite fille âgée de deux ans avait été touchée par une balle. Il s’agissait de Mawda, morte sur le coup. Plus d’informations sur le site de rtbf.be

  • L’agence européenne Frontex mise en cause pour des refoulements en mer. Des investigations menées par plusieurs médias dénoncent les pratiques illégales des gardes-frontières grecs, impliquant parfois l’agence européenne de surveillance des frontières. Elles « montrent pour la première fois que les responsables de Frontex sont conscients des pratiques illégales des gardes-frontières grecs – et sont en partie impliqués dans les refoulements eux-mêmes », écrit le Spiegel. Lire l’article du journal Le monde

Désinfox, outils pour lutter contre les idées reçues

  • Que sait-on du lien entre immigration et délinquance ? Interrogé sur plusieurs faits divers de violences et d’agressions survenus durant l’été, Gérald Darmanin déclarait en juillet : « il faut mettre fin à l’ensauvagement d’une partie de la société ». Dans ce contexte, alors que l’actualité politique de septembre 2020 se concentre autour des questions d’insécurité, de délinquance et de criminalité, nombreux sont celles et ceux parmi les politiques à faire explicitement le lien avec l’immigration : la cause de l’augmentation de la délinquance et de la criminalité serait ainsi une conséquence directe de l’immigration “massive” vers la France. Décryptage par l’institut convergences migrations.

Institut CONVERGENCES MIGRATIONS

Pour comprendre / pour cogiter

  • Pour un pacte européen aux côtés des personnes migrantes. « Parce que le « Nouveau Pacte pour la migration et l’asile » proposé par la Commission européenne n’offre aucune perspective pour mettre un terme à l’immigration illégalisée, un autre pacte doit être constitué avec et pour les personnes migrantes, et non à leurs dépens ». A lire cette tribune du journal Libération.

  • Des Savoyard.e.s toujours mobilisé.e.s pour défendre les droits des personnes exilées. Dans les Alpes, les associations s’inspirent de l’expérience de Briançon. Lire l’article de Bleuette Dupin de France Bleu Pays de Savoie. L’accompagnatrice en montagne Stéphanie Besson, co-fondatrice de l’association « Tous migrants » raconte dans un livre (« Trouver refuge », aux éditions Glénat), ce que des citoyennes et citoyens font depuis dix ans dans les Hautes-Alpes pour accueillir celles et ceux qui traversent les Alpes.

  • Les projets délirants du Royaume-Uni pour tenir à distance les migrants : Les propositions font froid dans le dos. Le 29 septembre dernier, le quotidien Financial Times révélait que Priti Patel, ministre de l’Intérieur britannique, envisageait de construire un centre de traitement des demandes d’asile dans les îles de l’Ascension et de Saint-Hélène, en plein Atlantique sud. Priti Patel s’inspire également du modèle australien, qui « exporte » déjà depuis longtemps les personnes y demandant l’asile sur l’île papouasienne de Manus et à Nauru. A lire l’article de Nejma Brahim sur Médiapart.

 


Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s
www.psmigrants.org

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