Newsletter n° 39

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n° 39 // 6 avril 2020

La lettre d’info de la Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s
Réseau d’associations intervenant dans les camps d’exilé.e.s de passage
du Nord de la France et du littoral de la Manche

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Infos des lieux de vie

  • A Calais, entre 800 et 1000 personnes (sur)vivent sur les différentes jungles, et n’ont pas été confinées. Dès le début de la crise sanitaire, et au fur et à mesure, plusieurs associations ont dû se retirer, notamment Refugee Community Kitchen dès le 24 mars, ne laissant que Salam et la Vie active pour les distributions alimentaires. Les expulsions forcées des campements se sont poursuivies malgré la crise sanitaire, et ce alors même que les forces de police elles-mêmes se retiraient et demandaient à arrêter les expulsions quotidiennes ! Les violences policières se sont accrues sur les personnes exilées ; les forces de l’ordre ont sanctionné plusieurs associations par des contraventions, pour l’une d’elles, la police indiquant que les personnes exilées « n’étaient pas assez vulnérables » pour que les bénévoles puissent utiliser l’attestation dérogatoire à ce titre. Au niveau des autorités préfectorales, une solution sur la base du volontariat des personnes exilées a été mise en place une première fois le vendredi 27 mars (86 personnes mises à l’abri), et le lundi 6 avril, une opération similaire a eu lieu sur le même format. Côté réponse sanitaire, la Croix Rouge, Médecins du Monde et la PASS participent au mieux à sa coordination : des maraudes conjointes sont mises en place pour informer, sensibiliser et orienter les personnes exilées.
  • A Cherbourg, une situation ubuesque et anxiogène pour une vingtaine de personnes exilées.On leur demande de respecter des consignes sanitaires (lavage des mains, distanciation sociale, prise de température) lorsqu’elles se posent de 13h à 17h au « Becquerel », lieu ouvert par le CCAS et géré par Itinérance. Ensuite elles repartent dans un petit camp, serrées autour d’un feu de bois pour se réchauffer, boire le thé et dorment à deux ou trois dans des tentes sans accès direct à l’eau, dans une promiscuité intolérable. Silence assourdissant des services de l’Etat concernant la mise à l’abri des personnes exilées.

  • A Dieppe, il n’y a a priori plus de squat ou de campement depuis un moment. Les personnes exilées de passage, principalement kurdes, ne viennent plus que de manière sporadique, par petits groupes, et repartent après quelques jours. Du côté de l’association Itinérance Dieppe, l’action se poursuit même si elle a également été adaptée au contexte d’épidémie : leur local d’accueil reste fermé, mais une permanence téléphonique a été mise en place pour pouvoir répondre à toute demande. Si besoin, un.e bénévole peut se déplacer au local pour venir donner des denrées d’urgence. Par ailleurs, l’association a informé et distribué des attestations de déplacement à tous les jeunes majeurs isolés dans leurs hébergements (une douzaine actuellement).
  • A Grande Synthe, environ 600 personnes (sur)vivent dans différents lieux, en majorité des hangars désaffectés particulièrement dangereux, et n’ont pas été confinées. Le retrait des associations, dès le début de la crise sanitaire, a des conséquences importantes, en particulier sur le volet alimentaire. L’accès aux supermarchés ou services publics existant est rendu difficile du fait du confinement général, et de l’obligation de présenter des attestations de déplacement dérogatoire. La préfecture des Hauts de France avait annoncé que le Secours populaire et la Croix rouge, en tant qu’associations mandatées, assureraient les distributions alimentaires et un accès sanitaire, mais ces associations n’étaient pas prêtes pour assurer un tel relais de la coordination habituelle associative. La Protection civile prend la température des personnes sur les lieux de vie, et les personnes exilées présentant des symptômes sont envoyées vers des « centres de confinement » ouverts sur le département, coordonnés par la Croix rouge. Des flyers traduits en sorani ont été distribués afin de préparer une mise à l’abri sur la base du volontariat des personnes, et une première opération sur ce format a eu lieu le lundi 6 avril.
  • A Lille, une quinzaine de mineurs étrangers sont hébergés dans un bâtiment à Wattignies depuis 2018 et une autre quinzaine sont accueillis depuis le mois d’octobre 2019 dans l’ancien séminaire de Lille. Ils sont accompagnés par le centre de la Réconciliation et la Pastorale des Migrants. Ils sont actuellement confinés dans ces lieux. Mais une quarantaine de jeunes sont toujours dans la rue. Le 115 devrait ouvrir des structures.
  • Du côté de Norrent Fontes, les personnes de Saint Hilaire Cottes sont dans des familles depuis le début du confinement. Dans le PRAHDA de Fouquière les Béthune, les personnes s’ennuient beaucoup mais il n’y a pas de malade pour le moment. Pas de masques ou de gel hydro-alcoolique. Les personnes assignées à résidence continuent de devoir aller signer au poste de police. Pour les personnes dublinées ayant rendez vous en préfecture, c’est un peu flou car la préfecture est fermée. Les trois personnes du camp de Quernes ont décidé de rester dans le petit bois. Elles ont reçu la visite des gendarmes mais pas d’autres contacts avec les autorités.
  • A Ouistreham, la soixantaine de personnes exilées souvent originaires du Soudan et présentes sur la ville sont actuellement hébergées dans un centre de vacances, géré pour l’occasion par la Croix Rouge, à une petite vingtaine de kilomètres de Ouistreham. La préfecture du Calvados a proposé cette solution d’hébergement dans le cadre du dispositif de confinement des personnes fragiles.
  • A Steenvoorde, l’accueil de jour, géré par l’association Terre d’Errance Steenvoorde, reste désormais également ouvert la nuit. Les personnes exilées y seraient ainsi confinées 24h/24h, à la demande des autorités.

Infos des assos

  • Des nouvelles de l’association Maison Sésame : dans ce deuxième livret des Sésamettes l’association présente ses avancées des derniers mois de décembre, janvier et février avec ses actions, ses nouveaux questionnements, mais aussi ses futurs projets. Depuis l’annonce du confinement l’équipe de la Maison Sésame et les personnes vulnérables vivent ensemble. Elles préparent le jardin et continuent de construire ce lieu de vie.

  • Itinérance Cherbourg a fêté en janvier les 10 ans de ses cours d’alphabétisation. 150 personnes, étudiants, professeurs et bénévoles, ont partagé ce moment. « Les débuts étaient difficiles car nous avions peu de place et de plus en plus d’étudiants de nationalité multiples » se remémore Josiane Noblet responsable de la commission alphabétisation au sein de l’association. Depuis 3 ans, la municipalité a attribué à Itinérance des locaux en centre-ville dans une école désaffectée. Les personnes qui suivent les cours, quatre jours par semaine de 14h à 15h30 viennent du monde entier. L’accueil y est inconditionnel, les étudiants viennent de nombreux pays (en 2017, 46 nationalités). Une quarantaine de professeurs se relaient pour assurer les cours en fonction du niveau des étudiants.

Infos de la PSM

  • L’assemblée générale de la PSM qui devait avoir lieu le samedi 28 Mars après-midi à Grande Synthe a été annulée du fait de la crise sanitaire. La PSM vous tiendra informée dès que possible sur la tenue de cette AG en 2020.
  • Depuis le 19 mars, face à la crise sanitaire qui précarise d’autant plus les sans-abri à la frontière franco-britannique, une campagne sur les réseaux sociaux mobilise les forces du réseau PSM ! Sous le hashtag #Confineesdanslarue sur Facebook et Twitter, le but est d’interpeller les citoyen.ne.s et de leur demander d’agir de chez eux avec ce leitmotiv : « Solidaires et uni.e.s, nous restons chez nous. Pourtant, des milliers de personnes sont #confinéesdanslarue . Nous sommes confiné.e.s, mais NOUS POUVONS AGIR. » Rendez-vous sur les réseaux sociaux pour voir la suite, et participer à la campagne avec vos initiatives toutes neuves à nous partager.

Envie d’agir

  • Mais pour rester chez soi, il faut un chez soi ! Droit d’Urgence a lancé cette pétition qui s’adresse au Premier Ministre.
  • Interpellez votre Préfet sur la situation des personnes étrangères ! Une proposition faite par les Etats Généraux des Migrations parce que certains lieux d’enfermement (centres de rétention administratives, zones d’attente, etc.) sont encore en activité malgré la suspension de la majorité des liaisons aériennes, les voies de recours contre les décisions prises à l’encontre des personnes exilées ne sont pas toutes suspendues, et la prise en charge et mise à l’abri des personnes les plus vulnérables n’est pas assurée pour toutes et tous. Le groupe de facilitation des EGM vous invite à alerter vos préfectures sur la situation des personnes étrangères et à proposer des mesures concrètes de protection. Plus d’infos et une proposition de lettre ici

Belles échappées

  • Souffle, souffle, souffle Dragon ! A écouter ici
  • Des lectures : c’est le moment si vous ne les avez pas encore faites !

« Entre deux mondes  » de Olivier Norek : Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir. Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Un triller sur fond de jungle à Calais.

« Une Antigone à Kandahar » de Roy-Bhattacharya : une base américaine de la province de Kandahar en Afghanistan. Au loin, on distingue la silhouette d’une femme enveloppée dans sa burqa. Elle est descendue de la montagne en fauteuil roulant, puisque ses jambes ont été arrachées. Elle vient réclamer le corps de son frère, un chef tribal pachtoun abattu lors d’une offensive lancée contre les Américains.

En quête de droit(s) – Outils et infos juridiques

  • « C’est l’Etat qui est hors-la-loi » : réuni·es à Briançon le 7 mars, à l’occasion de la rencontre internationale des Européens solidaires, des membres d’associations d’aide aux personnes migrantes et réfugiées en Europe témoignent de la façon dont ils ont été attaqués, harcelés ou poursuivis par les autorités européennes. Leur constat : l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne utilisent des lois et des pratiques illégales. A lire ce reportage de Marguerite De Lasa sur Radio parleur.

  • Et voici les premières publications des notes mensuelles de Human Rights Observers, un outil de recensement des violations des droits humain des personnes en situation d’exil à Grande Synthe et Calais, à trouver ici.

Pour comprendre / pour cogiter

  • Orspere Samdarra, Observatoire Santé mentale, Vulnérabilités et Sociétés a recensé et classé un grand nombre de ressources sur son site internet. Vous y trouverez notamment des rubriques rassemblant des ressources à destination du grand public, celles pour les personnes en situation de précarité et/ou de migration et d’autres à destination des professionnel.le.s et usager.es en santé mentale. A consulter ici
  • « Nous déposerons plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie« . Retrouvez le communiqué de Migreurop du 5 mars et les noms des organisations signataires. A lire aussi l’article d’Amnesty International « Que se passe-t-il aux frontières de la Grèce et de la Turquie« 

Des migrants qui souhaitent entrer en Grèce depuis le poste-frontière turc de Pazarkule © REUTERS/Alexandros Avramidis

  • Migrants face au coronavirus en France : « C’est compliqué de parler de confinement si on laisse des gens dehors« . La question de l’attitude à adopter face aux migrants dans le contexte du coronavirus se situe dans un problème plus général : celui de l’accueil de tous les sans-abri. La crise actuelle « ne fait qu’aggraver la situation sociale et sanitaire de ces publics fragiles dont font partie les migrants et les réfugiés », souligne un militant associatif dans le Val-de-Marne. Une enquête de France info Afrique du 31 mars.

Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s
www.psmigrants.org

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« C’est l’Etat qui est hors la loi »

« C’est l’État qui est hors-la-loi » : le cri des Européens solidaires à Briançon

21 mars 2020

Chef・fe de mission sur un bateau de sauvetage en mer Méditerranée, maraudeur・euse dans les Alpes, bénévole à Calais… Les personnes solidaires des exilé·es en Europe se sont réunies le 7 mars à Briançon, dans les Hautes-Alpes, pour témoigner d’un même constat : la criminalisation de leurs actions ne connaît pas de frontières.

« Nous devons choisir notre camp. Soit nous suivons les ordres des autorités, mais ça suppose cautionner les menaces quotidiennes qui sont faites aux droits humains. Soit nous nous y opposons, et nous risquons une procédure pénale », explique Sasha Gierke, ancien chef de mission sur le Luventa, le bateau de sauvetage de l’ONG allemande Jugend Rettet devant la salle comble du cinéma Vauban de Briançon (Hautes-Alpes). Entre 2016 et 2017, son équipage, dirigé par l’Allemande Pia Klemp, a secouru 14 000 personnes au large des côtes libyennes. Aujourd’hui, poursuivi par le gouvernement italien pour complicité d’immigration illégale, il risque jusqu’à 20 ans de prison.

Des rapports des policiers « dénués de véracité »

Réuni·es à Briançon le 7 mars, à l’occasion de la rencontre internationale des Européens solidaires, des membres d’associations d’aide aux personnes migrantes et réfugiées en Europe témoignent de la façon dont ils ont été attaqués, harcelés ou poursuivis par les autorités européennes. Après Sasha Gierke vient le tour de Pierre Mumber, accompagnateur en montagne. Interpellé en janvier 2018 à Montgenèvre (Hautes-Alpes) alors qu’il venait en aide à des Nigérians sur le front de neige, il a été condamné en première instance à Gap à trois mois de prison avec sursis pour « aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière ».

Lors de son procès en appel à Grenoble (Isère) en octobre 2019, la juge a estimé qu’au vu des images de l’interpellation, prises par une télévision italienne, « les rapports des policiers sont particulièrement dénués de véracité ». À cet instant, les rires fusent parmi le parterre de militants associatifs qui composent le public. « C‘est joliment dit, ironise Pierre Mumber. Ils ont menti. » Il a été relaxé.

La solidarité et sa criminalisation en question à Briancon, le 7 mars 2020.Manifestation devant les locaux de la police aux frontières organisée par l’association Tous Migrants à Montgenèvre, samedi 7 mars 2020. Photo: Marguerite de Lasa pour Radio ParleurClara, de l’association L’auberge des migrants, aborde la situation à Calais (Pas-de-Calais). Là-bas, entre 500 et 600 exilé·es font face au harcèlement quotidien des gendarmes et policiers qui « empêchent les points de fixation ». « Nous, les associations, nous subissons des contrôles d’identité à répétition, des amendes, des  filatures », raconte-t-elle.  En plus d’entraver l’action des bénévoles, les pratiques de la police dissuadent de nouveaux soutiens de venir. « Cela décourage beaucoup d’étudiant·es en médecine ou en droit qui ne veulent pas avoir de casier judiciaire», poursuit-elle.

« L’ensemble des États membres de l’Union européenne utilisent des lois et des pratiques illégales »

Des récits de ce type, Amnesty international en a recueilli auprès de cinquante défenseur·ses des droits humains et de dix organisations internationales, pour rédiger un rapport sur la criminalisation des solidaires en Europe, publié le 3 mars 2020. « L’ensemble des États membres de l’Union européenne utilisent des lois et des pratiques illégales au regard du droit international, pour poursuivre les personnes qui viennent en aide aux personnes migrantes et réfugiées », martèle Lola Schulmann, chargée de plaidoyer de l’organisation.

Elle dénonce notamment le détournement de lois européennes : « La directive de 2002 permet de poursuivre le trafic d’êtres humains. Or, elle est utilisée pour attaquer les personnes qui viennent en aide aux exilés. » Les solidaires sont donc assimilé·es à des passeurs, « alors qu’il n’y a pas de gain financier ou matériel en échange de l’aide qu’ils ont apporté aux personnes », détaille-t-elle. Huit pays sont épinglés par le document : la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, la Croatie, Malte, la Suisse et le Royaume-Uni.

La solidarité et sa criminalisation en question à Briancon, le 7 mars 2020.Conférence à Briançon pour évoquer les violences policières et la criminalisation des aides et soutiens aux éxilé-es, le 7 mars 2020. Crédit Photo : Marguerite de Lasa.La conférence finie, le public converge vers Montgenèvre pour manifester devant le poste de la police aux frontières (PAF). Devant des rangées d’agents encagoulés, une membre de l’association Tous Migrants prend la parole: « Mesdames et messieurs les forces de l’ordre, dit-elle au mégaphone. Notre mouvement citoyen a rédigé un livret à votre intention, pour vous alerter sur les pratiques illégales et dangereuses que vous exercez à l’égard des personnes étrangères. »

La nuit tombe, et l’écho de sa voix résonne dans les montagnes enneigées : « Le non-respect de ces lois obligent les personnes exilées à prendre des risques inouïs pour tenter de trouver refuge en France. » Alors que la lecture des articles de lois rappelant leurs devoirs aux policiers commence, Michel Rousseau, porte-parole de l’association, s’avance vers les uniformes. D’un air déterminé, il tend le petit livret aux agents, qui demeurent impassibles. Plus tard, il revient sur l’initiative : « Il s’agit d’encourager les forces de l’ordre à désobéir. » Il insiste : « Ce n’est pas nous qui sommes dans l’illégalité. C’est l’État qui est hors-la-loi avec ces pratiques. »

Un reportage de Marguerite de Lasa. Photo de Une : Marguerite de Lasa pour Radio Parleur.

Newsletter n°38

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°38 // 11 mars 2020

La lettre d’info de la Plateforme de services aux migrants
Réseau d’associations intervenant dans les camps d’exilé.e.s de passage
du Nord de la France et du littoral de la Manche

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Infos des lieux de vie

  • Lille : Depuis l’évacuation du squat 5 étoiles, les personnes n’ont plus de lieu identifié pour se poser. Le 21 février, a été évacué le petit campement installé dans le parc Matisse. Depuis, les petits regroupements sont vite expulsés. Les personnes sont donc dispersées, isolées. A écouter une émission de radio de La Voix Sans Maitre enregistrée les 11 et 12 janvier lors du week-end de solidarité aux luttes des exilé.e.s, organisé par différents collectifs. Des étudiant.es racontent leur occupation du CROUS lillois le 8 janvier 2020, pour dénoncer le parcage des étudiants étrangers dans les bâtiments insalubres de la résidence Galois à Cité scientifique.

collectif des étudiant.es de Galois et leurs ami.es

  • Calais : (Sur-)vies calaisiennes. Dans cet article, Mathilde Robert, avocate au barreau de Paris, revient sur ces 30 ans de présence d’exilé.es à Calais, de frontière fermée, de violence. »Aider les exilés à Calais et s’y engager à plein temps, c’est se retrouver face à une réalité contrastée. C’est être témoin de l’horreur policière, mais aussi de l’intense vitalité qu’expriment les diverses communautés qui se reconstituent après chaque agression subie ». A lire ici

l’accès d’un des sites de distributions de repas bloqué avec des rochers ! 29/02/2020

Infos des assos

  • Terre d’Errance Steenvoorde en est à sa douzième année d’accueil inconditionnel des personnes migrantes. Finis les camps d’été et d’hiver. Seul demeure l’accueil de jour. Une dizaine de personnes peuvent s’y poser, préparer un repas, laver leur linge. A 20h, elles se retrouvent dehors. Le week-end, elles sont accueillies dans des familles. De l’aide humanitaire d’urgence, l’association passe à un accompagnement des personnes demandant l’asile.
  • Le Collectif cambraisis d’aide aux migrants existe depuis 4 ou 5 ans et faisait au début essentiellement des collectes de dons pour l’Auberge des Migrants. Il y a un an et demi, une cinquantaine de personnes vietnamiennes chassées de Angres, sont venues s’installer à Marquion et y ont construit un véritable hameau. En juin 2019, ce camp est démantelé. Que faire maintenant pour aider ces personnes en recherche d’asile ? Collecter des dons pour des associations de Calais ne suffit pas.
  • Itinérance Cherbourg dénonce plusieurs arrêtés préfectoraux. Depuis à peu près un mois, c’est une vraie giboulée d’arrêtés préfectoraux qui dégringolent pour refuser les demandes d’admission au séjour quelles qu’elles soient : titre de séjour, OQTF, IRTF. Itinérance Cherbourg, associée au Collectif Saint-Lois d’aide aux Migrants et Itinérance Sud Manche, a organisé une conférence de presse pour dénoncer cette situation. Article de presse à lire ici
  • A Calais, le Secours Catholique a tenu à marquer 20 années de présence auprès des personnes exilées. La semaine d’actions « Mon mur n’est pas tombé », ponctuée de multiples moments d’échange et de partage, a notamment commencé, le dimanche 1er mars, par le dévoilement d’une plaque rendant hommage aux personnes exilées mortes à la frontière franco-britannique. Elle est visible sur la façade de l’église St Joseph à Calais.

Infos de la PSM

C’est par là que ça se passe

Le but de cette rubrique est de faire connaître des initiatives politiques, militantes, festives de personnes exilées, de passage, réfugiées ou pas.

  • Un projet d’écriture sur une correspondance entre des personnes en exil et des lycéens a été mis en place par l’atelier théâtre de l’association Itinérance Cherbourg, avec Christophe Tostain de la compagnie du Phoenix. Une restitution de ce travail aura lieu sur la scène du théâtre des Miroirs de la Glacerie à Cherbourg le 31 mars
  • A Abidjan, Gnadou Gnapo lutte contre la désinformation des passeurs et les mensonges des « frères » qui sont « là-bas », et s’évertue à avertir les plus jeunes des périls de la migration. Dans le cadre du festival Cocobulles, des dessinateurs africains ont tenté de sensibiliser la jeunesse ivoirienne aux dures réalités de « l’aventure ». A lire cet article du Monde

 

A vos agendas

  • Colloque du Centre Primo Levi « Entre rêves et cauchemars, La longue nuit des exilés » les 19 et 20 mars prochain. C’est à Paris et il faut s’inscrire très rapidement. En ligne ici.

  • Le réseau Caravan Opening Borders choisit les Balkans comme destination pour l’été prochain. Ce réseau militant traverse chaque année, depuis 2016, un tronçon de la frontière européenne pour rendre visibles et dénoncer les violations des droits des personnes qui migrent. Ici, un court compte-rendu (en anglais) de la caravane 2019. Les dates de voyage se situent entre le 17 et le 26 juillet 2020. Vous traverserez les frontières franco-italienne, italo-autrichienne, italo-slovène et croate. C’est l’occasion de connaître de près la situation aux frontières et de dénoncer ce qui s´y passe. L’occasion aussi de tisser un réseau plus étroit pour pouvoir, petit à petit, faire plus de choses en commun.

Infos juridiques

  • Dénonciation de la violation des droits fondamentaux des personnes vivant à la rue à la frontière franco-britannique. Des associations se sont mobilisées le 4 mars à Dunkerque. Voir ici

  • Un feu vert aux expulsions express de migrants. La cour européenne des droits de l’homme a légitimé les reconductions expéditives de personnes migrantes par l’Espagne. Les ONG redoutent que la décision n’encourage d’autres Etats, dont la France. Pour Claire Rodier, du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s), cofondatrice du réseau Migreurop, la décision prise à Strasbourg est «catastrophique» en ce qu’elle «valide des pratiques contraires au droit international», et «s’inscrit dans un climat politique qui justifie le recours à l’illégalité des États». A lire l’article paru dans Libération.
  • Une salve de décrets est venue, en début d’année, durcir l’accès aux soins pour les personnes demandant l’asile et « sans-papiers » . Même l’académie de médecine proteste. Lire ici l’article paru dans Mediapart.

Pour comprendre / pour cogiter

  • « A Calais Natacha Bouchard fait des migrants une rente politique ». « La maire LR postule à un troisième mandat à la tête de la première ville du Pas-de-Calais. Favorite face à un RN divisé et à une gauche en reconstruction, elle a réussi à transformer la présence de migrants en atout politique… et en plantureuses subventions ». A lire le dossier de Mediapart
  • « Les politiques migratoires européennes créent du populisme en Afrique sans limiter les départs clandestins ». A lire cet article du Monde centré sur la condamnation (par le rapport) des politiques migratoires européennes. Le PNUD les estime inefficaces et contre-productives et dénonce une instrumentalisation politique de l’Aide au développement.
  • Criminalisation de la solidarité en Europe, un rapport publié par Amnesty International.. Il porte sur plusieurs pays : Croatie, Italie, Grèce, Suisse, Espagne, Malte, Royaume-Uni et la France. En France, ce rapport revient sur la situation à la frontière entre la France et l’Italie, dans le briançonnais. Une vidéo sur l’engagement des citoyens et des associations à voir ici
  • Sophie Djigo, fondatrice de l’association « Migraction » a publié récemment un livre : « Aux frontières de la démocratie, de Calais à Londres, sur les traces des migrants ». Lire ici une note de lecture.

Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s
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Newsletter n°37

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°37 // 13 février 2020

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Infos des lieux de vie

  • Dans l’arrondissement de Béthune, une quinzaine de personnes survivent dans des conditions inhumaines, dans des champs entre Norrent-Fontes, Saint-Hilaire Cottes (le village voisin) et l’aire d’autoroute à partir de laquelle ces personnes tentent chaque soir de se cacher dans les camions pour aller en Grande-Bretagne. Une petite dizaine d’hommes survivent également à Quernes, à quelques kilomètres de là. A Fouquières les Béthune, le campement où survivaient plusieurs personnes vietnamiennes, a été abandonné en novembre. Quant à l’HUDA (Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asile), il abrite environ 80 personnes qui vivent dans l’angoisse d’être expulsées parce qu’elles sont dites dublinées, ou craignent que l’asile leur soit refusé.
  • A Ouistreham le nombre de personnes exilées a considérablement baissé. Elles seraient aujourd’hui 5 fois moins nombreuses qu’il y a un an. Pourquoi ? Découvrez ici un article de presse proposant un point de situation et quelques hypothèses.

  • Bailleul : De Formule 1 à lieu d’accueil de demandeurs d’asile, en passant par CAES (centre d’accueil et d’examen des situations). Pour en savoir plus sur les transformations de ce lieu et leurs conséquences, découvrez ici le témoignage de Claire.

la police demande à des migrant.es de déplacer leur tente jusqu’au niveau de la route, à quelques dizaines de mètres. Robin Tutenge

Infos des assos

  • Les bénévoles et salarié.e.s de la délégation du Pas-de-Calais du Secours Catholique – Caritas France organisent du 1er au 8 mars 2020 une semaine d’événements afin de prendre un temps de recul sur leurs 20 ans de présence auprès des personnes exilées à Calais, relire ensemble ces dernières années et poser les fondements des temps à venir. Découvrez le programme de ces journées ici.

Infos de la PSM

  • A vos agendas ! L’assemblée générale de la PSM, c’est le samedi 28 mars. Bloquez la date, on a plein de choses à se dire et à décider ensemble !
  • Le prochain « atelier sensibilisation » de la PSM aura lieu mardi 18 février, de 9h30 à 16h30, à Dunkerque, au sein de la Maison de la Vie Associative (Terre Plein du Jeu de Mail, rue du 11 novembre 1918). Cet atelier permettra de s’outiller pour intervenir en milieu scolaire, ou encore dans l’espace public, dans le contexte bien particulier des élections municipales. Pour aider à l’organisation de l’atelier et du covoiturage, merci de remplir le court formulaire d’inscription en cliquant ici.

Autres temps de formation et d’échanges

  • Célébrant ses 30 ans, l’Anafé organise le vendredi 28 février 2020 un colloque retraçant les combats qu’elle mène depuis ses débuts pour la défense des droits des personnes enfermées aux frontières. Ce colloque permettra de montrer en quoi les enjeux à l’origine de la création de l’Anafé sont toujours d’actualité dans une Europe qui développe l’obsession d’être une forteresse assiégée. Voir le programme de cette journée
  • La Pastorale des Migrants propose une série de formations qui pourraient vous intéresser : une sur la procédure Dublin le 14 mars, à l’Espace Jean Rodhain, Route de l’Abbaye, 59270 Godewaersvelde (Mont des Cats), et une sur l’accès au droit et à la santé le 4 avril à Dunkerque (lieu à préciser). Pour plus d’informations, écrivez à pastorale.migrants[at]lille.catholique.fr

Outils juridiques

  • A l’occasion d’une ènième expulsion à Calais, HRO (Human Rights Observers) a édité et distribué aux personnes exilées des flyers en langues oromo, arabe, pachtu, farsi, kurde sorani, amarhic, pour les informer de leurs droits ainsi que des bordereaux à remplir avec leurs demandes d’avocat, de médecin pour les aider à les exercer. A retrouver ici.

Envies d’agir

  • Une pétition encore, mais cette fois-ci pour dénoncer la situation humaine et sanitaire désastreuse à Ouistreham et demander au Maire d’enfin ouvrir un local digne pour accueillir les personnes exilées à la rue. C’est à signer ici !
  • Actes et Cités a créé un guide à l’adresse des candidats aux élections municipales à destination des collectivités territoriales qui souhaitent agir en faveur de l’hospitalité, avec ou sans l’aide de l’état. A consulter ici

Belles échappées

  • « Un siècle de réfugiés. Photographier l’exil » de Bruno Cabanes. Ce livre retrace l’histoire de réfugié.e.s aux XXe et XXIe siècles à travers des photographies emblématiques. Il remet également en question l’utilisation de ce médium à des fins humanitaires

  • Et si la cuisine était un outil d’intégration pour des populations venues d’ailleurs ? Des réfugié.e.s et des exilé.e.s accueilli.e.s sur notre territoire s’en sortent grâce à la cuisine. Pour en savoir plus sur les projets, les personnes qui les accompagnent et les adresses des restaurants, écoutez l’émission On va déguster du 19 janvier sur France Inter

La table du RECHO

Pour comprendre, pour cogiter

  • « Le délit de solidarité est toujours sanctionné ». Malgré la décision du Conseil Constitutionnel sur le principe de fraternité, de nombreux soutiens aux personnes migrantes restent poursuivi.e.s et sont parfois plus lourdement condamné.e.s. Lire à ce sujet l’enquête du journal La Croix. Dans ce contexte, la relaxe de Camille Halut, observatrice pour la Ligue des droits de l’homme, est une victoire d’autant plus importante pour la défense des droits. Elle avait été poursuivie pour avoir observé les pratiques policières sur des manifestations. Le tribunal correctionnel de Montpellier a abandonné toutes les charges retenues contre elle. Pour en savoir plus, lire ici ce qu’en dit Amnesty International.

Camp de migrants a Lepe en Espagne

Newsletter n°36

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n° 36 // 9 janvier 2019

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Infos des lieux de vie

  • Des élagages d’arbres et de haies pour enlever ce dernier abri aux personnes sur tous les lieux de vie des exilé.e.s. Que ce soit à Calais, des arbres coupés et installations de grilles à la place, mais encore à Grande Synthe, sur la zone naturelle protégée du Puythouck, une coupe d’hiver pratique pour les expulsions de terrain des personnes, et jusqu’à Angres où le préfet du Nord demande par lettre aux agriculteurs de couper leurs haies de manière à déloger 10 personnes exilées sans passer par une décision administrative.

 

Non-camp de Norrent Fontes/Saint Hilaire Cottes

 

  • Calais : une nouvelle « opération de mise à l’abri » selon le préfet le 20 décembre dans la Zone industrielle des Dunes moins de 3 semaines après une opération similaire au même endroit. Après la coupe des arbres, le nettoyage de la zone et la pose de poteaux, place à l’installation de grilles Route de Gravelines, semblables à celles présentes au rond-point de la Zone d’activités Marcel Doret.

Le 17 décembre une banderole était déployée sur le dragon à Calais. Un acte militant pour visibiliser les sans-abris et les exilés, dénoncer les millions mis dans le Dragon et réclamer un plan de mise à l’abri.

 

 

  • A Grande Synthe, « près du site de l’ancien camp humanitaire de la Linière, sous des hangars éventrés et abandonnés qui servaient autrefois de lieux de stockage de lin, des centaines de migrants – kurdes en majorité – campent actuellement dans des tentes et au milieu des gravats de béton et des ordures« . Lire l’article de Julia Pascual paru dans Le Monde du 4 janvier.
  • « La porte d’Ulysse », un centre d’hébergement d’urgence pour des migrants « en transit » à Bruxelles. Il a ouvert en 2015 contre l’avis des nationalistes flamands alors au gouvernement. Malgré ses 350 lits, le lieu n’est pas toujours en mesure d’accueillir les exilés très souvent en provenance du Calaisis et dont l’objectif est le Royaume Uni. A lire l’article paru dans Le Monde.

 

Infos des assos

  • L’association Maison Sésame propose depuis moins d’un an un accueil inconditionnel pour les exilés en situation d’errance à la frontière franco-britannique sur la commune d’Herzeele. Dans un premier livret, « Les Sésamettes », l’association retrace ses avancées des derniers mois de septembre, d’octobre et de novembre et présente ses actions, ses nouveaux questionnements, ses futurs projets et aussi les événements à venir. C’est à trouver ici.

 

 

  • Amnesty International dénonce : les pratiques abusives et l’impunité de la police continuent.  » Plus de six mois après la publication de notre enquête, la situation des personnes migrantes et réfugiées reste désastreuse et inhumaine à la frontière franco-britannique. Ceux qui leur viennent en aide continuent d’être harcelés, en toute impunité. » Lire la suite ici.

C’est par là que ça se passe

  • Aziz Hazara qui se décrit comme un “kid” de Kaboul, est un plasticien utilisant calligraphie, photo et vidéo. Il travaille à ses créations en vue de la Biennale de Sydney en 2020 et de sa première exposition solo en Europe, à la Fondation Tàpies de Barcelone. “J’essaie de documenter ce qui se passe autour de moi à travers mon langage visuel, même si parfois j’ai l’impression que nous sommes devenus insensibles” face à la mort frappant au quotidien. Certaines de ses œuvres sont déjà visibles à Marseille jusqu’au 1er mars, au Musée des civilisations de la Méditerranée (Mucem) dans une exposition bouleversante consacrée à cette génération d’artistes née de l’éphémère printemps afghan, à la chute des talibans en 2001. Lire ici pour en savoir plus sur cet artiste.

 

 

Infos de la PSM

  • A vos agendas ! Deux commissions de la PSM font leur rentrée ce mois de janvier pour leurs premières réunions :
    • La Commission Plaidoyer, le 20 janvier, à 14h à Dunkerque
    • La Commission Expulsions de terrain, le 24 janvier, à 9h30 à Lille

Et du côté de la Commission communication, si vous souhaitez participer à l’élaboration et au contenu du futur site internet de la PSM, une réunion se tiendra le 20 janvier à Montreuil.

Envie d’agir

  • Participons au Projet LOVIS : en été 2020, le voilier LOVIS va larguer les amarres pour soutenir et mettre en lien différentes luttes antiracistes en faveur de la solidarité. Migrant.e.s, réfugié.e.s, activistes, musicien.ne.s, actrices et acteurs, écrivain.e.s, tou.te.s celles et ceux qui dépassent les frontières et qui œuvrent contre le racisme et pour la liberté de circulation, la décolonisation et pour des communautés solidaires, vous êtes invités à une rencontre de préparation le 11 janvier 2020 à Ostende en Belgique ou à envoyer vos idées à cette adresse, campaign(at)lovis.de. Des informations sur ce projet ici.
  • Invitation au Week-end de soutien aux expulsé.e.s et inculpé.e.s du 5* les 11 et 12 janvier à Lille. Ce week-end est organisé en réponse à ce qui s’est passé le 4 juin dernier à Lille : sur ordre du préfet du Nord, quelques 200 CRS ont violemment expulsé des personnes qui occupaient un ensemble de bureaux et hangars, surnommé ironiquement le 5 étoiles. Plus d’informations et programme à trouver ici !

 

 

  • Soutien à Pierre-Alain : il y a plus de 3 ans, Pierre-Alain a été arrêté pour « aide aux migrants ». Il avait secouru dans la montagne de la Roya 3 Érythréennes blessées. Il vient de recevoir la notification pour une nouvelle audience au tribunal. Ce sera la 5e…Pour soutenir Pierre-Alain via la pétition, c’est ici, voire même aider à la cagnotte pour ses frais de justice.
  • Pétition pour les sans-abris à Calais. 7 500 signatures pour l’instant. Froid, pluie, tempête, destruction des « abris » sont toujours d’actualité. Dehors n’est pas un logement ! Pour ajouter votre signature, ou partager la pétition, c’est ici.

Belles échappées

  • « Harbor » : un film pour éveiller les consciences sur la situation des mineurs désireux de rejoindre l’Angleterre.
    Le court-métrage « Harbor » – ou « Jeter l’ancre un seul jour » en français – aborde la difficile question des mineurs isolés qui souhaitent rejoindre l’Angleterre. Avec ce film, le jeune réalisateur de 23 ans, Paul Marques Duarte raconte l’histoire d’une enseignante française qui, lors d’un voyage scolaire vers l’Angleterre avec sa classe, décide de cacher un jeune migrant à bord d’un ferry. A trouver sur Infomigrants l’article de Leslie Carretero qui en parle !

 

 

  • « Pour Sama » – Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue.
    Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep.
    Waad et son mari médecin sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays. Projection du documentaire suivie d’un échange avec Amnesty International et Tarek, syrien originaire de Damas, au Flandria, à Bailleul, le 21 janvier 2020 à 20h.

 

 

  • « Le parfum d’Irak » écrit par le journaliste franco-irakien Feurat Alani lauréat du prix Albert Londres. Il y évoque le pays natal de ses parents, alternance de souvenirs joyeux, de drames et d’injustices durant la dictature et la guerre, en reprenant les codes de twitter et de messages initialement limités à cent quarante signes.

 

 

Autres temps de formation et d’échanges

  • Formation sur l’alphabétisation et la scolarisation des personnes exilées organisée par la Pastorale des Migrants, avec un focus sur la scolarisation en Collège et Lycée. Ce sera à la Maison Paul VI à Lille, le samedi 18 janvier de 10h à midi. Attention, places limitées, inscriptions avant le 15 janvier à cette adresse mail : pastorale.migrants@lille.catholique.fr

Outils juridiques

  • Mise en place d’une permanence téléphonique d’urgence « étrangers 48H » les week-ends par les avocats au barreau de Lille. Cette permanence est uniquement dédiée aux décisions assorties d’un délai de recours contentieux de 48 heures dont le délai expire durant les fins de semaine, le samedi ou le dimanche.
    Un.e avocat.e sera désormais joignable par téléphone toutes les fins de semaine, du vendredi au dimanche, pour aider les étrangers-ères faisant l’objet d’une mesure d’éloignement sans délai ou d’une assignation à résidence à saisir le tribunal administratif de Lille d’un recours. Le numéro de téléphone : 06 09 04 37 02. Il est à diffuser largement. Par ailleurs le site internet de l’Ordre des avocats au Barreau de Lille comportera désormais, à compter de la fin du mois de décembre, une page internet dédiée aux droits des étrangers, et comportant des aides à l’introduction du recours.

  • La maire de Calais jugée incompétente … pour interdire les distributions de nourriture aux personnes exilées. Par un jugement rendu le lundi 16 décembre 2019, le tribunal administratif de Lille a annulé trois décisions prises par la maire de Calais les 2, 6 et 9 mars 2017 dans le but d’empêcher les distributions de nourriture aux exilé·es, alors joliment qualifiées « d’occupations abusives, prolongées et répétées » de la zone industrielle des Dunes, du site du Bois Dubrulle et de la place d’Armes. Une décision qui devrait mettre un coup d’arrêt à l’une des mesures les plus honteuses dans la panoplie des pratiques de harcèlement des personnes migrantes toujours en vigueur sur la commune. Lire la suite du communiqué des associations ici.

Pour comprendre / pour cogiter

  • La France va rendre 1,12 million d’euros de crédits non utilisés du Fonds européen pour les réfugiés. Cet argent européen n’a pas été utilisé par la France pour s’occuper de l’accueil des réfugiés sur le territoire. Ces fonds n’auraient pas été utilisés en grande partie en raison de la complexité des dossiers administratifs à remplir. A lire l’article du journal Ouest France
  • Un droit au travail pour les migrants ignoré par la France. La « Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille » a été ratifiée par 55 pays mais pas par la France. A lire ici un article à ce sujet.

Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s
www.psmigrants.org

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AG de la PSM samedi 28 Mars 2020

L’assemblée Générale de la Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s aura lieu le samedi 28 mars 2020. Réservez dès à présent votre après-midi ! Ce sera à Grande-Synthe (on vous confirme le lieu très bientôt).

Selon nos nouveaux statuts, l’AG de la PSM ne peut se tenir que si au moins un tiers de ses membres est représenté (voir liste des associations membres en pièce-jointe). Nous comptons donc sur votre présence ! Si vous ne pouvez être présent.e, merci de bien vouloir donner pouvoir pour vous faire représenter (document à remplir en pièce-jointe).

Merci également de bien vouloir vous inscrire sur ce lien pour confirmer votre présence le 28 mars : https://framaforms.org/inscription-ag-psm-2020-1582295901

Enfin, si vous souhaitez devenir membre de CA ou de nos commissions et participer ainsi à d’incroyables aventures !!!, n’hésitez pas à nous le faire savoir en amont en écrivant à cette adresse : sensibilisation@psmigrants.org. Pour rappel, les commissions interne de la PSM sont les suivantes : « employeuse », « finances », « communication », « bienveillance et gestion des conflits ». On a notamment besoin de renforcer notre « commission finances », mais toutes les énergies sont bienvenues. Quant à nos commissions thématiques, il y a « plaidoyer », « expulsions forcées » et « pouvoir d’agir des personnes exilées » ! 

Ci-dessous, un rappel du déroulé proposé pour cette assemblée générale, ainsi que le lien vers notre rapport d’activité 2019. Toutes vos propositions de modifications, vos commentaires sont bienvenus. Merci d’envoyer tout cela à cette même adresse : sensibilisation@psmigrants.org. Vos propositions pourront ainsi également être débattues lors de l’AG.

Proposition de déroulé :

  • Accueil et temps d’échanges pour se donner des nouvelles
  • Présentation et approbation du rapport moral
  • Présentation et approbation du rapport d’activité 2019, disponible ici : https://apps.psmigrants.org/nextcloud/s/7E2JBQCzZieq4KA
  • Présentation et approbation du rapport financier
  • Élection des membres du Conseil d’Administration

Nous vous inviterons à ré-adhérer à la PSM lors de l’AG.

A très vite !

Les membres du CA et les salariées de la PSM : Alain, Armelle, Christine, Claudie, Clémentine, Dominique, Jean-Marc, Lou, Marc, Marie, Nan, Nicolas et Philippe.

 

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Pratiques n° 88 partie magazine

Version 1 du 23 novembre 2019 – 1 650 c

Auteure : Martine Devries

La projection d’un film documentaire Les soignants de l’exil sur la PASS (permanence d’accès aux soins de santé, lieu de consultation prévu pour les personnes qui n’ont pas de couverture sociale) de Calais a eu lieu le 20 novembre au cinéma Alhambra à Calais devant une salle comble. Des bénévoles dans la salle, oui, mais surtout du personnel de l’hôpital, car la PASS est dans l’enceinte de l’hôpital et fonctionne en lien avec le plateau technique de l’hôpital, avec du personnel de l’hôpital, sur des fonds de l’État, gérés par l’hôpital. Le documentaire réalisé par Chloé Tisserand, diffusé par la chaîne Weo, est adossé à sa thèse de sociologie, qui est en cours. Il a été réalisé sur une année, et il est centré sur le vécu du personnel, infirmier·e·s, interprète, médecins, secrétaire et vigile. Il manifeste une immense bonne volonté et humanité, de la part de… « tout le monde », soignants et artisans du film. Le film n’est pas mal du tout : réaliste, mais pas trop plombant, laissant la place à l’expression du malaise des soignants au contact du dénuement extrême des exilés. C’est une belle reconnaissance du travail, difficile, des soignants. Mais tout est montré comme s’il s’agissait d’un dénuement et d’une misère « naturelles », comme si personne n’y pouvait rien, comme si personne n’y était pour rien. Rien n’est dit, ni montré, des conditions catastrophiques, cyniques, et honteuses dans lesquelles ils et elles ne sont pas accueilli·e·s et qui les rend ou contribue à les rendre malades. Rien n’est dit non plus de ce qui les contraint à quitter leur pays. Rien n’est dit de la politique. Ce n’est pas le sujet. Tout est là.

(à paraître dans le N° 88 de la revue « Pratiques ou les cahiers de la médecine utopique »

Martine Devries

« Les soignants de l’exil » – Regard sur le documentaire

Auteure : Martine Devries

La projection d’un film documentaire Les soignants de l’exil sur la PASS (permanence d’accès aux soins de santé, lieu de consultation prévu pour les personnes qui n’ont pas de couverture sociale) de Calais a eu lieu le 20 novembre au cinéma Alhambra à Calais devant une salle comble. Des bénévoles dans la salle, oui, mais surtout du personnel de l’hôpital, car la PASS est dans l’enceinte de l’hôpital et fonctionne en lien avec le plateau technique de l’hôpital, avec du personnel de l’hôpital, sur des fonds de l’État, gérés par l’hôpital. Le documentaire réalisé par Chloé Tisserand, diffusé par la chaîne Weo, est adossé à sa thèse de sociologie, qui est en cours. Il a été réalisé sur une année, et il est centré sur le vécu du personnel, infirmier·e·s, interprète, médecins, secrétaire et vigile. Il manifeste une immense bonne volonté et humanité, de la part de… « tout le monde », soignants et artisans du film. Le film n’est pas mal du tout : réaliste, mais pas trop plombant, laissant la place à l’expression du malaise des soignants au contact du dénuement extrême des exilés. C’est une belle reconnaissance du travail, difficile, des soignants. Mais tout est montré comme s’il s’agissait d’un dénuement et d’une misère « naturelles », comme si personne n’y pouvait rien, comme si personne n’y était pour rien. Rien n’est dit, ni montré, des conditions catastrophiques, cyniques, et honteuses dans lesquelles ils et elles ne sont pas accueilli·e·s, et qui les rend ou contribue à les rendre malades. Rien n’est dit non plus de ce qui les contraint à quitter leur pays. Rien n’est dit de la politique. Ce n’est pas le sujet. Tout est là.

(A paraître dans le N° 88 de la revue « Pratiques ou les cahiers de la médecine utopique » – Version 1 du 23 novembre 2019)

Martine Devries

Une distribution particulière à Grande Synthe

 

Aujourd’hui, c’est Olivier de Solminihac, écrivain Dunkerquois qui nous accompagnait sur les sites de distribution. Suivant la lecture du texte « étranger » co écrit par Olivier et lue par un comédien à la communauté emmaus vendredi dernier, des Dunkerquois présents ce soir là nous ont accompagné aussi sur les camps cet après midi.

Pas de CRS en vue !! Je me demande toujours pourquoi, à certains moments cela semble TELLEMENT IMPORTANT qu’ils soient nombreux, et à d’autres moments : PERSONNE !!!

Bon ! distributions sur le grand parking :

du people !

du froid !

très froid !

TROP froid !

Les pakistanais : toujours égaux à eux mêmes, le thé est « prêt » à démarrer…

 et l’on se cale sur leur rythme….

le bois vert doit chauffer !

l’eau (d’un jerrican douteux) doit bouillir,

le lait que nous venons de ramener doit gicler, puis 

l’ensemble doit bouillir trois fois dans la casserole 

les flammes lèchent le tout,

nous réchauffent

et nous emmènent dans nos pensées autour de nos Friends !

On « prend » notre temps (quelle drôle d’expression..)

 prenons le…

pour s’intéresser à eux… police ? uk ? very cold ?

toujours les mêmes sourires fatigués,

les mêmes blagues,

les beaux regards graves et re connaissants.

Olivier est venue avec une amie italienne,

Chouette !

Beaucoup se « réveillent » et speack Italiano,

pépite de soleil dans ce brouillard monotone, 

puis, nous partons sur les deux autres camps,.

No tea ? Heu… No thank you,

Hoooo…

Eh oui, aussi précieux que le poulet et le riz !

LE TEMPS PASSE ENSEMBLE…

Puis, nous « terminons » la « tournée » à la Linière…

Je pense que, de mémoire, hormis le Basroch pendant 6 mois,

jamais je n’ai ressenti autant de honte.

Une merveilleuse asso anglaise a installé sur le parking, des tapis de couvertures, des tonnelles, des tables, des petites chaises

et… une vingtaine de pitchounes jouent… au coloriage, à la poupée, à des jeux d’adresses ! on les penserait à l’école, ou à la garderie…. nul souci du voyage.. ils redeviennent enfants !

MERCI LES JEUNES !

Plus loin, mais tellement prêt de nous, des tas d’immondices jonchent le sol. Des fers à bétons sculptent un décor « d’art » « dramatique », Des odeurs nauséabondes !!

et… du people !!! des tentes en nombre, partout !!!

la maison quasiment démontée.

des petits feux réchauffent et tuent l’ennui.

Oh ? Des hautes flammes ? Ah ! Un cady de Monsieur Mullier qui brûle !

Ce n’est pas un fuck au monde capitaliste qui s’en fout de leur sort.

C’est simplement un peu de flammes… et de chaleur. 

Nos nouveaux amis Dunkerquois sont stupéfaits !

Olivier me demande ce qu’il peut faire, il connait du monde à Dunkerque…

YES ! 

Alors, artistes, chanteurs, comédiens, auteurs, 

montreurs d’ours et baladins,

ON Y VA.     ON Y VA.      ON Y VA ?

Grand frais !

Grand Frais va s’installer !

Grand frais va attendre la fin du Grand Froid

et IL LES MANGERA TOUT CRU…

et après où iront ils ?

Maudite neige, tu ne viens pas !

Mais je commence à douter : toi non plus, tu n’arriveras pas à donner un toit et un sol à Grande Synthe pour toutes ces personnes !

L’Etat a réussi à contaminer la commune…

Les consciences sont tranquilles.. « mais enfin, ils n’ont qu’à aller dans les C A E S » … 

Faut il se résigner ?

Je ne sais pas.

A vous de prendre le relais, artistes, chanteurs, comédiens, auteurs, montreurs d’ours !

NE SURTOUT PAS SE RESIGNER,

L’HUMANITE Y VA DE SA SURVIE.

Bon courage les zamis. 

J’aimerais vous dire « ça va aller » .

Sylvie EMMAUS GRANDE SYNTHE