Réseau de M/Parrainage

Le  réseau de M/Parrainage mis en place par Terre d’errance.

 

Référentes de l’action pour Terre d’errance :

Elisabeth Hernu et Dominique Bourgeois

En 2018, Terre d’errance met en place un réseau de parrains/marraines pour accompagner des exilé.e.s.

Ce qu’il est :

Le m/parrainage consiste à créer du lien avec un.e éxilé.e qui en a exprimé le souhait.

Le parrain ou la marraine accompagne le ou la filleul.le dans la résolution de ses problèmes (problèmes administratifs, juridiques, de santé, de logement…….) en concertation avec les partenaires des structures qui interviennent dans ces thématiques.

Le parrain ou la marraine propose des sorties, des loisirs pour favoriser l’intégration des exilé.e.s et participe aux réunions et manifestations mises en place par Terre d’errance dans le cadre de ce réseau.

Comment cela se passe ?

Les parrains et les marraines sont mis en relation par une militante de Terre d’errance (Elisabeth Hernu) avec un.e exilé.e volontaire pour être parrainé.e.

Les exilé.e.s sont le plus souvent celles et ceux de l’HUDA de Fouquière mais cela peut être également des exilé.e.s en contact avec Elisabeth via les cours de Français ou d’autres militant.e.s de Terre d’errance et qui auraient besoin d’un accompagnement plus soutenu.

Le Parrain ou la marraine rencontre son ou sa filleul.e autant que de besoin et selon ses disponibilités.

Elle ou il peut être amener à l’accompagner lors de démarches juridiques, sociales ou de santé. Cela se fait en lien pour l’HUDA de Fouquière avec l’équipe éducative.

Mais le parrainage c’est aussi partager de bons moments comme d’aller à un spectacle, au cinéma, faire un gâteau à la maison, faire un tour en ville………….

Actuellement, nous avons un réseau de 18 marraines et 2 parrains !!

Nous avons organisé 2 moments conviviaux parrains/marraines/filleul.le.s sous forme d’auberge espagnole au Temple protestant de Bruay Labuissière que nous remercions vivement et 2 réunions de parrains et marraines chez Elisabeth.

Nous avons solliciter la ville de Bruay Labuissière pour officialiser le parrainage dans le cadre d’un parrainage républicain.

Nous avons besoin d’étoffer le réseau de M /Parrainage, rejoignez-nous !

Pour joindre Elisabeth : 0321523631

elisabeth.hernu@laposte.net

Vous pouvez également joindre Dominique : 06 69 14 73 77

Bourgeois-dominique@laposte.net

 

Mot de Terre d’Errance

Ça y est. On y est.

C’est la première cérémonie de baptême républicain de personnes étrangères sur le territoire de l’agglomération Béthune/Bruay.

Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre du printemps de l’égalité des droits, décliné localement en semaine de l’accueil sur le territoire de la CABBALR.

Depuis 6 mois, les acteurs locaux, (élus, associations, médiathèque et cinéma) se réunissent régulièrement autour d’un projet commun: préparer ensemble les événements de cette semaine de l’accueil. Exposition à la médiathèque de Lillers, projection au cinéma les Étoiles vendredi et journée sportive et culturelle samedi au foyer François Albert et au stade de Béthune.

A Terre d’Errance, nous avons attendu longtemps cette officialisation, cette reconnaissance par des représentants politiques de l’existence de celles et ceux que la majorité des responsables politiques veulent invisibles, coupables de tout ce qu’il y aurait de négatif.

C’est dire la joie d’avoir rencontré monsieur le maire, Olivier Switaj et ses adjoint-e-s monsieur Caillaux et madame Buguinec, avec qui nous avons préparé cette cérémonie. Notre joie et notre reconnaissance profondes de les voir ainsi que d’autres adjoints ici avec nous ce soir, dans cette salle de l’hôtel de ville où ils nous accueillent.

Car ça n’est pas rien que d’être élu-e dans une ville du Pas de Calais en 2019 et de vouloir porter les valeurs de l’accueil en présidant cette cérémonie de baptême républicain.

Courageux, on peut le dire. Alors qu’en réalité, n’est ce pas simplement là le respect de la devise de notre beau pays ?

Liberté de circulation telle qu’inscrite dans la déclaration universelle des droits de l’homme (art.13)

Égalité entre les hommes et les femmes, sans distinction de race (qui n’existent même pas), d’origine ou de classe.

Fraternité et sororité, c’est à dire : solidarité entre tous et toutes. Des plus favorisées envers les plus précaires. C’est ce qui se passe ici, aujourd’hui.

Nous n’espérions plus entendre un jour les mots «bienvenue» et «citoyen-ne» adressés à des personnes étrangères par des élu-e-s, représentant-e-s de la République.

Merci à vous, monsieur le maire et messieurs madame les adjoint-e-s.

Merci aussi aux parrains et aux marraines.

Devenir parrain ou marraine d’une famille, d’une personne exilée est un engagement responsable et solidaire. A Terre d’Errance, cet engagement se décline d’autant de manières qu’il y a de liens entre bénévoles et exilé-e-s : c’est se préoccuper, c’est visiter, c’est passer du temps, c’est questionner, se questionner, c’est aider et se faire aider, c’est danser ou jouer, c’est montrer et faire visiter, c’est aller au cinéma, c’est apprendre c’est attendre et s’enrichir.

C’est une question de citoyenneté.

Merci enfin aux exilés. Merci à vous d’être venu-e-s jusqu’ici, même si ça n’était pas choisi, même si c’était douloureux. Merci. Merci de nous ouvrir les yeux et de nous faire confiance. Merci de partager vos vies, vos projets, vos cultures. Merci d’être là aujourd’hui. Merci de vouloir vous installer en France, à nos côtés. Être filleul-le, c’est se préoccuper, c’est visiter, c’est passer du temps, c’est questionner, se questionner, c’est aider et se faire aider, c’est danser ou jouer, c’est montrer et faire visiter, c’est aller au cinéma, c’est apprendre c’est attendre et s’enrichir.

C’est une question de citoyenneté. Merci et bienvenue à vous dans la communauté républicaine.

Ce qui se passe ici ce soir est hautement républicain.

Ensemble, citoyens et citoyennes, nous faisons chose commune.

Nos droits sont aussi les vôtres.

Rencontre dans une école primaire

L’an dernier Lise, l’enseignante et Dominique de la PSM étaient parties du thème du voyage, d’abord de ceux des élèves, pour parler ensuite de ceux des personnes  exilées : travail sur le vocabulaire, leçon de géographie, dessins, production de textes. Cette année, à la demande des enfants, nous nous sommes retrouvé.e.s avec cette  fois  le projet  de recevoir à l’école  des jeunes   de la Maison du Jeune Réfugié de Saint Omer. Véronique est donc venue avec 8 jeunes venant d’Afghanistan, du Mali, de Cote d’Ivoire, d’Ethiopie, de Sierra Leone : ils ont échangé sur le thème de l’école puis sur leurs  couleurs, leurs sports préférés. Les jeunes étrangers ne parlaient pas français, au mieux ils parlaient anglais. Pourtant il n’y a pas eu de problèmes de communication, les enfants de l’école  utilisant leur petit vocabulaire anglais. Ils ont joué au foot dans la cour, ont partagé un goûter, les enfants spontanément se sont mis à chanter leurs chants de Kermesse. Elise a été touchée par le naturel de ses élèves, par leurs paroles et comportements “pas calculés”. Les enfants ont demandé quand ils reverraient leurs nouveaux amis grands voyageurs. Malik qui a des frères et soeurs dans son pays   a dit : ” Ca fait du bien d’être avec des enfants”                                                                                                            C’est  certain, l’année prochaine on se retrouve.

Nuit dehors à Cherbourg

 

L’association itinerance soutient son action sur les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme ratifiée à Paris 10 décembre 1948.

Art 1 :
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Art 5 :
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Art 13 :

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays

Art 14 :
Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de   l’asile en d’autres pays.

Donc aujourd’hui on  ne vous parlera pas des délais d’attente allongés avant une première prise en charge.

On ne vous parlera pas des difficultés administratives rencontrées par les demandeurs d’asile.

On ne vous parlera pas non plus de la procédure Dublin

On  vous parlera du non hébergement des demandeurs d’asile.

Dans sa directive de 2003 dite directive accueil, l’Union Européenne recommandait d’offrir aux demandeurs d’asile les moyens matériels d’un accueil digne.

Cette directive corrigée en 2013 définit des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile. Si les demandeurs d’asile ne peuvent être hébergés dans les structures dédiées CADA, HUDA, PRADHA, CAES, il leur est accordé une indemnité de 7,40€ par jour pour se loger.

Nous savons bien en tout honnêteté qu’il est impossible de se loger dans notre pays pour 7,40€ par jour surtout quand l’accès aux logement sociaux n’est pas permis.

A Cherbourg, actuellement, 40 demandeurs d’asile isolés ne sont pas hébergés et 5 familles de demandeurs d’asile ne sont pas hébergés dans des structures dédiées.

  • Des conditions de vie destructrices durant plusieurs semaines ou plusieurs mois

Renforcées pour les personnes changeant d’hébergement tous les 2 ou 3 jours

 Une incertitude quotidienne source d’angoisse, de fatigue, de dépression

Une impossibilité à avoir une vie sociale et relationnelle,

Une impossibilité pour les enfants de suivre une scolarisation normale

Une impossibilité de préparer ses repas, de prendre soin de sa famille, de ses enfants,

Une impossibilité de socialiser les plus jeunes dans des structures dédiées.

Une impossibilité de se projeter avec toutes ses conséquences :

Une inactivité (interdiction de travailler, pas d’apprentissage du français en dehors de l’association Itinérance)

Une impossibilité d’avoir une adresse avec toutes ses conséquences administratives et pratiques : adresse fictive CCAS ou association, impossibilité de scolariser les enfants, difficultés pour organiser des soins

  • Des hébergements indignes et qui coutent très cher
  • Coût moyen d’une nuit d’hôtel : chambre pouvant accueillir deux personnes

34 euros par jour, 1020 euros par mois

Quand  une présidente de région sur les ondes de France Inter reproche au premier ministre de ne pas avoir parlé dans son discours d’immigration car l’hébergement d’urgence coûte cher, nous en sommes conscients. Nous dénonçons le recours à ces hébergements indignes et proposons des solutions.

Ces solutions Itinérance, les a portées en 2012 avec l’appui de la mairie de Cherbourg Octeville. Il existe dans le parc social de la commune de Cherbourg en Cotentin des logements sociaux vides.

A Cherbourg en Cotentin 40 demandeurs d’asile isolés ne sont pas hébergés.

Ils touchent selon la loi en vigueur une allocation de 7,4 par jour pour se loger.

Emettons  une hypothèse où comme en 2012, un projet commun d’hébergement est accepté et l’on héberge 6 personnes isolées non hébergées actuellement dans un appartement T5 pour un loyer moyen dans le parc social de 600€. Dans ce cas 6 personnes sont hébergées dans un logement collectif. Montant de l’allocation mensuelle 1332€ par mois versée par l’OFII. Coût du loyer charges comprises 600€ alors bien sûr dans ce dernier cas, il faut ajouter des charges de chauffage souvent mais 200€ de charges supplémentaires cette solution présente une économie de 532€ par mois.

Pour 40 personnes non hébergées sur l’agglomération, il faudrait 7 appartements. L’économie serait de 3724€ par mois.

Emettons la même hypothèse  pour les 5 familles de demandeurs d’asile qui ne sont pas hébergées. Une famille de 4 personnes peut prétendre à un T3 de 60 M2 pour un loyer maxi charges comprises de 400 euros par mois. Si l’on ajoute un montant de 200€ de charges supplémentaires. Coût de l’hébergement pour une famille : 600€ par mois. Economie : 400€ par mois. Pour 5 familles non hébergées sur le territoire, l’économie serait de 2000€ par mois.

Sur le seul territoire de Cherbourg en Cotentin, l’état économiserait plus de 5000€ par mois.

Il faut aussi  aussi  parler des familles qui ne sont plus demandeuses d’asile qui ont entamé une autre procédure et sont donc en cours de démarches, démarches dûment enregistrées en préfecture.

Il s’agit essentiellement de familles qui se retrouvent le plus souvent obligés d’attendre la réponse du 115 pour savoir si elles vont être hébergées. Il y en a actuellement 6 à Cherbourg en Cotentin.

Sans l’aide du CCAS de Cherbourg en Cotentin, des milieux associatifs mais aussi de bénévoles via l’hébergement solidaire ces personnes seraient à la rue.

Pour toutes ces raisons, nous avons organisé symboliquement cette NUIT DEHORS.

Nous n’avons pas voulu exposer les personnes concernées. Elles sont ici représentées par des silhouettes.

Nous redemandons à l’Etat et au Département de remplir leurs obligations afin que sur notre territoire aucune personne ne vive à la rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fichier biométrique des mineurs

Fichier biométrique des mineur.e.s

L’article 51 prévoit la création d’un fichier biométriquecomportant photos et empreintes des jeunes demandant une protection en tant que mineur isolé pour « assurer un suivi plus rapproché des mineurs.. ». Le décret d’application lui, va bien au delà de l’objectif de la loi : il veut accélérer et rendre plus fiable l’évaluation de l’âge, lutter contre la fraude documentaire et contre la fraude à l’identité. Soit. Mais les moyens prévus pour cela semblent contraires aux droits fondamentaux des mineurs non accompagnés. Qu’on en juge : Il s’agit entre autre, d’empêcher un jeune de faire des demandes successives dans différents départements. Or les modalités d’accueil sont extrêmement différentes selon les départements, il est donc logique pour un jeune de tenter sa chance ailleurs… de plus, le jeune a pu, parfois se faire envoyer par la suite des documents, acte de naissance ou jugement, qu’il souhaite faire valoir dans une nouvelle demande. Il a pu aussi résider chez un tiers considéré, à tort ou à raison, comme un représentant légal, et voir sa demande refusée pour cette raison. Lorsque ce tiers ne l’héberge plus, il est logique qu’il fasse une demande à nouveau… Pouvoir renouveler une demande « dans l’intérêt supérieur de l’enfant » fait pourtant partie des recommandations du Conseil de l’Europe1.

Le projet de décret prévoit aussi de transférer le fichier établi par le Conseil Départemental en vue de la protection de l’éventuel mineur au fichier « étrangers » des préfectures lorsque la minorité est refusée. Cela permettrait de notifier au jeune, dès la fin de sa procédure d’évaluation de minorité, une OQTF (obligation de quitter le territoire français), voire une interdiction de retour sur le territoire. Et donc de l’expulser ! Ceci sur une simple évaluation administrative, sans que le jeune ait pu faire un recours auprès du juge des enfants, comme la loi le permet !

Les conditions de recueil d’empreintes et d’identité nécessaires à la demande de protection ne sont pas des conditions sereines et n’inspirent pas la confiance pour celui qui doit les les fournir : bien souvent, cela est fait au poste de police ou de gendarmerie, bien souvent sans interprète, sans explication sur ce à quoi cela doit servir. Impossible pour le ou la jeune de se sentir en confiance, d’autant plus que, pour la majorité, ils ou elles, ont subi, ou ont été témoins de violences ou d’abus de la part d’adultes, parfois des policiers au cours de leur périple. Il n’y a aucune mesure d’accompagnement ou de soutien prévue pendant la procédure pour ces jeunes particulièrement vulnérables. Il n’est pas prévu de respecter un secret professionnel pour des données à caractère pourtant personnel. Et l’information donnée au mineur est trop restreinte pour qu’il puisse donner son « consentement éclairé ». Même dans le cas favorable où les informations sont données dans la langue adéquate, l’information est donnée par écrit, ce qui ne convient pas à tous, il n’y a pas de temps prévu pour les questions, la réflexion, ou les conseils. Le refus du jeune de se soumettre à ce recueil est souvent rédhibitoire, et conduit à un refus de le reconnaître comme mineur.

Pourtant, là encore, selon le Conseil de l’Europe3, le refus de participer à une procédure de détermination de l’âge ne doit pas entraîner une décision sur l’ âge ou le statut.

Neuf associations2 ont déposé une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) et le Conseil d’Etat a décidé le 16 Mai de transmettre cette demande au Conseil Constitutionnel « pour qu’il reconnaisse l’atteinte injustifiée et disproportionnée que ce fichier porte à l’exigence de l’intérêt supérieur de l’enfant et au respect de la vie privée ».

Comment pourrait on faire différemment ?

Le DDD (défenseur des droits) recommande la nomination d’un administrateur ad Hoc ou d’un tuteur provisoire. Le Comité des droits de l’enfant a appelé les Etats, et notamment la France, à considérer les mineurs non accompagnés comme des enfants en leur reconnaissant le bénéfice de la présomption de minorité  Ainsi, selon le Comité : « S’il existe des motifs de supposer qu’une personne dont l’âge est inconnu est un enfant, ou si une personne déclare être un enfant, cette personne doit se voir accorder le bénéfice du doute et doit être présumée être un enfant », et ce jusqu’à la fin de la procédure de détermination de l’âge.

Attendons l’avis du conseil constitutionnel….

1Conseil de l’europe, division des droits de l’enfant, détermination de l’âge : politiques, procédures et pratiques des Etats membres du conseil de l’europe respectueuses des droits de l’enfant, septembre 2017

2Anafé, Avocats sans frontières, GISTI, La Cimade, LDH, MdM,Secours catholique Caritas france, SAF, SM.

La situation des personnes exilées du squat 5 étoiles

Pourquoi les immigrants en France sont ’’obligés’’ d’être des squatteurs ? Pourquoi
depuis un bon bout de temps, c’est la même situation qui continue ? Nous voulons savoir
si les autorités lilloises ont une solutions d’hébergement pour nous !!!
Nous vivons dans des conditions très très difficiles. Nous vivons sous des tentes dans un
hangar. Nous n’avons que 4 toilettes et un seul point d’eau pour plus de 200 personnes et
nous n’avons pas de douche. Il y a beaucoup de risques d’attraper des maladies. En
matière de salubrité, c’est complètement nul. Il y a des insectes, des rats et des souris de
part et d’autres. Nous sommes très déçus les autorités françaises qui ne nous proposent
jamais de VRAIES solutions. C’est ça la France ?!?
Pourquoi expulser sans proposer des solutions d’hébergement adéquates ? Pourquoi
nos procédures administratives nous bloquent et nous empêchent de vivre
normalement et dignement ?
Nous, habitant.es du squat dit « le 5 étoiles », exigeons des solutions de la part des
autorités compétentes (la Préfecture pour les majeur.es, le Département pour les
mineur.es). Nous ne voulons pas de ces solutions feu de paille qu’on nous impose à chaque
nouvelle expulsion : une semaine en hôtel ou en foyer puis le retour à la rue. Nous ne
voulons pas de diagnostique social au cas par cas. Notre situation est collective, nous
avons construit des liens et des solidarités que les autorités veulent briser.
C’est pourquoi nous, habitant.es du 5 étoiles, nous appelons à un rassemblement pour
exiger notre droit à un hébergement digne et pour la régularisation de nos situations
administratives, qu’on soit mineur ou demandeur d’asile, en procédure normale,
accélérée ou Dublin :
JEUDI 6 JUIN 2019 à 10h
au 5 étoiles
15 rue Jean Jaurès
Nous sommes des êtres humains avec un avenir, pas des empreintes ni des numéros de
dossier !
Papiers et hébergement pour tous.tes !
PARTOUT CHEZ NOUS !
Les habitant.es du 5 étoiles

camp de Angres

Depuis septembre 2018, des Soudanais sont à Angres. Premier camp sur la station, terrain appartenant à la sanef. Camp démantelé en novembre 2018. Suite à ce démantèlement, les Soudanais se sont abrités dans des maisons abandonnées à Liévin.
Ils ont été expulsés de ces maisons le mardi 14 mai 2019 toujours dans les mêmes conditions d’expulsion : police, CRA, CAO, Foyer pour les mineurs…
Situation encore plus précaire depuis, ils errent dans le secteur avec toujours le même but : l’Angleterre.
Face aux grands besoins, un inter collectif a été créé, afin d’essayer au mieux de les aider. (depuis octobre).
Les associations se relayent le soir pour offrir un repas aux migrants, distribués dans une église qui est mise à disposition des bénévoles et Migrants (depuis novembre). Cela permet d’être à l’abri car avant nous servions les repas dans les champs quelque soit la météo.
Ils peuvent également recharger leur téléphone, se poser le temps du repas. Ce temps permet la convivialité, le partage, l’échange.
Le parking de la station service est toujours fermé aux poids lourd. Décision du préfet depuis juillet 2018 (me semble-t-il) dans le but qu’il n’y ait plus de migrants.

Steenvoorde

Les conditions d’accueil se sont durcies, plus de terrain municipal pour l’hiver, plus d’accueil de nuit pour les personnes vulnérables (malade, les femmes avec enfants ou enceintes et les demandeurs d’asile) dans la salle paroissiale. De ce fait l’association a mis en place un hébergement solidaire au besoin en continuant d’accueillir dans cette salle les migrants la journée. La nuit plus aucun lieu n’est toléré, les implantations sont systématiquement supprimées. L’errance nocturne est la règle habituelle. L’aire de repos est toujours interdite aux poids lourds.

Grâce à un partenariat Terre d’Errance /  Secours Catholique qui loue le local au diocèse, l’accueil de jour perdure malgré la volonté des autorités de fermer ce lieu. La salle est ouverte de 8h à 20h. Cela permet aux personnes migrantes de se pauser, d’être à l’abri. L’association permet aux exilés de se nourrir, de se vêtir, de se doucher, d’être soignées et de se sentir accueillies, écoutées et considérées car ils sont nos frères en humanité. Il y a actuellement une dizaine de personnes. Des cours de français sont aussi proposés.

 

nouvelles de Calais

Malgré les dispositifs technologiques (drones, caméras infra-rouge) et les équipements financés par la Grande-Bretagne pour la gendarmerie française (motos tous terrains…), qui facilitent la surveillance du littoral, de nombreuses traversées de la Manche en bateau gonflable ont été réussies ces dernières semaines. Que valent les arguments des autorités pour dissuader les exilés de tenter la traversée (“c’est dangereux, la mer est froide, les courants très forts, le trafic maritime important”) ? Rien ! Les exilés ont affronté bien des dangers dans leur parcours vers l’Europe et en Europe, et leur dernière chance, l’Angleterre, est si proche !

Le collectif Appel d’Air, qui rassemble des exilés et des bénévoles européens, a réussi le 8 mai à organiser une belle manifestation, colorée, énergique, résolue, pour dénoncer les conditions de survie imposées aux exilés à Calais par les autorités, et les accords de Dublin, en vertu desquels les pays européens ballottent les exilés et leur refusent leur protection. Le collectif réfléchit à d’autres formes d’action pour le futur.

Encore un décès sur l’autoroute A16 : Muele, un exilé érythréen, a été renversé par une voiture, et a perdu la vie. Les associations calaisiennes ont organisé un rassemblement à sa mémoire et ont réussi à collecter les fonds nécessaires pour le rapatriement de son corps.