Europe 1 // Ouistreham en passe de devenir un nouveau Calais

Alors que le gouvernement se lance dans une opération déminage quant à sa future loi immigration, de plus en plus de migrants tentent de rallier la Grande-Bretagne par le port normand de Ouistreham. Sur place, la tension monte.

REPORTAGEC’est une rencontre très attendue par les associations d’aides aux migrants. Edouard Philippe leur a donné rendez-vous jeudi à Matignon. Au cœur des discussions : la politique migratoire du gouvernement. Les orientations du futur projet de loi sur l’immigration et l’asile sont jugées inacceptables, inhumaines même par ces associations, qui estiment que la France doit faire plus pour accueillir les migrants. Mais alors que les images de de la jungle de Calais ont fait la Une en 2016, c’est désormais un autre port de France qui fait office de porte d’entrée vers la Grande-Bretagne : Ouistreham où depuis des mois des dizaines de migrants affluent pour tenter de monter dans un ferry.

« Ouistreham ne doit pas devenir le nouveau Calais », a déjà prévenu le maire LR de la ville, Romain Bail. Mais aujourd’hui la tension monte. La ville, une station balnéaire normande, est embourbée dans une situation qu’elle n’avait jamais connue, à deux doigts de se déchirer. La reporter d’Europe 1 a pu y assister à des scènes déjà vues, il y a un an, dans le Pas-de-Calais.

150 migrants en périphérie de la ville. Au rond-point de l’entrée de la ville, un camion ralentit : cinq jeunes hommes soudanais surgissent d’un petit bois, entre les voitures, ils courent derrière le semi-remorque et tentent d’y monter. Mais les portes restent fermées. Parmi eux Ada, 17 ans. « J’essaye tout le temps, tous les jours. La police ici veut m’arrêter et me renvoyer en Italie », souffle-t-il à Europe 1. Monter à bord d’un ferry, caché dans un camion, pour rallier l’Angleterre, ces jeunes en rêvent. 150 migrants, soudanais pour la plupart, errent aujourd’hui dans Ouistreham. Mais plus vraiment dans le centre-ville, chassés dès qu’ils s’approchent de l’embarcadère, comme l’a constaté François, membre du collectif d’aide aux migrants de la ville. « Les patrouilles de police sont organisées pour bloquer les entrées de la place, et les empêcher de venir jusqu’ici. Quatre à cinq voitures tournent en permanence jour et nuit », rapport-t-il.

La tension monte avec les forces de l’ordre. Quelques secondes plus tard, un groupe de gendarmes vient déloger quatre migrants assis sur un banc. Le ton monte, mais pas besoin d’utiliser la bombe lacrymogène, « pas cette fois-ci », nuance un restaurateur qui, depuis son comptoir, a assisté à la scène.

Des riverains excédés. Les forces de l’ordre auraient aussi gazé les duvets des migrants qui dormaient dans la forêt selon plusieurs témoignage, et confisqué leur tente. Quelques-uns sont accueillis chez l’habitant, mais beaucoup vivent dehors, en bas de chez Guillaume notamment. « On voit les sacs poubelles qui traînent un peu partout. J’ai peur qu’un jour quelqu’un qui vit ici pète les plombs et prenne à parti les migrants. Il faudrait faire quelque chose avant d’en arriver là », plaide ce riverain. Ouvrir un local par exemple, mais le maire fait la sourde oreille. Il s’estime lui-même abandonné par les pouvoirs publics.

Le Monde // Le Conseil constitutionnel censure à nouveau la loi sur l’état d’urgence

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/01/11/le-conseil-constitutionnel-censure-a-nouveau-la-loi-sur-l-etat-d-urgence_5240612_1653578.html

La « zone de protection » décidée il y a un an autour de la « jungle » de Calais au nom de l’état d’urgence était illégale, selon la juridiction chargée de contrôler la conformité de la loi à la Constitution.

LE MONDE | 11.01.2018

Le Conseil constitutionnel a de nouveau censuré, jeudi 11 janvier, une disposition de la loi de 1955 sur l’état d’urgence qui permettait aux préfets de créer des « zones de protection », par simple arrêté, « où le séjour des personnes » était réglementé, c’est-à-dire interdit, sans autre précision. Une disposition qui n’avait pas grand-chose à voir avec le terrorisme ou l’état d’urgence, et qui servait en l’occurrence à contrôler l’immigration.

Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais, avait ainsi pris un arrêté le 23 octobre 2016 — un dimanche — pour créer une zone de protection dans le camp de la Lande, à Calais, arrêté qui interdisait « à toute personne de pénétrer dans la zone » du 24 octobre au 6 novembre, à l’exception d’une liste d’intervenants agréés par la préfecture. Elle justifiait alors l’interdiction d’accéder au camp de migrants par des risques d’actions violentes d’activistes, les No Border. De ce fait, les associations d’aide aux migrants, dont La Cabane juridique, qui a accompagné selon son avocat, Me Lionel Crusoé, deux cent cinquante migrants, dont des mineurs isolés et des demandeurs d’asile, se sont vu interdire l’accès à la « jungle » de Calais, tout comme les avocats et les journalistes. La préfecture étant fermée le lendemain, lundi, les demandes d’accréditation étaient restées lettre morte, et les fax envoyés par les avocats, sans réponse.

« Aucune garantie » à la mise en œuvre de ces zones

La Cabane juridique, Le Réveil voyageur, appuyées par le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Syndicat des avocats de France (SAF), avaient aussitôt saisi en référé le tribunal administratif, mais la préfète n’avait pas attendu l’audience pour abroger, le 27 octobre, son arrêté. Le Défenseur des droits s’était depuis « interrogé » dans son rapport de décembre 2016 sur les raisons qui avaient poussé la préfecture à utiliser la loi sur l’état d’urgence en matière d’immigration, et s’était « questionné » sur l’amalgame entre les No Borders, les associations ou les avocats.

Une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a été transmise en octobre 2017 par le Conseil d’Etat au Conseil constitutionnel ; elle visait le second alinéa de l’article 5 de la loi de 1955 sur l’état d’urgence, lequel permettait brièvement aux préfets « d’instituer, par arrêté des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ». Le Conseil a relevé jeudi que « le législateur n’a [vait] soumis la création d’une zone de protection à aucune autre condition », qu’il « n’a [vait] pas défini la nature des mesures susceptibles d’être prises par le préfet » dans ces zones, « et n’a [vait] encadré leur mise en œuvre d’aucune garantie ». Dès lors, il n’y a pas « de conciliation équilibrée » entre l’impératif de sauvegarde de l’ordre public et la liberté d’aller et venir, et l’alinéa est supprimé, avec effet immédiat. Le Conseil avait censuré pour les mêmes raisons l’article 8-1 de la même loi, qui permettait aux préfets de faire contrôler les identités, de fouiller les bagages ou les voitures dans ces zones.

Censure totale ou partielle prononcée à six reprises

La décision du Conseil est certes une victoire pour les associations, mais une victoire finalement morale : la France n’est plus sous le régime de l’état d’urgence depuis le 2 novembre 2017. « Cette décision pose aussi des questions sur le rôle du Conseil : il nous dit un an après que ces zones de protection étaient inconstitutionnelles, et donc illégales, alors qu’il n’y a plus d’état d’urgence », soupire Me Patrice Spinosi, pour la Ligue des droits de l’homme. Cette neuvième QPC sur la loi de 1955 a permis au Conseil de prononcer à six reprises une censure totale ou partielle : « Les deux-tiers du dispositif législatif étaient illégaux, souligne l’avocat, ce qui prouve en passant que les menaces sur les libertés n’étaient visiblement pas tout à fait de l’angélisme. »

Le gouvernement avait cependant anticipé une possible censure de ces zones de protection, et la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (SILT) a créé à nouveau des « périmètres de protection », avec davantage de garanties juridiques. 

Des préfets les ont déjà utilisés à trente-trois reprises en deux mois, et les renouvellent sans cesse autour des gares du Nord à Paris et de LilleEurope, ou dans le port de Dunkerque — il s’agit visiblement plus de lutter contre l’immigration clandestine que contre le terrorisme. Une nouvelle QPC sur ces zones, transmise en décembre par le Conseil d’Etat, devrait être examinée avant le printemps.

Médiapart // Asile et immigration: l’exécutif face à sa première crise majeure

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Face à la contestation qui grandit au-delà des cercles militants, l’exécutif se mobilise pour défendre son projet de loi sur l’asile et l’immigration. Alors que le premier ministre reçoit ce jeudi après-midi les associations de défense des droits des étrangers et de lutte contre l’exclusion, le président de la République a prévu de se rendre le 16 janvier à Calais.
Tous les clignotants virent au rouge. Programmé pour être présenté en conseil des ministres en février 2018, avant un examen au Parlement avant la fin du premier semestre, le projet de loi sur l’asile et l’immigration préoccupe au plus haut point l’exécutif. Face à ce qui s’annonce être la première crise majeure du quinquennat, chacun, dans l’équipe constituée par Emmanuel Macron, est invité à prendre sa part, du ministre de l’intérieur au premier ministre, pour défendre la réforme. Le président lui-même entend se rendre à Calais mardi 16 janvier pour expliciter ses intentions.
C’est que le feu est en train de se répandre à vive allure. De partout, des voix de personnalités incontestables et variées font entendre leur indignation : dans la foulée des montagnards des Hautes-Alpes, qui, au nom de leur éthique professionnelle, viennent en aide aux migrants, un médecin, Raphaël Pitti, médecin et élu au conseil municipal à Metz (Moselle), soutien d’Emmanuel Macron de la première heure, a rendu sa Légion d’honneur pour protester contre la « défaillance » de l’État à l’égard des demandeurs d’asile et la « coercition » exercée à l’encontre des migrants. L’historien et politologue Patrick Weil a affirmé, à propos de la circulaire du 12 décembre 2017 mettant en cause l’accueil inconditionnel dans l’hébergement d’urgence, qu’« aucun gouvernement depuis la Seconde Guerre mondiale n’avait osé aller jusque-là ». L’avocat François Sureau a rappelé qu’« on ne (pouvait) pas faire de l’inhumanité une politique ». L’ex-patron d’EADS Louis Gallois, aujourd’hui président de la Fédération des acteurs de la solidarité, est lui aussi monté au créneau pour déclarer que « l’accueil inconditionnel, c’est l’honneur de la République ». Dans un autre registre, le prix Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio s’est dressé contre le « déni d’humanité insupportable » que constitue le « tri » des migrants dans les centres d’hébergement.

Ces voix portent d’autant plus auprès de l’exécutif qu’elles ne sont pas celles de supposés gauchistes, ni même de celles de militants associatifs aguerris aux questions de droit des étrangers et qu’il sait qu’elles sont susceptibles d’emporter l’adhésion de l’opinion publique. Ces « belles âmes » dénigrées par Édouard Philippe (voir notre live) contraignent le gouvernement à réagir, de la même manière que la mobilisation des sauveteurs en mer ou les images d’enfants noyés, comme celle du petit Aylan échoué sur une plage turque, avaient fait basculer les esprits, temporairement tout du moins, en faveur de l’accueil des migrants.

Avant qu’il ne soit trop tard, les pompiers de l’exécutif, auxquels certains reprochent leurs tendances pyromanes, sont donc entrés en action. Objectif : rassurer la majorité présidentielle, particulièrement perméable au mécontentement de la société civile. Gérard Collomb, tout comme Édouard Philippe, rencontrent chacun à leur tour des groupes de députés afin de justifier leur démarche et de leur faire passer des éléments de langage.
Les associations nationales de défense des droits des étrangers et de lutte contre l’exclusion, qui pour plusieurs d’entre elles viennent de saisir le conseil d’État contre la circulaire du 12 décembre, font aussi l’objet d’une certaine attention : reçues à Matignon ce jeudi 11 janvier, dans l’après-midi, elles ont été le destinataire, la veille, d’un texte, révélé par Le Monde et Street Press, résumant les grandes lignes du projet de loi sur l’asile et l’immigration, qui n’a pas encore été examiné par le conseil d’État. Soucieuses des éventuelles chausse-trappes juridiques, elles auraient préféré recevoir un texte législatif en bonne et due forme.
Dans le sillage de l’avant-projet de loi qui avait fuité dans les médis à l’automne 2017 (lire notre article), ce texte se donne comme priorité de « renforcer l’efficacité et l’effectivité » des procédures d’éloignement du territoire, tout en restant étonnamment discret sur la situation des déboutés du droit d’asile et des demandeurs d’asile sous le coup de la Convention de Dublin.
Le texte confirme l’intention du gouvernement d’augmenter la durée maximale de la rétention administrative de 45 à 90 jours, avec une possibilité de proroger cette limite de 15 jours dans le cas où la personne ferait obstacle à son expulsion ; il prévoit d’« aménager » les conditions de délais relatifs à l’intervention du juge des libertés et de la détention (JLD) et de permettre au préfet de faire appel contre les ordonnances de ce même JLD sans que la personne retenue ne soit systématiquement libérée dans l’intervalle ; il annonce l’allongement de 16 à 24 heures de la durée de la retenue administrative pour vérification du droit au séjour ainsi qu’un renforcement des pouvoirs d’investigation ; il affirme vouloir « préciser » le régime de l’interdiction de retour, « améliorer » les conditions d’exercice du contrôle juridictionnel en zone d’attente et « élargir » les motifs pour lesquels il peut être décidé de ne pas assortir une obligation de quitter le territoire (OQTF) d’un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne les mesures alternatives à l’enfermement, il entend recourir à l’assignation à résidence pendant le délai de départ volontaire « de manière à réduire le risque de soustraction à l’éloignement » et durcir le régime de l’assignation à résidence pour l’assortir de l’obligation de demeurer au domicile pendant une plage horaire.
Le texte se propose – dans le même temps macronien – d’« améliorer » les conditions d’accueil des demandeurs d’asile. Cyniquement, il place dans ce chapitre la confirmation, dans la loi, de la circulaire contestée du 12 décembre visant à recenser les étrangers dans les centres d’hébergement d’urgence. Il est ainsi prévu « des échanges d’information entre les services intégrés d’accueil et d’orientation, chargés de l’hébergement d’urgence de droit commun, et l’Ofii [l’Office français d’immigration, sous la tutelle du ministère de l’intérieur, ndlr], concernant les demandeurs d’asile et les réfugiés ». Le projet de loi, par ailleurs, prévoit qu’un « schéma national » fixe la part des demandeurs d’asile accueillis dans chaque région afin que ces derniers soient mieux “répartis” sur le territoire. « Un demandeurs pourra être orienté vers une région déterminée et être tenu d’y résider pour bénéficier des conditions matérielles d’accueil », précise le texte.

Un rapport de force commence entre deux visions de l’accueil

Pour distinguer aussi vite que possible les réfugiés des « migrants économiques », le gouvernement veut accélérer le traitement des demandes d’asile. Pour cela, il fait porter la responsabilité de la réduction des délais par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), alors qu’en réalité les dysfonctionnements ont lieu en amont, lors du dépôt en préfecture des demandes d’asile.
Les étrangers malades sont aussi dans le collimateur : les conditions d’accès à un titre de séjour seraient limitées pour celles et celles faisant l’objet d’une réadmission dans un autre pays de l’Union européenne.
Quelques dispositions sont néanmoins prévues en faveur de la protection des personnes : la durée du premier titre de séjour obtenu au nom de la « protection subsidiaire » et de l’« apatride » serait allongée de un à quatre ans ; la délivrance d’une carte de dix ans aux membres de la famille d’un réfugié mineur serait facilitée ; les réfugiés mineurs bénéficieraient de l’extension du bénéfice de la réunification familiale non seulement aux parents, mais aussi aux frères et sœurs ; la protection des jeunes filles exposées à un risque d’excision serait renforcée. Par ailleurs, le « passeport talent » serait étendu à de nouvelles catégories et les victimes de violences conjugales pourraient bénéficier de « dispositions protectrices » sur le droit au séjour. Enfin, les demandeurs d’asile pourraient être informés qu’ils peuvent solliciter, en parallèle, un titre de séjour sur un autre fondement pendant l’instruction de leur demande.
Comme cela avait été annoncé il y a quelques jours, l’introduction dans la législation de la notion de « pays tiers sûr » a été enlevée du projet de loi. Elle aurait permis le renvoi massif de demandeurs d’asile hors d’Europe sans examiner leur dossier en France.
C’est ainsi un rapport de force de plusieurs semaines qui commence entre deux visions de l’accueil : l’une accueillante et attentive aux droits des migrants, l’autre hostile et suspicieuse à l’égard de la présence des étrangers en France. Si la mobilisation de la société civile se poursuit, il est possible qu’elle réussisse – là où syndicats et députés de l’opposition avaient échoué sur les ordonnances réformant le code du travail – à faire dérailler le programme de l’exécutif, et, ce faisant, à souligner qu’elle n’est pas dupe du double langage d’Emmanuel Macron sur les migrants.

Une personne de plus décédée à la frontière

Marck

Migrant mort sur l’A16 ce mardi matin: aurait-il voulu sortir de la remorque d’un camion?

Ce mardi matin, vers 8 h, un migrant a été retrouvé, mort, sur l’autoroute A16 dans le sens Calais – Dunkerque à hauteur de Marck. Une enquête est en cours pour connaître l’identité de la victime et les circonstances du drame. Sur place, quelques heures après l’incident, la police, le SMUR et la DIR Nord (direction interdépartementale des routes) étaient encore sur les lieux, au côté du corps de la victime, gisant sur le sol, recouvert par une bâche blanche tachée de sang. Les premières constatations évoquaient la possibilité selon laquelle l’homme aurait été percuté par un véhicule.

Une automobiliste témoin du drame

Durant la journée, une automobiliste, témoin du drame, s’est manifestée auprès des enquêteurs. «  Elle circulait derrière un poids lourd ce mardi matin lorsqu’elle a aperçu un migrant accroché sur le côté gauche du camion. Lorsqu’elle a fini de dépasser le véhicule, elle avait perdu de vue la victime  », explique Pascal Marconville, procureur de la République de Boulogne-sur-Mer.

Suite à ce témoignage, une hypothèse est envisagée par le parquet. Celle qui voudrait que l’homme monté dans le camion aurait pu vouloir en descendre avant de tomber sur la chaussée. L’hypothèse d’une collision avec un véhicule, dans la foulée, est aussi envisageable. Grâce à ce témoignage, l’espoir est permis de retrouver le conducteur du camion même si, selon le procureur, les enquêteurs disposent de peu d’éléments sur ce poids lourd. Pour le moment, tout comme le chauffeur suspecté, le migrant n’a pas été identifié. On ne connaît ni sa nationalité, ni son âge.

Le drame est survenu dans le sens Calais - Dunkerque, à hauteur de Marck Ouest, en face de l’entreprise Polley.
Le drame est survenu dans le sens Calais – Dunkerque, à hauteur de Marck Ouest, en face de l’entreprise Polley.

La série noire continue

Cette mort d’un migrant sur une route du Calaisis est la première de l’année… qui vient tout juste de commencer. En réalité, la série noire continue. Le 29 décembre, un migrant d’origine afghane avait été retrouvé mort dans un poids lourd, qui s’était couché sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute A 26. Le 24 décembre, un migrant irakien a été grièvement blessé après avoir été percuté sur l’A16, à hauteur de Grande-Synthe. Dans la nuit du 20 au 21 décembre, un mineur afghan d’une quinzaine d’années est mort après avoir été percuté par un véhicule sur la rocade portuaire.

AG contre les expulsions // La situation dramatique des migrant.e.s à Ouistreham

https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/2017/12/10/retour-sur-louverture-dun-squat-pour-les-migrants-a-ouistreham-son-evacuation-par-la-gendarmerie-et-la-situation-locale-des-migrants/

LA SITUATION DRAMATIQUE DES MIGRANTS À OUISTREHAM :

Un peu d’histoire et quelques chiffres pour commencer :

Depuis l’évacuation de la pseudo-« jungle » de Calais par les autorités, fin 2015, Caen et Ouistreham connaissent une arrivée limitée de migrants qui cherchent à passer en Angleterre pour y demander l’asile, y retrouver de la famille, y construire une vie qu’ils espèrent meilleure.

En 2016, ce sont surtout des iraniens et des afghans qui sont venus. Leur nombre est progressivement monté à environ 150. Ils trouvèrent refuge sur Caen, à une quinzaine de kilomètres de Ouistreham, dans un vaste entrepôt désaffecté de la presqu’île de Caen, l’ancienne zone portuaire industrielle de la ville. Ils montaient pour quelques jours sur Ouistreham pour essayer d’embarquer clandestinement sur les ferries avant de venir se reposer et s’alimenter à Caen ou bien ils faisaient quotidiennement l’aller-retour à pied ou a vélo. Cette première vaguelette de migrants s’est progressivement dispersée au cours de l’année 2016. Ou ils ont réussi à passer ou ils ont fini par partir tenter le passage ailleurs.

Fin 2016, les premières dizaines de soudanais ont commencé à arriver à Caen. Ils vivaient d’abord sous des bâches près d’une usine à l’entrée de la presqu’île. Vu leur situation de dénuement total et l’augmentation, lente mais régulière, de leur nombre, l’AG de Lutte Contre Toutes Les Expulsions de Caen leur a ouvert un squat dans des bâtiments abandonnés de la presqu’île.

Comme les iraniens et les afghans avant eux, ils montaient pour quelques jours sur Ouistreham avant de retourner se reposer à Caen ou bien ils faisaient quotidiennement la navette entre Caen et la côte. Leur nombre est progressivement monté à environ 120 personnes.

À la rentrée 2017, le principal squat des soudanais à Caen a brûlé. Certains d’entre eux en ont ouvert de nouveaux dans des entrepôts délabrés de la presqu’île et l’AG a ouvert un squat pour eux dans un petit immeuble à Mondeville et d’autres sont partis de manière permanente sur Ouistreham où quelques groupes épars de soudanais, provenant d’autres endroits, sont également arrivés peu après.

Il y a aujourd’hui environ un peu plus de 70 soudanais dans les squats caennais dont quelques dizaines effectuent des rotations régulières entre Caen et Ouistreham. À Ouistreham même, ils sont environ 70 à y rester de manière permanente. Le nombre total de soudanais entre Caen et Ouistreham est donc au maximum d’environ 150 personnes et, en fonction des allers et venues depuis les squats caennais, leur nombre fluctue, en général, à Ouistreham même, entre 60 et 90 personnes.

Si nous expliquons tout ça, c’est pour démonter le mythe, véhiculé par la préfecture et la mairie, d’« un afflux massif de migrants », d’un fantasmatique « appel d’air ». La seule nouveauté, c’est qu’au lieu d’être principalement hébergés sur des squats caennais, une grosse soixantaine d’entre eux restent en permanence sur Ouistreham, nuit et jour.

Un point important : des dizaines de ces soudanais ont des visages d’adolescents et pour cause, ce sont des mineurs isolés

Concernant la situation concrète vécue par les migrants soudanais à Ouistreham, elle est clairement dramatique.

État, Préfecture et Mairie leur sont hostiles.

Ils dorment dehors, connaissent la faim, le froid, la maladie. Leur dénuement est terrible.

Ils sont en permanence, sur ordre des autorités préfectorales, harcelés par d’importantes forces de gendarmerie qui sont omniprésentes à Ouistreham : la brigade locale et ses renforts, le Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) de Caen, des renforts de gendarmes mobiles…

Les migrants sont chassés des bancs publics, des abris de bus où ils tentent de se protéger du vent et de la pluie, les forces de l’ordre confisquent systématiquement les couvertures, les duvets, les tentes, les bâches, les cartons sur lesquels ils dorment. Toutes les forces de gendarmerie semblent participer à ces actes de harcèlement.

Nous avons, par les migrants, aussi échos de faits plus inquiétants : insultes racistes, menaces, contrôles musclés, gazages d’affaires personnelles, gazages directs de migrants par certains gendarmes.

Nous ne souhaitons pas caricaturer. La grande majorité des gendarmes semble rechigner à ces actes et la brigade locale n’est pas visée par ces témoignages de migrants. Ce sont surtout « les hommes en noir » du PSIG qui sont la plupart du temps désignés par ces témoignages d’exactions musclées, hommes en noir car ces gendarmes « de choc » portent un uniforme noir pour se différencier des autres gendarmes « de base ».

La mairie, dirigée par Romain Bail, fait également tout pour rendre leur situation encore plus infernale : un petit bois où ils dormaient est interdit de fréquentation par arrêté municipal et les agents techniques de la mairie sont envoyés le défricher, les autorités locales font circuler des rumeurs selon lesquelles donner de la nourriture, des vêtements, des couvertures est illégal, les agents de la voirie sont obligés de se déplacer sur tous les endroits où des petits groupes de migrants dorment pour ramasser, sous protection de la gendarmerie, les cartons qui servent de matelas, les couvertures, les petits baluchons d’affaires personnelles et tout mettre à la benne.

Le maire refuse d’installer des points d’eau, des sanitaires provisoires, de prêter la moindre salle pour accueillir des distributions de repas chauds, fait pression (via les subventions et les prêts de locaux municipaux) sur des associations locales tentées de venir en aide aux migrants, pond des textes hallucinés où il prétend, en dehors de toute réalité, qu’il y a risque de constitution d’un nouveau « Calais » (comme si 8 ou 9 000 migrant-e-s allaient débarquer dans un petit port d’où partent 3 pauvres ferries par jour…) et que s’il fait des choses contre les migrants, c’est finalement pour leur bien…

Ajoutez à cela les vigiles privés qui les chassent systématiquement des parkings des grandes surfaces ou n’autorisent qu’un soudanais à la fois à rentrer faire de maigres achats de nourriture, les consignes données aux conducteurs-rices de bus de Twisto (la compagnie de transports en commun de la communauté urbaine) de les refouler s’ils montent sans payer ou de les signaler par radio au PC sécurité de la compagnie pour envoyer des contrôleurs ou la police et vous aurez un aperçu assez complet de ce qu’on leur fait endurer.

Et tout cela on leur fait endurer en vain. Ces gars ont traversé une bonne partie de l’Afrique, des déserts où l’on peut crever, ont connu pour certains la détention, la torture, le travail forcé en Libye, traversé la Méditerranée et vu des gens se noyer sous leurs yeux. Ce sont des survivants, endurcis. Il serait temps que les autorités comprennent que leur politique de harcèlement n’a aucun effet sur la plupart d’entre eux… Ils ne renonceront pas à essayer de passer en Angleterre, depuis Ouistreham, ou à partir d’ailleurs.

Cependant, les pics de froid hivernal arrivent à grand pas. Les températures locales baissent et se rapprochent dangereusement du zéro. Les autorités préfectorale et locale attendent-elles un mort de froid pour réagir et ouvrir un lieu d’hébergement ?
Nous savons, quant à nous, ce que nous avons à faire au vu de l’attitude actuelle des autorités.

Nous avons souvent dit que les migrants étaient traités comme du bétail à Ouistreham. Ce n’est pas tout à fait exact.

Nous corrigeons donc : les migrants sont traités à Ouistreham PIRE que du bétail. En effet, le bétail a de la valeur tandis que la vie de ces migrants n’en a visiblement aucune pour les autorités !

Ouistreham est une petite bourgade tranquille de la côte normande. Tout le monde y connaît directement ou indirectement tout le monde. Les notables locaux y ont du poids, comme la peur du « Qu’en dira-t-on ? ».

Mais, au vu de la situation dramatique, à Ouistreham, comme dans les villages alentours, comme à Caen, l’indignation, la colère montent, contre la situation intolérable qui est faite aux migrants.

Les langues se délient, la solidarité matérielle s’organise et s’étend, le soutien aux migrants s’affiche de plus en plus, les réseaux sociaux, associatifs, syndicaux, politiques s’activent et s’interconnectent.

La colère enfle et elle va inévitablement éclater. Ce n’est plus qu’une question de temps.

Pour nous, la répression, l’exploitation, le mépris dont les migrants sont la cible reflètent ce que nous réservent les autorités à grands coups d’état d’urgence qui passe dans le droit commun, d’ordonnances antisociales qui accroissent la précarité et l’exploitation, de discours tonitruants sur les chômeurs-euses censé-e-s partir aux Bahamas avec leurs allocations de misère, sur les « fainéant-e-s » qui triment dur pour surnager avec un mauvais SMIC.

C’est pourquoi nous affirmons que défendre la liberté et la dignité des migrant-e-s, c’est toujours aussi, en même temps, défendre les nôtres.

Nous saluons à l’occasion de ce texte toutes celles et ceux qui aux quatre coins du pays, à Nantes, Toulouse, Calais, Dunkerque, Paris, Lyon, dans le briançonnais, les Hautes-Alpes et la vallée de la Roya et tant d’autres endroits, aident, accueillent, nourrissent, transportent, hébergent, soignent, cachent, agitent, informent, manifestent, occupent, ouvrent des squats.

Rencontrons nous. Coordonnons nous. Intensifions la résistance.

 

Adopté par l’AG réunie le dimanche 10 décembre.

Contact de l’AG Contre Toutes les Expulsions de Caen : ag-contre-expulsions@laposte.net

Infos et analyses : https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

ouistreham-le-squat-ouvert-pour-abriter-les-migrants-evacue

L’action du samedi 9 décembre à Ouistreham. Photo Ouest-France.

Médiapart // Le gouvernement veut exclure les sans papiers des hébergements d’urgence

https://www.mediapart.fr/journal/france/141217/le-gouvernement-veut-exclure-les-sans-papiers-des-hebergements-d-urgence

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Malgré l’opposition des acteurs de terrain, le ministre de l’intérieur a diffusé aux préfets une circulaire qui autorise les vérifications administratives dans les centres d’hébergement d’urgence afin d’en faire sortir les sans-papiers. Les associations nationales dénoncent un « tri » des personnes sans abri.

Le ministère de l’intérieur est passé en force. Malgré le refus catégorique exprimé par les acteurs de l’hébergement d’urgence et les associations de défense des droits des étrangers, Gérard Collomb a signé le 12 décembre 2017 une circulaire mettant peu ou prou fin à l’hébergement inconditionnel qui permet théoriquement à toute personne, y compris celles qui sont dépourvues d’autorisation de séjour, de ne pas dormir à la rue.

Intitulé « Examen des situations administratives dans l’hébergement d’urgence », ce texte, également paraphé par le ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard, autorise des « équipes mobiles », constituées d’agents des préfectures, d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (sous la tutelle du ministère de l’intérieur) et éventuellement de travailleurs sociaux, à entrer dans les centres d’hébergement d’urgence pour vérifier la situation administrative des personnes afin d’en faire sortir les sans-papiers. Il demande aux préfets de tenir à jour des fichiers en « bâti[ssant] localement un dispositif de suivi administratif robuste des personnes étrangères en hébergement d’urgence ».

Les ministres assurent ne pas contrevenir au principe d’accueil inconditionnel inscrit au premier alinéa de l’article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles, qui dispose que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ». Cet accès n’est subordonné à aucune condition de régularité au séjour, comme le reconnaît la circulaire elle-même. Les ministres affirment d’ailleurs agir pour mieux « orienter » les personnes en fonction de leur statut.

Mais le subterfuge transparaît dans les solutions d’hébergement préconisées pour les uns et les autres. Les demandeurs d’asile et les personnes ayant obtenu le statut de réfugié doivent être conduits dans les centres prévus pour les demandeurs d’asile et les réfugiés, centres qui sont saturés, ce qui explique que ces personnes se retrouvent aujourd’hui dans l’hébergement d’urgence. Les étrangers en situation régulière doivent, quant à eux, pouvoir accéder, indique la circulaire, au logement social de droit commun, dans lequel ils ne peuvent entrer, compte tenu de la longueur des files d’attente, qu’après plusieurs années de patience.

Et les autres, c’est-à-dire « ceux qui ne remplissent aucune condition de droit au séjour » ? Pour eux, la circulaire ne prévoit pas d’hébergement, mais un « transfert », sous-entendu vers un autre pays européen pour les demandeurs d’asile sous le coup du règlement de Dublin, ou un « retour », sous-entendu une expulsion vers le pays d’origine pour les étrangers en situation irrégulière.

Après avoir reconnu que l’hébergement était inconditionnel, la circulaire, pour se justifier, souligne que l’État n’est pas tenu d’assurer l’hébergement des personnes auxquelles une obligation de quitter le territoire (OQTF) a été notifiée. Pour asseoir son interprétation, contestée par les associations de défense des droits des étrangers, les ministres affirment se fonder sur « plusieurs décisions de principe » du Conseil d’État.

Conscient que ce dispositif risquait de poser problème, le ministère de l’intérieur a réuni le 8 décembre les acteurs de l’hébergement d’urgence et plusieurs associations nationales d’aide aux migrants. À l’issue de la rencontre, les uns et les autres avaient solennellement rappelé, dans un communiqué commun, que l’accueil inconditionnel de toute personne en situation de détresse était un principe du code de l’action sociale et des familles qui « s’oppose au tri des sans-abri en fonction de leur situation administrative ».

« Ce principe qui constitue l’ADN des associations de lutte contre l’exclusion n’est pas négociable », avaient-ils affirmé, rappelant que les services de police n’étaient pas autorisés à intervenir dans les centres d’hébergement en dehors de l’application d’une décision de justice et que la Cnil encadrait strictement la transmission d’informations individuelles.

« Le renforcement des mesures de contrôle des personnes dans les lieux d’hébergement va précariser les personnes, dont des familles avec enfants, les éloigner des structures d’accueil en favorisant ainsi la reconstitution de squats et campements indignes, particulièrement dans les grandes villes », prévenaient-ils enfin.

[[lire_aussi]]Ce à quoi Gérard Collomb, dans un communiqué, avait rétorqué que l’objectif de la circulaire était de « retrouver de la fluidité dans [les] structures d’hébergement ». Un préfet, celui des Hautes-Alpes, a compris le sous-texte en envoyant, avant même la diffusion de la circulaire, une lettre – révélée par Le Monde – aux centres d’hébergement de son département leur demandant de lui fournir la liste des personnes hébergées afin de faciliter l’assignation à résidence des personnes ayant perdu leur droit au séjour, en vue de leur reconduite à la frontière.

Ce texte du 12 décembre s’inscrit dans le sillage d’une autre circulaire en date du 20 novembre, qui préparait le terrain. Les préfets y étaient mis sous pression pour accroître le rythme des expulsions : il leur était demandé d’« agir rapidement » et, pour être sûr d’obtenir des résultats, le ministre de l’intérieur exigeait la remise d’un « bilan » de leur action « d’ici à la fin du mois de février 2018 ».

Prolonger

Boite Noire

Migreurop // Méfiez-vous des cartes, pas des migrant.e.s

Par Thibaut Sardier — 17 décembre 2017

Les représentions cartographiques sur les mouvements migratoires peuvent se révéler trompeuses comme le montre un atlas.

Peut-on faire confiance aux cartes des migrations ? Paradoxalement, c’est un atlas qui pose la question, et qui donne une réponse sans appel : il faut s’en méfier. Fruit d’un long travail de terrain, mené par le réseau Migreurop (1), qui réunit militants et chercheurs, l’Atlas des migrants en Europe (2) propose de déconstruire les cartes «officielles» des phénomènes migratoires.

Face à un Vieux Continent qui croit prendre sa part de la misère du monde et qui le montre avec une carte où chaque pays affiche un cercle rouge proportionnel aux quelques milliers de Syriens accueillis, les auteurs élargissent le cadre. Ils intègrent les pays du Moyen-Orient, notamment la Turquie, le Liban et la Jordanie, où se trouve l’immense majorité des réfugiés syriens, pour relativiser la générosité européenne. Même chose avec l’idée d’un péril migratoire, matérialisé par d’énormes flèches rouges en provenance de chaque pays d’Afrique qui se rejoignent en un flux massif vers une Europe prise d’assaut. Aucun sens, rétorque l’ouvrage, tant les parcours sont divers et ne se résument pas à un point de départ et à un point d’arrivée.

Pour introduire un peu de nuance et de complexité dans la représentation de ces phénomènes, l’atlas fait le choix de la multiplicité des documents. Les cartes apparaissent aux côtés de photos, de dessins et autres bandes dessinées. Solides du point de vue scientifique, elles ne sont pas uniformes graphiquement pour mieux souligner la diversité des interprétations possibles. Elles multiplient aussi les niveaux d’analyse.

A l’échelle continentale, on y mesure l’extension spatiale des dispositifs de contrôle et d’enfermement, désormais présents jusqu’en Afrique centrale. On y entend aussi la parole des migrants, dont les cartes mentales racontent la difficulté à franchir des frontières toutes différentes, chacune imposant un statut administratif nouveau, tantôt légal, tantôt illégal. A l’échelle locale, les cartes montrent comment se créent des territoires de la migration, comme ce Paris des migrants aux 28 camps informels entre Austerlitz et la gare de l’Est. Au fil des liens qui se tissent entre le proche et le lointain, impossible de se sentir tout à fait étranger à cette question.

(1) http://www.migreurop.org

(2) Atlas des migrants en Europe. Approches critiques des politiques migratoires, Armand Colin, 25 €.

Appel de la délégation Haut de France de Médecins du Monde

Bonsoir à tous,
La délégation Haut-de-France de Médecins du Monde et son programme Nord Littoral se mobilisent pour être en mesure de développer et de garantir en 2018 une approche continue en santé mentale auprès des populations en transit sur le Nord Littoral. La situation ne cesse de s’aggraver et l’état de souffrances des personnes est caractérisé. Que ces souffrances soient liées aux situations dans le pays d’origine, aux violences du parcours migratoire ou aux conditions de vie indignes qui leur sont réservées sur le littoral du nord, ces souffrances exigent une réponse et des soins. Médecins du Monde souhaite rassembler des professionnels de la santé mentale, psychologues, psychiatres, infirmiers mais aussi des travailleurs sociaux et des interprètes au sein d’un « pool » de bénévoles, pour travailler sur le terrain au contact de ces personnes, à travers écoute, soins et mise en œuvre d’activités psychosociales.
Si vous souhaitez vous engager, rejoindre cette équipe et participer à la mise en œuvre de ce projet, vous pouvez nous contacter à l’adresse : recrutement.benevole.npdc@medecinsdumonde.net en précisant en objet « pool santé mentale ».
Et en attendant une campagne de sensibilisation « sérieuse », d’ici mi-janvier, voici un premier visuel pour dédramatiser l’approche et garder le sourire… 😉
L’image contient peut-être : 7 personnes, personnes souriantes, plein air
A très bientôt !

Lancement officiel des Etats Généraux des Migrations

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/181217/l-humanite-de-demain-se-construit-par-l-accueil-des-migrants-aujourd-hui

L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants aujourd’hui

A l’occasion de la journée mondiale des migrants, 413 organisations affirment qu’elles sont «fermement décidées à promouvoir un changement radical qui mette un terme à ces politiques migratoires aux conséquences humaines dramatiques». Et qu’elles veulent «faire ressortir des revendications communes et des propositions concrètes pour une autre politique migratoire, respectueuse des droits fondamentaux».

En cette journée internationale des migrants, nous pensons à ces milliers d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont péri en Méditerranée, dans le désert, ou en captivité, alors qu’ils avaient entrepris un voyage pour une vie meilleure, plus sûre et plus digne, comme tout être humain peut la désirer. Hommage à tous ces exilés qui ont dû risquer leur vie à cause de plusieurs décennies de politiques des pays les plus riches qui ont rendu les routes de l’exil impraticables et périlleuses.

En cette journée mondiale des migrants, nos pensées se portent également vers tous et toutes ces citoyens et citoyennes engagé⋅e⋅s qui, en France, en Europe et dans le monde, pensent qu’accueillir les personnes migrantes, manifester de la solidarité envers elles, c’est construire l’humanité d’aujourd’hui et le monde de demain.

Les obstacles mis sur les routes des migrants font le jeu des profiteurs de malheur, qui sèment le trouble et la terreur en se livrant au trafic d’êtres humains, au racket et à l’esclavage. Ces maux doivent être dénoncés et combattus. Or l’arsenal répressif déployé aveuglément par les gouvernements européens frappe du même coup les personnes migrantes, renforçant encore la nécessité pour elles de recourir à des réseaux criminels.

La France est en première ligne de ce mauvais combat. Une proposition de loi actuellement en discussion au parlement permettrait la rétention administrative anticipée des personnes « dubliné.e.s », puis, début 2018, un projet de loi sur l’immigration et l’asile risque d’accroître encore le dispositif de répression à l’encontre de l’ensemble des étrangers. Sans attendre l’adoption de ces réformes, le ministre de l’Intérieur, via une circulaire en date du 20 novembre, a exhorté les préfets à obtenir des résultats rapides en matière d’expulsion de personnes en situation irrégulière. Pour ajouter encore au caractère inacceptable de cette politique, d’autres mesures sont envisagées qui remettraient en question le principe de l’accueil inconditionnel dans les structures d’hébergement d’urgence, et viseraient à contraindre les acteurs associatifs opérant dans ces centres à participer au tri entre « bons » et « mauvais » migrants.

On utilise cette expression pour désigner les personnes « placées en procédure Dublin », c’est-à-dire que le règlement européen Dublin III autorise à renvoyer dans l’État de l’UE par lequel elles ont transité avant d’arriver en France.

L’action extérieure de la France est à l’avenant. Le Président Macron s’indigne du traitement des migrants détenus en Libye, et des marchés aux esclaves, qu’il feint de découvrir quand les ONG alertent sur leur existence depuis plusieurs années.

Mais ni la France ni l’Europe n’envisagent de renoncer à financer les « autorités » libyennes pour qu’elles continuent de bloquer les migrants, et donc à fermer les yeux sur les violences et les trafics dont elles se rendent de fait complices.

L’argumentaire est toujours le même : la France, comme l’Europe, ne peut pas accueillir toute la misère du monde… Sauf que « toute la misère du monde » n’a aucunement l’intention de venir en France ou en Europe ! Les chiffres l’attestent clairement. Entêtées dans cette logique manichéenne de tri, les autorités des pays européens refusent d’admettre que les causes des migrations sont multiples, et d’envisager, en conséquence, que les critères pour accueillir et accorder une protection le soient aussi.

Dans nos actions de terrain, nous, associations et organisations citoyennes, constatons quotidiennement les conséquences de ces orientations : maltraitance des migrants, violation de leurs droits fondamentaux, criminalisation des bénévoles, affaiblissement des principes guidant le travail social et la protection des personnes les plus fragiles, et donc les fondements mêmes de la solidarité nationale.

Cette politique se développe sans concertation large avec les centaines d’associations locales, collectifs citoyens ou organisations nationales qui travaillent aux côtés des personnes migrantes. En dépit de nos demandes, le gouvernement se barricade derrière ses certitudes, se limitant à quelques rencontres avec certains acteurs pour les informer de ses décisions et confirmer son choix de pratiques démagogiques, au demeurant dénuées de réalisme, érodant chaque jour un peu plus nos chances de construire un futur fait de droits, de solidarité et de respect.

Dans ce contexte plus qu’inquiétant, nous avons pris l’initiative, le 21 novembre, de lancer les « États généraux des Migrations ». D’abord marqués par des rencontres en régions de tous les acteurs citoyens impliqués, les idées et propositions qui en émergeront seront ensuite discutées à l’occasion d’une session nationale plénière prévue au printemps prochain. Notre objectif est de faire ressortir des revendications communes et des propositions concrètes pour une autre politique migratoire, respectueuse des droits fondamentaux.

Ce 18 décembre, en soutien à tous et toutes les migrant⋅e⋅s, nous sommes fermement décidés à promouvoir un changement radical qui mette un terme à ces politiques migratoires aux conséquences humaines dramatiques.

On utilise cette expression pour désigner les personnes « placées en procédure Dublin », c’est-à-dire que le règlement européen Dublin III autorise à renvoyer dans l’État de l’UE par lequel elles ont transité avant d’arriver en France.

Organisations signataires :

2 MAINS pour DEMAIN

APTIRA (association pour la promotion et l’intégration Angers)

Collectif de soutien aux demandeurs d’asile et migrants Côte d’Or

A D S T

ACAT – Groupe de Carcassonne

ACC minorités visibles humanitaire

Accueil des réfugiés dans le Cap (association)

Accueil Solidarité Saint Urbain

Act For Ref

Act Up-Paris

Actes & Cités

Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture – Niort

Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT)

ActionAid France

ADA  Accueil Demandeurs d’Asile

ADN – association pour la démocratie

AFPS Saint Etienne

AFVS

AG de Lutte contre toutes les Expulsions de CAEN

AGIR MIGRANTS LYON

Ah Bienvenus Clandestins ! ABC’éditions

AHSETI (ASTI du HAVRE)

Aide et Action

AIDES

AIR (Accueil Interculturel en Royans)

Alofa Tuvalu

Alternatives et Autogestion

AMG (Accueil Migrants Gresivaudan)

AMIR

AMISUV Accompagnement de personnes migrantes dans le Sud-Vendée

Amoureux au  Ban Public – Collectif de Lyon

Amoureux au ban public

Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers)

Apardap (association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de  protection de l’Isère)

APICED

ARDDI Association pour la Reconnaissance et la défense des Droits des Immigrés 79

ASEFRR (Association de SOLIDARITE EN ESSONNE AVEC LES FAMILLES ROUMAINES ROMS

Association « AIDER » Entraide protestante de l’EPU de l’Albigeois

Association « Accueillir au pays »

Association Accueillir à Valleraugue

Association Alwane

Association Bagagérue

Association Bonvenon

association CHAAM

association d’aide familiale populaire de l’aude

Association de la gestion du centre de santé des trois cités Poitiers

association de soutien à l’expression des communautés d’Amiens (ASECA) -la Lettre de la citoyenneté

Association d’Entraide Logement

Association des Jeunes filles pour la Promotion de l’espace Francophone

Association des Marocains en France

Association DINA Madagascar

association Femmes Plurielles

Association française des juristes démocrates

Association Grisélidis

Association ITINERANCE DIEPPE

Association Jarez Solidarités

association Kolone

Association les deux rives

Association Massif du Tangué en France [AMTF]

ASSOCIATION PER A PACE POUR A PAIX

Association Port d’Attache

Association Pour Toit

association pour toit chalonnes

association sara logisol

association solidarité rroms

association TRAJECTOIRES EQUITABLES

association Un Ailleurs pour Tous de Mézy-sur-Seine

Association unjourlapaix à Embrun

ASTA

ASTI

ASTI 14 (Calvados)

ASTI DE PETIT-QUEVILLY

ASTI de Sevres

ATD-Quart Monde – Groupe de Carcassonne

Attac 78 Nord

Attac France

Autremonde

AVIEP

Avocats  pour  la  Défense  des  Droits  des  Etrangers

Ballon Rouge

blog « entre les lignes entre les mots »

BORGNE Antoine – citoyen du monde

CANVA (Coordination Action Non Violente de l’ Arche)

CAP MED -Marseille

Casa Africa Maison de L’afrique

Causons

CCADH Collectif Creusot-Autun des droits de l’homme

CCFD Terre Solidaire

CCFD Terre Solidaire Normandie

CCFD Terre Solidaire-Délégation de Lille

CCFD-Terre Solidaire DD25

CCFD-Terre Solidaire de l’Hérault

CCFD-Terre Solidaire Délégation de Rouen 76

CEDETIM/IPAM

CEECS/RESF44

Cent pour un toit

Cent pour un toit-01

Centre abbé Pierre – Emmaüs

Centre de Recherche et d’assistance Communautaire  (CECAR)

Centre d’Information Inter-Peuples (CIIP, Grenoble)

Centre Guinéen de Promotion & de Protection des Droits de l’Homme

Centre Primo Levi

CENTRE SOCIAL FOYER FRATERNEL

Cercle Citoyen Soustons

CERCLE DE SILENCE DE CERGY-PONTOISE

Cercle Louis Guilloux

CGT Educ’Action Limousin

Chemins Pluriels

CIDES Centre d’Information pour un Développement Solidaire

CIMADE

Cimade groupe local eymoutiers

CIMADE65

CISPM

CMR 62 Chrétiens en monde rural

CO SO MI SA  Collectif de Solidarité Migrants de Salindrenque

Collectif  « Migrants:Changeons notre regard! » – Antony (92160)

Collectif 28 pour la Régularisation des Sans Papiers

Collectif Accueil Migrants 32

Collectif Accueil Migrants Valfleury

Collectif ACTUS Compiègne

Collectif Agir du pays d’Aix

Collectif Antiraciste de la région d’Elbeuf

Collectif Cambrésis pour l’Aide aux Migrants

Collectif de Solidarité avec les Réfugiés de Sisteron

Collectif de Soutien aux Etudiants Exilés – Malaquais

collectif de soutien aux migrants de Millau

Collectif de soutien aux réfugiés d’Appoigny

Collectif de Soutien aux Réfugiés et Sans Abri de la Confluence

Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrant-es

Collectif des associations citoyennes

Collectif des Associations Citoyennes de l’Est Val d’Oise (CAC-EVO)

Collectif des sans papiers de Livry-Gargan

Collectif Haïti de France

Collectif Ivryen de Vigilance Contre le Racisme CIVCR

Collectif Justice & Libertés (Strasbourg-67)

Collectif Loire (42) « Pour que personne ne dorme à la rue »

Collectif Migrant-e-s Bienvenue 34

Collectif Migrants 83

collectif migrants en Isère

Collectif millavois de soutien aux migrants

Collectif Palestine 12 de Millau

Collectif poitevin « D’ailleurs Nous Sommes d’Ici »

Collectif POUR 64400

Collectif réfugiés du Vaucluse

Collectif républicain d’Albertville

Collectif Réseau de Solidarités Hôtel de Crouy

Collectif RESF27 – RéseauEducation Sans Frontières de l’Eure

Collectif Romeurope de l’agglomération nantaise

Collectif Roscoff – Soutien aux migrants et réfugiés

Collectif Saint-Lois d’Aide aux Migrants

Collectif Sol Re Mi

Collectif Solidarité Migrants – Etorkinekin

Collectif Solidarité Réfugiés Caen

Collectif Solidarité Réfugiés Cigalois

collectif soutien migrants Nantes

Collectif Urgence Welcome

Collectif Voisins Solidaires de Mézy-sur-Seine (78)

Comede

Comité de Parrainage de Familles Demandeurs d’Asile du canton de Firminy

Comité de Strasbourg du MRAP

Comité de Suivi du Symposium sur les Sénégalais de l’Extérieur (CSSSE)

Comité Denko Sissoko Marne

Comité des Tilleuls – Triel

Communauté Emmaüs Côte d’Azur (Nice)

Communauté Emmaüs d’Alençon

Communauté Emmaüs de Bourg en Bresse

Communauté Emmaüs de Chambéry

Communauté Emmaüs de Lyon

Communauté Emmaüs de Planay

Communauté Emmaüs de Vienne

COMMUNAUTE EMMAUS PEUPINS

Compagnie La Bao Acou

Confédération Syndicale des Familles  des Deux-Sèvres

Coordination des Associations Guinéennes de France

Coordination SUD

Coordination Urgence Migrants – CUM

COPAF – Collectif pour l’avenir des foyers

Copité d’Amis d’Emmaüs de FIGEAC

CPP

CRID

Défends Ta Citoyenneté !

Délégation départementale 35 Terre des Hommes France

Délégation départementale Hautes Pyrénées de Terre des Hommes

Délégation du Calvados Terre des Hommes France

délégation du Jura de Terre des Hommes France

Diaconat Protestant – membre de la Fédération de l’Entraide Protestante FEP

DIEL

DiEM25

Droit Au Logement (DAL)

Droits devant !!

ecoute ephetz

Emancipation tendance intersyndicale

Emmaüs France

EMMAUS 44 NANTES FONDATION ABBE PIERRE

EMMAUS ANGERS

EMMAÜS CERNAY

Emmaüs Côte d’Azur (Nice)

Emmaüs du Clermontois

Emmaüs International

EMMAUS TARNOS

Ensemble

Ensemble! 05 Pour une Alternative Citoyenne à Gauche (PACG)

Ensemble-Français de l’étranger

ESPACE Espace de Soutien aux Professionnels de l’Accueil et du Conseil aux Etrangers

Et Puis d’Ailleurs

Etudiants et Développement

Etudiants Exilés Paris Diderot

fcpe73

Fédération de l’Entraide Protestante

Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives ( FTCR )

Fédération Nationale des Maisons des Potes

Fédération Sud éducation

FEMMES DE LA TERRE

Fondation Copernic

Football Club Phenix de Versailles

Forum de la Jeunesse Panafricaine

Forum des Organisations de Solidarité Internationale Issues des Migrations [FORIM]

Français langue d’accueil

france Libertés loire

GESS-RéCoSol Nord et Sud

Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s)

Grdr – Migration Citoyenneté Développement

GREF (groupement des Educateurs sans Frontières)

GROUPE ACCUEIL D’URGENCE DE L’ETRANGER

Habitat&Citoyenneté Nice

Habitat-Cité

Herbeys Accueil Solidaire

Horizon d’Echange et de Lutte contre la Pauvreté (H.E.L.P)

Hospitalité Chinonaise aux Migrants

IMAGINE

Immigration Développement Démocratie (IDD)

INETIC

InFLÉchir

Ingénieurs sans frontières

Institut pour une politique de la Relation

inter-collectif des Cévennes

ISM CORUM

JEUNE CHAMBRE INTERNATIONALE DE GUINEE

JRS France

JRS Welcome 44

Konexio

La CANTINE

La Cimade

La Cimade – Groupe local de Carcassonne

La Cimade 66

La Cimade Figeac

La Cimade, groupe local du Gers

La Grande Parade Métèque

LA VIE NOUVELLE

L’AMI des Hauts Cantons

Languedoc: Solidarité avec les Réfugiés

L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie – L’ACORT

l’Auberge des Migrants

L’autre c’est nous

LCP Mets Tissés

LDH 6 section d’Aix-en-Provence

LDH Compiègne-Noyon

Le Cercle 49

Le CHAHUT, journal anti- capitaliste, anti- impérialiste et laïque fabriqué en Picardie (Oise)

le Mouvement de la Paix

Le paria

le Réveil Voyageur (Calais)

les ami.e.s de la Roya citoyenne

les Amis du CADA de digoin

Les Amoureux au Ban Public Breizh

L’eucalyptus

Ligue des Droits de l’Homme – section d’Aix en Provence

Ligue des droits de l’Homme

Ligue des Droits de l’Homme – section de Dunkerque

Ligue des Droits de l’Homme Angers Maine-et-Loire

Ligue des Droits de l’Homme Concarneau-Riec sur Belon-Quimperlé

ligue des droits de l’homme de Dracénie

Ligue des Droits de l’Homme, section de Carcassonne

LVN – personnalistes et citoyens

Maison des Droits de l’Homme

Marcq Terre d’Accueil

Médecins du Monde

Médecins Sans Frontières

Migrants Var Est

Migrations & Développement

MIGRENS

Mission Populaire Evangélique de France

Mouvement ATD Quart Monde France

Mouvement citoyen de défense des droits de l’homme « Kayak pour le droit à la vie »

Mouvement du christianisme social

Mouvement pour une Alternative Non violente (MAN)-Orléans

Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) fédéral

Mouvement pour une Alternative Non-violente, groupe Île-de-France

Mouvement utopia

MRAP

MRAP 06

MRAP du Vaucluse

MRAP Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples

MRAP Toulouse

MUGFAG

NO VOX INTERNATIONAL

Nogent d’Ailleurs

Nouvel AIR

On est Bretons, solidaires et on agit

ONG ASSAUVET

ONG/Agir pour le Bien Etre Communautaire (ABECOM-GUINEE)

Organisation Méditerranéenne des Arts

Oustalité (Lodève)

Pastorale des Migrants

pastorale des migrants 74

Pastorale des migrants diocèse de Cambrai

Pastorale des Migrants Rouen

Pays de Morlaix Solidarité Migrants

PILATOIS SOLIDAIRES

Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance (PFPC)

POUR TOIT

Pour une mémoire des réfugié(e)s

P’tit Dej’ à Flandre

QUAZAR, centre LGBT d’Angers

RAHL42

RAIL

Rania titi

REAL Réseau des Elus-es et Acteurs-trices Locaux-les

Réfugiés Bienvenue

Rencontres avec le Tiers Monde

Réseau Chrétien – Immigrés

Réseau de solidarité avec les migrants (RSM Rouen)

Réseau Education sans frontières (RESF)

Réseau Education Sans Frontières 93 (RESF 93)

Réseau Foi & Justice Afrique Europe (AEFJN)

Réseau Solidaire Amiénois

reseau solidarité migrant

Réseau Sortir du colonialisme

RESF 06 (Réseau Education Sans Frontières)

RESF 11

RESF 34

resf 37

RESF 73 (Réseau éducation sans frontières Savoie)

RESF ANNONAY ARDECHE

RESF Châlons

RESF39

RESF43

resf44

RESF48

RESF65

RESOME

Ritimo

RomsAction Grenoble

Roya citoyenne

RUSF 13

SALAM Nord/Pas-de-Calais

SANG POUR SANS

SAVOIE-SOLIDARITE-MIGRANTS

Scarabée

Secours Catholique – Caritas France

SECOURS ISLAMIQUE FRANCE

section de PAU de la Ligue des Droits de l’Homme

Seguin

SNES-FSU

SNMD-CGT de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration

SOLIDAIRES 66

Solidaires Les Arcs sur Argens

Solidairité Migrants – Collectif 06

SOLIDARITAT

Solidaritat Ubaye

Solidarité Coye

Solidarité Laïque

Solidarité Migrants Graulhet

SOLIDARITE MIGRANTS OISE

solidarité migrants Tarn Sud

Solidarité Migrants-Collectif 06

Solidarité sans papiers Creil

Solrémi Les Vans (Solidarité avec les Réfugiés et Migrants au Pays des Vans)

SOS Refoulement  Dijon

SPF Comité OISANS

STOP PRECARITE

Syndicat des Avocats de France ( SAF)

Tadamoon

Tero Loko

TERRAFRIK INTERFACE DES ALTERNATIVES SUBSAHARIENNES

terrafrique/Guinee

Terre d’Errance

TERRE D’ERRANCE FLANDRE LITTORAL

Terre d’Errance Steenvoorde

Terre des Hommes Délégation Ardèche

Terre des Hommes France

Terre des Hommes France – DD92

terre des hommes -France ; délégation 14

Terre des Hommes France DD 04

terre des hommes france, délégation du Doubs

Terre Des Hommes, délégation de la Loire

Terre En Vue

Territoires Alimentaires

TET-LLÄ FRANCE

Thot

Tous citoyens !

Tous Migrants

TOUS MIGRANTS SAVOIE

TRAAM – Tissage Réseau Armentierois Accueil Migrants

Transport People and Care

TURBULENCES MARNE-LA-VALLEE

UD CGT 87

UFAL Lille

UN TOIT C’EST TOUT

Unaterra74

union départelmentale de la confédération syndicale des familles de l’Aude

Union des Familles Laïques (UFAL)

Union syndicale de la psychiatrie

Union syndicale Solidaires

Utopia 56

Utopia 83

Vaugneray Accueil et Solidarité (VAS)

vie nouvelle Strasbourg

Voisins Solidaires

Voisins Solidaires Versailles

welcome

welcome rouen metropole

Welcome-Franois-Serre

Rapport du Haut Conseil à l’égalité homme -femme sur les femmes demandeuses d’asile

http://haut-conseil-egalite.gouv.fr/enjeux-europeens-et-internationaux/actualites-21/article/journee-internationale-des-migrant

18 décembre 2017

>>> Télécharger le rapport

A l’occasion de la journée internationale des migrant.e.s, le 18 décembre 2017, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes remet à Jacqueline GOURAULT, ministre auprès de Gérard COLLOMB, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, son rapport relatif à la Situation des femmes demandeuses d’asile en France après l’adoption de la loi portant réforme du droit d’asile.

Les femmes constituent un tiers des demandes d’asile chaque année en France et elles obtiennent un tiers des protections accordées, le plus souvent sous la forme d’une protection subsidiaire, régime moins favorable que celui de réfugié.

La loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d’asile, reprenant des propositions formulées par le HCEa permis de mieux prendre en compte les spécificités des femmes demandeuses d’asile par :

– la reconnaissance du genre et de l’orientation sexuelle comme motifs de persécution ;

– la prise en compte du fait d’avoir été victime de viols ou d’autres formes graves de violences de genre dans l’évaluation de la vulnérabilité des demandeur.euse.s d’asile ;

– la possibilité d’accompagnement par une association de défense des droits des femmes lors de l’entretien individuel ;

– l’obligation de formation des agent.e.s sur la notion de vulnérabilité.

Le HCE salue les jalons d’une prise en compte du genre dans le parcours de demande d’asile, et appelle à des efforts plus ambitieux. En effet, le défaut de prise de conscience de l’ampleur des violences sexuelles font encore obstacle à une réelle place pour les femmes dans la politique de l’asile : leur persécution est rarement perçue comme politique, leur exposition massive aux violences dans leur pays d’origine (viols dans les zones de conflit, mariages forcés, mutilations sexuelles, violences intrafamiliales, traite des êtres humains) ou lors du parcours migratoire est largement sous-estimée et peu prise en compte.

Afin de permettre une réelle protection des femmes demandeuses d’asile, qui sera garantie par le statut de réfugié.e tout comme par les dispositifs associés, le HCE recommande de mieux prendre en compte la situation des demandeuses d’asile :

– en reconnaissant que l’engagement en faveur des droits des femmes puisse être un motif de « persécutions liées au genre » (lutte contre les viols comme armes de guerre, contre les mutilations sexuelles féminines, contre les mariages forcés, etc.) qui donne pleinement droit au statut de réfugiée ;

– en accélérant la formation sur les violences sexuelles des agent.e.s de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), en particulier sur la détection des signaux de violences, d’exploitation sexuelle ou de traite des êtres humains – puisque l’entretien d’évaluation de la vulnérabilité constitue la première et l’une des rares occasions de s’entretenir individuellement avec la demandeuse d’asile, sans « protecteur » ;

– en créant des places d’hébergement en non-mixité pour les femmes isolées, et les cheffes de familles monoparentales en Centres d’Accueil de Demandeur.euse.s d’Asile (CADA) afin de garantir leur sécurité et la protection contre les violences d’ex-conjoint et leur exposition à des réseaux de traite à des fins d’exploitation sexuelle. (Les femmes ne bénéficient à ce jour d’aucun dispositif de mise à l’abri contre les risques de violences sexuelles ou d’embrigadement dans des réseaux prostitutionnels) ;

– en améliorant globalement les conditions d’accueil pour tou.te.s les demandeur.euse.s d’asile : respect du délai fixé par la loi de 3 jours pour l’enregistrement de la demande, partout en France ; renforcement des équipes au sein des Préfectures et de l’OFII ; revalorisation du tarif journalier d’hébergement ; accompagnement psychologique et apprentissage du français dès l’entrée en centre d’accueil.

Pour la Présidente du Haut Conseil à l’Egalité, Danielle Bousquet : « Améliorer l’accueil des demandeur.euse.s d’asile et renforcer la protection des femmes persécutées en raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur engagement féministe est une exigence républicaine. »