Nouvelles du Béthunois – Octobre 2018

Plusieurs lieux de survie et d’attente existent dans le Béthunois.

A Quernes, dans le campement monté sur un terrain privé suite à la destruction de celui de Norrent-Fontes, une petite dizaine de personne tente de rejoindre la Grande Bretagne depuis presque 3 ans maintenant (d’abord à Norrent-Fontes et maintenant à Quernes), sans succès pour l’instant. Des personnes arrivent régulièrement de Calais ou de Grande Synthe pour essayer le passage à partir du même parking et cela crée parfois des tensions quand trop de monde arrive en même temps (les gens ne parlent pas toujours la même langue et ne se connaissent pas).

Par ailleurs, l’association Terre d’Errance fournit de la nourriture à une quinzaine de personnes (dont une femme) de nationalité érythréenne qui restent la journée sur la commune de Norrent-Fontes. Ils souffrent beaucoup des intempéries et l’église est leur seul abri mais refusent toute autre aide par peur des forces de l’ordre.

Les milivoles et bénétants ont récemment aidé des personnes Kurdes à Lillers, la ville d’à côté. Elles dormaient à même le sol et n’avaient pas de quoi se nourrir. Il semble qu’elles soient maintenant reparties.

L’association observe une augmentation des arrestations dans les gares de Béthune et de Lillers, (gares par lesquelles les personnes arrivent). Les gendarmes sont aussi présents quotidiennement sur le parking.

Cela fait maintenant 10 mois que l’hôtel Sunset de Fouquières les Béthune est exclusivement transformé en HUDA et en centre d’hébergement d’urgence pour Mineur Isolés (alors que des mineur-e-s ne devraient pas être hébergés dans les mêmes locaux que des majeur-e-s). Les mineurs sont en souffrance. Après des mois d’attente et plusieurs dénonciations de leur situation, ils ont passé leurs tests avec le CASNAV en vue de leur scolarisation et certains commencent à savoir dans quel lycée ils vont pouvoir aller. Ces jeunes n’ont personne pour prendre le temps de leur expliquer ce qui va se passer pour eux administrativement et ceux qui demandent l’asile ne savent pas où en est leur dossier.

Quant aux adultes, il n’y a heureusement pas eu d’arrestation depuis juillet (la paf est venue plusieurs fois arrêter des personnes pour les expulser) mais la peur demeure. Quelques d’adultes, hommes et femmes toutes nationalités confondues, ont commencé à participer à un atelier d’écriture proposé par Terre d’Errance. Leur idée est d’en faire une forme de protestation contre Dublin de prendre la parole à ce sujet. ces femmes et ces hommes attendent avec impatience que les associations organisent au minimum une action nationale pour protester contre le règlement Dublin.

Ce contenu a été publié dans pays par psm. Mettez-le en favori avec son permalien.