Distributions de repas aux migrants interdites à Calais

Distributions de repas aux migrants interdites à Calais : des associations déposent un recours devant le Conseil d’Etat

Leur demande, qui promeut le « principe de fraternité », a été rejetée par le tribunal administratif de Lille, mardi 22 septembre

Le Monde avec AFP

Treize ONG et associations d’aide aux migrants ont déposé, mercredi 23 septembre, un recours devant le Conseil d’Etat pour contester l’arrêté préfectoral leur interdisant de distribuer des repas dans le centre-ville de Calais.

« Nos organisations ont décidé de saisir immédiatement le Conseil d’Etat, (…) afin que soit consacrée l’évidente primauté du principe de fraternité, par rapport à l’incessante, cruelle et au demeurant inefficace traque, selon les termes employés par le Défenseur des droits (…), menée par l’Etat à l’encontre des personnes exilées », écrivent ces associations dans un communiqué.

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Mardi, le tribunal administratif avait rejeté leur demande, considérant qu’une association mandatée par l’Etat, La Vie active, mettait déjà de l’eau et des repas à disposition des migrants dans cette zone, et que les autres associations pouvaient poursuivre leur action « à proximité du centre-ville ».

« Le juge a énoncé que les distributions mises en place par l’Etat suffisaient prétendument à couvrir les besoins de l’ensemble des personnes (…) considérant que la circonstance que pour y accéder, les migrants installés en centre-ville depuis début août doivent parcourir trois kilomètres n’est pas de nature à caractériser des conditions de vie indignes », regrettent les associations dans un communiqué.

« Le harcèlement policier » fustigé par les associations

« Cette appréciation est particulièrement contestable », jugent-elles, rappelant que les indicateurs humanitaires reconnus, élaborés notamment par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), « précisent par exemple, au sujet de l’eau potable, que celle-ci doit être accessible à moins de 500 m des lieux de vie des personnes, les distances en cause étant en l’espèce situées entre 4 et 5 km ».

Lors de l’audience, les migrants ont justement « fait part de leur épuisement et de la difficulté trop importante de faire plusieurs heures de marche quotidiennes », des témoignages « corroborés par les observations du Défenseur des droits », poursuivent les auteurs du texte.

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Par ailleurs, s’il est théoriquement possible de se placer « à proximité » du centre-ville, « le harcèlement policier » est particulièrement « dissuasif », et les sanctions encourues « très lourdes », ajoutent-ils.

Dans des observations présentées au tribunal, la Défenseure des droits, Claire Hédon, avait, elle, estimé qu’« en privant les exilés de l’accès à un bien la distribution de repas , la mesure de police contestée est constitutive d’une discrimination fondée sur la nationalité », prohibée par la loi française.

Le Monde avec AFP

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