projet LOVIS : mettre les voiles contre le racisme

Mettre les voiles contre le racisme – Invitation à une rencontre de préparation le 11 janvier 2020

L’AVENIR
En été 2020, le voilier LOVIS va larguer les amarres pour soutenir et mettre en lien différentes luttes antiracistes et pour la solidarité.
L’idée est de partir début juin de Hambourg, Allemagne, en suivant la côte des Pays-Bas et de la Belgique en passant par la Manche pour participer aux fêtes maritimes internationales de Brest et de Douarnenez, en juillet en France. Le long du trajet, le bateau peut être utilisé de plusieurs façons sur mer ou aux ports – comme scène, lieu de rencontre, cuisine, symbole, véhicule, etc.

Nous, le groupe de préparation ouvert, vous invitons ainsi que d’autres antiracistes, des groupes migrants & de réfugié*e*s, des activistes, musicien*ne*s, actrices & acteurs, écrivain*e*s – tou*te*s celles & ceux qui dépassent les frontières et qui œuvrent contre le racisme et pour la liberté de circulation, la décolonisation et pour des communautés solidaires. Vous êtes invité*e*s à vous joindre au processus de planification !

Venez à la rencontre de préparation le 11 janvier 2020 à Ostende/Belgique. Ou envoyez-nous vos idées sur la manière dont nous
pourrions soutenir votre groupe et qu’est-ce que vous imaginez pour l’été prochain
. Écrivez-nous, faites circuler l’information,
rassemblons-nous !

Pour tout contact : campaign@lovis.de

LE PRÉSENT

LOVIS est un vieux gréement à deux mâts de type lougre, fait 36 mètres de longueur et peut héberger 33 personnes. Toutes les voiles sont hissées ensemble et manuellement et tou*te*s participent également à la navigation, à la cuisine, au nettoyage, etc.. Le voilier LOVIS en soi est un objet qui attire l’attention et ainsi facilite le contact avec les gens qui flânent sur les quais du port. Le bateau peut être ouvert pour des visiteu*se/r*s, devient un lieu de rencontre, un espace ouvert pour des débats et un lien entre différents lieux – en général, c’est un outil utile pour rendre nos luttes plus visibles.
Nous sommes conscient*e*s que faire de la voile à bord de la LOVIS est un grand privilège mais que nous voulons partager. Nous voulons offrir le bateau comme scène et le mettre à disposition de celles & ceux qui n’ont pas encore eu accès à une telle infrastructure.

Vous trouverez plus d’informations sur le voilier LOVIS sur www.lovis.de (allemand, anglais, polonais).

LE PASSÉ
La planification de cette campagne antiraciste, prévue pour juin/juillet 2020, a démarré cet été par des visites aux camps no-border en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Mi-octobre a eu lieu un premier week-end
de mise en réseau et à la voile à Greifswald, au nord de l’Allemagne. 14 activistes de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne y
participaient avec des membres de l’équipage de la LOVIS. Lors de cette rencontre ont été échangées des premières idées, comme p. ex. :
– participer à des festivals maritimes, en tentant de les politiser
– organiser des concerts, des manifs de bateaux, des débats publics, des expositions
– utiliser la grande voile comme cinéma de plein-air
– utiliser le bateau comme support pour hisser des banderoles.

Ici, vous pouvez lire le premier appel à cette campagne : https://lovis.de/wp-content/uploads/campaign-flyer-fran.pdf

ET MAINTENANT?
Nous espérons que vous avez maintenant une petite idée de nos plans ! Quelles sont vos idées concernant le sujet ? Quelles sont vos luttes en ce moment et quels sont vos plans pour l’été prochain ? Comment cette campagne pourrait-elle soutenir vos luttes ? Pouvez-vous imaginer de vous joindre à la campagne avec une action ou un événement dans votre ville ?
Qui pourrait participer à la navigation le long de la côte ?
Connaissez-vous des groupes ou des personnes pour qui ce serait une bonne plateforme de mise en réseau ou de campagne ? Ou seule l’expérience de la voile vous intéresse ?

Pour soutenir et inclure davantage des luttes locales le long du trajet prévu, la prochaine rencontre de préparation aura lieu à Ostende/Belgique, le 11 janvier 2020. Nous espérons votre soutien !
Actuellement, nous sommes à la recherche d’un espace pour nous rencontrer.

Et enfin, même si nous essayons de les limiter, il y a quand même quelques exigences ou obstacles pour monter à bord : seuls les enfants accompagnés par une personne responsable peuvent le faire, les chiens ne sont pas acceptés, la langue principale sera l’anglais de base, il n’y a pas d’infrastructure pour les personnes à mobilité réduite. Mais contactez-nous quand même pour voir ensemble ce qui serait possible.

Les coûts (de voyage) de la prochaine rencontre seront partagés aussi solidairement que possible. L’argent ne doit pas être un obstacle à la participation : contactez-nous s’il y a un problème. Il est possible que le lieu implique d’autres exigences. Informez-nous s.v.p. si vous envisagez de participer via campaign@lovis.de

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English
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ANTI-RACIST SAILING CAMPAIGN – Invitation for preparation meeting on 11th of January 2020

THE FUTURE
In summer 2020 the sailing vessel LOVIS will go on a journey to support and connect struggles against racism and for solidarity. The idea is to sail in the beginning of June from Hamburg, Germany, along the coast of Netherlands, Belgium through the English Channel to finally participate in the international harbour festivals in Brest and Dournaenez, France in July. Along this route the ship can be used in any way either on the sea or in harbours as a stage, meeting place, kitchen, symbol, vehicle, etc.

We, an open preparation group, invite you and other anti-racist, migratory and refugee groups, activists, musicians, actors or writers –
anyone who is subverting borders and working against racism and towards freedom of movement, decolonialisation and solidary communities. Join the planning process! Come to the preparation meeting on 11th of January in Oostende Belgium. Or give us feedback about how we can support your group and the things you are already planning for next summer. Write to us, spread the word, let‘s get together!

To contact us write to: campaign@lovis.de

THE PRESENT
LOVIS is a two mast gaff-rigged sailing vessel (logger) which is 36m and provides (sleeping) space for 33 persons. All sails are managed together by hand and additionally, everyone is involved in navigation, cooking, cleaning etc. The sailing vessel LOVIS itself is an object of attention and as such facilitates access to people who are in the vicinity of the harbour. The ship can be opened for visitors, become a meeting place, an open space for discussion and a link between different spaces – overall
it is a useful tool to make our struggles more visible. We do realise that sailing with LOVIS is a huge privilege, this is why we want to share it consciously, offer the ship as a stage and put it at the disposal of those who haven’t had access to this kind of infrastructure so far.

More information about the sailing vessel LOVIS can be found on the website: https://www.lovis.de (German, English, Polish)

THE PAST
The planning of our campaign trip in June/July 2020 has started this summer with first trips to NoBorder Camps in France, the Netherlands and the UK. In mid-October there was a first networking sailing weekend in Greifswald, Northern Germany, in which 14 activists from Belgium, Germany and the Netherlands as well as crew members of the LOVIS sailing ship took part.

In this meeting first ideas were exchanged, such as
– joining and politicising harbour festivals
– organising concerts, boat demonstrations, panel discussions, exhibitions
– using the mainsail as open-air harbour cinema
– using the ship as a framework for hanging banners.

Here you can read the first call for this campaign: https://lovis.de/wp-content/uploads/campaign-flyer-eng.pdf

AND NOW?
We hope this provides you an idea of our plans! What are your ideas on this topic?
What are your struggles at the moment and plans for the summer next year?
How can the campaign support your struggles?
Can you imagine to join the campaign with a concrete action or event in your city?
Who should sail on board along the coast?
Do you know groups or people for whom this would offer a great networking and campaigning platform?
Or do you simply want to have a sailing experience?

In order to support and involve more local struggles along the route, the next preparation meeting will take place in Oostende, Belgium on 11th of January 2019. Hopefully with your support!

We try to keep them low, but there are some requirements to join. On the ship: Children only with a responsible person, main language is simple english, no dogs, not barrier-free. But contact us anyway to see what we can do together! The (travel) costs for the next meeting will be shared as solidary as possible. Please contact us in advance if you cannot raise the money. Other requirements depending on the location.

Please let us know if you plan to take part via campaign@lovis.de

Newsletter n°24

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°24 // 11 janvier 2019

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La lettre d’info de la Plateforme de services aux migrants
Réseau d’associations intervenant dans les camps d’exilé.e.s de passage
du Nord de la France et du littoral de la Manche

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Infos des lieux de vie

  • A Lille : Le 11 décembre, le collectif des Olieux a soutenu les travailleuses et travailleurs du social et du médico-social en grève. Ici les textes écrits pour l’occasion par des mineurs, des demandeurs d’asile, des soutiens, et lus en fin de manifestation devant l’Hôtel du Département.

  • A Calais : Les personnes exilées souffrent de l’hiver et des destructions quotidiennes des abris par la police, actions désignées sous le vocable de « opérations de nettoyage ». Plus d’informations ici.

  • A Grande-Synthe : après avoir attendu vainement que les autorités mettent en place un dispositif d’accueil pour les personnes exilées de Grande-Synthe, le maire de la ville, Damien Carême, s’est résolu à ouvrir un hébergement pour les familles, puis un gymnase pour les hommes. Les associations assurent, avec la Ville, les besoins des exilés, puisque le gouvernement n’a pas mis un sou pour cela. Il y a environ 450 personnes exilées à Grande-Synthe, pour l’essentiel des Kurdes d’Irak, dont 100 à 150 passent la nuit dans le gymnase, quelques dizaines à l’hébergement des familles, et 200 à 300 dehors, au Puytouck.

  • A Norrent-Fontes, Quernes et dans le Béthunois, le bilan est catastrophique. 15 mois après la destruction du bidonville à Norrent-Fontes, et devant l’inaction des pouvoirs publics, l’association Terre d’Errance lance un appel à l’aide. Pour un rappel de la situation, c’est ici.

Infos des assos

  • En cours et à venir
  • Le 24 janvier, plusieurs associations du réseau PSM accompagnent la projection du film « Fortuna » (20h), au cinéma Arc-en-Ciel à Hazebrouck. Tarif unique: 5 euros. Participation : MRAP Lille, Auberge des migrants, Terre d’Errance, Flandres Terre Solidaire, Cercle de silence – Hazebrouck. Venez y découvrir l’exposition-photos de l’association Terre d’Errance dès 19h30 !
  • Événements passés

  • Le rapport sur les violences policières à l’égard des personnes exilées qui survivent à Calais, écrit et signé par 4 associations, a été balayé du revers de la main par le préfet, qui nie toute action contraire à la loi ou à la déontologie. Lire ici le rapport.
  • L’Auberge des Migrants a fêté ses 10 ans les 15 et 16 décembre. Une Marche de la Mémoire dans Calais ; la projection de deux films, celui sur la Marche Vintimille-Londres de mai-juin dernier, et du film « Libre », en présence de Cédric Herrou ; une opération Nuit Dehors, qui a permis de mettre à l’abri une vingtaine d’exilés, et un repas festif, ont marqué cet événement. Les membres de L’Auberge pensent qu’il y aura encore, hélas, du travail dans les 10 ans à venir, compte-tenu de la politique franco-britannique concernant la frontière.

Crédits photos : Eric Bottero

Info de la PSM

  • Le Journal des Jungles est de retour ! Le n°11 a été réalisé lors d’une résidence de 3 jours à Grande-Synthe, chaleureusement accueillie au sein de la communauté Emmaüs. Elle a réuni plusieurs familles exilées, autour notamment de la création de marionnettes, prétexte au partage de bouts d’histoires et d’espoirs… Venez vite réclamer vos exemplaires du Journal (sensibilisation[at]psmigrants.org) : à lire et à diffuser largement autour de vous !

Affiche du Journal des Jungles n°11

  • Le prochain « atelier sensibilisation » de la PSM aura lieu le jeudi 24 janvier à Calais, de 9h30 à 16h30 (lieu à confirmer). Venez vous former, tester de nouveaux outils et échanger avec d’autres bénévoles menant diverses actions de sensibilisation sur le territoire ! L’atelier est gratuit, ouvert à toutes et tous. L’inscription se fait ici !
  • Les « Welcome Days » sont lancés ! Ces temps animés par la PSM et les associations calaisiennes, à destination des nouvelles et nouveaux bénévoles et militant.e.s de terrain en priorité (mais pas seulement !), visent à favoriser d’emblée les rencontres entre bénévoles qui travaillent sur le même terrain, auprès du même public, dans des domaines parfois différents. Lors de la première édition, le 9 janvier, les participant.e.s ont pu ainsi profiter d’une balade urbaine, révélatrice de l’histoire des migrations à Calais, avant d’échanger sur la question du « bien-être » des bénévoles. La prochaine édition est programmée le mercredi 6 février, et visera cette fois-ci l’initiation à différents aspects juridiques (défense des droits).

Balade urbaine avec François Guennoc – Crédits photo : Marie Le Ray

  • Le 30 Mars, c’est le forum de la PSM. Ce temps de rencontre entre bénévoles et militant.e.s, pour échanger et prendre ensemble du recul, sera consacré cette année à la thématique de « l’hébergement ». Ce sera à Calais, toute la journée, avec une soirée festive ! Et le lendemain, la matinée du 31, c’est l’Assemblée Générale de la PSM. A noter dès à présent dans vos agendas !

Autres temps de formation et d’échanges

  • A Lille, ce 19 janvier, de 9h30 à 16h30, une formation sur le règlement Dublin est organisée par la Pastorale des Migrants, autour de Maître Julie Gommeaux. Plus d’informations ici

Outils juridiques

  • La Cimade fait l’inventaire des nouvelles mesures qui entrent en vigueur le 1er janvier 2019 dans le domaine du droit d’asile et de la rétention ici

Sensibilisation : outil(s) du mois !

  • « Parole et parcours d’invisibles », Fabienne Deguines a réalisé ce montage à partir de créations de personnes exilées à l ‘accueil de jour du Secours Catholique de Calais. La bande son est réalisée à partir d ‘enregistrement de ces mêmes personnes à la radio de l ‘accueil de jour. Les chants en trame de fond sont des chants produits pour la scène nationale de Calais avec la fabrikka pour « chants nomades ». « Pour que ceux qui sont condamnés à Calais à l’invisibilité puissent exister pour un moment, même bref, et être reconnus humains par d’autres humains.  » A voir ici.

  • Un livre sur l’immigration remporte le prix littérature jeunesse de l’UNICEF. « Chemin des dunes », livre pour les enfants de plus de 6 ans, a été écrit par la Bailleuloise Colette Hus. L’autrice et illustratrice raconte l’histoire de Talia, une petite fille soudanaise qui explique : « J’ai sept ans et j’ai déjà beaucoup voyagé. Dans notre pays il y a eu des problèmes et on a du partir »

Pour comprendre / pour cogiter

  • Un rapport a été produit par l’ONU sur les horreurs inimaginables vécues par les migrants subsahariens en Libye : c’est à lire ici.
  • Depuis quelques mois, une nouvelle filière de passage vers le Royaume-Uni utilise, à grands risques, des petits bateaux sur la Manche, un article du Monde à lire ici.
  • Il y a un an démarrait la dynamique des États Généraux des Migrations (EGM), avec, à l’échelle du Pas-de-Calais, la tenue de 2 grandes plénières régionales, la mobilisation collective autour de différentes thématiques, dont la loi asile, et les réunions de préparation souvent assez spontanées et improvisées. Où en est cette dynamique des EGM ? A lire ici la contribution de Luc-Antoine Bonte, du GRDR, qui fait un premier bilan des actions menées dans ce cadre et appelle à la poursuite, sous diverses formes, de cette initiative collective.

 


Plateforme de services aux migrants
www.psmigrants.org

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Newsletter n°25

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°25 // 11 février 2019

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Infos des lieux de vie

  • A Calais : à l’accueil de jour du Secours Catholique, des personnes exilées s’expriment sur ce qu’elles vivent à Calais et sur les violences policières. Le harcèlement et les expulsions se poursuivent également. Dernier exemple en date : l’installation de nouvelles grilles pour empêcher les personnes de trouver refuge sous la rocade portuaire. Lire ici
  • A Calais encore, mais plus généralement sur le littoral, la pression augmente aussi autour de la surveillance des plages. L’Auberge des Migrants explique ainsi : « Un dispositif très lourd a été mis en place pour surveiller les plages, de Equihen (sud de Boulogne) à Dunkerque. Tous les professionnels et plaisanciers du même secteur ont reçu un courrier leur demandant de sécuriser leur bateau et d’enlever ce qui s’y trouve (moteurs hors-bord, réservoirs d’essence mobiles, gilets de sauvetage…). On leur demande même de dénoncer des candidats à l’achat de bateaux gonflables ». Pour lire l’intégralité de ce texte, c’est ici.
  • A Grande-Synthe : Le gymnase ouvert par la Mairie abrite 100 à 200 personnes. Autour de ce gymnase ont poussé près de 200 tentes. Quelques familles sont hébergées dans un centre de loisirs. Plusieurs dizaines de personnes survivent encore dans le bois du Puythouck, dont un groupe de Pakistanais. Ceux-ci sont particulièrement visés par la police (destructions de tentes, d’aliments, de biens personnels) selon les personnes sur le terrain. Les associations continuent parallèlement de dénoncer les opérations d’expulsion qui se multiplient, souvent dans un cadre légal pour le moins « indéterminé » : ce 7 février, elles demandaient ainsi au Tribunal Administratif de Lille de trancher sur la légalité de l’opération d’expulsion de 600 personnes menée le 19 septembre 2017. Pour lire leur communiqué, c’est ici.

campement de pakistanais au Puythouck

des exilés dorment devant une brasserie du contre commercial

  • Campement de Quernes : la situation est toujours la même sur le campement, . 8 à 10 personnes en attente…
  • A Béthune, les personnes vietnamiennes ont quitté le camp installé à proximité de l’autoroute..
  • Les environs de Norrent-Fontes et de Saint Hilaire Cotes (près du parking, point de passage) : destruction des sacs de couchage, de la nourriture des personnes exilées par les gendarmes de l’autoroute. Un rendez-vous a été pris par Terre d’Errance avec leur hiérarchie. Les personnes sont toujours dehors, le plus souvent dans les champs, sans aucun abri.
  • HUDA de Fouquières : même si quelques demandes d’asile ont été acceptées, les arrestations ont repris. Maintenant les personnes se font arrêter directement en préfecture. Elles hésitent à aller à leur rendez vous, elles sont donc considérées en fuite sans même savoir si finalement elles seraient placées en procédure normale et pourraient demander l’asile en France.

Infos des assos

  • Droits fondamentaux des personnes exilées : une coalition de 34 associations françaises et britanniques a saisi la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur le logement convenable pour l’amener à constater les violations des droits fondamentaux des personnes exilées à la frontière franco-britannique et demander la mise en place de solutions d’hébergement dignes et durables. A lire ici et ici
  • Printemps pour l’égalité des droits. Un appel citoyen a été lancé par des militant.e.s et bénévoles du Nord et du Pas de Calais volontaires pour organiser, entre le 8 mai et le 22 juin 2019, des événements de lutte contre le racisme et dénoncer les politiques menées par rapport aux personnes étrangères, immigrées et exilées. Découvrez ici l’appel « Printemps pour l’égalité des droits – Je suis l’immigré.e, je suis l’exilé.e ». Prochaine rencontre de préparation : jeudi 21 février, 18h, à Lille. Rejoignez la mobilisation !

  • Droit à l’hébergement. Autour de Terre d’Errance Norrent-Fontes, un hébergement solidaire se met en place pour les personnes exilées qui n’ont aucun abri. Mais la volonté reste de continuer à demander à l’État l’ouverture d’hébergements d’urgence et d’interpeller sur la faible, voire la non-prise en charge de ces personnes par les services de L’État et le dispositif de droit commun du 115.

Carnet de voyage « Calais Calling » Lorraine les Bains

  • Calais Border Broadcast – CBB : Un atelier radiophonique créé au Secours Catholique de Calais constitue une alternative médiatique qui permet aux personnes exilées et aux aidants et aidantes de s’exprimer librement. La dernière émission de radio a eu pour thème l’intégration des personnes réfugiées statutaires en France. Cette question a été abordée autour du parcours de trois jeunes hommes dans trois villes françaises. Cela grâce à la belle voix de Véronique (bénévole), au talent de Karam (stagiaire) et aux compétences de Domdom (bénévole), accompagné par Cyrille (salarié). A écouter et à lire ici.
  • Entrave à la solidarité : l’entrave à la solidarité des aidants et aidantes du Secours Catholique Caritas France à Calais est toujours d’actualité. L’année dernière, le Secours Catholique a subi plusieurs actes visant à dégrader les véhicules et les locaux de l’association. Le 22 janvier dernier, des clous ont été déposés devant la grille d’entrée, le 23 janvier les pneus de deux véhicules ont été ainsi détériorés. Une plainte a été déposée, pour une énième fois…. Jusqu’à où iront ces entraves et ces intimidations ?

Info de la PSM

  • Les « Welcome Days » se répètent à Calais ! Ces temps animés par la PSM et les associations calaisiennes visent à favoriser d’emblée les rencontres entre bénévoles (nouveaux et nouvelles, mais pas que) qui travaillent sur le même terrain, auprès du même public, dans des domaines parfois différents. La prochaine édition est programmée le jeudi 7 Mars, et portera cette fois-ci sur la question de l’accès aux soins pour les personnes exilées, en santé physique et mentale .
  • Le Forum de la PSM approche ! Ce sera le 30 mars, à Calais. La thématique de cette année : l’hébergement. Et le lendemain, dimanche 31 mars, c’est notre assemblée générale ! On vous y attend nombreuses et nombreux !

Autres temps de formation et d’échanges

  • Amnesty International offre la possibilité de se former en ligne sur divers sujets : « quelques outils pour militer », « agir contre les discours toxiques en ligne »… Et c’est gratuit.

Outils juridiques

  • La Cimade a mis en ligne un article sur les nouvelles règles concernant les demandes d’Aides Juridictionnelle à la CNDA. Tout est expliqué dans cet article. Vous y trouverez également un modèle de demande d’aide juridictionnelle, un modèle de recours CNDA, ainsi qu’un calculateur du délai de recours!!!!!

Sensibilisation : outil(s) du mois !

  • « Regarde Ailleurs » film de Arthur Levivier. Sortie nationale à Paris au Saint André des Arts le 13 février. Si vous souhaitez organiser une projection avec discussion dans un cinéma près de chez vous vous pouvez contacter Arthur Levivier au 07 82 32 26 79. Voir la bande annonce.

  • L’exposition Parcours des Invisibles (voir la newsletter 24) voyage à Lille à la maison des associations 72,74 rue Royale du 9 au 14 février 2019. Contact pour plus d’informations.

Pour comprendre / pour cogiter

  • Le HCR a publié en janvier un rapport intitulé « Voyages du désespoir », concernant la traversée de la Méditerranée par les personnes migrantes pour atteindre l’Europe. C’est la traversée la plus meurtrière du monde ! Et les chiffres des vies perdues — 2275 en 2018, soit six par jour — sont en augmentation, alors même que le nombre de personnes à s’y risquer est lui en baisse. Voir le rapport du HCR ici.

  • Dans un rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) de décembre 2018, portant sur l’accompagnement social, un paragraphe est consacré à « L’auto-organisation de la société civile sur la question des migrants » : on y retrouve nombre de « nos » associations, qui oeuvrent dans la région, et d’autres qui travaillent dans la vallée de la Roya ou en région parisienne, les collectifs, y compris « ceux qui revendiquent une posture de désobéissance civile » et qui « engagent des actions en justice en vue de faire condamner l’État ». Il y a aussi le rappel de la décision du conseil constitutionnel selon laquelle la fraternité, au delà d’être une devise de la République, est « un principe à valeur constitutionnelle ». Une forme de reconnaissance de nos actions, en somme ! Pour consulter le rapport, c’est ici.
  • L’OFPRA a publié les chiffres de la demande d’asile pour 2018. Le rapport est à lire ici.

Plateforme de services aux migrants
www.psmigrants.org

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Newsletter n°26

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°26 // 7 mars 2019

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Réseau d’associations intervenant dans les camps d’exilé.e.s de passage
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Infos des lieux de vie

  • A Ouistreham, les migrant.e.s sont d’origine Soudanaise de la région du Darfour. Ils et elles sont mineur.e.s en majorité, jeunes majeur.e.s pour la plupart sous le régime de Dublin. Ils étaient environ au nombre de 180 il y a 5 mois, puis 130 il y a 2 mois et maintenant environ 70. Des informations ici sur le CAMO (Collectif d’aide aux Migrants de Ouistreham): la situation passée et actuelle, le harcèlement des forces policières, la bienveillance des bénévoles et citoyen.ne.s, l’absence d’aide de la municipalité .Les relations sont difficiles avec la préfecture et la mairie, pour en savoir plus, c’est ici et
  • A Grande-Synthe, si le nombre de personnes dans les structures ouvertes et gérées par la municipalité évolue peu, l’évolution géographique de la situation est assez marquée. A lire ici.
  • HUDA (Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asile) de Fouquières : des parrainages et marrainages des personnes hébergées fonctionnent bien et sont bénéfiques pour tout le monde. Il manque encore des parrains et marraines alors si vous êtes tenté.e.s, contactez Dominique: bourgeois-dominique(at)laposte.net
    Bonne nouvelle ! La mairie de Labuissière a donné son accord pour une
    cérémonie de parrainage républicain !

Infos des assos

  • « People not walls », les associations anglaises souhaitent collaborer avec les associations françaises travaillant avec les personnes exilées en transit dans les zones littorales
    Depuis octobre 2018 des réunions sont régulièrement organisées à Calais ou à Douvres pour échanger autour d’une éventuelle coopération entre les associations situées des deux cotés de la Manche. Plus d’infos ici

  • « Émergence de talents entre femmes »: ce projet du Secours Catholique à Calais s’adresse aux femmes de tous horizons. C’est l’occasion de partager, découvrir, se rencontrer, s’ouvrir à d’autres cultures, mettre en valeur des talents de femmes, et faciliter l’intégration. Première session le 10 Mars de 13h30 à 18h , 47 rue de Moscou.Programme ici Une deuxième session est prévue au mois de juin.

  • La Cimade Grande Synthe recherche des bénévoles pour assurer les permanences juridiques auprès des personnes exilées. Pour les rejoindre, c’est ici
  • Rendez-vous à la réunion d’information de Médecins du Monde à Dunkerque le 14 mars. Seront présentés en détails les activités du programme (médicales et psycho-sociales), le fonctionnement et les axes de plaidoyer, ainsi que les profils des bénévoles recherchés (médicaux et non médicaux).

Info de la PSM

  • Lancement du n° 11 du « Journal des Jungles » C’était mercredi 20 Février, à la Communauté Emmaüs de Grande Synthe. Nous étions nombreux et nombreuses, et ça a été un moment très joyeux et chaleureux, magique : une tablée magnifique, un accueil phénoménal des compagnons, un délicieux repas préparé par les femmes exilées tout au long de l’après-midi, beaucoup de danses d’ici et dailleurs, des rires. Et quelques larmes aussi, sur ce numéro, élaboré à Grande Synthe, et qui porte la parole de familles exilées, qui se succèdent et se relaient avec les mêmes espoirs pour leurs enfants et leurs familles.
  • Lancement du n°12 du « Journal des Jungles » à Cherbourg. Mardi 5 février, migrant.e.s et bénévoles se sont donné.e.s rendez-vous au foyer du théâtre à l’italienne de Cherbourg pour lire les lettres du coeur présentes dans ce numéro. « Des lettres bouleversantes qui savent rappeler comme il est important et comme il est urgent de faire advenir un monde où nul n’est condamné à rester prisonnier des hasards de l’endroit où il naît… » note Rémi David écrivain et magicien qui a accompagné la résidence d’écriture. Armen, Kamiliam, Olga, Qendresa, Zéqir ont lu leur lettre en langue d’origine devant un cinquantaine de personnes, des bénévoles d’Itinérance assurant les lectures en français. Lues sur un ton solennel, entre les phrases, entre les mots, entre les silences, s’entendait la peine d’avoir quitté son pays, sa famille, ses amis, s’entendaient des histoires parfois douloureuses, des parcours difficiles mais aussi un souffle avant de reprendre la route, du courage, de l’envie, une lueur d’espoir. Prochaine étape, une adaptation pour le festival de théâtre amateur, les téméraires au mois de mai.

Découverte de ce numéro dans notre région, lors du Forum de la PSM le 30 Mars à Calais.

  • Forumsur la thématique de l’hébergement et Assemblée générale extraordonaire de la PSM : Retenez votre week-end, les 30 et 31 mars au 47 rue de Moscou à Calais. Pour faciliter l’organisation, merci de vous inscrire ici pour le forum et ici pour l’AG

Autres temps de formation et d’échanges

  • Formation d’INFOMIE et UNICEF sur la protection des mineur.e.s non accompagné.e.s. Ce sera les 25 et 26 avril. Pour vous inscrire c’est ici

Envie d’agir

  • Pour protéger les défenseurs et défenseuses des droits des migrants Amnesty International, en lien avec le collectif « délinquants solidaires », lance une pétition. Pour rappel, la situation de Loan Torondel, bénévole pendants plus de deux ans à Calais: « Je n’ai commis aucun délit, j’ai juste voulu défendre les droits des gens« . A lire ici

 

  • Contre la création d’un fichier national des mineur.e.s isolé.e.s par le gouvernement la Cimade vient de lancer une pétition . Parallèlement, un collectif d’associations a saisi le Conseil d’état pour qu’il se prononce sur cette disposition manifestement contraire aux intérêts des droits de l’enfant . Soyons nombreux et nombreuses à nous mobiliser!

Sensibilisation : outil(s) du mois !

  • Colis Suspect, un film documentaire qui enquête sur le business de la sécurité au sein de l’Union Européenne. L’objectif est d’alimenter le débat critique face aux discours de la xénophobie et à la criminalisation de l’immigration clandestine, d’autant plus dans le contexte des élections européennes. Retrouvez la Bande annonce et le lien pour plus de renseignements et organiser des projections avec un moment d’échange et de discussion en présence de l’une des co-réalisatrices.

  • FIGRA, le Festival International du Grand Reportage d’Actualité et du documentaire de société se déroulera au cinéma Ociné de Saint Omer du 13 au 17 mars.Cette 26éme édition s’impose comme le rendez-vous audiovisuel incontournable, offrant au public un panorama complet de l’actualité internationale projetée sur grand écran pendant 5 jours. Le FIGRA a pour mission de rendre hommage aux grands témoins de notre temps que sont les réalisateurs,réalisatrices, Grands reporters, journalistes et documentaristes. Il permet ainsi de rassembler en un même lieu les professionnel.le.s de l’audiovisuel et le grand public, curieux de voir et de comprendre le monde autour de projections, d’échanges, de débats, d’avant-premières. Retrouver la grille du programme

Pour comprendre / pour cogiter

  • Le Défenseur des Droits a créé deux outils d’information pour prévenir les refus de soins. Le premier outil est un dépliant destinée aux patient.e.s concerné.e.s par un refus de soins pour les aider à faire valoir leurs droits. Le second outil est une fiche pratique à destination des professionnel.le.s de santé leur rappelant leurs obligations légales.

  • La situation des personnes retenues dans les CRA (Centre de Rétention Administrative) : Un rapport alarmant publié le jeudi 21 février par la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté (la magistrate Adeline Hazan) pointe des trous béants dans l’accès aux soins pour les étranger.e.s en centres de rétention administrative (CRA), enfermé.e.s en vue de leur expulsion. Un article dans la revue Regards : « Torture dans les centres de rétention français : une impunité d’Etat ? » , dans le journal l’Humanité « Un appel au secours des étrangers en rétention au CRA de Coquelles » et sur Mediapart :  » Un rapport révèle combien les souffrances des migrants sont « minimisées » en rétention« 

  • Mineur.e.s isolé.e.s de Calais, la maltraitance d’Etat condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme. A lire ici le communiqué associatif et un article du Monde.
  • Le Défenseur des droits vient de publier les résultats d’une étude réalisée par l’Observatoire du Samu Social de Paris sur la vie d’adolescent.e.s hébergé.e.s à l’hôtel, les conséquences de ce mode d’hébergement sur leur parcours, la difficulté à se construire avec ces contraintes. C’est à lire ici.
  • « C’est bien qu’on nous écoute » : dans cette étude, le HCR appelle à une meilleure écoute des enfants non accompagnés, pour améliorer leur protection et leur avenir.

Plateforme de services aux migrants
www.psmigrants.org

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Newsletter n°27

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n° 27// 5 avril 2019

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La lettre d’info de la Plateforme de services aux migrants
Réseau d’associations intervenant dans les camps d’exilé.e.s de passage
du Nord de la France et du littoral de la Manche

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Infos des lieux de vie

  • A Calais, malgré une politique encore plus répressive, les personnes exilées expriment une volonté de se mobiliser afin de revendiquer leur droit à la libre circulation, à l’installation et à l’hébergement inconditionnel, à la dignité et à la liberté d’expression. Un rassemblement a eu lieu le dimanche 31 mars sur la place d’Armes.Lire ici le Communiqué du collectif Appel d’air.

  • A Lille, le squat des 5 étoiles est un pis aller indigne. A la fin de la trêve hivernale les habitant.e.s s’inquiètent d’une expulsion possible. Rejoignez les à l’assemblée du dimanche après-midi, et lisez les ici.
  • A Lille encore, dans le quartier Vauban, une friche accueille des réfugié.e.s et des migrant.e.s depuis décembre 2017. Une centaine d’Albanais.e.s demandeurs d’asile y ont trouvé refuge ces derniers mois. Les plus jeunes ont 16 ans. Mardi 2 avril, ils et elles ont été expulsé.e.s, certains placés en centre de rétention administrative. Lire ici

  • Les lieux de vie du côté de Norrent Fontes se multiplient: Huda de Fouquières, les camps de Fouquières et de Quernes, le camp à Lillers, des personnes en errance à Saint Hilaire/ Norrent Fontes. Des infos ici.
  • A Grande Synthe il y a environ 450 personnes exilées : les familles sont hébergées au CCP (67 personnes) jusque fin avril.180 hommes, surtout kurdes, s’abritent dans le gymnase mis à disposition par la mairie et qui reste ouvert pour l’instant. Mais jusqu’a quand? Mais il y a aussi des centaines de tentes derrière ce gymnase,ainsi qu’un camp de personnes pakistanaises au Puythouck. Les associations prévoient que le nombre de personnes va augmenter suite à la fermeture des hébergements de la trêve hivernale et l’arrivée des beaux jours.

photo du gymnase : MRefugeesupport

ici une vidéo d’Arte :  » Grande Synthe, l’histoire sans fin »

Infos des assos

  • Le Refugee Info Bus cherche un.e « assistant juridique » bénévole à Calais pour informer les exilé.e.s de leurs droits, les aider à effectuer leur demande d’asile, ou à accéder à une représentation juridique adéquate. Vous trouverez plus d’informations ici.
  • « Talents de Femmes » : une après-midi chaleureuse et bien remplie, à l’accueil de jour du Secours Catholique à Calais, le 10 Mars dernier : une après-midi où les femmes, toutes les femmes, étaient invitées à manifester leurs talents, dans tous les domaines : arts plastiques, danse, couture, crochet, lecture en diverses langues, musique, pâtisserie, soins du corps… Les découvertes et les échanges, le rire et les émotions étaient au rendez-vous, regardez la vidéo.

  • L’Auberge des Migrants cherche un.e « aide-comptable », salarié.e plein temps pour 3 mois en CDI, une personne disponible de suite, aimant les chiffres, parlant anglais couramment, et sensibilisée aux difficultés des exilé.e.s.
  • Le 13 mars, Itinérance Cherbourg convoquait une conférence de presse. L’association dénonçait les dérives de la loi asile publiée au JO le 11 septembre 2018 et sa mise en application ainsi que le durcissement constaté des conditions d’accueil et de la situation des personnes exilés. Lire ici

  • LE CAMO, Collectif d’Aide aux migrants de Ouistreham, publie sa lettre d’infos. A découvrir ici.

Info de la PSM

  • Ce 31 mars, à l’Assemblée Générale de la PSM, nous avons adopté de nouveaux statuts et un règlement intérieur prévoyant un fonctionnement plus horizontal et participatif. Notamment avec la création de commissions thématiques et d’un cadre de fonctionnement qui vise à garantir des espaces de travail collectifs où chacun.e.s peut trouver sa place et participer. Et puis aussi la PSM change de nom, elle devient la Plateforme des Soutiens aux Migrant.e.s !! Rejoignez-nous!
  • Le Forum de la PSM s’est déroulé ce 30 mars. Une cinquantaine de participant∙e∙s ont pu échanger tout au long de la journée sur la thématique de l’hébergement des personnes exilées. Après un accueil ponctué de lectures chuchotées du dernier Journal des Jungles, réalisé à Cherbourg, un point sur le droit à l’hébergement a été réalisé par Marie Rothhahn, juriste à la Fondation Abbé Pierre. Autour d’une table ronde, deux initiatives pour l’hébergement des personnes exilées et/ou des demandeur∙euse∙s d’asile ont ensuite été présentées : le RAIL, un réseau d’hébergement solidaire de la métropole lilloise et le KASS, un collectif amiénois luttant pour le droit à l’hébergement pour tou∙te∙s. L’après-midi, trois ateliers ont été proposés, le premier sur la négociation, le second sur l’hébergement solidaire et le dernier sur la construction de solutions autonomes au sein du réseau. Nous avons ensuite pu écouter deux contes sur l’hospitalité, raconté par Nathalie de Terre d’Errance Norrent-Fontes. La journée s’est conclue par un super DJ set de sudanese beat par Shishani. Pour en savoir plus, c’est ici:

  • Le cinquième « Welcome day » , temps destiné à accueillir les nouveaux, nouvelles bénévoles (et les autres!) à Calais, aura lieu le mercredi 15 Mai à 13 heures. Il sera centré sur l’histoire des luttes à la frontière, et sera animé par CMS, Calais Migrants Solidarity.

Autres temps de formation et d’échanges

  • Formation Asile avec les mises à jour de la nouvelle loi organisée par le Secours Catholique et la PSM – 30 avril de 09H30 – 12H30 – lieu à déterminer
  • Formation en Coaching communication à Lille, le 11 Avril de 19h à 21h : Atelier de mediatraining et relation presse par Valérie Le Nigen, journaliste et formatrice et Lucie Favry, communicante.Inscription : contactjuriste(at)psmigrants.org
  • Protection contre les risques numériques : Pour protéger les contenus des échanges des différents réseaux, RITIMO propose une formation le 16 et 17 Avril à Paris (coût : 30 euros par personne et par jour). Renseignements ici. La Cabane juridique sera présente à cette formation et la recommande.
  • Missing Children Europe-Calais Project : Cette ONG travaille sur la disparition des enfants en migration et elle va organiser une réunion avec l’ensemble des acteurs et actrices confronté.e.s à ces questions à Calais. Vous pouvez déjà répondre en ligne à une enquête ici et en apprendre davantage en consultant leur site là.

Outils juridiques

  • Mineur.e.s isolé.e.s de Calais, la maltraitance d’Etat condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme à verser 15000 euros à un jeune afghan pour l’avoir laissé à l’abandon pendant près de 6 mois dans la « jungle » de calais, entre septembre 2015 et mars 2016. Il avait 11 ans. Lire ici.
  • Le tribunal Administratif de Lille a condamné en Mars une expulsion d’exilé.e.ss ordonnée à Grande Synthe le 19 Septembre 2017. Reprenant les arguments des associations de soutien, le juge a affirmé : l’expulsion s’est faite en dehors de toute base légale. retrouvez ici le communiqué des personnes exilées et de leurs soutiens associations : FAP, GISTI, Cimade Nord Picardie, Médecins du monde, Salam Nord Pas de Calais, Ligue des Droits de l’Homme.

Sensibilisation : outil(s) du mois !

Pour comprendre / pour cogiter

  • Dans Politis : « Ma ville est devenue une forteresse », témoignage d’un No Border de Calais
  • Des renvois forcés vers l’Afghanistan. Lire ici l’article de Infomigrants
  • Vers le Soudan aussi, la France expulse.Lire ici

Envie d’agir

  • L’observatoire de l’enfermement des étrangers OEE a pour objectif la dénonciation de la banalisation de l’enfermement et de la violation des droits humains. Voir ici l’annonce de leur prochaine réunion, lundi 15 Avril à Paris, et leur site.
  • STOP DUBLIN , une campagne contre le règlement Dublin : ce règlement européen injuste, inique, coûteux, viole les droits de l’homme. Pour lutter collectivement, rendez-vous sur ce site.

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Newsletter n°28

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°28 // 10 mai 2019

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Infos des lieux de vie

  • Grande Synthe : Tandis que le gymnase, solution d’hébergement temporaire mise en place par la mairie, reste ouvert, et « qu’aucune solution alternative ne se dessine« , 2 personnes exilées, soutenues par diverses associations, ont déposé une requête au tribunal ce 2 mai 2019, dénonçant les violations des droits fondamentaux de centaines de personnes vivant à Grande-Synthe et demandant des mesures d’urgence « afin de sauvegarder leur dignité ». Pour en savoir plus, consultez le communiqué de presse des requérant.e.s ici, et un reportage de France3 ici.
  • Ouistreham : Pour avoir quelques nouvelles de nos ami.e.s du CAMO (Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham), voici un reportage de Radio Parleur :  » Histoires de solidarités avec les réfugié.e.s.

crédit Scarlett Bain pour Radio Parleur

 

Infos des assos et collectifs

  • Mercredi 8 mai est arrivé à Calais le Relais solidaire contre la montre, après 10 jours de marche en relais depuis Vintimille. Cette marche a permis de relier les associations et collectifs qui œuvrent chaque jour pour un accueil plus digne des personnes exilées. Le message porté ? L’accueil de l’étranger ne se fait pas au détriment de sa propre identité et on ne peut pas jouir du monde en voyageant et consommant, tout en interdisant aux personnes d’ailleurs de venir chercher la paix et la sécurité dans notre pays.Cette marche a aussi permis de récolter des dons pour l’association calaisienne l’Auberge des migrants.

bouteille/bâton de relais, comme un SOS jeté à la mer

  • Dans le prolongement de ce Relais solidaire, le collectif « Appel d’air », qui rassemble des personnes exilées de différents lieux de vie à Calais et leurs soutiens, a organisé ce même jour, avec l’appui de diverses associations, « la Marche des oublié.e.s » : quelques 300 personnes ont ainsi traversé différents campements et rues de Calais pour redonner un peu de visibilité à la « guerre d’usure » que subissent aujourd’hui les personnes exilées. Pour plus d’informations, retrouvez l’appel à mobilisation du collectif ici, ainsi qu’une vidéo reprenant l’ensemble des revendications portées. Et pour un petit point presse, c’est ici et ici.

  • Des personnes exilées venant de l’Afrique de l’est et de passage à Calais ont fêté, le 29 avril, la Pâques Orthodoxe à l’accueil de jour du Secours Catholique. A lire ici

  • Un goûter du monde a été organisé le 29 avril à Saint-Omer par le Secours Catholique et des bénévoles qui venaient en aide aux personnes migrantes de passage à Longuenesse. L’objectif de cette rencontre ? Permettre aux personnes étrangères nouvellement installées à Saint-Omer de faire connaître leurs envies pour rompre l’isolement dont elles se plaignent. Un grand moment de partage lorsque les personnes ont dansé sur les musiques d’ici et d’ailleurs.

  • L’association Choeur de Belle Bailleul et Amnesty International proposent un concert de chants à l’église Saint Vaast de Bailleul, le vendredi 17 mai Plus d’informations ici

Info de la PSM

  • Oyé, oyé ! La PSM recrute une personne en charge de la coordination juridique, en CDI à partir de Juin 2019, pour succéder à Camille. L’offre d’emploi est consultable ici. Candidatures à renvoyer avant le 15 mai !
  • Alors qu’elle se réorganise autour d’instances qui se veulent toujours plus horizontales et inclusives, la PSM a besoin de vous pour participer à ses différentes commissions ! Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de commissions ? Pour tout comprendre, regardez donc notre petite vidéo ici et rejoignez l’aventure !

  • Parmi les commissions PSM, il y en a une sur « le pouvoir d’agir des personnes exilées ». L’idée, c’est qu’on s’outille collectivement pour toujours mieux inclure les personnes exilées dans nos espaces de décision et d’action, pour toujours mieux les soutenir dans leurs prises de parole et leurs formes d’organisation. Avec le soutien de la Fondation de France, nous avons la chance de pouvoir nous former sur cette question du « pouvoir d’agir » : 5 journées d’atelier sur l’année avec la flamboyante équipe de la Boîte Sans Projet, organisme d’éducation populaire ! Tu es intéressé.e ? Rejoins-nous vite au sein de la commission « Pouvoir d’agir » et inscris-toi au 1er temps de formation à Calais, ce lundi 20 mai !
  • Le sixième « Welcome day », moment privilégié pour l’accueil de nouveaux et nouvelles bénévoles à Calais (mais pas que), aura lieu le Mercredi 15 Mai de 10h à 13h au Secours Catholique de Calais. Il sera animé par Calais Migrants Solidarity et portera sur « l’importance de lutter contre l’internalisation de la frontière ».

Autres temps de formation et d’échanges

  • Politiques du Refuge, séminaire de recherche dans le cadre de La saveur de l’autre, (voir plus bas) en collaboration avec le programme européen Atlas of transitions, les Non-Lieux de l’Exil et le programme ANR Liminal, les 23, 24, et 25 Mai au Channel – Scène nationale de Calais.  » Le refuge désigne à minima un espace-temps qui permet de se soustraire temporairement à la surveillance et au contrôle exercé dans l’espace public (…) C’est donc bien différent des « mises à l’abri » proposées parfois par les pouvoirs publics (…) Plutôt qu’explorer les façons « d’offrir » un refuge comme on « offre » l’hospitalité, nous voudrions explorer la façon dont des abris font effectivement refuge pour les personnes exilées «  . Voir le programme ici

Outils juridiques

  • Contrôle des Frontières : L’association ANAFE a créé un outil, « La boite à fichiers », rassemblant l’ensemble des fichiers utilisés dans le contrôle des frontières, à l’égard des personnes étrangères, mais également des citoyens européens. Pour mieux comprendre l’envergure que prend la surveillance des personnes étrangères, lisez ici.
  • Défense des habitants de bidonvilles et de squats : Nos partenaires, la Fondation Abbé Pierre, Romeurope, le GISTI, ont bien travaillé ! Ils ont produit plusieurs outils: recueil de jurisprudence, fiches, et guides pratiques. Découvrez-les ici.
  • Soutenir les personnes en rétention : CMS (Calais Migrants Solidarity) a mis à jour son guide pour soutenir les personnes en rétention. Du mode d’accès au CRA de Coquelles et de Lesquin, aux aspects juridiques de la rétention et des recours, c’est clair et complet. Consultez le ici. Les formalités spécifiques pour le CRA de Coquelles sont là.

Sensibilisation : outil(s) du mois !

  • Atelier mensuel de sensibilisation de la PSM : jeudi 16 mai, de 9h30 à 16h30, à la MRES de Lille (23 rue Gosselet). Au menu de cet atelier : un exercice de lutte contre les préjugés, un temps pour tester un outil spécifique et un partage d’expérience sur nos sensibilisations dans l’espace public. Le lien pour s’inscrire est ici : https://frama.link/GSXwEZEC
  • La saveur de l’autre, au Channel – Scène nationale de Calais, du vendredi 24 au dimanche 26 Mai. Troisième édition de cette « manifestation à haute valeur humaine ». Concerts, spectacles, propositions artistiques, un temps aux entrées multiples, un moment hospitalier pour y traiter de l’humanité et donner à réfléchir. Le programme est ici.

  • No naciemos para ser refugiados, « Nous ne naissons pas pour être réfugiés » : un film de Claude Zulian, projection unique au cinéma Alhambra de Calais, le jeudi 23 Mai à 20h30, suivie d’une discussion avec l’auteur.

Pour comprendre / pour cogiter

  • Le collectif Délinquants solidaires publie le premier numéro d’une gazette qui sera mensuelle : témoignages, procédures judiciaires, analyses, tribune… A découvrir ici
  • La rapporteuse de l’ONU sur le « droit à un logement convenable » est venue en France du 2 au 11 avril, grâce notamment à la saisine des associations déposée en juillet 2018. Leilani Farah a présenté ses « observations préliminaires » pour un rapport qui sera publié en 2020. On peut y lire : « J’ai été choquée, comme toujours, de voir autant de misère, de souffrance et de dénuement dans un pays riche tel que la France… » De nombreux aspects du problèmes sont analysés, à propos de publics différents, (français pauvres, migrants, roms, ) et on remarque un chapitre sur Calais et les environs où « les pratiques (des pouvoirs publics) constituent une violation systématique et flagrante du droit à un logement convenable… mais aussi du droit à l’alimentation et à la santé… Elles constituent également un traitement cruel, inhumain et dégradant à l’égard d’une des populations les plus vulnérables en France. »
  • Le Défenseur des Droits revient sur les conditions de la mort d’un mineur isolé en foyer dans la Marne : un constat accablant pour ce département. Lire ici la réaction des associations.
  • Sur France-Culture, une série de 14 cours au Collège de France sur les migrations. Pourquoi s’en priver ? C’est ici
  • Parution en Avril du livre « La police des migrations. Filtrer, disperser, harceler », dans la collection Babels dirigée par Michel Agier et Stéfan Le Courant. Lire la note de lecture ici

  • Journée sur la ville accueillante, le 16 mai à Paris. L’objectif de cette journée sera d’articuler les visions des différentes personnes qui agissent et pensent la ville et les migrations dans le sens d’une ville qui sache mieux faire la place pour tou.te.s. Le programme détaillé est ici. Les inscriptions peuvent se faire sur cette page


Plateforme de services aux migrants
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Newsletter n°29

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°29 // 4 juin 2019

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Infos des lieux de vie

  • Calais : Deux militant.e.s témoignent de l’insupportable situation des personnes exilées de passage à Calais :

« Ce WE je suis revenue à Calais après une assez longue absence. J’ai été complètement abasourdie par ce que m’ont raconté les personnes vivant dans des tentes, près de la rue des Verrotières, et dans d’autres lieux. » La suite à lire ici.

Et un autre témoignage : « Après l’évacuation et la clôture du terrain de la rue des Verrotières, un certain nombre d’exilés ont tenté d’installer des tentes rue des Dunes, près du point de distribution de repas et d’accès à l’eau de la Vie Active. La police y poursuit son « travail » habituel de destruction régulière de ces débuts de camp. » La suite ici.

  • Angres : Depuis septembre 2018, des Soudanais sont à Angres. Premier camp sur la station, un terrain appartenant à la SANEF. Ce camp a été démantelé en novembre. Ils se sont abrités ensuite dans des maisons abandonnées à Liévin.
    Ils ont été expulsés de ces maisons le mardi 14 mai 2019 toujours dans les mêmes conditions d’expulsion : police, CRA, CAO, Foyer pour les mineurs A lire ici
  • Grande Synthe: 2 requérant.e.s exilé.e.s et 9 associations ont saisi le Tribunal administratif de Lille pour demander un hébergement et l’amélioration de leurs conditions de vie. Le juge des référés a rejeté leur demande. Bien qu’il reconnaissance l’existence de traitements inhumains et dégradants, il n’a ordonné aucune mesure pour les faire cesser. Les requérant.e.s ont fait appel devant le Conseil d’Etat.
  • Steenvoorde : En 2008, n’arrivaient dans ce petit village flamand que des personnes érythréennes. Aujourd’hui, Terre d’Errance Steenvoorde accueille aussi des personnes éthiopiennes et soudanaises. A lire ici
  • Marquion : Les personnes vietnamiennes ont installé un camp à Marquion sur un terrain qui appartient aux voies navigables. Les propriétaires ont déposé plainte. Les habitant.e.s se sont défendu.e.s devant le Tribunal administratif et celui-ci a renvoyé l’affaire au Tribunal des conflits pour déterminer quel.le juge était compétent.e dans cette affaire. Même si ces procédures ont offert un peu de répit aux habitant.e.s, les espoirs de pouvoir rester sont maigres.
  • Lille : Les personnes exilées du squat 5 étoiles ont appelé le 6 juin à un rassemblement pour exiger leur droit à un hébergement digne et pour la régularisation de leurs situations administratives, qu’ils et elles soient mineur.e.s ou demandeurs-ses d’asile, en procédure normale, accélérée ou Dublin.Lire leurs revendications Le squat 5 étoiles a été expulsé ce 4 juin malgré la mobilisation des habitant.e.s et soutiens, un article ici.

Infos des assos et collectifs

  • Refugee Youth Service (RYS) recrute un ou une médiatrice culturelle jeunesse parlant sorani, basé.e à Calais. La fiche de poste est ici.
  • Le Secours Catholique et le parcours des Invisibles. L’événement « La saveur de l’autre » a accueilli au Channel cette exposition les 25 et 26 mai. Cette ex­po­si­tion foisonnante de plus de cinq cents des­sins, pein­tures, sé­ri­gra­phies, rend vi­sibles les té­moi­gnages de cen­taines de per­sonnes exi­lées. Elle traversera la Manche pour être exposée la semaine du 17 au 23 juin dans une école du diocèse de Canterbury. Une équipe de bénévoles l’accompagnera pour témoigner de la situation des exilé.e.s à Calais.

  • People not walls : le 20 juin, journée mondiale des réfugié.e.s, le groupe composé de volontaires d’associations de France et d’Angleterre organise un événement en simultanée des deux côtés de la Manche. A Calais, le rendez-vous est sur la plage, à 19h.
  • Édité par l’association WATIZAT, « un guide de la demandeuse et du demandeur d’asile » fournit aux personnes exilées à Paris les informations nécessaires pour débuter les démarches, avec les adresses, les horaires, et plein de conseils utiles pour la vie quotidienne. Vous pouvez le télécharger ici. C’est un travail considérable, car le guide est mis à jour chaque mois. Ce serait une bonne idée de faire la même chose sur la région Nord Pas De Calais… L’équipe de Watizat est prête à soutenir les volontaires qui veulent se lancer ! Contactez-la : contact(at)watizat.org .
  • Printemps de l’égalité des droits : du 4 au 8 juin,Terre d’Errance Norrent Fontes associée au Secours Populaire de Vendin-Oblinghem, au Secours Catholique de Béthune, à Cirqu’en Cavale (école de cirque à Pernes), à Amnesty Lens-Liévin et à l’AMAB (Association Musulmane de l’Agglomération Béthunoise) a proposé la version Béthune-Bruay du printemps de l’Égalité des Droits. Pour plus de dates dans la région, c’est ici !

Info de la PSM

  • 28 juin 2019 Ce sera le 2ème atelier sur le « développement du pouvoir d’agir des personnes exilées » avec la Boite sans projet, association amiénnoise d’éducation populaire. Lors du 1er atelier, qui s’est déroulé le 20 mai dernier, nous étions près de 20 personnes à nous retrouver pour faire connaissance, définir nos attentes par rapport à ce cycle d’ateliers et nous familiariser avec « la méthode d’Alinsky » ! Vous voulez vous joindre à nous ? Vous êtes intéressé.e par la commission « Pouvoir d’agir » de la PSM ? Il n’est pas trop tard ! Écrivez nous à sensibilisation(at)psmigrants.org
  • 13 juin 2019 – 18h au Secours Catholique, Calais – Camille Guénebeaud, géographe qui travaille sur les frontières, à différentes échelles, proposera une conférence sur « la fabrique de l’altérité ».
  • 3 juillet 201910H – Auberge de jeunesse de CalaisWelcome day numéro 6 animé par le Refugee Youth Service sur la thématique de la protection des mineur.e.s

Outils juridiques

  • « La Machine infernale de l’asile européen », le rapport d’observation de la Cimade sur le règlement Dublin est sorti, c’est facile à lire, très intéressant, ça permet de voir les dernières modifications et applications, de réviser, de voir les différents aspects de la situation et d’avoir une vision nationale et européenne de l’application du règlement Dublin. Il y a de nombreux chiffres, statistiques, qui peuvent aider en sensibilisation, et aussi une conclusion dont des éléments peuvent être repris dans nos documents de plaidoyer. Il est téléchargeable ici. On peut également le commander en version papier.
  • Suite à une action collective de 9 associations, le Conseil d’État a accepté le 16 Mai de renvoyer au Conseil constitutionnel la question de la conformité à la constitution du fichage des mineur.e.s isolé.e.s étrangers. Lire ici ce qu’est le fichier biométrique des mineur.e.s et le communiqué de presse des associations.

Sensibilisation : outil(s) du mois !

  • La Cimade propose une nouvelle version de son jeu « Parcours de migrant.e.s » : un outil, type « jeu de l’oie », qui invite les joueuses et joueurs à prendre conscience des obstacles rencontrés par les personnes étrangères pour vivre dignement en France, et à s’informer sur les droits des personnes migrantes, tout en déconstruisant certains préjugés relatifs à ces droits au passage. A tester dans un prochain atelier sensibilisation de la PSM ?

  • Connaissez-vous le site « Migrations en question » ? Il rassemble différentes vidéos où des universitaires et des expert.e.s répondent de manière courte à des questions sur les migrations, type « Pourquoi entend-on parler des migrants de manière négative ?« , ou « Qu’est-ce que le règlement Dublin ?« , ou encore « Quels sont les liens entre les passeurs et les navires des organisations humanitaires ? ». Selon l’expert.e mobilisé.e, le cadrage de l’information donnée varie évidemment, mais plusieurs militant.e.s du réseau utilisent et recommandent les vidéos de ce site dans leur action de sensibilisation. Et vous ?

Pour agir

  • La campagne « Stop Dublin » a commencé par des marches et des manifestations le samedi 25 Mai. Retrouvez les différentes mobilisations et le plaidoyer ici.
  • Les Gilets Noirs (migrant.e.s à la rue et foyers de toute l’Ile-de-France en lutte) et le collectif « La Chapelle debout » ont envahi l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle le dimanche 19 mai à 14h ! Ils et elles étaient plusieurs centaines. « Contre les déportations et pour des papiers pour tous.tes « . Ils et elles veulent parler au PDG d’Air France et au premier ministre Édouard Philippe. La lutte continue! Lire ici le communiqué de presse.
  • Le Collectif Délinquants Solidaires, (à l’occasion du premier anniversaire de la décision du Conseil constitutionnel faisant de la fraternité un principe constitutionnel) organise un événement le Samedi 6 Juillet pour dénoncer la criminalisation des personnes solidaires avec les personnes précaires ou discriminées, et en particulier les étranger.e.s. Notez la date, nous en reparlerons.

  • Un camp d’été transnational à la ZAD (Zone A Défendre) de Nantes se tiendra du 9 au 15 juillet prochain pour  » rassembler les différentes luttes menées pour la liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour toutes et tous ». Les informations ici.
  • Un tournoi de foot « Fraternité Générale, », est organisé par l’UFOLEP, à Coulogne (près de Calais) le samedi 15 juin. Toutes les info ici.

Pour comprendre / pour cogiter

  • Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande du GISTI et d’Amnesty International France de suspendre la livraison de bateaux à la Libye. Les ONG envisagent de saisir le Conseil Constitutionnel. Lire ici la décision du tribunal et le CP des associations.
  • François Héran, titulaire de la chaire « Migrations et sociétés » au Collège de France, propose dans le cadre de son enseignement et de ses recherches de « rétablir les ordres de grandeur du phénomène migratoire », fait de société, souvent malmené et déformé dans les débats quotidiens. Dans la série de cours qu’il a donnés au début de l’année 2019, sous le titre « Pourquoi migrer ?« , à quelques mois des élections européennes, il s’est donné comme programme de questionner et d’analyser les « facteurs déterminants des migrations« . C’est ici.

 


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Le tribunal administratif annule 3 décisions prises par la maire de Calais

La maire de Calais jugée incompétente …
… pour interdire les distributions de nourriture aux personnes exilées

Par un jugement rendu ce lundi 16 décembre 2019, le tribunal administratif de Lille a annulé trois décisions prises par la maire de Calais les 2, 6 et 9 mars 2017 dans le but d’empêcher les distributions de nourriture aux exilé·es, alors joliment qualifiées « d’occupations abusives, prolongées et répétées » de la zone industrielle des Dunes, du site du Bois Dubrulle et de la place d’Armes.

Une décision qui devrait mettre un coup d’arrêt à l’une des mesures les plus honteuses dans la panoplie des pratiques de harcèlement des personnes migrantes toujours en vigueur sur la commune.

*

Le 7 février 2017, la maire de Calais opposait un refus à la demande des associations d’être autorisées à mettre en place un nouveau lieu de distribution de repas pour les exilé·es. Par deux arrêtés des 2 mars et 6 mars, elle avait ensuite interdit « des occupations abusives, prolongées et répétées » des différents lieux où s’organisaient ces distributions dans le but d’y faire obstacle. Enfin, par une décision du 9 mars, elle avait rejeté la demande de plusieurs associations visant à être autorisées à occuper un lieu de la zone industrielle des Dunes pour y poursuivre leurs activités de distribution de vivres.

Nos associations [1] avaient alors saisi le tribunal administratif de Lille d’une requête en référé-liberté afin d’obtenir la suspension de ces décisions et d’une requête au fond tendant à obtenir leur annulation. Par une ordonnance du 22 mars 2017, le juge des référés avait ordonné leur suspension, estimant que « la maire de Calais avait porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir, à la liberté de réunion et, en faisant obstacle à la satisfaction par les migrants de besoins élémentaires vitaux, au droit à ne pas subir des traitements inhumains et dégradants consacré par l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

Dans son jugement du 16 décembre dernier, le tribunal administratif prononce cette fois l’annulation des mêmes décisions, constatant que, dans la commune de Calais, les pouvoirs de police en matière d’encadrement des rassemblements appartiennent au seul préfet et en déduisant fort logiquement que la maire « était incompétente pour prendre ces arrêtés ».

Ce rappel à l’ordre est d’autant plus opportun que la maire n’avait pas hésité, le 18 octobre dernier, à prendre un arrêté interdisant à nouveau « toutes occupations abusives, prolongées et répétées du centre-ville de Calais » visant en particulier « les distributions de repas et d’eau non encadrée (sic) organisées par quelques Associations ».

Il faudra donc que cet entêtement cesse et que la maire renonce définitivement à se fourvoyer dans des initiatives aussi indignes qu’illégales.

Le 20 décembre 2019

Associations signataires :

  • Auberge des Migrants
  • La Cabane Juridique
  • Gisti
  • Help refugees
  • Ligue des droits de l’homme
  • Médecins du monde
  • Secours Catholique
  • Utopia 56

[1L’Auberge des migrants, la Cabane Juridique, Care 4 Calais, le Gisti, Help Refugees, la LDH, Médecins du Monde, Community Refugees Kitchen, le Réveil Voyageur, le Secours Catholique et Utopia 56


					

A Grande Synthe, un modèle d’accueil malmené

Migrants : à Grande-Synthe, un modèle d’accueil malmené

Par Julia Pascual Publié dans Le Monde du 4 janvier 2020

Les associations et les proches de l’ancien maire de la ville du Nord – longtemps présentée comme un refuge pour les migrants – dénoncent la politique menée par son successeur, le socialiste Martial Beyaert.

Une famille kurde Irakienne dans un hangar où des centaines de migrants s’abritent, à Grande Synthe, le 30 décembre 2019.
Une famille kurde Irakienne dans un hangar où des centaines de migrants s’abritent, à Grande Synthe, le 30 décembre 2019. Aimée Thirion pour Le Monde

Grande-Synthe (Nord) reste-t-elle un havre pour les personnes migrantes ? La question taraude certains esprits depuis que l’ancien maire, Damien Carême, a rejoint le Parlement européen, cédant son fauteuil il y a six mois à son premier adjoint, le socialiste Martial Beyaert.

Passé du Parti socialiste à Europe Ecologie-Les Verts (EELV), maire de 2001 à 2019, M. Carême avait fait de l’accueil des migrants un marqueur politique fort, et mené une politique unique en son genre, dans cette ville littorale devenue depuis près de quinze ans une étape vers l’Angleterre. L’édile a fait de sa ville un refuge et un symbole national. Depuis sa succession, cet héritage semble voler en éclats.

Premier camp humanitaire pour réfugiés de France

M. Carême n’avait pas hésité à engager un bras de fer avec l’Etat en ouvrant avec Médecins sans frontières (MSF), en mars 2016, le premier camp humanitaire pour réfugiés de France, afin d’y accueillir plus d’un millier de Kurdes, alors relégués dans un bidonville. Le maire mettait volontiers en scène son engagement. Il avait appelé les maires de France à ouvrir des centres d’accueil dans leur commune, faisant fi de ceux qui y voyaient un risque d’appel d’air.

« Tant pis si ces décisions dérangent, écrivait M. Carême dans son livre paru en 2017, On ne peut rien contre la volonté d’un homme [Stock]. La presse me présente comme le maire des migrants et je suis fier d’avoir rendu un peu de dignité à ces femmes et ces hommes qui dormaient dans la boue sur ma commune. (…) J’ai rappelé aux Grand-Synthois que la solution choisie pouvait nous grandir aux yeux de tous ceux qui nous observent. »

La suite s’était moins bien passée. Confronté à une saturation de ses capacités et à des tensions croissantes – notamment dues à la présence de réseaux de passeurs –, le camp avait été ravagé par un incendie en avril 2017. M. Carême avait alors, à l’hiver suivant, ouvert un gymnase pour y mettre à l’abri d’une tempête de neige une centaine de migrants. Il avait réitéré l’opération à l’hiver 2018, cette fois sans obtenir le soutien de l’Etat.

A quelques mois des municipales, la tension entre M. Carême et son successeur est montée d’un cran. L’ancien maire a choisi de soutenir une liste dissidente, contre son ancien premier adjoint. Dans son bureau, il se défend d’avoir fait de Grande-Synthe une ville moins accueillante. Elle l’est « ni plus, ni moins qu’avant », estime M. Beyaert. Dans un exercice d’équilibre inconfortable, le socialiste de 47 ans, qui brigue une réélection, tente de s’inscrire dans la continuité d’une politique qu’il a accompagnée, tout en s’affranchissant d’un prédécesseur qui l’a désavoué.

« On ne l’entend plus, il ne fait rien »

En septembre, l’élu a signé, au côté de douze autres maires, l’appel dénonçant la « situation indigne » des campements de migrants. « Mais depuis, on ne l’entend plus et il ne fait rien »,considère Claire Millot, de l’association Salam, qui distribue des repas à Grande-Synthe et Calais. « On a eu deux contacts à son arrivée mais depuis, c’est silence radio, malgré nos relances et alors qu’on avait de bons contacts avec l’ancienne équipe », abonde Karim (le prénom a été modifié), membre de l’association locale Solidarity Border.

Près du site de l’ancien camp humanitaire, sous des hangars éventrés et abandonnés qui servaient autrefois de lieux de stockage de lin, des centaines de migrants – kurdes en majorité – campent actuellement dans des tentes et au milieu des gravats de béton et des ordures. Il y a ce jour-là plusieurs familles, dont une avec un bébé de quatorze jours à peine. Tous ont l’Angleterre en ligne de mire.« Parce que le système y est meilleur », se sont laissé convaincre Hedi et Truska, un couple de Kurdes iraniens originaires de la région de Sardasht. « Parce qu’il y a beaucoup de travail », assure Falah, originaire de Souleimaniye, la deuxième ville du Kurdistan irakien, et qui a des amis « livreurs, barbiers, employés de restauration ou encore laveurs de voiture » en Angleterre. En l’espace d’un mois, l’homme de 25 ans dit avoir déjà tenté onze fois de se cacher dans des camions pour passer outre-Manche.

Immobile devant un petit feu de bois de palettes qui réchauffe l’eau d’une future toilette, un Syrien pleure en regardant une photo de ses enfants sur son téléphone, restés dans la région kurde du Rojava, il y a trois mois. « C’est compliqué de passer, mais après, si Dieu le veut, tu gagneras les papiers et tu feras venir ta famille », le rassure un Irakien.

« Dans la boue au milieu des rats »

Outre ces hangars, le tout proche bois humide du Puythouck abrite aussi des campements. En octobre, la ville a fait installer à proximité une benne à ordures ainsi qu’une auge métallique surmontée de quelques robinets d’eau. Reza et Farad s’y rendent tous les soirs pour remplir des bidons afin de se laver et cuisiner. « Il n’y a pas de toilettes ni de douche », fait remarquer Claire Millot. « Ils vivent dans la boue et [au milieu des] rats, ajoute le membre de Solidarity Border. Et il fait entre 0 °C et – 1 °C la nuit. »

Sollicitée, Anne Peny, secrétaire générale de la sous-préfecture de Dunkerque, parle pourtant d’une « situation maîtrisée » et estime que 300 personnes migrantes se trouvent actuellement à Grande-Synthe. « Les arrivées augmentent, on est autour de 800 personnes », croit plutôt Karim, de Solidarity Border. Une évaluation que ne dément pas le maire. Ces chiffres approchent ceux atteints à l’automne, lorsque un millier de personnes campaient à l’intérieur et surtout autour d’un gymnase mis à disposition par l’ancien maire. Le site avait alors été évacué et les gens mis à l’abri.

« C’EST À L’ETAT DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS », SE JUSTIFIE LE MAIRE MARTIAL BEYAERT.

Aujourd’hui, et malgré l’hiver, Martial Beyaert n’a pas l’intention de rouvrir un lieu semblable. « C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités », se justifie-t-il. Beaucoup y voient la preuve d’une rupture avec la politique menée jusque-là. L’élu revendique d’ailleurs le fait d’avoir pris le contre-pied de son prédécesseur en « reprenant contact avec les services de l’Etat », dès son élection le 3 juillet.

« Avec M. Beyaert, on est revenu à des relations normales, constructives et appréciées de part et d’autre », souligne Anne Peny. « Le préfet de région a pris le pouvoir grâce à un maire plus conciliant », estime plutôt Olivier Caremelle, ancien directeur de cabinet de M. Carême. « Une stratégie à la calaisienne est en train de se déployer », ajoute-t-il, en référence aux opérations quotidiennes de démantèlement de campements menées par les autorités dans la ville voisine de 30 kilomètres, dans le but d’en chasser les migrants, qui reviennent pourtant aussitôt les opérations de police achevées.

Les détracteurs du nouveau maire veulent aussi pour preuve du changement de ligne les opérations municipales de déboisage dans la zone du Puythouk pour empêcher, selon eux, les migrants de s’installer. Par ailleurs, depuis plusieurs semaines, la police municipale chasse ceux qui s’abritent sous quelques ponts de la ville. « [Le maire] a même été demander au service technique de la ville d’évaluer le coût de la pose de grilles », assure un ancien proche de M. Carême, qui y voit une « stratégie purement électorale », à trois mois des municipales.

Sous l’un de ces ponts, un groupe de Syriens s’apprête justement à passer la nuit. « La police vient tous les matins et nous donne des coups de pied pour nous réveiller et nous dire de partir », assure Wael. Lui a un frère qui vit depuis six ans en Grande-Bretagne.

« Moi aussi je suis un humaniste »

« Moi aussi, je suis un humaniste, se défend pourtant M. Beyaert. Moi aussi, je dénonce les accords du Touquet [traité franco-anglais relatif à la surveillance de la frontière], mais ce sont des grandes paroles… S’il y avait une recette magique, ça se saurait, et force est de constater que [Damien Carême] n’a pas réussi sur ce dossier. On a toujours eu des camps de la honte. »

Le socialiste se dit favorable à ce que l’Etat suspende sur le territoire l’application du règlement de Dublin pour inciter les migrants à demander l’asile en France, sans craindre d’être renvoyés vers l’Etat membre de l’Union européenne où leurs empreintes ont été enregistrées. C’est le cas aujourd’hui de nombreux migrants sur le littoral, qui croient que l’Angleterre se montre plus souple que ses voisins.

M. Beyaert regrette aussi que « les solutions d’accueil [proposées par l’Etat] se fassent en dehors de la bande littorale », poussant les migrants à les refuser. « Nous faisons des mises à l’abri quotidiennes, de dix, vingt ou trente personnes, mais nous avons des refus trop régulièrement », reconnaît Anne Peny. « De toute façon, les gens ne veulent pas rester, rappelle Karim, de Solidarity Border. Ne serait-ce que parce qu’ils ont déjà payé leur passage. »

A Bruxelles, un centre d’hébergement pour les migrants en transit

A Bruxelles, un refuge pour les migrants chassés de Calais

Le centre d’hébergement de la Porte d’Ulysse a ouvert en 2015 contre l’avis des nationalistes flamands alors au gouvernement. Malgré ses 350 lits, le lieu n’est pas toujours en mesure de répondre à l’urgence.

Au centre d’hébergement  « La Porte d'Ulysse » à Haren, près de Buxelles, en février 2018. Au centre d’hébergement  « La Porte d’Ulysse » à Haren, près de Bruxelles, en février 2018. LAURIE DIEFFEMBACQ / BELGA/AFP

Pour lui, la Belgique n’est qu’une étape. Ahmed, jeune Syrien de 23 ans, s’étire sur le canapé élimé de la Porte d’Ulysse, un centre d’hébergement d’urgence spécialisé dans l’accueil des migrants « en transit », situé au nord-est de Bruxelles. Cela fait bien longtemps qu’il a quitté son pays. « Peut-être quatre ans », estime-t-il, les yeux dans le vague. Longtemps bloqué en Turquie avec sa femme et ses enfants, Ahmed a décidé, en septembre dernier, de partir en éclaireur vers l’Europe, avec un seul objectif en tête : gagner le Royaume-uni.

Depuis, l’exilé syrien erre entre Dunkerque, Calais, Bruxelles et les autoroutes de Wallonie, dans l’espoir de se faufiler dans un camion qui traversera la Manche. Il a déjà tenté le passage « une vingtaine de fois ». « La prochaine fois, j’essaierai en bateau », lance-t-il sans trop y croire car la traversée est risquée et difficile : soixante et onze migrants qui tentaient de passer la Manche sur différentes embarcations ont été interceptés et pris en charge, jeudi 26 décembre au petit matin, par les autorités françaises et britanniques.

La Porte d’Ulysse, Ahmed ne la fréquente qu’occasionnellement, comme un lieu de repli stratégique. « Je reviens ici quand je n’en peux plus de dormir dans des maisons abandonnées à Dunkerque. Ici, c’est plus sécurisé, il fait chaud et il y a un lit. Lorsque c’est complet, je dors dans le parking du Décathlon, juste à côté. » Car ce centre, malgré ses 350 couchages, n’est pas toujours en mesure de répondre à l’urgence. « Ces jours-ci, environ 950 personnes par nuit ont besoin d’un hébergement », estime Mehdi Kassou, porte-parole de la plate-forme citoyenne initiatrice du projet.

Une bataille entre région et fédéral

A 19 h 30, une foule d’hommes de tous âges attendent en file devant l’entrée de la Porte d’Ulysse. C’est l’heure de l’ouverture. Un par un, les migrants, préenregistrés, entrent calmement dans « le camp » et se saisissent de draps propres. Ils gagnent l’un des six étages du bâtiment et s’installent dans de vastes dortoirs de 75 places. A l’heure du dîner, c’est un va-et-vient permanent qui rythme la vie du centre.

Sous les quelques guirlandes décolorées accrochées au plafond, les migrants semblent apprécier des restes du repas de réveillon. L’atmosphère est plutôt calme. On est ici pour reprendre des forces. Parmi les pensionnaires de la Porte d’Ulysse, 87 % ont comme première intention de se rendre au Royaume-Uni. D’autres voudraient s’extirper du règlement dit de « Dublin », qui les contraint à demander l’asile dans le pays de leur entrée dans l’Union européenne. Un dispositif contesté qui les destine à un transfert, souvent vers l’Italie.

A la consigne, comme à la buanderie et en cuisine, des bénévoles s’activent aux côtés des salariés. Leur place y est essentielle car la Porte d’Ulysse est née dans le giron d’un groupe apparu spontanément : la plate-forme citoyenne de soutien aux réfugiés, créée en 2015 pour venir en aide aux milliers de réfugiés syriens qui débarquaient à Bruxelles et dormaient dehors, dans le parc Maximilien, proche de la gare du Nord.

Au fil des mois, après 2015, le public de migrants présents dans ce secteur de la ville a changé. Les demandeurs d’asile ont trouvé des places dans le réseau d’accueil et d’autres exilés ont afflué vers le parc. Des migrants sans solution, souvent en attente d’un passage vers l’Angleterre et lassés de la vie à la dure dans le Calaisis.

En 2017, face au désastre humanitaire en plein centre de Bruxelles, des milliers de Belges membres de la plate-forme ont accueilli chez eux ces exilés. « Plus de neuf mille personnes ont ouvert leur foyer. Cela a permis de prendre en charge jusqu’à six cents personnes par nuit », se souvient Mehdi Kassou, qui, au même moment, réclamait que le gouvernement belge s’implique pour trouver une solution.

De 2014 à 2018, la coalition dirigée au niveau fédéral par Charles Michel incluait cependant les nationalistes flamands de la NVA. L’un des leurs, Theo Francken, le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration, n’a cessé d’enchaîner les piques provocantes contre la plate-forme et ses initiatives suspectées de créer un « appel d’air ». « Vu l’absence totale d’implication du gouvernement, nous avons dû prendre le relais », explique-t-on au cabinet de Rudi Vervoort, ministre-président socialiste de la région bruxelloise. La région et la ville de Bruxelles ont débloqué des moyens pour que la Porte d’Ulysse voit le jour – 3,3 millions d’euros en 2019.

Six rescapés dans la nuit

Il est presque 22 heures, un groupe d’Erythréens termine son repas. Ashenafi, le plus âgé, jure qu’il aurait aimé demander l’asile en Belgique. « Mais l’administration est contre nous, croit-il. C’est pour ça que nous allons en Angleterre. » Face à la désinformation des passeurs, les travailleurs de la Porte d’Ulysse donnent des éléments objectifs. Le premier d’entre eux : 92 % des demandeurs d’asile érythréens ont obtenu une protection, en 2018, en Belgique.

Mais peu importe. Tafari, jeune homme de 19 ans, l’affirme haut et fort : « J’essaierai jusqu’au bout. » Il enchaîne les verres de soda, sous l’œil amusé de ses amis. « Il me faut de l’énergie. » Le carburant pour enjamber la Manche. Il a déjà tenté sa chance si souvent, s’est fait arrêter à Calais, avant d’être relâché. Sa volonté reste intacte. Après tout, ces péripéties ne sont que des broutilles face aux deux années passées dans une prison libyenne. « J’y ai perdu des amis », murmure-t-il, le regard vers le sol.

Il est 22 heures, le « refuge » n’est pas plein. Six places sont vacantes. Alors Simon Franssen et Félix Hottet, salariés de la Porte d’Ulysse, prennent le volant de leur camionnette. Direction le parc Maximilien, pour « trouver des gens ». A l’approche du véhicule, une trentaine de migrants jaillissent d’un abribus. C’est la bousculade. En ce 25 décembre, le thermomètre n’affiche que 2 degrés. Les trente hommes jouent des coudes. Simon Franssen hausse la voix : « Nous n’avons que 350 lits, pas un de plus, je suis désolé ». « Si c’est pour nous faire ça, autant ne pas venir », assène, les yeux rouges, un jeune homme dans le brouillard. Il a compris que, pour son groupe, il n’y aura pas de solution. Ils devront dormir dehors, à l’exception des six chanceux convoyés vers la Porte d’Ulysse.

A leur arrivée, quelques personnes devisent encore dans le salon. Un Guinéen qui refuse son transfert vers l’Italie. Un Yéménite qui n’a toujours pas demandé l’asile et s’interroge sur l’opportunité de suivre son frère outre-Manche. Un Syrien qui ne rêve que de Londres. Tous partagent une conviction : le sentiment d’être piégés dans ce coin du continent, à quelques encablures de leur objectif fantasmé. Et tous s’offrent quelques nuits de répit, dans cet abri imparfait, avant de sauter vers l’inconnu.