Un feu vert européen aux expulsions express de migrants

https://www.liberation.fr/planete/2020/02/14/un-feu-vert-europeen-aux-expulsions-express-de-migrants_1778301

 

Un feu vert européen aux expulsions express de migrants

Par François-Xavier Gomez — 14 février 2020 à 10:01 (mis à jour à 12:53)
 

La Cour européenne des droits de l’homme a légitimé les reconductions expéditives de migrants par l’Espagne. Les ONG redoutent que la décision n’encourage d’autres Etats, dont la France.

L’Espagne n’a pas bafoué les droits humains en expulsant «à chaud», sans la moindre décision administrative ou judiciaire, deux migrants africains de son enclave de Melilla, dans le nord du Maroc, a statué la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans un arrêt rendu jeudi à Strasbourg. La décision, définitive et qui ne peut faire l’objet d’aucun appel, est une surprise puisqu’elle inverse un arrêt rendu en octobre 2017, qui donnait raison aux deux requérants et condamnait Madrid à verser à chacun un dédommagement de 5 000 euros.

Mépris du droit européen

Au-delà des cas de ces deux ressortissants, malien et ivoirien, l’Espagne a expulsé de façon expéditive, depuis une vingtaine d’années, des milliers de «sauteurs», ces migrants d’Afrique subsaharienne qui franchissent à mains nues les grilles, hautes de plus de 6 mètres et hérissées de lames tranchantes, qui séparent du Maroc les villes enclaves de Ceuta et Melilla. Ce sont les deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe. Sitôt parvenus en territoire espagnol, ces migrants sont reconduits côté marocain sans avoir pu faire valoir leur droit à une assistance juridique ou médicale, et à déposer une demande d’asile. Au mépris du droit européen qui interdit les expulsions collectives, et de la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés.

Pour la CEDH, instance dont la juridiction s’étend sur les 47 Etats du Conseil de l’Europe, «les requérants se sont mis dans une situation d’illégalité lorsqu’ils ont délibérément tenté, le 13 août 2014, d’entrer en Espagne en franchissant le dispositif de protection de la frontière de Melilla, à des endroits non autorisés et au sein d’un groupe nombreux, en profitant de l’effet de masse et en recourant à la force». Leur renvoi est donc justifié par leur décision «de ne pas utiliser les voies légales existantes permettant d’accéder de manière régulière au territoire espagnol», poursuit la Cour, qui conclut à la non-violation des articles 4 du Protocole n°4 (interdiction des expulsions collectives) et 13 (droit à un recours effectif) de la Convention européenne des droits de l’homme.

Retrait des «concertinas»

Pour Claire Rodier, du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s), cofondatrice du réseau Migreurop, la décision prise à Strasbourg est «catastrophique» en ce qu’elle «valide des pratiques contraires au droit international», et «s’inscrit dans un climat politique qui justifie le recours à l’illégalité des Etats». Quelques exemples : «Les interdictions de débarquement des bateaux humanitaires en Méditerranée, de porter secours à leurs passagers, l’accord Turquie-UE de 2016…»

Jean-François Dubost, responsable du programme Protection des populations d’Amnesty International France, déplore lui aussi un arrêt qui «ne tombe pas au meilleur moment, en plein contexte de durcissement des contrôles des frontières, et dans un climat délétère pour tous ceux qui fuient ou migrent à la recherche d’une protection en Europe». Refuser d’examiner les demandes d’asile individuellement revient à «refouler les demandeurs vers des situations de danger sans tenir compte de leur vulnérabilité» ajoute l’expert, qui souligne qu’Amnesty se donne quelques jours pour examiner en détail l’arrêt et analyser ses implications juridiques, afin de déterminer s’il s’agit ou pas d’un revirement dans la vision des Etats européens du droit des réfugiés.

Pour la responsable du Gisti, l’arrêt de Strasbourg est un nouveau cas où «les juges suivent les politiques». La Hongrie, souligne-t-elle, procède de longue date à des expulsions collectives illégales. La France le fait aussi, à la frontière italienne, même si elle s’en défend.

L’argument de la CEDH, qui reproche aux migrants de «choisir» la violence au lieu de se présenter aux postes-frontières en faisant la queue avec les touristes, scandalise Claire Rodier car il «ignore une situation pourtant connue de tous et dénoncée depuis des années : les migrants noirs ne peuvent approcher des guichets frontaliers, tant du côté espagnol que marocain, tout est fait pour les empêcher d’y accéder». Il n’y a pas de «choix», la voie illégale est la seule possible.

Si dans les enclaves espagnoles d’Afrique du Nord, la politique d’expulsions immédiates a commencé à la fin des années 90, sous le gouvernement conservateur de José María Aznar, elle s’est poursuivie avec les présidents de gauche (Zapatero) comme de droite (Rajoy), jusqu’à aujourd’hui avec le socialiste Pedro Sánchez. La seule mesure consentie par son gouvernement de coalition a été le retrait des «concertinas», ces spirales de barbelés dont les lames pénètrent profondément dans les chairs. Le démantèlement de ces dispositifs mutilants condamnés par tous les défenseurs des droits humains a commencé en décembre à Ceuta. Mais ils refont leur apparition sur les grillages installés côté marocain, dans le cadre de mesures de renforcement des frontières co-financées par l’Union européenne.

François-Xavier Gome

« Les soignants de l’exil » – Regard sur le documentaire

Auteure : Martine Devries

La projection d’un film documentaire Les soignants de l’exil sur la PASS (permanence d’accès aux soins de santé, lieu de consultation prévu pour les personnes qui n’ont pas de couverture sociale) de Calais a eu lieu le 20 novembre au cinéma Alhambra à Calais devant une salle comble. Des bénévoles dans la salle, oui, mais surtout du personnel de l’hôpital, car la PASS est dans l’enceinte de l’hôpital et fonctionne en lien avec le plateau technique de l’hôpital, avec du personnel de l’hôpital, sur des fonds de l’État, gérés par l’hôpital. Le documentaire réalisé par Chloé Tisserand, diffusé par la chaîne Weo, est adossé à sa thèse de sociologie, qui est en cours. Il a été réalisé sur une année, et il est centré sur le vécu du personnel, infirmier·e·s, interprète, médecins, secrétaire et vigile. Il manifeste une immense bonne volonté et humanité, de la part de… « tout le monde », soignants et artisans du film. Le film n’est pas mal du tout : réaliste, mais pas trop plombant, laissant la place à l’expression du malaise des soignants au contact du dénuement extrême des exilés. C’est une belle reconnaissance du travail, difficile, des soignants. Mais tout est montré comme s’il s’agissait d’un dénuement et d’une misère « naturelles », comme si personne n’y pouvait rien, comme si personne n’y était pour rien. Rien n’est dit, ni montré, des conditions catastrophiques, cyniques, et honteuses dans lesquelles ils et elles ne sont pas accueilli·e·s, et qui les rend ou contribue à les rendre malades. Rien n’est dit non plus de ce qui les contraint à quitter leur pays. Rien n’est dit de la politique. Ce n’est pas le sujet. Tout est là.

(A paraître dans le N° 88 de la revue « Pratiques ou les cahiers de la médecine utopique » – Version 1 du 23 novembre 2019)

Martine Devries

Ouistreham, 5 fois moins de migrants qu’il y a un an

A Ouistreham, il y a 5 fois moins de migrants qu’il y a un an : pourquoi ?

À Ouistreham, le nombre de réfugiés a considérablement baissé. Ils sont aujourd’hui une trentaine, contre plusieurs centaines au plus fort de la crise migratoire.

À Ouistreham le nombre de migrants qui stationnent a beaucoup baissé, de plus de 200 à 35 environ aujourd’hui.À Ouistreham le nombre de migrants qui stationnent a beaucoup baissé, de plus de 200 à 35 environ aujourd’hui. (©Archives Nicolas Claich/Liberté le Bonhomme Libre)Depuis l’été 2017 la crise migratoire est une réalité à Ouistreham près de Caen (Calvados). Cette année-là, la ville découvre que son port, qui relie Portsmouth via les navires de la Brittany Ferries, est une porte d’entrée prisée des réfugiés qui veulent se rendre au Royaume-Uni.

Essentiellement Soudanais fuyant la guerre et la pauvreté, ces (très) jeunes Africains ont délaissé Calais. D’autres ont transité par Paris, mais tous n’ont qu’un but : partir en Angleterre, ne pas rester en France. Miguel, responsable de la première heure du CAMO (collectif d’aide aux migrants de Ouistreham) estime qu’en deux ans et demi « plusieurs centaines sont passés en Angleterre. »

35 contre 200

La préfecture du Calvados n’a, elle, jamais communiqué de chiffres. En revanche aujourd’hui, les services de l’État, la municipalité et les associations d’aide aux réfugiés s’accordent sur le nombre actuel de migrants. 35 pour le CAMO (qui en comptait « 130, 160 l’an dernier ») et le maire de Ouistreham Romain Bail. Une « quarantaine, ou une cinquantaine » pour la préfecture.

« On constate une baisse globale depuis plusieurs mois », confirme Bruno Berthet, sous-préfet et directeur du cabinet du préfet du Calvados.

De multiples raisons

Là où les bénévoles et l’État se rejoignent également, c’est sur les raisons de la baisse du nombre de migrants. « Il n’y a pas d’explication immédiate », confie Bruno Berthet. « Je n’ai pas d’explications claires », abonde Miguel.

Les deux parties avancent néanmoins les mêmes pistes : « le blocage des frontières en Méditerranée ou ailleurs (CAMO) », « le contexte extérieur (préfecture) ».

La sécurisation renforcée du terminal portuaire, à la fois pour les migrants et pour préparer le Brexit est l’autre raison évoquée. Les camions dans lesquels les réfugiés tentaient de monter en pleine rue ont également vu leur sécurité renforcée.

« Les bénévoles ne lâchent rien »

Mais si le nombre de réfugiés a baissé, la crise demeure. Et comme auparavant, la maraude hivernale des services de l’État (mise à l’abri d’urgence à Caen du 31 octobre au 31 mars) n’a attiré depuis son lancement 2019 « que quelques dizaines de personnes », calcule le sous-préfet.

Les migrants en cet hiver doux préfèrent rester dehors. Les 10 couchages mis à disposition par la mairie de Lion-sur-Mer « ne sont pas toujours pleins », ajoute le CAMO.

Les bénévoles qui aident au repas, aux vêtements, à la santé, en revanche « ne lâchent rien », insiste Miguel. « Notre conviction reste profonde. » Le travail de longue haleine paye aussi :

Depuis le début de notre action, onze personnes ont obtenu leur papier de réfugiés.

Bailleul : un Formule 1 devenu CAES puis CAO puis HUDA

Ni vu ni connu
À Bailleul le Formule 1 a fermé ses portes il y a quelques temps. L’état l’a racheté comme 60 autres.
Il y a environ 3 ans, l’État a décidé de le transformer en CAES ( centre d’accueil et d’examen des situations), autrement dit un accueil inconditionnel pour les personnes qui se trouvaient à Dunkerque. Super enfin l’état avait une attention pour ceux qui ne demandais pas forcément l’asile.
C’est Adoma qui a été nommé pour gérer ce centre qui pouvait accueillir jusqu’à 80 personnes.
Pour ceux qui connaissent un peu les Formule 1, il faut savoir qu’il n’y a eu aucun travaux. Ce qui veut dire que pour cuisiner les résidents disposaient de 2 plaques électriques, d’un mini four micro-ondes, d’un cuiseur à riz ainsi que d’une bouilloire, tout ceci dans l’entrée du Formule 1. On voyait donc des mamans descendre avec un faitout pour cuire le repas obligées de remonter dans leur chambre parce qu’ aucun élément de cuisson n’était disponible.
Il n’y avait non plus aucune machine à laver pour la lessive alors que c’était essentiellement des familles avec petits enfants.
Les chambres de Formule 1 sont conçues pour 3 personnes. Quand la famille avait 2 enfants, elle disposait de 2 chambres; le père dormant avec l’un, la mère avec l’autre.
Bien sûr, aucun espace de jeux n’avait été aménagé. On peut imaginer l’ambiance les jours de pluie.
Quelques mois après sans qu’on soit averti de quoi que ce soit je me suis rendue compte que le CAES était devenu un CAO ( centre d’accueil et d’orientation) toujours géré par Adoma. Et encore quelques temps après le CAES devenu CAO était un Huda. Autrement dit l’accueil inconditionnel s’était transformé en accueil de demandeurs d’asile. Ni vu ni connu….
Pour la défense de l’État mais ça c’était largement prévisible, très rapidement des passeurs s’étaient introduits au CAES. Les poids lourds qui stationnaient sur le parking en face on vu leur bâche tailladée. Un soir une rixe a éclaté faisant un blessé et un passeur qui s’était déjà fait repérer dans la ville a été arrêté condamné et incarcéré à Longuenesse où je viens d’apprendre qu’il est décédé sans en connaître les circonstances.
Néanmoins il n’existe toujours pas d’accueil inconditionnel pour les personnes qui n’ont pas encore décidé de demander l’asile.
L’État n’assure toujours pas une information suffisante pour que  les personnes puissent décider et s’engager dans un parcours qu’ils auront choisi en fonction des possibilités.

Claire Cleenewerck

Une distribution particulière à Grande Synthe

 

Aujourd’hui, c’est Olivier de Solminihac, écrivain Dunkerquois qui nous accompagnait sur les sites de distribution. Suivant la lecture du texte « étranger » co écrit par Olivier et lue par un comédien à la communauté emmaus vendredi dernier, des Dunkerquois présents ce soir là nous ont accompagné aussi sur les camps cet après midi.

Pas de CRS en vue !! Je me demande toujours pourquoi, à certains moments cela semble TELLEMENT IMPORTANT qu’ils soient nombreux, et à d’autres moments : PERSONNE !!!

Bon ! distributions sur le grand parking :

du people !

du froid !

très froid !

TROP froid !

Les pakistanais : toujours égaux à eux mêmes, le thé est « prêt » à démarrer…

 et l’on se cale sur leur rythme….

le bois vert doit chauffer !

l’eau (d’un jerrican douteux) doit bouillir,

le lait que nous venons de ramener doit gicler, puis 

l’ensemble doit bouillir trois fois dans la casserole 

les flammes lèchent le tout,

nous réchauffent

et nous emmènent dans nos pensées autour de nos Friends !

On « prend » notre temps (quelle drôle d’expression..)

 prenons le…

pour s’intéresser à eux… police ? uk ? very cold ?

toujours les mêmes sourires fatigués,

les mêmes blagues,

les beaux regards graves et re connaissants.

Olivier est venue avec une amie italienne,

Chouette !

Beaucoup se « réveillent » et speack Italiano,

pépite de soleil dans ce brouillard monotone, 

puis, nous partons sur les deux autres camps,.

No tea ? Heu… No thank you,

Hoooo…

Eh oui, aussi précieux que le poulet et le riz !

LE TEMPS PASSE ENSEMBLE…

Puis, nous « terminons » la « tournée » à la Linière…

Je pense que, de mémoire, hormis le Basroch pendant 6 mois,

jamais je n’ai ressenti autant de honte.

Une merveilleuse asso anglaise a installé sur le parking, des tapis de couvertures, des tonnelles, des tables, des petites chaises

et… une vingtaine de pitchounes jouent… au coloriage, à la poupée, à des jeux d’adresses ! on les penserait à l’école, ou à la garderie…. nul souci du voyage.. ils redeviennent enfants !

MERCI LES JEUNES !

Plus loin, mais tellement prêt de nous, des tas d’immondices jonchent le sol. Des fers à bétons sculptent un décor « d’art » « dramatique », Des odeurs nauséabondes !!

et… du people !!! des tentes en nombre, partout !!!

la maison quasiment démontée.

des petits feux réchauffent et tuent l’ennui.

Oh ? Des hautes flammes ? Ah ! Un cady de Monsieur Mullier qui brûle !

Ce n’est pas un fuck au monde capitaliste qui s’en fout de leur sort.

C’est simplement un peu de flammes… et de chaleur. 

Nos nouveaux amis Dunkerquois sont stupéfaits !

Olivier me demande ce qu’il peut faire, il connait du monde à Dunkerque…

YES ! 

Alors, artistes, chanteurs, comédiens, auteurs, 

montreurs d’ours et baladins,

ON Y VA.     ON Y VA.      ON Y VA ?

Grand frais !

Grand Frais va s’installer !

Grand frais va attendre la fin du Grand Froid

et IL LES MANGERA TOUT CRU…

et après où iront ils ?

Maudite neige, tu ne viens pas !

Mais je commence à douter : toi non plus, tu n’arriveras pas à donner un toit et un sol à Grande Synthe pour toutes ces personnes !

L’Etat a réussi à contaminer la commune…

Les consciences sont tranquilles.. « mais enfin, ils n’ont qu’à aller dans les C A E S » … 

Faut il se résigner ?

Je ne sais pas.

A vous de prendre le relais, artistes, chanteurs, comédiens, auteurs, montreurs d’ours !

NE SURTOUT PAS SE RESIGNER,

L’HUMANITE Y VA DE SA SURVIE.

Bon courage les zamis. 

J’aimerais vous dire « ça va aller » .

Sylvie EMMAUS GRANDE SYNTHE

Journal des Jungles n°13

Journal des Jungles n°13 // Femmes traversant les frontières

Réalisé dans le cadre d’une résidence d’écriture accueillie, du 20 au 22 septembre 2019, au sein de l’accueil de jour du Secours Catholique de Calais, ce numéro a réuni, en non-mixité, des femmes encore sur la route de l’exil, et d’autres qui ont décidé de poser leurs valises à Calais, des bénévoles de Norrent-Fontes, Tatinghem et Cherbourg, ainsi que les salariées et bénévoles du Planning Familial 62, du Secours Catholique de Calais, de Project Play, de Gynécologie Sans Frontières, du Refugee Women’s Center, ou encore de la Maison Maria Skobtsova.

Découvrez le Journal des Jungles n°13 en cliquant sur les images ci-dessous ! Vous pouvez également le télécharger en format PDF ici.

Vous souhaitez recevoir des exemplaires papier du Journal ? Écrivez nous à : sensibilisation[at]psmigrants.org

Contrer le renvoi d’exilés parvenus en UK par petit bateau


Contrer le renvoi d’exilés passés en Angleterre par petit bateau

I’m getting in touch today about an issue that we have noticed recently about people who went to the UK by boat. We wondered whether l’Auberge des Migrants might be able to provide any information. We are concerned that there may be an unpublished and unlawful policy about how Dublin III is applied to people who go to the UK by boat. In particular, we have noticed that the Home Office has been relying on Article 13(2) Dublin III to remove people to France. We are looking into challenging such a policy. We wondered whether you had noticed something similar. It would be really helpful if you could provide us with further information about this. In particular, we would be interested in:

-the number of people you have worked with who have been returned to France after going to the UK by boat

-how quickly this happened/timeframes

-any other indicators/trends you have noticed regarding those who went to the UK by boat

 We would also be grateful for as many legal details as you can provide, such as what section of Dublin III the Home Office relied on to remove your clients to France (for example, Article 13(1), Article 13(2) etc). We would be eager to gather your insights on this troubling trend. We would be grateful for any information you can provide about this issue. If you prefer to speak directly, we hope to visit Calais within the coming weeks and would be happy to have a meeting. Please let me know if you have any questions about this or would like to discuss it further, as I would be happy to speak with you about it. Thank you & kind regards,

 Lily Parrott Caseworker
DDI: 02031141319
Fax: 020 7923 3320
Branch:  Harrow

projet LOVIS : mettre les voiles contre le racisme

Mettre les voiles contre le racisme – Invitation à une rencontre de préparation le 11 janvier 2020

L’AVENIR
En été 2020, le voilier LOVIS va larguer les amarres pour soutenir et mettre en lien différentes luttes antiracistes et pour la solidarité.
L’idée est de partir début juin de Hambourg, Allemagne, en suivant la côte des Pays-Bas et de la Belgique en passant par la Manche pour participer aux fêtes maritimes internationales de Brest et de Douarnenez, en juillet en France. Le long du trajet, le bateau peut être utilisé de plusieurs façons sur mer ou aux ports – comme scène, lieu de rencontre, cuisine, symbole, véhicule, etc.

Nous, le groupe de préparation ouvert, vous invitons ainsi que d’autres antiracistes, des groupes migrants & de réfugié*e*s, des activistes, musicien*ne*s, actrices & acteurs, écrivain*e*s – tou*te*s celles & ceux qui dépassent les frontières et qui œuvrent contre le racisme et pour la liberté de circulation, la décolonisation et pour des communautés solidaires. Vous êtes invité*e*s à vous joindre au processus de planification !

Venez à la rencontre de préparation le 11 janvier 2020 à Ostende/Belgique. Ou envoyez-nous vos idées sur la manière dont nous
pourrions soutenir votre groupe et qu’est-ce que vous imaginez pour l’été prochain
. Écrivez-nous, faites circuler l’information,
rassemblons-nous !

Pour tout contact : campaign@lovis.de

LE PRÉSENT

LOVIS est un vieux gréement à deux mâts de type lougre, fait 36 mètres de longueur et peut héberger 33 personnes. Toutes les voiles sont hissées ensemble et manuellement et tou*te*s participent également à la navigation, à la cuisine, au nettoyage, etc.. Le voilier LOVIS en soi est un objet qui attire l’attention et ainsi facilite le contact avec les gens qui flânent sur les quais du port. Le bateau peut être ouvert pour des visiteu*se/r*s, devient un lieu de rencontre, un espace ouvert pour des débats et un lien entre différents lieux – en général, c’est un outil utile pour rendre nos luttes plus visibles.
Nous sommes conscient*e*s que faire de la voile à bord de la LOVIS est un grand privilège mais que nous voulons partager. Nous voulons offrir le bateau comme scène et le mettre à disposition de celles & ceux qui n’ont pas encore eu accès à une telle infrastructure.

Vous trouverez plus d’informations sur le voilier LOVIS sur www.lovis.de (allemand, anglais, polonais).

LE PASSÉ
La planification de cette campagne antiraciste, prévue pour juin/juillet 2020, a démarré cet été par des visites aux camps no-border en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Mi-octobre a eu lieu un premier week-end
de mise en réseau et à la voile à Greifswald, au nord de l’Allemagne. 14 activistes de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne y
participaient avec des membres de l’équipage de la LOVIS. Lors de cette rencontre ont été échangées des premières idées, comme p. ex. :
– participer à des festivals maritimes, en tentant de les politiser
– organiser des concerts, des manifs de bateaux, des débats publics, des expositions
– utiliser la grande voile comme cinéma de plein-air
– utiliser le bateau comme support pour hisser des banderoles.

Ici, vous pouvez lire le premier appel à cette campagne : https://lovis.de/wp-content/uploads/campaign-flyer-fran.pdf

ET MAINTENANT?
Nous espérons que vous avez maintenant une petite idée de nos plans ! Quelles sont vos idées concernant le sujet ? Quelles sont vos luttes en ce moment et quels sont vos plans pour l’été prochain ? Comment cette campagne pourrait-elle soutenir vos luttes ? Pouvez-vous imaginer de vous joindre à la campagne avec une action ou un événement dans votre ville ?
Qui pourrait participer à la navigation le long de la côte ?
Connaissez-vous des groupes ou des personnes pour qui ce serait une bonne plateforme de mise en réseau ou de campagne ? Ou seule l’expérience de la voile vous intéresse ?

Pour soutenir et inclure davantage des luttes locales le long du trajet prévu, la prochaine rencontre de préparation aura lieu à Ostende/Belgique, le 11 janvier 2020. Nous espérons votre soutien !
Actuellement, nous sommes à la recherche d’un espace pour nous rencontrer.

Et enfin, même si nous essayons de les limiter, il y a quand même quelques exigences ou obstacles pour monter à bord : seuls les enfants accompagnés par une personne responsable peuvent le faire, les chiens ne sont pas acceptés, la langue principale sera l’anglais de base, il n’y a pas d’infrastructure pour les personnes à mobilité réduite. Mais contactez-nous quand même pour voir ensemble ce qui serait possible.

Les coûts (de voyage) de la prochaine rencontre seront partagés aussi solidairement que possible. L’argent ne doit pas être un obstacle à la participation : contactez-nous s’il y a un problème. Il est possible que le lieu implique d’autres exigences. Informez-nous s.v.p. si vous envisagez de participer via campaign@lovis.de

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English
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ANTI-RACIST SAILING CAMPAIGN – Invitation for preparation meeting on 11th of January 2020

THE FUTURE
In summer 2020 the sailing vessel LOVIS will go on a journey to support and connect struggles against racism and for solidarity. The idea is to sail in the beginning of June from Hamburg, Germany, along the coast of Netherlands, Belgium through the English Channel to finally participate in the international harbour festivals in Brest and Dournaenez, France in July. Along this route the ship can be used in any way either on the sea or in harbours as a stage, meeting place, kitchen, symbol, vehicle, etc.

We, an open preparation group, invite you and other anti-racist, migratory and refugee groups, activists, musicians, actors or writers –
anyone who is subverting borders and working against racism and towards freedom of movement, decolonialisation and solidary communities. Join the planning process! Come to the preparation meeting on 11th of January in Oostende Belgium. Or give us feedback about how we can support your group and the things you are already planning for next summer. Write to us, spread the word, let‘s get together!

To contact us write to: campaign@lovis.de

THE PRESENT
LOVIS is a two mast gaff-rigged sailing vessel (logger) which is 36m and provides (sleeping) space for 33 persons. All sails are managed together by hand and additionally, everyone is involved in navigation, cooking, cleaning etc. The sailing vessel LOVIS itself is an object of attention and as such facilitates access to people who are in the vicinity of the harbour. The ship can be opened for visitors, become a meeting place, an open space for discussion and a link between different spaces – overall
it is a useful tool to make our struggles more visible. We do realise that sailing with LOVIS is a huge privilege, this is why we want to share it consciously, offer the ship as a stage and put it at the disposal of those who haven’t had access to this kind of infrastructure so far.

More information about the sailing vessel LOVIS can be found on the website: https://www.lovis.de (German, English, Polish)

THE PAST
The planning of our campaign trip in June/July 2020 has started this summer with first trips to NoBorder Camps in France, the Netherlands and the UK. In mid-October there was a first networking sailing weekend in Greifswald, Northern Germany, in which 14 activists from Belgium, Germany and the Netherlands as well as crew members of the LOVIS sailing ship took part.

In this meeting first ideas were exchanged, such as
– joining and politicising harbour festivals
– organising concerts, boat demonstrations, panel discussions, exhibitions
– using the mainsail as open-air harbour cinema
– using the ship as a framework for hanging banners.

Here you can read the first call for this campaign: https://lovis.de/wp-content/uploads/campaign-flyer-eng.pdf

AND NOW?
We hope this provides you an idea of our plans! What are your ideas on this topic?
What are your struggles at the moment and plans for the summer next year?
How can the campaign support your struggles?
Can you imagine to join the campaign with a concrete action or event in your city?
Who should sail on board along the coast?
Do you know groups or people for whom this would offer a great networking and campaigning platform?
Or do you simply want to have a sailing experience?

In order to support and involve more local struggles along the route, the next preparation meeting will take place in Oostende, Belgium on 11th of January 2019. Hopefully with your support!

We try to keep them low, but there are some requirements to join. On the ship: Children only with a responsible person, main language is simple english, no dogs, not barrier-free. But contact us anyway to see what we can do together! The (travel) costs for the next meeting will be shared as solidary as possible. Please contact us in advance if you cannot raise the money. Other requirements depending on the location.

Please let us know if you plan to take part via campaign@lovis.de