CALAIS / Communiqué de Presse inter-asso « Squatter pour (sur)vivre » / 14.07.2014

2014_07_12_Calais_Solidarity Migrants_O2e-7617 (Copier)Calais, le 14 juillet 2014.

Squatter pour (sur)vivre

A Calais, le 12.07.2014, l’occupation d’un bâtiment habité depuis plus de 48h a été rendue publique à l’issue de la manifestation de soutien aux personnes exilées. Cette marche avait pour objectif de dénoncer la rafle de plus de 600 personnes et la destruction de leur lieu de vie le 2 juillet dernier. Comment faire autrement qu’occuper des bâtiments vides, alors que, depuis des années, les pouvoirs publics s’acharnent à déloger les personnes exilées de tous les lieux où elles tentent de survivre ?

Dans le Calaisis, dans le nord-ouest de la France et, plus largement, dans tout le pays, des soutiens se démènent pour trouver des caravanes, des bâches, des palettes, de quoi abriter ces étrangères et ces étrangers à la recherche d’une protection en Europe. A Calais, les soutiens ont d’abord loué légalement des maisons pour pouvoir y accueillir des exilé.e.s, ne serait-ce qu’en journée. Mais leurs capacités d’hébergement se sont avérées insuffisantes et, surtout, la préfecture a toujours fait en sorte de faire évacuer les lieux.

Question de survie, il a donc bien fallu occuper des bâtiments publics, des usines, des ateliers désertés. Tous ont été systématiquement et violemment vidés par la police (souvent en dehors de tout cadre légal), tout comme ont été systématiquement détruites tentes et cabanes dissimulées dans la nature.

Non seulement, cette persécution viole le droit universel à l’hébergement, mais elle bafoue les obligations de l’État en matière d’accueil des demandeurs d’asile.

Les pouvoirs publics doivent respecter les droits et la dignité des personnes migrantes et assumer leurs obligations à leur égard. C’est parce qu’ils s’y refusent qu’un nouveau squat a été ouvert à Calais au n° 10 de l’impasse des Salines.

Nous soutenons cette initiative parce que, dans les conditions actuelles, elle est la seule solution pour que les personnes exilées puissent au moins dormir à l’abri de la pluie et du vent, et sauvegarder ainsi un peu de leur statut d’êtres humains.

Ce squat n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence humanitaire. Mais il faut, le plus rapidement possible aller au-delà des urgences. L’administration doit imaginer des solutions d’hébergement adaptées. Elle doit envisager la dénonciation ou la révision du Traité franco-britannique du Touquet et pousser, au plan européen, à la modification du règlement Dublin III. Quant au traitement uniquement policier de la situation, l’État doit y renoncer.

Nous appelons les habitants de Calais et d’ailleurs ainsi que les personnalités (artistes, responsables politiques, universitaires…) à soutenir les personnes qui s’abritent au 10, impasse des Salines, à Calais, en s’exprimant publiquement et/ou en venant participer à la vie et à l’animation de ce lieu.

Organisations signataires :

ACC Minorités Visibles (Dunkerque) / Action froid (Paris-Calais) / ADRA Dunkerque / Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) / L’Auberge des Migrants (Calais) / Calais, ouverture et humanité / Le Carrefour des Solidarités du littoral nord / La Cimade Nord-Picardie / Collectif fraternité migrants du Bassin Minier 62 / Collectif pour l’avenir des foyers (COPAF) / Collectif de soutien de l’Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales (EHESS) aux sans-papiers et aux migrant-es / Collectif de soutien des exilés (Paris) / Délégation Nord-Pas-de-Calais de Médecins du Monde / Emmaüs (Dunkerque) / Emmaüs International / Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s (FASTI) / Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) / Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS) Nord-Pas-de-Calais / Femmes Plurielles / Fondation Danielle Mitterrand France Libertés / Groupe d’Information et de Soutien des Immigré.e.s (GISTI) / Histoire d’eux – Théâtre de l’opprimé (Tarn-et-Garonne) / Itinérance (Cherbourg) / Ligue des droits de l’homme (LDH) nationale et section de Dunkerque / Migreurop / NAJE – Théâtre de l’opprimé (Antony) / Organisation pour une Citoyenneté Universelle (OCU) / Pôle d’Exploitation des Ressources Urbaines (PEROU) / Réseau Education Sans Frontières (RESF) / Le Réveil Voyageur (Calais) / SALAM Nord-Pas-de-Calais / Section Ligue des Droits de l’Homme de l’EHESS / Secours Catholique, délégation du Pas-de-Calais / Solid’R (Calais) / Terre d’Errance (Flandre littoral) / Terre d’Errance (Norrent-Fontes) / T’OP! Théâtre de l’opprimé (Lille) / Mouvement UTOPIA / Vacarme (la revue)

Avec le soutien de :

Europe Ecologie Les Verts (Nord-Pas-de-Calais) / Ensemble ! / Nouveau Parti anti-capitaliste (NPA) / Parti Communiste Français (PCF)

CP squatter pour (sur)vivre 17.07.2014

2014_07_12_Calais_Solidarity Migrants_O2e-7642 (Copier)

La manifestation de soutien et ses suites !!

A Calais, le 12.07.2014, l’occupation d’un bâtiment habité depuis plus de 48h a été rendue publique à l’issue de la manifestation de soutien aux personnes exilées. Cette marche avait pour objectif de dénoncer la rafle de plus de 600 personnes et la destruction de leur lieu de vie le 2 juillet dernier. L’évènement dans les médias ici et .

Nous nous permettons ci-dessous de relayer l’appel à soutien des résidents :

A Calais, une ancienne usine pour les exilé.e.s

Besoin urgent de militant.e.s et de sympathisant.e.s sur place

A Calais, dix jours après la rafle du 2 juillet, quelque 300 personnes – migrant.e.s et soutiens – se sont installées dans une usine désaffectées (au 10 impasse des Salines). L’entrée dans ces nouveaux locaux s’est produite à l’issue de la manifestation qui, à l’appel d’associations, s’est tenue ce samedi après-midi en dépit de l’arrêté anti-mendicité et anti-attroupements pris par la municipalité. Ce nouveau texte vise en réalité les personnes étrangères et les manifestations en leur faveur.

Dès le 10 juillet, des personnes sans domicile de différentes nationalités s’étaient installées discrètement et sans la moindre effraction dans les locaux. Les participants à la manif ont été invités par les occupants à les rejoindre.

Les résidents appellent sympathisant.e.s et militant.e.s à se rendre d’urgence sur place de façon à soutenir cette initiative et à dissuader les forces de police d’effectuer une nouvelle évacuation illégale.

Les résident.e.s du 10 impasse des salines à Calais,

Le 12 juillet 2014

Crédits : Passeurs d’hospitalité.

Crédits : Passeurs d’hospitalité.

 

Action commune : Lettre ouverte sur la situation migratoire à Calais et ses environs

Lettre ouverte à Monsieur le Premier ministre, Manuel Valls
et Monsieur le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve
sur la situation migratoire à Calais et ses environs,
ainsi que sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord

Le 10 juillet 2014

M. le Premier ministre Hôtel de Matignon 57, rue de Varenne 75700 Paris
M. le Ministre de l’intérieur Place Beauvau 75800 Paris Cedex 08
Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Intérieur,

La politique migratoire que vous menez aujourd’hui à l’encontre des exilé.e.s présent.e.s dans la région de Calais et sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord n’est guère différente de celle que les socialistes avaient sévèrement critiquée à l’époque où ils étaient dans l’opposition. Au moment de l’évacuation, à l’initiative du ministre de l’immigration d’alors, de la « jungle des Pashtouns » à Calais en septembre 2009, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, avait dénoncé une « opération de communication », qui n’allait pas « régler le problème » puisqu’« il n’y a pas une jungle mais des jungles » et que « les réfugiés vont aller ailleurs ». Il fallait, concluait-il, « régler la question, autant qu’il est possible, à l’échelle de l’Europe »(1).

La maire de Lille, Martine Aubry, de son côté, avait qualifié l’évacuation de cette jungle d’« acte totalement inhumain qui ne réglera pas le problème », de « faire semblant, comme quand on a détruit [le camp de] Sangatte ». Jack Lang, alors député du Pas-de-Calais, diagnostiquait lui aussi que l’opération ne ferait « que déplacer les exilés, les dissimuler ». « Ce ne sont pas, poursuivait-il, d’improbables et incertaines procédures d’asile qui offriront une perspective adaptée aux migrants, et encore moins des retours qui n’ont de volontaires que le nom », avant de conclure : « Le temps n’est-il pas venu de concevoir une politique humaine qui, à travers une pluralité de lieux d’accueil, permettrait de rendre une dignité à ces personnes ? »(2).

Vous agissez donc aujourd’hui en parfaite contradiction avec la position que vous défendiez il y a à peine quatre ans. Ces initiatives, comme celles que vous avez prises au cours des deux dernières années, montrent que rien n’a changé en matière de politique migratoire.

Vous manquez de courage quand le gouvernement français décide de mener des opérations policières à l’encontre de populations vulnérables, des femmes, des hommes, des enfants qui errent depuis des mois sur les routes, dorment dehors à des températures bien souvent inférieures à 10 degrés, et sont parfois en grève de la faim pour être entendues. Lors de ces opérations, il a été constaté à plusieurs reprises des brutalités d’agents des forces de l’ordre avec l’usage de gaz lacrymogènes, des placements dans des centres de détention de personnes que la police aux frontières n’arrivera pas à expulser. Quelques jours après l’évacuation policière du 2 juillet 2014, les tribunaux administratifs et les juges des libertés et de la détention (JLD) ont remis en liberté la plupart des étranger.e.s interpellé.e.s sur la base de violation de leurs droits au moment de leur rafle. Ces pratiques sont récurrentes depuis la fermeture du camp de Sangatte en décembre 2002 et sont liées en partie à l’externalisation des contrôles migratoires britanniques sur le territoire français.

Vous manquez de courage car vous savez très bien que ce genre d’opération ne résoudra nullement la situation migratoire de la région de Calais. Les arrestations précédentes l’ont déjà montré à maintes reprises. Parmi les personnes arrêtées, certaines reviendront car leurs motivations à circuler sont bien plus fortes que les dispositifs mis en place par les autorités britanniques et françaises. Pour preuve, nombre de personnes arrivent à passer de l’autre côté de la Manche – mais à quel prix ! Des dizaines de migrant.e.s y ont perdu la vie au moment où ils/elles tentaient le passage vers l’Angleterre, sans compter le nombre de celles et ceux qui ont été blessé.e.s ou traumatisé.e.s par leur passage dans la région.
Vous manquez de courage à ne pas vouloir admettre que les motivations des migrant.e.s à aller en Angleterre reposent bien souvent sur des considérations linguistiques, familiales ou communautaires, voire sur l’incapacité des pays européens – précédemment traversés par les migrant.e.s – de mettre en place une véritable politique d’accueil. Et les conditions inhumaines et dégradantes auxquelles les migrant.e.s sont confronté.e.s – auxquelles vient de s’ajouter une énième évacuation des différents lieux de vie par les forces de l’ordre – ne font que renforcer la volonté de ces personnes à vouloir quitter la France ou d’autres pays de l’espace Schengen pour rechercher un pays où elles espèrent mieux vivre.

Vous manquez de courage à ne pas vouloir établir un lieu où les autorités françaises, anglaises ou tout autre acteur pourraient aider les personnes à concrétiser leur projet migratoire (demande d’asile, regroupement familial, etc.), fût-il d’aller en Angleterre. Certes, un tel choix engendrerait nécessairement des différends avec les autorités britanniques, mais la recherche de solutions ne doit pas se limiter à un dialogue franco-britannique : la situation migratoire de Calais – au même titre que celle qui prévaut en Grèce – relève aussi de l’Union européenne.

Vous manquez de courage à ne pas vouloir dresser un bilan des douze années qui se sont écoulées depuis la destruction du camp de Sangatte : savoir par exemple combien de migrant.e.s ont été intercepté.e.s des deux côtés de la Manche, connaître le coût financier engendré par les nombreux dispositifs mis en place et la présence permanente d’une ou plusieurs compagnies républicaines de sécurité (CRS) à Calais pour ensuite rendre ce bilan public, afin d’envisager – avec les différents acteurs institutionnels et associatifs – une alternative à cette politique migratoire qui pousse les migrant.e.s à vivre dans des conditions inhumaines et dégradantes.

Enfin vous manquez de courage en tolérant les exactions à caractère raciste – de citoyen.ne.s ou de représentant.e.s des autorités publiques – à l’encontre des migrants qui sont en transit dans la région. Tout cela ne fait qu’alimenter la haine envers les étranger.e.s.

Comme en témoignent les prises de position passées (3) de plusieurs membres éminents du PS, vous connaissez très bien la réalité des faits rappelés ci-dessus.
Dans ces conditions, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Intérieur comment pouvez-vous ne pas entendre ce que vous disent les associations locales, nationales (4) et internationales qui suivent la situation migratoire de Calais depuis près de vingt ans, à savoir que le renforcement des contrôles migratoires n’est nullement la solution qui résoudra l’impasse dans laquelle se trouvent les migrant.e.s et les autorités ?
Certains de l’attention que vous porterez à notre interpellation, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Intérieur, l’expression de notre haute considération.

Signataires :

Réseaux associatifs
- Migreurop
- ELENA (Réseau d’avocats pour le droit d’asile)
- Réseau chrétien – Immigrés (RCI) – Réseau Education sans frontières (RESF)

Associations
- ATTAC – Auberge des migrants (Calais) – Collectif de soutien de l’Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS) aux sans-papiers et aux migrant.es – Collectif de soutien des exilés (Paris) – Compagnie Naje – Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir (Antony – 92) – Environnement Développement Alternatif (Lille) – Fraternité Migrants Bassin Minier 62 – Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (GISTI) – Histoire d’eux (Albias, Tarn et Garonne) – Itinérance (Cherbourg) – Le Réveil Voyageur (Calais) – Ligue des droits de l’homme (Fédération du Pas-de-Calais) – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) – Ouverture & Humanité (Calais) – Salam Nord/Pas-de Calais – Section LDH de l’EHESS (Paris) – Terre d’Errance Norrent-Fontes – Terre d’Errance Steenvoorde – T’OP! Théâtre de l’Opprimé 59/62

Partis politiques
- Europe Ecologie les Verts
- Parti communiste français (PCF) – Parti de Gauche (PG)

Une copie du courrier a également été adressée au Home Office et au Premier Ministre (Royaume-Uni), au Conseil de l’Union européenne et au Président et Vice-Présidents de la commission parlementaire Libertés civiles, justice et affaires intérieures du Parlement Européen.


1 « Les réactions au démantèlement de la « jungle » de Calais », nouvelobs.com 22 septembre 2009, http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20090922.OBS2076/les-reactions-au-demantelement-de-la-jungle-de-calais.html

2 Ibidem

3 François Hollande, « Au-delà de la « jungle » ? », Slate.fr 19 septembre 2009. Voir également les débats parlementaires du 18 septembre 2007 à l’Assemblée nationale française lorsque Bernard Cazeneuve, alors député-maire de Cherbourg, s’adressait au ministre français de l’Immigration de l’époque Brice Hortefeux, http://2007-2012.nosdeputes.fr/seance/23#inter_098cd250a7cf7e8e627b967ba1e09758

4 ATD Quart Monde, CCFD-Terre Solidaire, La Cimade, Emmaüs France, Médecins du Monde, Secours Catholique, « A l’égard des exilés à Calais : Les mêmes violences, la même incohérence, les mêmes échecs », Communiqué de presse du 2 juillet 2014.

 Calais l’impasse french, lettre ouverte 10-07-2014

Calais l’impasse anglais, lettre ouverte 10-07-2014

Crédits : Grodotzki.

Crédits : Grodotzki.

 

CALAIS : Appel à manifestation / samedi 12.07.2014 / Place d’Armes, 14h

APPEL A MANIFESTER EN SOLIDARITÉ AVEC LES EXILES
ET CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES

A Calais, plus de 600 personnes migrantes sont à la rue sans aucun abri suite aux destructions de camps, aux expulsions de terrain et de squats qui se succèdent depuis plus d’un mois.

Le 28 mai, subissant l’expulsion des deux principaux camps de fortune, les personnes migrantes se sont réfugiées sur le lieu de distribution des repas. Le 02 juillet, les autorités préfectorales et municipales ont ordonné l’évacuation du lieu, opération qui s’est traduite par une véritable rafle organisée (arrestations au faciès, parfois violentes ; tri des personnes par nationalités ; placements en rétention, y compris des mineurs, etc…). Cette évacuation s’est faite sans témoin, journalistes et associations étant cantonnés loin du lieu de distribution.

Cette situation est le triste reflet de la façon dont la France traite les étrangers fuyant des pays où ils ne peuvent plus vivre. Les autorités les chassent et les rendent invisibles à force de mépris administratif et d’expulsions. Ces politiques ne font qu’aggraver la situation et intensifient la stigmatisation de ces personnes.

Un seuil a été franchi le 2 juillet à Calais. Réagissons !

VENEZ MANIFESTER EN SOLIDARITÉ AVEC LES EXILES ET CONTRE TOUTES LES VIOLENCES QUI LEUR SONT FAITES !!

MANIFESTATION SAMEDI 12.07.2014
14h, place d’Armes à CALAIS

Si possible, merci de collecter et de ramener de quoi dormir dehors (tentes, duvets, couvertures, bâches, etc…), des vêtements (pulls, sweats, chaussures, etc…), de la nourriture, du matériel de cuisine…

Liste des signataires :

ACC Minorités Visibles / ADRA Dunkerque / Aide Migrants Solidarité (AMiS) Téteghem / L’Auberge des migrants / Calais, ouverture et humanité / Le Carrefour des Solidarités du littoral nord / La Cimade Nord-Picardie / Collectif fraternité migrants du Bassin minier 62 / Emmaüs Dunkerque / Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s (FASTI) / Groupe d’information et de soutien des immigré-e-s (GISTI) / Ligue des Droits de l’Homme (LDH) Dunkerque / Médecins du Monde / Le Réveil voyageur / Salam Nord-Pas-de-Calais / Secours Catholique, Délégation du Pas-de-Calais / Solid’R / Terre d’errance Norrent-Fontes / Terre d’Errance Steenvoorde

Contact
calais.ouverture.humanite@gmail.com
07 58 62 47 11

Appel Calais 12.07.2014

Appel Calais 12.07.2014 version affiche

 

En fin d'après-midi du 02.07.2014, à Calais : le lieu de distribution des repas au moment où les services techniques municipaux interviennent. Crédits : Calais, ouverture et humanité

En fin d’après-midi du 02.07.2014, à Calais : les services techniques municipaux interviennent sur le lieu de distribution des repas. Crédits : Calais, ouverture et humanité

CALAIS : nouveau communiqué de presse inter-associatif

A l’égard des exilés à Calais :

Les mêmes violences, la même incohérence, les mêmes échecs

Communiqué de presse de 6 organisations de solidarité :
ATD-Quart Monde, CCFD-Terre Solidaire, la Cimade, Emmaüs France,            Médecins du Monde, Secours Catholique.

Depuis maintenant près de 20 ans, le sort des exilés bloqués à Calais semble éternellement dans la même impasse et le même déni d’humanité. En faisant procéder ce matin à une nouvelle évacuation policière, brutale, le Gouvernement ne fait que poursuivre les pratiques employées par ses prédécesseurs : les mêmes violences, la même incohérence, les mêmes échecs.

En renonçant à assumer les responsabilités qui lui reviennent – protéger les réfugiés –, en ayant recours à la dispersion violente d’hommes, de femmes et d’enfants mineurs ayant fui des pays en guerre, le Gouvernement cède à la tentation de la communication politique : cela ne doit tromper personne ! Une fois de plus, il fait semblant d’agir alors qu’il ne fait que déplacer le problème ; une fois de plus, tout en donnant l’impression de dialoguer avec les associations, il a recours à la violence au mépris des personnes les plus fragiles ; une fois de plus, plutôt que de chercher les voies d’une réponse digne avec tous ceux qui cherchent réellement des solutions, il utilise la force publique pour tenter de rendre les exilés invisibles et faire croire que la question est réglée.

Nos associations, qui appellent depuis des mois le Gouvernement à une réflexion en profondeur pour imaginer, avec la société civile, des alternatives plus conformes aux valeurs humanistes, condamnent vivement l’évacuation de ce jour, et s’interrogent sur les intentions réelles du Gouvernement : si le Premier Ministre souhaite véritablement apporter des réponses novatrices et adaptées à ce contexte particulier, il est plus que temps qu’il ouvre des espaces de construction commune !

Crédits : Grodotzki.

Calais, près du port. Crédits : Grodotzki.

CALAIS / Expulsion du lieu de distribution : communiqué inter-associatif

Organisations signataires : Réveil Voyageur – Collectif de soutien des exilés (Paris) – Calais Ouverture et Humanité – Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (GISTI) – Terre d’Errance – Terre d’Errance Steenvoorde – Salam Nord – Pas de Calais

Avec le soutien de :
Europe Écologie les Verts – national
Europe Écologie les Verts – région Nord-Pas de Calais,
Parti Communiste Français

Le 2 juillet 2014

A Calais, une opération policière de plus
sans aucune perspective pour les migrants !

Les migrants sont encore un peu trop visibles à Calais, la maire et la préfecture viennent de les chasser de l’endroit où ces hommes, ces femmes et ces enfants avaient trouvé refuge après les expulsions du mois dernier. Cette énième expulsion sans aucune concertation ou proposition de relogement adaptée se situe dans la droite ligne de toutes les précédentes: quand donc arrêtera-t-on ces violences qui ne font qu’empirer une situation déjà catastrophique ?

Il y a un mois, le 28.05.2014, sous prétexte de traitement d’une épidémie de gale, la préfecture procédait à l’expulsion de deux camps situés quai de la Batellerie et rue Lamy, à Calais. Ces camps de fortune abritaient environ 600 exilés afghans, syriens, égyptiens, érythréens ou éthiopiens, ayant fui des conditions de vie déplorables dans leurs pays, marqués par des années de guerre ou de régimes dictatoriaux.

Devant le déploiement policier, l’immense majorité de ces personnes a refusé les propositions préfectorales et sanitaires hypocrites et indignes. Leurs abris détruits, les exilés se sont réfugiés le jour même en face du camp le plus important, dans le lieu de distribution des repas situé entre la rue de Moscou et la rue Lamy. Ensemble, avec le soutien de bénévoles, ces femmes et ces hommes ont reconstitué des abris de fortune dans lesquels ils tentent de survivre.

Depuis, la préfecture s’est engagée à mettre en place un dispositif « exceptionnel » pour faciliter les demandes d’asile. Après une venue du directeur de la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) et du directeur général de l’OFPRA, ce dispositif « exceptionnel » s’est traduit par une seule distribution de dépliants, sans traducteur, à l’entrée du lieu et par une promesse de rapidité du traitement des demandes. Tout ceci sans aucune possibilité d’aménagement du règlement Dublin III qui empêche nombre d’étrangers de de choisir le pays européen par lequel ils voudraient être protégés, en France par exemple.

Hormis la promesse, qui reste encore à tenir, de rapidité du traitement des demandes d’asile (qui se font au détriment des autres demandes puisqu’il n’y a eu aucune embauche exceptionnelle), ce dispositif « exceptionnel », très perfectible, était donc réduit à la simple application de la loi, à ce qui devrait être fait tous les jours : information et prise en charge des demandeurs d’asile. Durant une semaine, les bureaux de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) et de la DDCS ont accueilli un peu plus de 115 personnes qui se sont rendues à l’OFII pour avoir d’avantage de renseignements. La moitié d’entre elles ont entamé une démarche d’asile, soit à peine 1/12 des personnes concernées.

Vendredi dernier, après une procédure juridique express, la mairie de Calais a obtenu l’évacuation du lieu de distribution, effective ce jour. À 6h ce matin, les forces de l’ordre sont violemment intervenues sur le lieu de distribution des repas ainsi que dans les trois squats où les exilés s’abritaient (rues Massena, du Vic et Aubert). Certains bénévoles ont été arrêtés, les autres ont rapidement et brutalement été éloignés, tout comme les journalistes, ainsi empêchés de faire leur travail.

Quant aux exilés, ils ont été arbitrairement séparés : les femmes et les mineurs emmenés dans des foyers inadaptés et dont les travailleurs sociaux ne sont pas préparés à accueillir ce public traumatisé par cette expulsion ; les hommes adultes, eux, placés dans divers centres de rétention administrative afin de les éloigner de Calais et de les expulser. Les demandeurs d’asile qui, faute d’hébergement, s’abritaient dans un squat de la rue Masséna, n’ont pas été arrêtés. Ils se retrouvent simplement à la rue. Une partie de ces personnes reviendra et restera à Calais, une autre se dirigera vers les autres lieux de passage de la région où la pression et la précarité n’en seront que plus fortes : la question ne sera que déplacée, une fois de plus.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme a été saisie et a adressé une mise en garde à la France ce mardi 1er juillet, l’informant de sa vigilance sur les mesures prises en matière d’hébergement des personnes concernées par l’expulsion. Il est donc possible que la Cour n’apprécie guère ce déploiement de violences, même si elle s’est déclarée rassurée par les garanties que le gouvernement français s’est empressé de lui adresser.

Nous dénonçons cette expulsion, dont nous connaissons les conséquences, pratiquée avec une rare violence envers les exilés et leurs soutiens et avec la volonté délibérée d’écarter tout témoin. Devant cette situation, promesse d’une nouvelle et dramatique impasse, nous demandons, une fois de plus :

  • Une amélioration des conditions de vie et d’accueil des migrants en répondant à leurs besoins fondamentaux ;
  • Le respect, sans hypocrisie, de l’inconditionnalité de l’hébergement qui doit se traduire par la création de dispositifs d’accueil et d’orientation adaptés et en nombre suffisant ;
  • Une révision du règlement Dublin III qui permette à chaque demandeur d’asile en Europe de solliciter une protection dans le pays de son choix ;
  • Une renégociation du traité du Touquet qui mette fin à l’absurdité et à la dangerosité de la situation à Calais ainsi qu’à Paris et dans tous les camps du Nord-Pas de Calais ;
  • Un arrêt définitif des violences policières ;
  • Dans l’attente de ces dispositifs, et devant l’incapacité de la France à prendre soin de personnes démunies, la mise en place d’un camp humanitaire d’urgence à Calais et partout où ce sera nécessaire, géré par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.

Com. évacuation squat distrib alimentaire 2-07-2014-2

 

Le projet « United Voices for Migrants in Calais », réunissant des citoyens et citoyennes de différents pays, a réalisé la vidéo suivante en soutien aux exilés de Calais et de la région (n’hésitez pas à diffuser) :

Vendredi 20 juin 2014 : journée mondiale des réfugiés / Actions à Lille et Calais

LA GUERRE CHEZ EUX, LA RUE CHEZ NOUS !!
Vendredi 20 juin 2014, Journée mondiale des réfugiés

Depuis la fermeture du camp de Sangatte il y a 12 ans,
Nous ne comptons plus les morts,
Nous ne comptons plus les blessures et les maladies dues aux conditions de vie,
Nous ne comptons plus les destructions d’abris et d’effets personnels,
Nous ne comptons plus les expulsions,
Nous ne comptons plus les violences policières,
Nous ne comptons plus les actes de mépris envers les exilés et ceux qui les soutiennent,
Nous ne pouvons que voir augmenter le désarroi des habitants des villes et villages où ces exilés survivent et la montée des peurs parce qu’aucune réponse digne n’est apportée par les autorités françaises et européennes.

L’étendue de tous ces désastres est trop importante, ÇA EN EST ASSEZ !

Le 28 mai à Calais, prenant prétexte d’une épidémie de gale, le préfet du Pas-de-Calais a ordonné la destruction des abris de fortune des personnes migrantes, sans qu’aucune solution adaptée et viable ne leur soit proposée. Depuis, ces personnes sont toujours malades et occupent le lieu de distribution des repas. La semaine dernière, certaines d’entre elles ont commencé une grève de la faim.

Les associations de soutien ont adressé une pétition signée par plus de 5 000 personnes. Adressé au premier ministre ainsi qu’à tous les ministres concernés, ce texte demande :

  • Une révision du règlement Dublin III pour permettre à chaque demandeur d’asile en Europe d’aller déposer son dossier dans le pays de son choix ;
  • Une renégociation du traité du Touquet qui mette fin à l’absurdité de la situation à Calais ainsi qu’à Paris et dans tous les camps du Nord-Pas de Calais ;
  • Un arrêt définitif des violences policières ;
  • L’inconditionnalité de l’hébergement qui ne peut se traduire que par la création de dispositifs d’accueil et d’orientation adaptés et en nombre suffisant;

Dans l’attente de ces dispositifs, la mise en place d’un camp humanitaire d’urgence à Calais et partout où ce sera nécessaire, géré par le HCR et/ou des organismes missionnés.

 !! DEUX RENDEZ-VOUS !!

10 H, PLACE DE LA REPUBLIQUE, A LILLE
POUR UN RASSEMBLEMENT ET UNE REMISE DE LA PÉTITION

19 H, PLACE D’ARMES, A CALAIS
POUR UNE VEILLÉE DE L’HOSPITALITÉ EN MUSIQUE
(N’HÉSITEZ PAS A APPORTER UN GÂTEAU, DU THÉ OU DU SUCRE A PARTAGER)

Le collectif d’associations de soutien des exilés

L'emplacement du camp dit "des Syriens" après le démantèlement du 28.05.2014 Crédits : Gustav Pursche

L’emplacement du camp dit « des Syriens » après le démantèlement du 28.05.2014
Crédits : Gustav Pursche

ASSEZ ! Pétition pour un accueil digne pour les sans papiers !

ASSEZ ! Pétition pour un accueil digne pour les sans papiers ! 

Nous vous invitons à signer et faire signer cette pétition avant le 18 juin 2014.

Crédits : Gustav Pursche

Crédits : Gustav Pursche

Depuis la fermeture du camp de Sangatte il y a 12 ans, point de départ du processus d’invisibilité des personnes migrantes en transit vers d’autres pays du nord de l’Europe,

Nous ne comptons plus les morts,
Nous ne comptons plus les blessures et les maladies dues aux conditions de vie,
Nous ne comptons plus les destructions d’abris et d’effets personnels,
Nous ne comptons plus les expulsions « Dublin » vers la Hongrie ou l’Italie, ni les expulsions tout court vers des pays d’origine dangereux,
Nous ne comptons plus les violences policières,
Nous ne comptons plus les actes de mépris des responsables politiques et de l’administration envers les exilés et les gens qui les soutiennent,
Nous ne pouvons que constater les conséquences psychologiques de toutes ces injustices, tant sur les personnes migrantes que sur celles qui leur viennent en aide,
Nous ne pouvons que voir augmenter le désarroi des habitants des villes et villages où ces exilés survivent et la montée des peurs, du rejet de l’autre parce qu’aucune réponse humaine, cohérente n’est apportée par les autorités de notre pays ni par l’ensemble des pays européens,

L’étendue de tous ces désastres est trop importante, ÇA EN EST ASSEZ !

Monsieur le premier ministre,

Madame la ministre du logement et de l’égalité des territoires,

Madame la ministre des affaires sociales,

Monsieur le ministre de l’intérieur,

Monsieur le secrétaire d’État aux affaires européennes,

Monsieur le délégué interministériel à l’hébergement et à l’amélioration de l’habitat,

nous vous appelons à faire cesser cette situation qui n’a que trop duré. Nous demandons :

  • Une révision du règlement Dublin III qui fasse en sorte de permettre à chaque demandeur d’asile en Europe d’aller déposer son dossier dans le pays de son choix ;
  • Une renégociation du traité du Touquet qui mette fin à l’absurdité et à la dangerosité de la situation à Calais ainsi qu’à Paris et dans tous les camps du Nord-Pas de Calais ;
  • Un arrêt définitif des violences policières ;
  • Le respect, sans hypocrisie, de l’inconditionnalité de l’hébergement qui ne peut que se traduire par la création de dispositifs d’accueil et d’orientation adaptés et en nombre suffisant ;

Dans l’attente de ces dispositifs, la mise en place d’un camp humanitaire d’urgence à Calais et partout où ce sera nécessaire, géré par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et/ou des ONG missionnées.

Terre d’Errance /  G.I.S.T.I  / Calais, Ouverture & humanité /Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme / Pour la Ligue des Droits de l’Homme, son président, Pierre Tartakowsky / Groupe Non Violent Louis Lecoin

Expulsions à Calais : l’ensemble des réactions

A la suite des expulsions des camps de migrants dans la ville de Calais, les réactions sont nombreuses. Voici une liste non-exhaustive des communiqués de presse associatifs ou non qui traitent de ce sujet :

Voeu du Synode National annuel de l’Eglise protestante Unie de France à Avignon sur l’accueil des réfugiés (cliquez sur « Télécharger la totalité du communiqué »), 3 juin 2014

Edito de la revue Pratiques – Les cahiers de la médecine utopique, par le docteur Didier Ménard, président du syndicat de la médecine générale (SMG), 31 mai 2014

Communiqué de Calais Migrant Solidarity et Salut Ô Toit, 30 mai 2014

Communiqué de presse d’Amnesty International à Londres, 28 mai 2014

Déclaration de l’évêque d’Arras, Monseigneur Jaeger, 28 mai 2014

Communiqué de presse d’Europe Écologie les Verts, 28 mai 2014

Communiqué de presse du Secours Catholique – Caritas France, 28 mai 2014

Lettre ouverte au premier ministre, Manuel Valls, 28 mai 2014

Communiqué de Calais Migrant Solidarity, 26 mai 2014

Communiqué de presse des élus Europe Écologie les Verts du Conseil régional Nord – Pas-de-Calais, 23 mai 2014

***

N’hésitez pas à signer la pétition lancée par Terre d’errance, le GISTI et le collectif Calais, Ouverture et Humanité, pour un accueil digne des sans-papiers : cliquez ici !
Crédits : Clémence Gautier-Pongelard

Crédits : Clémence Gautier-Pongelard

Expulsions à Calais : nouveau communiqué inter-associatif !

A Calais : soigner la gale en mettant les « galeux » à la rue !
Bernard Cazeneuve répète les erreurs de ses prédécesseurs.

Et rebelote ! Une nouvelle expulsion de camps à Calais, programmée par le préfet du département pour le 28 mai 2014, cette fois sous couvert d’épidémie de gale qu’il faudrait arrêter en dispersant les victimes. La France chasse donc les « galeux » au lieu de les soigner.

Il va de soi qu’une telle décision ne relève pas du seul préfet du département. Elle bénéficie nécessairement de l’aval du nouveau ministre de l’Intérieur. Bernard Cazeneuve entend sans doute ainsi s’inscrire dans la lignée de ses prédécesseurs, célèbres pour avoir manié le bâton contre les étrangères et les étrangers du Calaisis : entre autres, Nicolas Sarkozy avec sa fermeture de Sangatte en 2002, et Eric Besson avec son évacuation théâtrale et musclée de la « jungle des Pashtouns » en 2009. Les ministres changent. Leur politique stérile de la violence perdure.

Cette décision, qui prend donc prétexte d’une épidémie de gale, fait suite, en réalité, à la pression de la maire de Calais pour qui les camps où s’abritent les migrants donneraient une mauvaise image de la ville.

Natacha Bouchart a raison : ces camps d’infortune font la honte de la ville, de la France et de l’Europe, qui se refusent à accueillir dignement des personnes qui ont fui des pays en guerre. Leur insalubrité comme leur indignité devraient conduire à se féliciter de leur disparition si l’administration imaginait des alternatives décentes. Mais les solutions proposées relèvent du mépris et sont contraires au principe d’inconditionnalité de l’hébergement tout comme à la circulaire du 26 août 2012.

Seuls les mineurs et les demandeurs d’asile se verront offrir un hébergement. Et là encore, quel sérieux dans les propositions annoncées !

- Les mineurs seront conduits à la base d’Ohlain, propriété du conseil général en charge de l’aide sociale à l’enfance. Mais cette base de loisirs n’est pas prévue pour recevoir des adolescents traumatisés, et leur gardiennage, organisé dans la précipitation, et plus encore les conditions dans lesquelles leur sera proposée cette mise à l’abri laissent présager une dépense inutile et négative de l’argent public.
- Les demandeurs d’asile seront dirigés dans des structures d’hébergement d’urgence sociale inadaptées à leur situation.
- Une fois de plus les personnes majeures en transit vers la Grande-Bretagne sont totalement ignorées.

Comme d’autres États de l’Europe, la France ne sait qu’opposer une politique de dissuasion à ces étrangères et à ces étrangers. Dans ces conditions, ils et elles ne risquent pas de vouloir s’établir sur le territoire et de solliciter une protection. Acculés à l’errance et à l’invisibilité, les unes et les autres devront ouvrir d’autres squats insalubres en y colportant leur gale.

Leur maladie, prétexte aux démantèlements, a été signalée à l’Agence Régionale de Santé (ARS) depuis deux mois déjà par les associations, sans que rien ne soit mis en œuvre pour y remédier. Mais le préfet promet des soins le jour de l’expulsion alors que l’information sur l’imminence de l’opération disperse les malades qui entendent ainsi éviter leur placement en centre de rétention et leur éloignement. Écœurante propagande et mépris absolu des impératifs de santé publique.

Cette nouvelle initiative répressive dans le Calaisis est en cohérence avec la politique du gouvernement qui vient d’annoncer une réforme de la réglementation relative à l’asile. Bâti sur l’idée que la grande majorité des demandes d’asile repose sur des mensonges, le projet de loi vise principalement à multiplier leur examen dans des conditions expéditives et à expulser les victimes qui n’auront ainsi pas pu bénéficier d’une étude équitable de leur situation.

Les organisations signataires réclament que :

- Au vu de l’urgence de la situation, un camp humanitaire encadré par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et/ou des ONG missionnées soit installé à Calais et partout où ce sera nécessaire ;
- Conformément à la décision du Défenseur des droits du 13 novembre 2012, l’usage de la violence policière cesse dans le Calaisis ;
- La situation de toutes les personnes migrantes soit sérieusement et individuellement examinée et qu’elles puissent être correctement soignées, sans menace d’expulsion ;
- L’État respecte l’inconditionnalité de l’hébergement et mette en place des dispositifs d’accueil adaptés et suffisants ;
- Les associations soient effectivement parties prenantes aux discussions et ne servent pas de faire-valoir à des décisions arbitraires ;
- Le traité du Touquet soit renégocié ;
- Le gouvernement et le Parlement renoncent à modifier dans un sens dissuasif la réglementation relative à l’asile (cf. préconisations de la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) ).

Liste des signataires :

ACC Minorités Visibles / Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) Calais / ADRA Dunkerque / Aide Migrants Solidarité (AMiS) Téteghem / L’Auberge des migrants / Calais, Ouverture et Humanité / Carrefour des Solidarités du littoral Nord / La CIMADE Nord-Picardie / Collectif de soutien des exilés (Paris) / Comité Anne Geneviève pour les droits des étrangers / Collectif contre le racisme et les idées d’extrême droite de Cherbourg / Fédération des associations de solidarité avec les travailleur.euse.s immigré.e.s (FASTI) / Fédération du Pas-de-Calais de la Ligue des droits de l’Homme / Flandre Terre Solidaire (FTS) / FNARS Nord-Pas-de-Calais / Fraternité migrants Bassin minier 62 / Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (GISTI) / Intégration « Les 3I » / Itinérance Cherbourg / Jesuit Refugee Service (France) / Ligue des Droits de l’Homme Dunkerque / Médecins du Monde délégation Nord-Pas-de-Calais / MRAP Dunkerque / Réseau Education Sans Frontières (RESF) / Le Réveil Voyageur / Salam Nord-Pas-de-Calais / Terre d’errance Flandres littoral / Terre d’Errance Norrent-Fontes / Terre d’Errance Steenvoorde /

Contacts :
Terre d’Errance (Norrent-Fontes) : Nan Suel (06 95 28 29 43).
Médecins du Monde délégation Nord-Pas-de-Calais : Mathieu Abt (06 17 90 62 54).
Collectif de soutien des exilés (Paris) et Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (GISTI) : Jean-Pierre Alaux (06 81 90 74 33).

CP expulsions Calais 27-05-2014