Newsletter n°19

LE JOURNAL HORS LES JUNGLES
n°19 // 13 août 2018

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La lettre d’info de la Plateforme de services aux migrants
Réseau d’associations intervenant dans les camps d’exilé.e.s de passage
du Nord de la France et du littoral de la Manche

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Infos des jungles

  • A Longuenesse, alors que le camp avait toujours été occupé par des personnes afghanes, il est habité désormais par une quinzaine d’hommes kurdes. Pourtant le parking à l’entrée de l’autoroute est toujours fermé.

“La Voix du Nord – un migrant dans un champ de blé à Longuenesse vu depuis le ciel” Philippe Hudelle

  • A Norrent-Fontes, Terre d’errance note des tensions autour du lieu de passage notamment dues à des arrivées plus importantes de personnes venant de Calais. Les bénévoles de l’association viennent en soutien également à une soixantaine d’adultes et enfants à l’HUDA de Fouquières (Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asile). L’association dénonce les interpellations à domicile ayant lieu à l’HUDA des demandeurs-ses d’asile dubliné.e.s assigné.e.s à résidence. Six personnes ont été arrêtées ces dernières semaines, renvoyées dans leur pays Dublin, revenues en France, reparties à zéro… Plus d’infos ici.
  • A Grande Synthe, 500 personnes survivent dans un camp situé près de la gare de Grande Synthe. Leurs tentes sont régulièrement détruites, lors d’expulsions (“opérations de mise à l’abri”) quasi hebdomadaires.Le directeur de cabinet de la Mairie de Grande-Synthe revient rapidement sur l’expérience de la Linière et condamne l’état qui se refuse à offrir localement à Calais ou à Grande Synthe une première réponse d’urgence.
  • A Calais, les violences contre les personnes migrantes perdurent, et celles contre les bénévoles également. Les associations Auberge des Migrants, Utopia 56 et Refugee Info Bus dénoncent le harcèlement policier, les violences physiques et verbales, les arrestations et contrôles abusifs dans un rapport étayé par les témoignages de 33 bénévoles. Retrouvez la vidéo ici. Le préfet a réagi immédiatement dans la presse “Toute personne qui le souhaite peut, comme c’est naturel dans un État de droit, saisir l’IGPN (inspection générale de la police nationale) ou le procureur de la République si elle estime être témoin ou victime d’un manquement”. Bon conseil! et c’est ce qu’ont fait ces bénévoles. Et l’IGPN les a invité.e.s à.. ne plus les saisir! + de détails ici.

Infos des assos

  • Le samedi 25 août, le Secours Catholique organise dans ses locaux calaisiens “un Aïd en amitié”. Vous êtes invité.e à partager un repas et une après-midi très conviviale et chaleureuse, avec la participation de la communauté musulmane de Calais. Rendez-vous de 13h à 20h, au 37 rue de Moscou à Calais.

Infos de la PSM

  • La Braderie de Lille arrive : les 1er et 2 septembre prochains, plusieurs associations du réseau PSM tiendront de nouveau un stand d’informations et de sensibilisation au sein de la “braderie solidaire”, sur la Place du Vieux Marché aux Chevaux. Venez leur y rendre visite ! Et si vous souhaitez participer à l’animation du stand, faites-nous signe (sensibilisation[at]psmigrants.org) !

Stand à la Braderie solidaire 2017

Autres temps de formation et d’échanges

  • Samedi 13 octobre, à Calais, le Grdr Migration-Citoyenneté-Développement et Lianes-Coopération proposent un atelier de formation et d’échanges autour des objectifs de développement durable (ODD), fixés par les Nations Unies. “Si vous êtes impliqué.e.s dans des actions de développement ou de solidarité dans votre territoire ou à l’international, cette formation devrait vous intéresser” et vous permettre de rencontrer d’autres acteurs locaux de solidarité. Ce sera de 10h à 16h, rue du Maréchal de Lattre de Tassigny à Calais. L’inscription se fait ici.
  • Nous sommes tou.te.s invité.e.s le samedi 20 octobre, à Douvres, pour une journée de rencontres et de réflexion entre associations anglaises et françaises. Cet événement est organisé par Justice&Peace, une association catholique se rendant régulièrement dans les camps de la région. Contactez-nous si vous êtes intéressé.e.s.

Outils juridiques

« Malgré la volonté déclarée du gouvernement et de sa majorité législative d’en faire un texte alliant « humanité » et « fermeté », l’examen du contenu de ce projet de loi permet rapidement de se rendre compte que c’est la seconde qui a pris le pas sur la première. Entre les nombreux durcissements (restriction des conditions d’attribution de la nationalité française à Mayotte, durée de rétention administrative allongée, recours non suspensifs pour certaines personnes…) et les multiples rendez-vous manqués (absence d’interdiction de l’enfermement pour les mineur·e·s ou encore maintien du « délit de solidarité »), ce projet de loi va encore précariser les personnes migrantes. »

Des temps de formation sur cette nouvelle loi seront prévus par la PSM. En attendant, vous pouvez retrouver toutes les informations sur les sites du GISTI et de la Cimade.

  • Des membres du réseau dénoncent les arrestations de personnes assignées à résidence sur leur lieu d’hébergement, ces pratiques sont déloyales. Pour comprendre et se défendre, vous trouverez des outils dans les fiches pratiques de la Cimade, que vous retrouverez ici et ici.

Sensibilisation : outil(s) du mois !

  • Fortuna sera bientôt sur vos écrans. Ce film, dont l’association Salam est partenaire, “vient questionner les thématiques complexes de l’accueil et de l’entraide aux réfugié.e.s à travers l’histoire de Fortuna, une jeune éthiopienne de 14 ans, qui trouve asile dans un monastère de haute montagne des Alpes suisses.” Déjà récompensé à plusieurs reprises, il sera projeté en avant-première à Calais, le samedi 1er septembre à l’Alhambra. Il y aura également une projection à Lille, le 17 septembre à 20h au cinéma Le Métropole, et à Dunkerque, Boulogne-sur-Mer et Arras (dates et lieux à confirmer). Pour plus d’infos, vous trouverez le dossier de presse du film ici. N’hésitez pas à inviter largement vos ami.e.s et voisin.e.s !
  • Vox Borders est une série de chouettes vidéos explorant l’impact des frontières à travers le monde. Vous trouverez notamment ici celle réalisée sur la frontière maroco-espagnole, autour de l’enclave de Melilla. Uniquement en anglais (sous-titres disponibles en anglais, espagnol ou vietnamien), donc pour vous qui connaissez la langue ou pour animer une action de sensibilisation sur “la frontière” en cours d’anglais par exemple…
  • Vos conseils de lecture pour l’été :

“Une Antigone à Khandahar” de Joydeep Roy-Bhattacharya

Nizâm est une Antigone musulmane. Quelque part en Afghanistan, à un poste avancé de l’armée américaine, pendant une guerre qui n’en finit pas, Nizâm est venue réclamer le cadavre de son frère Youssouf.

Un roman noir, “Terminus Tel-Aviv” de Liad Shoham

Une enquête dans le monde des “immigré.e.s clandestin.e.s” en Israël, entre ONG, mafia, kidnappings et trafic d’armes. Michal Poleg, un activiste acharné à défendre les droits des personnes demandant l’asile, est retrouvé assassiné…

Pour comprendre / pour cogiter

  • La traque des personnes migrantes n’est pas que physique, elle s’exerce aussi sur les réseaux sociaux et à l’intérieur même des téléphones portables. C’est ce qu’explique RFI dans un article sur l’enjeu des données mobiles des migrant.e.s. Retracer le parcours, vérifier l’identité, c’est ce que font nos voisin.e.s européen.ne.s et cela en toute opacité.
  • L’Aquarius, symbole de la solidarité maritime, repart en mer. L’équipage s’engage a être témoin de ce qu’il se passe en mer, et à secourir les personnes en danger, quoi qu’il arrive. Plus de 500 personnalités soutiennent l’Aquarius dans ce communiqué. Tou.te.s #onboard !
  • L’acharnement contre les aidant.e.s n’a pas été freiné par la décision du Conseil Constitutionnel relative au principe de fraternité. Martine Landry qui avait été relaxée par le Tribunal de Grande Instance de Nice de l’accusation d’ « aide à l’entrée sur le territoire français de deux mineurs en situation irrégulière » vient d’apprendre que le parquet fait appel. La lutte continue !

Plateforme de services aux migrants
www.psmigrants.org

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Communiqué de Romeurope sur le traitement réservé aux habitant.e.s du bidonville Pasteur

OQTF à Lille : Communiqué de Romeurope sur la saisine du Défenseur Des Droits

OQTF À LILLE : COMMUNIQUÉ DE ROMEUROPE SUR LA SAISINE DU DÉFENSEUR DES DROITS

Une citoyenneté européenne de seconde zone à  Lille : le Défenseur des Droits saisi

Le 08 août 2018,

Aujourd’hui, mercredi 8 août, le CNDH Romeurope et le Collectif Solidarité Roms Lille Métropole saisissent le Défenseur des Droits pour l’alerter sur des pratiques administratives illégales et ineptes visant certains citoyens européens précaires de Lille.

Des OQTF délivrées collectivement aux habitants

Depuis septembre 2017, ce sont au moins 66 OQTF qui ont été délivrées aux habitants du bidonville « Pasteur » à Lille lors d’au moins 5 opérations policières, principalement au motif que ces personnes constitueraient une « charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale ».

Alors même que l’OQTF nécessite un examen individuel de la situation personnelle de l’intéressé, des militants ont pu constater à plusieurs reprises que des formulaires pré-remplis d’OQTF étaient imprimés directement sur place par la police après avoir simplement recueilli le nom et les documents d’identité des habitants du terrain et sans avoir conduit au préalable un quelconque entretien avec la personne. C’est ainsi que des personnes ayant un contrat de travail et un droit au séjour en France se sont vues remettre une OQTF.

Pour s’assurer de l’exécution effective de ces OQTF, la préfecture du Nord a pris l’habitude de confisquer systématiquement les pièces d’identité des habitants lors des notifications des mesures d’éloignement, voire d’autres documents administratifs tels que les cartes d’aide médicale d’Etat (AME). Or, si le droit  autorise sous certaines conditions la retenue des documents d’identité, il ne prévoit en aucun cas la confiscation des cartes AME, qui a pour conséquence de priver les personnes d’un accès aux soins.

Un absurde voyage en Belgique

La restitution des documents aux intéressés se déroule à l’issue d’une procédure très particulière mise en œuvre depuis 2016 ; la policeescorte les personnes jusqu’au poste frontière belge de Baisieux ou leurs documents leurs sont remis. Une fois cette mesure exécutée, les personnes retournent dans leur bidonville lillois, fait parfaitement connu de la Préfecture.

Cette situation témoigne d’un véritable détournement des mesures d’éloignement visant les citoyens roumains en situation de grande précarité qui sert une « politique du chiffre » en gonflant artificiellement les statistiques d’exécution des mesures d’éloignement.

Au-delà des distributions d’OQTF, le bidonville « Pasteur » doit être expulsé sous peu et ses habitants risquent d’être encore plus fragilisés dans leurs démarches d’insertion vers le droit commun. Les habitants ont écrit au Préfet pour avoir un peu de répit.

Face à ces pratiques discriminatoires qui ciblent uniquement des citoyens roumains, tous Roms, en situation de grande précarité, le CNDH Romeurope et le Collectif de Solidarité Roms de Lille sollicitent l’intervention du Défenseur des droits afin qu’un terme soit mis à cette pratique inacceptable !

Contact presse

Lisa Taoussi : 06 69 22 90 33 / Twitter : CNDH_Romeurope / 

Dominique Plancke : 06 70 33 31 79 / Collectif Solidarité Roms de Lille Métropole / 

#ONBOARDAQUARIUS – L’Aquarius repart en mer, et nous, les 500 signataires, soutenons sa mission.

Depuis début juin 2018, tandis que les navires humanitaires sont empêchés de sauver des vies et éloignés de la zone de sauvetage au large des côtes libyennes, la Méditerranée centrale compte au moins 721 nouvelles victimes (chiffre de l’OIM- Organisation Internationale pour les Migrations au 31 juillet).

L’Aquarius, le navire affrété par l’organisation européenne de sauvetage en mer SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), repart en mer car des êtres humains continuent à perdre la vie en tentant de fuir l’enfer libyen. Il repart en mer car le sauvetage est son devoir, sa responsabilité, sa mission et celle des marins à son bord. C’est aussi le devoir de tous les autres bateaux qui naviguent en Méditerranée centrale et de leurs équipages. Aujourd’hui, les navires dédiés à la recherche et au sauvetage d’embarcations en détresse sont en nombre plus insuffisant que jamais.

L’AQUARIUS REPART DANS LES EAUX INTERNATIONALES, AU LARGE DE LA LIBYE PARCE QU’IL EN A LE DROIT ET QUE L’AIDE QU’IL PEUT APPORTER EST EFFICACE, PROFESSIONNELLE ET HUMAINE.

Certains disent qu’il serait complice du drame humanitaire qui se déroule en Méditerranée, c’est faux. Son seul et unique objectif est de sauver des vies en mer : empêcher que des femmes, des hommes et des enfants ne se noient. Toutes ses actions sont guidées par un seul impératif ancré dans le droit maritime international : secourir les personnes en danger de mort dans les eaux internationales le plus vite possible. Et les conduire, dans les meilleurs délais, vers un lieu sûr et proche, où elles puissent obtenir la protection à laquelle elles ont droit, où leurs besoins seront assurés et leurs droits garantis.

L’Aquarius s’engage à toujours coordonner ses actions avec les autorités maritimes, quelles qu’elles soient, comme il l’a toujours fait par le passé. Il s’engage à suivre toutes les instructions qui ont pour seul but le sauvetage dans le respect des conventions maritimes internationales. En toutes circonstances, il se référera à son devoir supérieur  de porter assistance.

De fait, si ayant connaissance d’une embarcation en détresse, l’autorité maritime compétente lui donne ordre de ne pas s’approcher ni assister – comme cela a déjà eu lieu au cours des derniers mois, il ne se conformera pas à ces instructions de non-assistance à moins d’avoir la certitude que tous les autres moyens disponibles sont mis en œuvre pour sauver les personnes en danger et pour les mettre à l’abri dans un lieu sûr.

De même, s’il reçoit instruction d’attendre alors que le danger est imminent et qu’il a la possibilité de sauver des personnes d’une noyade certaine, il ne pourra pas attendre.

Enfin si on lui ordonne de débarquer les personnes secourues dans un port de Libye, ou de les transborder vers un navire qui les ramènerait vers l’enfer qu’elles fuient, il s’y refusera toujours. La Libye ne peut en aucun cas être considérée comme un lieu sûr.

L’AQUARIUS REPART EN MER…

Malgré lui, l’Aquarius est devenu un symbole de la solidarité maritime. Il prétend être les yeux et les oreilles des citoyens qui, comme lui, considèrent qu’en mer comme à terre, secourir ceux qui sont en danger prévaut sur toute autre considération.

Alors que ce principe fondamental et reconnu est remis en cause en Méditerranée centrale, l’Aquarius s’engage à rendre public, dans la plus grande transparence, tout ce dont il sera témoin en mer. Il s’engage également à dénoncer tout ce qui irait à l’en- contre des règles du sauvetage en mer définies depuis plusieurs décennies par les conventions maritimes internationales.

L’Aquarius repart en mer.

NOUS SOMMES TOUS #ONBOARDAQUARIUS

Abd Al Malik     –     Rappeur, écrivain, cinéaste
Abderrahmane SISSAKO     –     Réalisateur
Adrien HARDY     –     Navigateur
Agnès JAOUI     –     Cinéaste et actrice
Agnès LOUDES      –     Directrice déléguée Théâtre Antoine Vitez
Agnès MERLET     –     Cinéaste
Aissa MAIGA     –     Actrice
Alain CAPESTAN     –     President Comptoir des Voyageurs
Alain ROUSSET     –     Président du Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine
Albina DU BOISROUVRAY     –     Journaliste
Alessandra BALLERINI     –     Avocato
Alessandro DAL LAGO     –     Docente università, saggista, scrittore
Alessia BERTELLI     –     Funzionaria Umanitaria
Alex ZANOTELLI     –     Missionario Comboniano
Alexandra TURCAT     –     Rédactrice-en-chef Le Marin
Alexandre CAZAC     –     InFiné Music
Alexia BARRIER     –     4myplanet
Alfonso CUARON     –     Réalisateur
Alice DIOP     –     Cinéaste
Aline FISCHER     –     Auteure-réalisatrice
AMNESTY INTERNATIONAL ITALIE     –     AMNESTY INTERNATIONAL ITALIE
Ana María REBOLLAR BERNARDO     –     Deputy Director
Andrea KOTHEN     –     ProAsyl, Stellvertretende Geschäfstführerin
Andrea STOCCHIERO     –     Concord Italia
Andrea YPSILANTI     –     Vorstand des Instituts für Solidarische Moderne
Anna MIGNOSA     –     Docente Università Catania
Anna PONENTE     –     Direttrice del Centro Diaconale La Noce – Istituto Valdese di Palermo
Annalena BAERBOCK     –     Bündnis 90/Die Grünen, Bundesvorsitzende
Anne de BAGNEAUX-SAVATIER     –     Séjour d’Albâtre
Anne SINCLAIR     –     Journaliste
Anne WEILL     –     Agronome, chercheur
Anne-Katrin ZAPRYANOVA     –     Chargée de projet
Annelie BUNTENBACH     –     Geschäftsführender Bundesvorstand DGB
Antoine RICARD     –     President Centre Primo Levi
Anton TEUNISSEN     –     MdM Netherlands
ARANDEL     –     CEO
Arianne ASCARIDE     –     Actrice
Arianne DE JONG     –     Dokters van de Wereld/ Médecins du Monde the Netherlands
Arnaud BERTINA     –     Ecrivain
Arnaud DES PALLIERES     –     Cinéaste
Arne LIETZ     –     MdEP
Astrid ROTHE-BEINLICH     –     Vorstand des Instituts für Solidarische Moderne
ASTRID WIEDERSICH AVENA     –     AVOCATO
Audrey PULVAR     –     Présidente de la FNH
Awa LY     –     Artista
Baptiste BREBEL     –     Marin
Barbara CASSIN     –     Philosophe, Maison de la sagesse traduire
Basile ADER     –     Vice-Bâtonnier Barreau de Paris
Béatrice VOSS     –     Présidente Commission Libertés et Droits de l’lHomme du Conseil national des Barreaux
Benedetta SENATORE     –     Speaker radio
Benoist DE SINETY     –     Archevêque
Benoit GUERIN      –     Ingénieur
Benoit MIRIBEL     –     Cofondateur d’Alternatives Humanitaires
Benjamin STORA     –     Historien
Bernadette LAVAL      –     Maître de Conférences e.r
Bernard CHEVILLAT     –     Cinéaste
Bernard FOCCROULLE     –     Directeur Festival d’Aix
Bernard LAVILLIERS     –     Musicien
Bernd RIEXINGER     –     Vorsitzender der Partei DIE LINKE
Bertrand BADIE     –     Politiste, professeur à Siences-Po Paris
Bertrand BELIN     –     Artiste
Bertrand PETIT     –     Gerant
Brigitte BENKEMOUN     –     Journaliste, écrivain
Brigitte GIRAUD     –     ECRIVAINE
Brigitte ROUAN     –     Cinéaste
Brigitte SY     –     Actrice réalisatrice scénariste
Bruno JOURDAN      –     FANFANS
Camélia JORDANA     –     Chanteuse et Actrice
Carole DELGA     –     Présidente de la Région Occitanie
Catherine CHABAUD     –     Navigatrice, Fondatrice « Innovations bleues »
Catherine HERVÉ      –     Employée
Catherine LECOQ      –     COLLECTIF LORIENT
Catherine VAN DEN STEEN      –     Artiste
Cécile COUDRIOU     –     Présidente Amnesty International France
Cécile MAISONHAUTE     –     Pianiste
Cédric HERROU      –     Président DTC- Défends Ta Citoyennenté
Cédric KLAPISH     –     Réalisateur, producteur
Chantal LOISELET     –     Association des Amis du Jeudi et du Dimanche (Le Bel Espoir du  Père Jaouen)
Chantal RIPOCHE      –     Expert
Charles KLOBOUKOFF     –     Président fondateur Léa Nature
Charlotte BAGLAN     –     CHARGEE DE CASTING
CHENUIL-HAZA     –     ECPM Directeur general
Christian APOTHELOZ     –     ACIM
Christian BOLTANSKI     –     Artiste
Christian MOLKE     –     CEO, ADRA Deutschland
Christophe DELTOMBE     –     Président de la CIMADE
Christophe GIVOIS     –     Cinéaste
Christophe RUGGIA     –     Co-président de la Société des  Réalisateurs de Films
Claire DENIS     –     Réalisatrice
Clarisa GIAMELLO     –     Coordinadora de ONGD de España
Claudia ROTH     –     Bündnis 90/Die Grünen, MdB, Vizepräsidentin des Deutschen Bundestages
Claudio BISIO     –     Comédien italien
Coalition of the Flemish North South movement     –     Coalition of the Flemish North South movement
Collectif Accueil en Pays de Lorient     –     Collectif Accueil en Pays de Lorient
Compagnie Jolie Môme     –     Compagnie Jolie Môme
Constance BENQUE     –     “Présidente “”ELLE”””
Corine LASMOLLES     –     Collectif SOLIDAIRES09
Cristiano TINAZZI     –     Giornalista freelance
Cyril ATEF     –     Musicien
Damien CAREME     –     Maire de Grande Synthe
Damien GRIMONT      –     Dirigeant Profil Grand Large
Damien SOLDADIÉ     –     Assistant-collaborateur d’Edgar Morin
Daniel PENNAC     –     Ecrivain
Daniela MOROZZI     –     Attrice
Daniela PADOAN     –     Scrittrice
Daniele BIELLA     –     Giornalista
Danilo SULIS     –     Presidente – Rete 100 passi
Dany COHEN     –     Avocat honoraire
Darren FORMOSA     –     Chairperson SKOP (Malta National Platform)
David Edward ZAMMIT     –     Senior Lecturer – University of Malta
David SUSSMANN     –     Fondateur Seafoodia
Davide CAMARRONE     –     Scrittore, giornalista
Davide FERRARIO     –     Regista
Délinquants Solidaires     –     Délinquants Solidaires
Didier CASTINO     –     Auteur
Domenico RICCA     –     Comitato Piemonte Salesiani per il sociale
Dominik MOLL     –     Cinéaste
Dominique Anne-Marie LHOEST     –     Présidente de Kultur R’Art & Humanité
Dominique ATTIAS     –     Avocate Barreau de Paris
Dominique BLANC     –     Actrice
Dominique CABRERA     –     Cinéaste
Dominique FARKAS      –     Chanteur
Dominique SUBRA     –     Adjointe au Maire Foix
Jean BOTTU     –     Président MdM Luxembourg
Edda PANDO     –     Associazione Todo Cambia Milano
Edi RABINI     –     Presidente fondazione Alexander Langer Stiftung Onlus Bz
Edith HEARD      –     Chercheur, Institut Curie – Professeur, Collège de France
Edouard BERLET     –     Membre et porte parole de l’Académie de marine
Edwy PLENEL     –     Journaliste
Elena CONSIGLIO     –     Ricercatrice Università di Palermo
Eléna ETRILLARD      –     Solidarité Laïque
Elena URDANETA     –     Executive Director of Medecins du Monde-Espagne
Elisabeth LASSERRE      –     Mejmar
Ellen WATERS     –     Director of Development, Doctors of the World
Elly SCHLEIN     –     Member of the European Parliament
Else Marie LAUKVIK     –     OdinTeatret
Emily LOIZEAU      –     Auteur compositeur interprète
Emma DANTE     –     Regista
Emmanuel BLANCHARD     –     Président Réseau Migreurop
Emmanuel KOSADINOS     –     Association Internationale pour les Politiques de Santé en Europe
Emmanuel MBOLELA     –     ARCOM
Emmanuel POILANE     –     Président du CRID
Enrico CASTELLANI     –     Babilonia Teatri
Enrico LETTA     –     Professeur à Sciences Po
Eric BARCHECHATH     –     Chercheur
Eric DE KERMEL      –     Editeur Bayard
Eric FASSIN     –     Sociologue, professeur à l’Université Paris-8
Eric LEGENDRE     –     Audit & Internal Control, La Chaîne de l’Espoir
Eric PIEL     –     Psychiatre
Erri DE LUCA     –     Ecrivain
Esther GARREL     –     Actrice
Eudes RIBLIER     –     Président de l’Institut Français de la Mer
Eugenio BARBA     –     Regista teatrale
Faïka BEJAOUI     –     Architecte
Fanfano Emanuele     –     Les Glénans Bonifacio – Direttore
Fanni BIHARI     –     ACT Alliance EU
Fanny DOMBRE COSTE     –     Ancienne Députée
Fatoumata DIAWARA     –     Musicienne
Federica GIOVANNETTI     –     Giornalista
Féfé      –     Musicien
Fernand BOZZONI     –     Président Directeur Général Société  Socatra
Fernando MARQUES     –     President Médecins du Monde Portugal
Fethi EL HADJALI     –     Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie
Fiorenzo ALFIERI     –     Presidente Accademia Albertina di Belle Arti di Torino
Flora GRAIONI     –     IREX Europe
Florence PAZZOTTU     –     Ecrivain/cinéaste
Francesca Romana RIETTI     –     Odin Teatret
Francesca Vallarino GANCIA     –     Associazione Mamre – Vice Presidente
Francesco MURATORI     –     Giornalista
Francis MONTHÉ     –     Président du GRDR
Franco MONNICCHI     –     Presidente Emmaus Italia
Francois DE KEERSMAEKER     –     Geschäftsführer Ärzte der Welt/Médecins du Monde Deutschland
François GABART      –     Skipper Trimaran Macif
Francois MAHÉ     –     VIF
François MOREL     –     Comedien, chroniqueur
Françoise BRAVELET     –     Psychologue clinicienne
Françoise NAY     –     Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité
Frank MICHELLETI     –     Chorégraphe
Frauke MEYER     –     Studentin
Frédéric MARCHAND     –     Avocat associé Cornet Vincent Ségurel
Frédéric MONCANY de SAINT-AIGNAN     –     Président du Cluster Maritime Français – Capitaine de 1ère Classe de la Navigation Maritime
Frédéric STOCHL     –     Musicien
Gabriele VACIS     –     Regista
Gael AUSTIN     –     President Medecins du Monde Japan
Gael FAYE     –     Auteur, compositeur, interprète
Gaspard ULLIEL     –     Acteur
Geneviève BRISAC     –     Ecrivaine et éditrice
Geraldine CHATELARD     –     Chercheuse en Sciences Sociales à l’UNESCO
Gérard FELDZER     –     Journaliste France Info
Gesine SCHWAN     –     SPD-Politikerin, Mitgründerin Humboldt-Viadrina Governance Platform gGmbH
Gian Giacomo MIGONE     –     L’Indice dei libri del mese
Giovanni BAGLIVO     –     COMI
Giuliano MINIATI     –     Sceneggiatore
Giuppa CASSARA     –     Gris Sicilia- coordinatrice regionale
Gregorio PORCARO     –     Referente regionale Libera in Sicilia
Guela SEKHNIACHVILI     –     Conseiller diplomatique
Guillaume MEURICE     –     Humoriste et chroniqueur
Guillaume MINIER     –     Carrefour des Humanités Paul Ricoeur
Gustave MASSIAH     –     IPAM
Gwenaëlle AUBRY     –     Ecrivain
Hanna INGELMAN-SUNDBERG     –     Médecins du Monde | Läkare i Världen Sweden
Harald LOHLEIN     –     Paritätischer Gesamtverband, Leiter der Abteilung Migration und Internationale Kooperation
Heiko KaAUFFMANN     –     Mitbegründer von Pro Asyl, Aachener Friedenspreisträger
Hélène DERRIEN      –     Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité
Hélier CISTERNE     –     Réalisateur
Henri LEFEVBRE     –     Des Ponts Pas Des Murs
Henri THULLIEZ     –     “Directeur de fondation  Egalité des chances en Afrique Avocat au barreau de Paris”
Hervé BOKOBZA     –     Psychiatre, La carmagnole
Hervé DI ROSA     –     Artiste
Hocine TANDJAOUI     –     Ecrivain
Hubert COLAS     –     Montevideo – Actoral – Diphtong cie – Directeur artistique
Hubert TRAPET     –     Président d’Emmaüs France
Hussein BOURGI     –     Conseiller Régional d’Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
IAM     –     Groupe de rap
Isabelle AUTISSIER     –     Navigatrice
Isabelle COURSIN     –     Documentaliste
Isabelle FERREIRA     –     Enseignante détachée auprès de Reseau Canope
Isabelle MORET     –     Directrice générale SOS Villages Enfants – France
Isabelle RIGONI     –     Maître de conférences en sociologie
Isabelle RIVOLET     –     Experte Protection Humanitaire au Nations Unies
Isidoro MAZZA     –     Docente Università di Catania
Jacques MAILLOT     –     Fondateur et journaliste Nouvelles Frontières
Jacques ROUGERIE     –     Architecte Institut de France
Jacques TESTART     –     Critique de Sciences
Jan DELAY     –     Musiker
Jean CODOGNES     –     Avocat, Ancien député
Jean VARELA     –     Directeur printemps des comediens
Jean VIARD     –     Sociologue
Jean-Baptiste RiICHARDIER     –     Co-fondateur Handicap International
Jean-Claude GAYSSOT     –     Président Port Sud de France
Jean-François BLANCO     –     Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine
Jean-François BOUTHORS     –     Editeur, journaliste et écrivain
Jean-Francois CLERVOY      –     Astronaute
Jean-Luc DE LAGUARIGUE      –     Photographe
Jean-Luc MENET     –     Musicien
Jean-Marc LEVY-LEBLOND     –     Physicien, Professeur des universités (émérite)
Jean-Marc MOUTOUT     –     Cinéaste
Jean-Marc ROUÉ      –     Président de Brittany Ferries
Jean-Marie BIETTE     –     Directeur Général Infomer Responsable du Pôle mer du Groupe Ouest-France
Jean-Marie HULLOT     –     Président Fondation Iris
Jean-Marie LE CLEZIO     –     Ecrivain
Jean-Michel DUCOMTE      –     Président honoraire de la Ligue de l’enseignement
Jean-Michel GERMA     –     Président de SOPER
Jean-Michel LE BOULANGER     –     1er Vice-Président Conseil régional de Bretagne
Jean-Paul BOUCHER     –     Directeur Général Ouest-France
Jean-Paul HELLEQUIN      –     Président Mor-Glaz
Jean-Paul MONTANARI     –     Directeur Montpellier Danse
Jean-Pierre et Luc DARDENNE     –     Réalisateurs
JEAN-PIERRE MARTIN     –     Collectif immigration-asile 5-13
Jean-Roch SERRA     –     CEO La Chaîne de l’Espoir
JEFFRESON SEAMUS     –     Director of Concord Europe
Jimena MARRO     –     Médicos del Mundo Argentina
Jimmy PAHUN     –     Député
Judith GLEITZE     –     Borderline Europe
JUDITH SUNDERLAND     –     Human Rights Watch
Julianna VAMOS     –     psychanalyste
Julie BERTTUCCELLI     –     cinéaste
Julien BAYOU     –     Porte-parole national EELV
Juliette  DELAPLACE     –     Secours Catholique Caritas France
Juliette BINOCHE     –     Actrice
Karin OSSWALD     –     Films Femmes Méditerranée
Karin VIARD     –     Actrice
Karl KOPP     –     Director of European Affairs, PRO ASYL
Katja KIPPING     –     Vorsitzende der Partei DIE LINKE
Kevin KUHNERT     –     Jusos, Bundesvorsitzender
L’ACORT     –     L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie
Laura COLINI     –     Tesserae
Laura MARMORALE     –     Municipalità 3 Comune di Napoli
Laure FAY     –     Vu Com’
Laure GARANCHERr     –     The Ink Link
Laurence MONSENEGO      –     Journaliste
Laurence ROQUES     –     Présidente Syndicat des Avocats de France
Laurent BIZOT     –     Producteur No Format
Laurent CANTET     –     Cinéaste
Laurent ZIEGELMEYER     –     Conseiller municipal Choisy le Roi
Léa FEHNER      –     Réalisatrice de films
Leoluca ORLANDO     –     Sindaco di Palermo
Léonie PERNET     –     Musicienne
LES OGRES DE BARBACK     –     Musicien
Letizia PEZZALLI     –     Scrittrice
Lilian MATHIEU     –     Sociologue
Lilian THURAM     –     Sportif, Fondation Lilian Thuram
Linda ZIMMERMANN     –     Johanniter
Lionel ABELANSKI     –     Acteur
Lionel HABASQUE     –     PDG Terre d’aventure
Livio PEPINO     –     Edizioni Gruppo Abele
Louis MARTINEZ     –     Musicien /Président Festival Jazz à Sète
Lucile DAUMAS     –     Manifeste euroafricain sur la migration
Luigi CIOTTI     –     Presidente di Libera Associazioni, Nomi e Numeri contro le mafie
Macha MAKEIEFF     –     Metteure en scène, directrice théâtre La Criée
Madame Monsieur     –     Musicien
Malik SALEMKOUR     –     LDH
Manuel BARTHAS     –     Secrétaire fédéral PS Pays basque
Marc CHEVALLIER     –     Ancien Président de Armateurs de France, CESER Occitanie
Marcello FONTE     –     Artista
Marco MASCIA     –     “Direttore del Centro di Ateneo per i Diritti Umani “”Antonio Papisca””, Università di Padova”
Marco RIZZO     –     Giornalista
Maria Carmela MINI      –     Directrice
Marianna ADDONIZIO     –     Aid worker
Mariano OTERO     –     Artiste peintre
Marie PAYEN      –     Comédienne
Marie-Christine GRIES     –     Comité de liaison ONG UNESCO
Marie-Pierre ROUSSE     –     Réalisatrice / Association Ingénieuses Afrique
Marina IRIBARREN      –     GRAPHIC DESIGNER MACHARO
Marine DE BRUYN     –     Chefe de projet
Marité NADAL     –     “FESTIVAL “”FILMS FEMMES MEDITERRANEES”””
Markus N. BEEKO     –     Generalsekretär von Amnesty International in Deutschland
Marta SERAFINI     –     Giornalista
Martina MANSUETO     –     Attrice
Martine CHANTECAILLE     –     Professeure de philosophie
Mathieu KASSOVITZ     –     ACTEUR
Mathieu RICARD     –     Ecrivain, moine boudisthe
Maurice FREUND     –     Président Coopérative Point Afrique
Mélissa LAVEAUX     –     Musicienne
MEMAIN     –     Porte parole Solidaires Sud Emploi  Occitanie
Membres de la coalition     –     Boats 4 People
Michel AGIER     –     Directeur de recherche à l’IRD, Directeur d’Études à l’EHESS
Michel BOUCHET     –     Economiste
Michel DUCLOS     –     Diplomate
Michel VIGIER      –     Dirigeant d’Entreprises – IPAM
Mireille DELMAS-MARTY     –     Juriste française, professeure honoraire
Mirella SCHINO     –     Università di Roma Tre
Monique TEYSSIER     –     Présidente du Festival de Thau
Monseigneur PONTIER     –     Archevêque de Marseille
Nacer EL IDRISSI     –     Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
Nadia BEUGRE     –     Chorégraphe
Nadia BEUGRE     –     Artiste Chorégraphe
Nadia TERRANOVA     –     Scrittrice
NAGUI     –     Animateur Producteur
Natalino BALASSO     –     Attore
Natalino RUSSO     –     Giornalista
Nathalie GARRAUD      –     Théâtre des 13 vents CDN Montpellier
Nathalie RAMBOZ      –     Thales
Nerina BOSCHIERO     –     UNIMI- Preside Giurisprudenza
Nicolas BERGERON     –     President – Médecins du Monde Canada
Nicolas BIUCHAUD     –     Comédien, metteur en scène
Nicolas PHILIBERT     –     Cinéaste
Nicolas VAN NUFFEL      –     Directeur du plaidoyer, CNCD-11.11.11 (Belgique)
Nicole FERRONI     –     Humoriste et chroniqueuse
Nina KEHAYAN     –     Traductrice, auteure
Noël FORGEARD      –     Ancien Président d’Airbus
Noémie SAFFRAY     –     Avocat
Nolwenn LEROY      –     Artiste
Océan     –     Auteur, comédien
Oliver RODEWALD     –     Acting Director
Olivier PY     –     Directeur Festival d’Avignon
Olivier ROELLINGER     –     Chef cuisinier
Ousmane DIARRA     –     President of Association Malienne des Expulsés (AME)
Padre Alex ZANOTELLI     –     Missionario comboniano
Paola MINACCIONI     –     Attrice
Paola REGINA     –     Avvocato internazionalista – Unione forense per i diritti umani – Osservatorio solidarietà, Carta di Milano
Paolo DIECI     –     LINK 2007
Paolo FRESU      –     Musicien italien
Paolo PEZZATI     –     Humanitarian Policy Advisor Oxfam Italia
Paolo Vincenzo CASTALDI     –     Libero cittadino
Pascale CASSAGNEAU     –     Critique d’Art
Pascale CANAL     –     Adjointe maire Foix
Pascale FERRAN     –     Cinéaste
Pasqua DE CANDIA     –     CISS/Cooperazione Internazionale Sud Sud
Patricia MAZUY     –     Réalisatrice / association de développement et d’encadrement des jeunes et de l’enfance
Patrick BOISSIER     –     Président Association The Bridge
Patrick BOUCHAIN     –     Architecte
Patrick BOUCHERON     –     Historien Collège de France
Patrick CHAMOISEAU     –     Ecrivain
Patrick EBERHARD     –     Médecin
Patrick HENRIOT      –     Secrétaire général Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (Gisti)
PATRICK HERR     –     PRÉSIDENT FONDATEUR ARMADA DE LA LIBERTÉ
Paul FROMY      –     HUNDA
Paul RONDIN     –     Directeur délégué Festival d’Avignon
Pauline CHETCUTI     –     ACTION CONTRE LA FAIM
Pauline ZANETTI     –     Programme Manager
Pénélope BAGIEU     –     Illustratrice
Peter HARLING     –     Founder & director at Synaps Network
Philippe BEAUSSANT     –     Président Comité Liaison ONG-UNESCO
Philippe CLAUDEL     –     Écrivain et réalisateur
Philippe CORCUFF      –     Maître de Conférences de science politique à l’IEP de Lyon
Philippe DE BOTTON     –     Président de Médecins du Monde
Philippe GLOAGUEN     –     Fondateur et directeur Les Guides du Routard
Philippe JAHSHAN      –     Président de Coordination SUD
Philippe RYFMAN     –     Avocat en Droit des organisations humanitaires
Piero PIZZO     –     La corriera Soc Coop
Pierre BOULDOIRE     –     Maire de Frontignan / 1er VP Département Hérault
Pierre MEISEL     –     Directeur TEAM JOLOKIA
Pierre RABHI     –     Ecrivain, fondateur Mouvement Les colibris
Pierre-Marie CARRE     –     Archevêque de Montpellier
Pierre-Yves MARIELLE     –     Acteur
Prof. Dr. Klaus J. BADE     –     Gründungsvorsitzender SVR
Prof.Dr.med Zenker MPH, HEINZ-JOCHEN     –     President of the Board Ärzte der Welt/Médecins du Monde Germany
Progetto Mediterranea     –     Progetto Mediterranea
Prudence RIFF     –     Prudence RIFF
Raimund HOGHE     –     Writer / Choreographer
Rantchor OUDAY     –     Enseignant
RAPHAEL BALDOS     –     JOURNALISTE
Razerka LAVANT      –     Metteure en scene
Reem BOUARROUJ     –     Médecin
REF – Réseau Euromed France     –     REF – Réseau Euromed France
Rémi POZLA     –     Cinéaste
Rémi ZAAROUR     –     Dessinateur
Renaud HELFER-AUBRAC     –     Président Radio pour la Paix
Ri DE RIDDER     –     President MdM Belgium
Richard LOPEZ      –     Ancien président de la FNCS
Rita LEOTE     –     Executive Director
Rithy PANH     –     Cinéaste
Robert GUEDIGUIAN     –     Réalisateur
Robert HABECK     –     Bündnis 90/Die Grünen, Bundesvorsitzender
Robert SABATA GRIPEKOVEN     –     Président des Avocats Européens Démocrates (AED)
roberta CARERI     –     Odin Teatret
Roberta SERDOZ     –     Giornalista
Roberto BELTRAMI     –     Président du Consistoire de l’Eglise Protestante Unie – Arc Phocéen
Robin RAMPILLO     –     Cinéaste
Roland BIACHE     –     Délégué Général de Solidarité Laïque
Roland DESBORDES     –     Ex président Criirad
Roland JOURDAIN     –     Navigateur Kairos, Elu au CR de Bretagne
Romdhane BEN AMOR     –     Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux
Romuald VUILLEMIN     –     Cinéaste
Ron WALDMAN, MD     –     President, Doctors of the World/USA
Rony BRAUMAN     –     Ancien président de Médecins Sans Frontières
Roxana NADIM     –     Enseignante à Sciences Po Aix
Sabina SINISCALCHI     –     Presidente – Oxfam Italia
Sabrina BIGNIER     –     Directrice exécutive FIACAT
Safy NEBBOU     –     Cinéaste
Saïd BOUKENOUCHE     –     Enseignant
Salia SANOU      –     Directeur Compagnie Mouvement Perpetuels
Samuel LE BIHAN     –     Comédien
Sandra LAUGIER      –     Professeur à l’université Paris 1 Pantheon Sorbonne
Sandro jOYEUX     –     Cantante
Santiago AMIGORENA     –     Réalisateur, scénariste
Seb MARTEL     –     Musicien
Sébastien MABILE     –     Avocat
Sébastien NADOT     –     Député LREM
Segolene DE MAUPEOU      –     Photographe
Ségolène NEUVILLE     –     Ancienne secrétaire d état
Serge PAPIN     –     Ex-Président Système U
Shahak SHAPIRA     –     Comedian
Sibylle KLUMPP     –     Présidente de Région, Eglise Protestante Unie de France
Sophia ARAM     –     Comédienne, Humoriste
Stefan SCHMIDT     –     Borderline europe and flüchtlingsbeauftragter von Schleswig-Hostein
Stefano CIAFANI     –     Legambiente (presidente)
Stefano FERRI     –     Video editor
Stephan SCHMIDT     –     Ehemaliger Kapitän der CAP ANAMUR, Borderline Europe und Flüchtlingsbeauftragter von Schleswig-Holstein
Suor Giuliana GALLI     –     Presidente Associazione Mamre onlus
Sylvestre LOUIS     –     Président des Glénans, Ecole Française de Voile
Taha BEN MRAD     –     Seed4equity – Humanitarian Investment Fund
Tarek BEN HIBA     –     Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
Théophile YONGA     –     Président TERRAFRIK ALTERNATIVES
Thierry JEANTET      –     Président ESS-Forum International
Thierry MAURICET & Xavier BOUTIN     –     Co-Présidents de la Coordination Humanitaire et Développement
Thierry PILENKO     –     Excecutive Chairman
Thomas GEBAUER     –     Executive Director, medico international
Thomas GILOU     –     Cinéaste
Thomas PiIKETTY     –     Economiste
Thomas SOMMER-HOUDEVILLE     –     Docteur en Sociologie Politique
Tim HUGHES     –     AEDH (Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme)
Udo LINDENBERG     –     Musiker
Ulrik SKEEL     –     Coordinatore
Valérie DAVENEAU     –     Directrice générale par intérim Domaine d’O
Valerio CATALDI     –     Presidente Associazione Carta di Roma
Vanda ALTATELLI     –     SONIA for a Juszt New World
Vanina ROCHICCIOLI     –     Présidente du Gisti
Veronica RASOLI     –     Avvocato – Membro Osservatorio Solidarietà Carta di Milano
Véronique ALBANEL     –     Présidente JRS France
Véronique NAHOUM-GRAPPE      –     EHESS LDH
Véronique OLMI     –     Ecrivaine
Victoria LOVELOK     –     CCIVS Director
Vincent FILLOLA      –     Co-Président Avocats Sans Frontières France
Violaine CHAPELAIN     –     Designer
Virginie RAMARSON     –     Solidarité laique
Vittorio TERESI     –     Impiegato pubblico
Volker LOSCH     –     Regisseur
Walter SITTLER     –     Schauspieler und Filmproduzent
Watch the MED – Alarmphone     –     Watch the MED – Alarmphone
Wilfrid LUPANO     –     Scénariste BD
William BOURDON     –     Avocat au Barreau de Paris
WOLFGANG IDIRI     –     DIRECTEUR GÉNÉRAL
Xavier EMMANUELLI     –     Samusocial International
Yahia BELASKRI     –     Ecrivain (Paris)
Yann ARTHUS-BERTRAND     –     Photographer/ filmmaker
Yann BARTHES     –     Producteur TV Le Quotidien
Yann CARIOU     –     Capitaine
Yasha MACCANICO     –     Statewatch/Universita di Bristol
Yves GILLET      –     Président Keran

 

RFI // L’enjeu des données mobiles des migrant.e.s

http://www.rfi.fr/europe/20180730-europe-donnees-mobiles-migrants-immigration-portables

Par Cloé Magister Publié le 30-07-2018

Les téléphones portables sont de véritables lignes de vie pour les migrants. Outils de documentation, systèmes de navigation, mais aussi et surtout moyens de communication, ils leur permettent d’établir un contact régulier avec leurs proches, les passeurs, et toute autre personne susceptible de les aider dans leur périple. Mais justement parce qu’ils leur permettent de rester connectés, les téléphones portables exposent aussi les migrants à de véritables risques. Parmi eux, l’exploitation de leurs données mobiles par les autorités de certains pays européens, qui peut permettre de retracer leur parcours ou vérifier leur identité.

Lorsqu’ils sont contraints de quitter leur pays d’origine, des milliers de migrants laissent derrière eux leurs foyers avec pour seuls bagages quelques billets, et un téléphone portable. Juste de quoi leur permettre d’atteindre l’Europe. Être connecté est un point essentiel dans une situation de migration forcée, pour rester en contact avec ses proches, mais aussi pour pouvoir joindre les secours.

Pour des questions de mobilité, de localisation et de sécurité, les téléphones sont donc des outils indispensables aux migrants, mais pas seulement. Selon Wired UK, la déclinaison britannique du mensuel américain Wired, certains gouvernements européens utilisent les téléphones portables des migrants et en extraient les données mobiles de géolocalisation et de messagerie.

Des entreprises spécialisées dans l’extraction de données

« Ça ne me surprendrait pas, affirme Carleen Maitland, professeur associée à l’université des sciences de l’information et technologie de Pennstate. Il y a 20 ans déjà, si quelqu’un faisait une demande d’asile, les agents de l’immigration demandaient des preuves pour vérifier les propos des demandeurs. C’est extrêmement inquiétant, et décevant pour des gens qui ont déjà tout perdu de devoir perdre, en plus, leurs souvenirs numériques ».

Un acte rendu possible par la recrudescence d’entreprises spécialisées dans ce domaine, comme par exemple au Royaume-Uni. Là-bas, plusieurs entreprises possèdent même des contrats avec les forces de police britanniques, comme le révèle un rapport de Privacy International, une organisation non gouvernementale basée à Londres, militant pour le droit à la vie privée.

Selon l’une de ces sociétés, MSAB, 97% des forces de police britanniques utiliseraient le logiciel XRY, donnant même un accès aux données supprimées des appareils mobiles, qu’il s’agisse de smartphones, de modem 3G, de GPS ou encore de tablettes.

Manque de transparence

Aujourd’hui, Privacy International n’a pas la preuve que les forces de police ont recours à ce type de pratique envers les migrants, et ce malgré les révélations du journal The Guardian en 2016, statuant que le Home office, le ministère de l’Intérieur britannique, pouvait bel et bien avoir accès aux données mobiles des téléphones des migrants soupçonnés d’avoir commis un crime. Mais sur quels critères ? Le problème pour Privacy International : un manque de transparence sur cette question, régulée par une loi, selon eux, obsolète –  la loi sur la police et les preuves pénales, datant de 1984. Elle accorde à la police le pouvoir d’exiger « n’importe quelle information stockée sous toute forme électronique ».

« Nous craignons que les données mobiles des migrants soient extraites de leurs téléphones portables quand ils sont détenus dans des centres de rétention, ou lorsqu’ils passent d’un centre à un autre (au Royaume-Uni), sans que personne ne le sache vraiment », s’inquiète Millie Graham Wood, avocate au sein de Privacy International. « La loi sur laquelle ils disent s’appuyer est inadéquate et inapplicable aux nouvelles technologies », ajoute-t-elle.

Un volume d’informations important

Une inquiétude d’autant plus légitime lorsque l’on sait à quelles informations peuvent accéder les services de police britanniques quand ils ont recours à la technologie de Cellebrite : les numéros de chacun des contacts enregistrés dans le téléphone, le journal d’appel, les messages textes et images envoyés, toutes les vidéos et images ainsi que leur date et heure de création (parfois même accompagnées de leur géolocalisation), les fichiers audio, les e-mails, les informations de navigation, les données GPS, les messages et contacts des applications de réseaux sociaux, tous les réseaux bluetooth auxquels a été connecté le téléphone, les codes de déverrouillages (qu’il s’agisse de chiffres ou de schémas), et même les données supprimées.

« Ils n’ont aucune idée du volume d’informations qui peut leur être pris, et comment cela pourrait être utilisé contre eux dans le futur », explique Millie Graham Wood. D’autant que les informations trouvées dans le téléphone ne sont pas forcément précises et fiables à 100%. « Avec ce manque de transparence autour de la question de la provenance des données des migrants et de leur utilisation, il y a un risque d’erreur judiciaire, qui pourrait conduire à des expulsions à cause de ce qu’on a trouvé sur les téléphones et qui pourrait s’avérer incorrect. »

Mais le Royaume-Uni n’est pas le seul pays d’Europe où les données mobiles peuvent se retourner contre les migrants. En Allemagne, la loi est plus claire : depuis le 18 mai 2017, les autorités peuvent examiner les métadonnées des migrants potentiels et déterminer dans quels pays ils ont été, et à quel moment – vérifier, donc, leurs témoignages lors de leur demande d’asile en cas de doute.

Selon Wired, les autorités allemandes ont recours à un logiciel informatique appelé Atos, qui utilise les technologies de deux entreprises spécialisées dans l’analyse forensique des téléphones, T3K… et MSAB. Une combinaison d’outils qui permet d’accéder aux métadonnées contenues dans les téléphones portables.

Des politiques différentes en Europe

En Allemagne, la loi sur la surveillance des téléphones ne peut s’appliquer que dans le cas où l’identité ou la nationalité d’un demandeur d’asile ne peut pas être prouvée, et s’appuie sur la section 15a de l’Asylum Act, selon Annegret Korff, porte-parole de l’Office allemand des migrations (BAMF), interrogée par confrères du site Infomigrants. Seul le BAMF peut ensuite traiter ces données.

En 2017, la Belgique s’est aussi inspirée de son voisin allemand ; au mois de novembre, la Chambre a adopté la réforme du droit d’asile du secrétaire d’Etat Theo Francken. Un texte qui donne aux autorités la possibilité d’inspecter les téléphones portables des demandeurs d’asile, mais aussi d’éplucher leurs profils sur les réseaux sociaux afin de vérifier le récit du candidat quant à son parcours. L’objectif est aussi de contrôler leur identité s’ils ne possèdent pas de documents pouvant la prouver. En cas de refus de rendre accessible son téléphone portable et ses réseaux sociaux, le demandeur d’asile peut être enfermé.

Même chose en Turquie. Là-bas aussi, les autorités se penchent sur les profils des migrants, dès leur passage à la frontière avec la Syrie. C’est ce que l’on peut lire dans un article de Marie Gillespie, professeur de sociologie à l’Open University du Royaume-Uni, et Souad Osseiran, anthropologiste spécialisée sur les questions de migrations et réfugiés en Turquie, ainsi que Margie Cheesman, de l’université d’Oxford au Royaume-Uni. Ils ont interrogé Saleem, qui témoigne : « quand je suis arrivé à la frontière en Turquie, le garde a pris mon téléphone et m’a demandé mon mot de passe Facebook. Au début, je ne voulais pas lui donner parce que j’avais peur, mais ils m’ont mis en prison pendant 15 jours, et m’ont frappé. Ils avaient pris mon téléphone, et j’étais coincé. »

Dans l’article, on apprend aussi que la surveillance en ligne peut continuer une fois les frontières européennes passées, puisque les autorités demandent aux demandeurs d’asile des informations à propos de leur compte Facebook, les incitant à « nettoyer » leurs profils.

La France adopte, elle, une position différente de ses voisins : les autorités ne peuvent surveiller les données mobiles des migrants pour des procédures administratives telles que des demandes d’asile, sauf dans le cadre de la lutte contre le terrorisme – où n’importe quelle personne suspectée peut être mise sur écoute.

Mais alors pourquoi de telles différences de pratiques entre les pays européens ? Interrogé par Infomigrants en mars 2018, le Bureau des migrations et des affaires intérieures de la Commission européenne a répondu que le droit européen ne réglementait pas cette question. Chaque Etat-membre est donc en mesure de décider si oui ou non les demandeurs d’asile doivent remettre leur téléphone portable aux autorités, et s’ils font appel à des entreprises comme MSAB. La firme résume d’ailleurs bien quelles sont ses possibilités en matière d’exploitation des données : « si vous avez accès à une carte SIM, vous avez accès à la vie entière d’une personne ».

 

 

GISTI // A Calais, un état d’urgence opportun

https://www.gisti.org/spip.php?article5963

Article extrait du Plein droit n° 117, juin 2018
« Étrangers en état d’urgence »

À Calais, un état d’urgence opportun

Lionel Crusoë

avocat, barreau de Paris
Depuis plus de 20 ans, la préfecture du Pas-de-Calais et la mairie de Calais utilisent tous les moyens pour empêcher les exilé·e·s, en route pour la Grande-Bretagne ou en attente de l’examen de leur demande d’asile en France, d’installer des lieux de vie, et pour empêcher les habitant·e·s et associations de leur venir en aide. Bien que la menace terroriste soit nulle dans le Calaisis, l’adoption de l’état d’urgence a donné les coudées franches aux autorités.

La déclaration de l’état d’urgence, à la suite des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, a fourni l’occasion à la préfecture du Pas-de-Calais d’utiliser les pouvoirs dérogatoires prévus par la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence. Le président de la République avait en effet considéré, par son décret du 14 novembre 2015, que le péril combattu devait l’être sur l’ensemble du territoire métropolitain. Sauf qu’à Calais, il n’a pas été question un seul instant de combattre le terrorisme. À notre connaissance, le territoire calaisien n’a d’ailleurs jamais constitué un enjeu dans la lutte contre Daesh.

L’objectif était donc ailleurs : depuis plus de 20 ans, pour empêcher l’apparition de lieux de vie d’exilés à Calais, le préfet a pris l’habitude d’utiliser tous les moyens à sa disposition. Très vite, les forces de l’ordre calaisiennes ont considéré qu’elles ne pouvaient se passer des pouvoirs extraordinaires posés par la loi du 3 avril 1955. Extra-ordinaires, car, pour la plupart, ces pouvoirs sont complètement étrangers au droit commun et permettent de porter des graves atteintes à la liberté d’aller et de venir des personnes.

L’application de l’état d’urgence à Calais, qui n’aurait jamais dû avoir lieu, intervient dans un contexte particulier. En novembre 2015, environ 6 000 exilés vivent à Calais. Certains sont demandeurs d’asile en France, quelques-uns sont en errance, tandis que d’autres cherchent à rejoindre le Royaume-Uni par des moyens irréguliers rendus nécessaires par l’insuffisance des procédures légales, en particulier en matière de réunification familiale [1].

À cette époque, la maire de la commune de Calais et la préfète du Pas-de-Calais se félicitent d’avoir finalement obtenu la disparition de l’ensemble des squats et lieux de vie d’exilés implantés en centre-ville, en les repoussant sur le bidonville de la Lande, zone marécageuse située aux abords de la rocade portuaire. Cet « encampement » en marge de la ville expose les exilés à des conditions de vie particulièrement indignes [2]. Les personnes « relocalisées » doivent s’y installer dans des abris de fortune, à proximité du centre Jules Ferry où sont distribués, en quantité insuffisante, des repas et où est proposé un service de douches, volontairement sous-dimensionné, pour vraisemblablement éviter de rendre le lieu trop attractif. Parmi les exilés, figurent de très nombreux mineurs isolés, parfois très jeunes. Plusieurs associations françaises et britanniques se mobilisent alors pour apporter aux exilés l’assistance que les pouvoirs publics refusent d’accorder.

Mais, pour sa part, l’autorité préfectorale travaille essentiellement à mettre à l’écart cette population et à empêcher les tentatives de passage. Et, à la fin de l’année 2015, c’est un État, probablement à court d’idées pour freiner l’essor de ces tentatives et maîtriser le nombre d’exilés présents, qui va profiter de la déclaration de l’état d’urgence.

Dissuader les tentatives de passages

L’état d’urgence va d’abord être utilisé pour sécuriser la frontière. Pour empêcher les tentatives de franchissement de la frontière, les dispositifs de protection ont été renforcés en 2015. À la suite d’un accord passé entre le ministre de l’intérieur français et le ministre du Home Office britannique en septembre 2014, la zone portuaire [3] est littéralement fortifiée par l’érection d’une double clôture de deux et quatre mètres de haut, et qui s’étend sur près de trois kilomètres le long de la rocade menant aux embarcadères du port de Calais.

Évidemment, cela ne suffit pas à ralentir le nombre important de tentatives de passage, cela ne fait qu’en déplacer le lieu de la mise en œuvre. L’on tente toujours de franchir la frontière aux abords de l’Eurotunnel ; en juin 2015, Theresa May, ministre du Home Office affirme devant la Chambre des communes qu’au total 30 000 tentatives de passages ont été constatées sur les dix derniers mois [4].

Les ministres de l’intérieur français et britannique vont donc, par un nouvel accord, le 20 août 2015 [5], allouer des moyens supplémentaires à la sécurisation du périmètre de l’entrée du tunnel, par un dispositif de clôtures, de vidéosurveillance, de technologie de détection infrarouge et de projecteurs lumineux. Ce renforcement drastique de la surveillance et de la protection de plusieurs points de passage ne décourage pourtant pas les exilés. Il les contraint cependant à prendre de plus en plus de risques. À tel point qu’en 2014 et 2015, on compte 46 décès à la frontière (sans citer les blessés).

Pour enrayer les tentatives de passage que le dispositif ne ralentit pas, l’État va sortir la carte de l’état d’urgence. L’une des prérogatives prévues par l’article 5 de la loi du 3 avril 1955 permet au préfet de département d’« instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ». L’institution d’une zone de protection ou de sécurité est une mesure de police administrative attrape-tout, qui a pu, au début de la guerre d’Algérie, justifier d’importants déplacements de populations, des restrictions de circulation et même des assignations à résidence collectives, étant précisé que le non-respect de l’obligation imposée par l’autorité qui a institué la zone pouvait aboutir, comme le précise l’article 13 de la loi, à des peines d’emprisonnement. Alors que cette disposition devrait être maniée avec précaution, la préfète du Pas-de-Calais choisit de l’appliquer quelques jours après la déclaration de l’état d’urgence, le 1er décembre 2015, pour interdire la présence de piétons sur la rocade portuaire.

Pourquoi une telle mesure ? L’article L. 2231-1 du code général des collectivités territoriales permet déjà à l’autorité de police (le maire ou le préfet) de réglementer, dans le cadre de ses pouvoirs ordinaires, les conditions de circulation sur les routes nationales. Mais surtout, une telle préférence donnée à la loi du 3 avril 1955 n’est pas compréhensible dès lors qu’aucun motif en lien avec l’état d’urgence n’est ici en cause, comme les commentateurs le soulignent [6]. Avec cet arrêté, ce n’est pas tant les aspects opérationnels de la zone de protection qui semblent intéresser la préfète du Pas-de-Calais, mais plutôt le label « état d’urgence », dont l’administration espère sûrement qu’il exercera un effet dissuasif sur les exilés tentés de passer. Mais, l’épouvantail ainsi créé n’a été d’aucun effet.

L’obligation portée par cet arrêté a été massivement méconnue, pendant toute sa durée (la préfète du Pas-de-Calais ne parlait-elle pas, en octobre 2016, de plus de 30 000 intrusions piétonnes sur la rocade, chaque mois ?), sans qu’elle ne donne lieu, à notre connaissance, à des condamnations.

Contrer le droit de manifester

L’état d’urgence a également servi à restreindre le droit de manifester [7]. Là encore, ces limitations ont été régulièrement prononcées pour des motifs sans lien avec le risque d’attentats terroristes, au fondement de la déclaration de l’état d’urgence. Il a été instrumentalisé par le gouvernement pour assouvir des mobiles politiques et, tout particulièrement, pour contrer des manifestations hostiles à ses décisions. On connaît les assignations à résidence prises sur le fondement de l’article 6 de la loi du 3 avril 1955 contre des militants écologistes qui risquaient d’organiser des actions et des mobilisations au cours de la COP 21 (conférence internationale sur le climat qui s’est tenue au Bourget) ou encore les interdictions de séjour prononcées en application du 3° de l’article 5 de la loi du 3 avril 1955, contre des militants pour les empêcher de se rendre dans les secteurs où étaient organisées des manifestations contre la « loi travail ».

À Calais, l’état d’urgence va permettre le gel du droit de manifester en soutien aux exilés. Lorsque, à la fin de l’année 2016, le démantèlement de la Lande de Calais est projeté, il est présenté par le gouvernement comme une grande opération humanitaire destinée à « sortir de la boue » les exilés qui y vivent et à leur permettre, par une (nouvelle) relocalisation – cette fois-ci vers des centres d’accueil et d’orientation – d’intégrer le dispositif d’asile de droit commun [8]. Les critiques de plusieurs associations – lesquelles n’y voient qu’une énième opération de déguerpissement sans solution pérenne pour les exilés arrivant à Calais – sont toutefois vives et risquent de brouiller le message du gouvernement [9]. De manière assez problématique, l’état d’urgence va de nouveau être mobilisé à Calais pour « invisibiliser » cette opposition.

Ainsi, peu avant la destruction du bidonville de la Lande de Calais, deux manifestations de soutien aux exilés du bidonville sont organisées par la Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), les 1er et 11 octobre 2016. Alors qu’elles n’ont aucun lien avec la lutte contre la menace terroriste, elles sont interdites par l’autorité préfectorale qui se fonde, sur l’article 8 de la loi du 3 avril 1955, qui prévoit que « les […] rassemblements de personnes sur la voie publique peuvent être interdits dès lors que l’autorité administrative justifie ne pas être en mesure d’en assurer la sécurité compte tenu des moyens dont elle dispose ». C’est en se prévalant de l’insuffisance des unités de police pour encadrer ces rassemblements que la préfète du Pas-de-Calais interdit ces manifestations dont l’une, pourtant, ne devait pas regrouper plus de 200 participants [10]. À ces deux dates, les forces de l’ordre étaient, comme on le sait, très nombreuses à Calais pour préparer l’opération d’évacuation du bidonville, qui allait intervenir quelques jours après. On peut dès lors s’interroger sur la sincérité de la justification avancée.

Pouvait-elle, en outre, suffire à justifier qu’aucune manifestation ne se tienne (même organisée différemment et selon un autre trajet), alors que, à cette époque, il existait dans le débat public un important courant opposé au plan d’évacuation du bidonville, tel qu’il était projeté, et qui aurait mérité de pouvoir s’exprimer ? Le tribunal administratif de Lille, saisi de deux référés-liberté, a malheureusement rejeté le recours des organisateurs en arguant que des groupes d’ultra-gauche et d’ultra-droite pourraient s’y rencontrer pour s’y affronter et que les forces de l’ordre ne pouvaient en assurer le contrôle [11].

Et c’est ainsi que, au cours du mois d’octobre 2016, l’expulsion de la Lande de Calais a été mise en œuvre sans qu’aucune manifestation publique ait pu avoir lieu.

Démanteler le bidonville

Les opérations de l’expulsion du bidonville de la Lande de Calais se sont déroulées en plusieurs étapes : d’abord, avec l’adoption des arrêtés du 19 janvier et du 19 février 2016 pour l’expulsion de la zone sud du bidonville : ensuite avec l’arrêté du 21 octobre 2016 pour l’évacuation de la zone nord. Là encore, l’état d’urgence a constamment été mobilisé.

D’abord, il a joué le rôle d’alibi et de justification des mesures d’expulsion. Chaque arrêté a, en effet, été pris au visa de la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence, et retient, parmi ses motifs, que, « compte tenu de la prégnance, à un niveau très élevé, de la menace terroriste ayant justifié l’état d’urgence, les forces de sécurité doivent prioritairement être engagées dans la prévention de cette menace et ne peuvent être distraites et mobilisées, en nombre très important, pour lutter contre des troubles à l’ordre public récurrents liés à l’occupation de ce campement ». Autrement dit, par contamination, le régime d’état d’urgence a permis de légitimer des décisions qui, en temps ordinaire, auraient pu sembler trop sévères ou inadaptées. Le pire est sûrement qu’une telle acception était recevable pour le juge administratif comme l’atteste la jurisprudence trop peu exigeante du Conseil d’État qui retient que, pour le prononcé d’une mesure relevant du régime de l’état d’urgence [12] ou d’une mesure de droit commun [13], l’autorité de police peut, notamment, s’appuyer sur le fait que les forces de police ne doivent pas être distraites de leur rôle de lutte contre le terrorisme.

Ensuite, l’état d’urgence a été utilisé à des fins opérationnelles, dans le cadre de ces expulsions. Ainsi, le 23 octobre 2016, la préfète du Pas-de-Calais crée une zone de protection sur l’ensemble du secteur de la Lande, dans laquelle le séjour, la circulation et le stationnement des personnes sont réglementés, du 24 octobre au 6 novembre 2016. Cette décision a pour principale implication de subordonner l’entrée sur la Lande à l’obtention d’une accréditation délivrée par la préfète.

Une opération “humanitaire” attentatoire aux droits de l’Homme

Ce dispositif parachève, en quelque sorte, ce qui avait déjà été entrepris avec les interdictions de manifestations : il vise à empêcher tout risque d’opposition. Le texte indique chercher à éloigner du bidonville les militants No Border jugés susceptibles de s’opposer physiquement au démantèlement. L’on découvre toutefois qu’aucune action de ce type n’a jamais été projetée. En outre, le dispositif cible large et éloigne les avocats de la zone de protection. Plusieurs d’entre eux, qui intervenaient sur le bidonville, ne pourront pas retrouver leurs clients avant qu’ils soient dispersés dans des centres d’accueil et d’orientation, sur tout le territoire national, à l’issue de l’opération d’expulsion.

Alors que des centaines de journalistes ont bénéficié d’accréditations pour assister à l’expulsion, plusieurs associations de soutien des exilés, présentes sur le bidonville, ont été tenues à l’écart. Certaines, qui y intervenaient avec le concours de l’État sur des questions de santé et de sensibilisation aux violences sexuelles, se sont vu refuser l’accréditation alors qu’elles y suivaient des exilés. Il en est allé de même pour l’association la Cabane juridique/Legal Shelter, qui avait pu, quelques mois auparavant, organiser la saisine du juge des enfants pour obtenir le placement provisoire de mineurs isolés étrangers du bidonville, et qui accompagnait encore près de 200 exilés victimes de violences policières ou engagés dans des démarches de demande d’asile et de réunification familiale.

Quelques heures après l’adoption de cet arrêté, le Gisti, l’association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), l’association calaisienne le Réveil voyageur et la Ligue des droits de l’Homme l’ont dénoncé dans le cadre d’un référé-liberté. Trop tard. La préfète du Pas-de-Calais l’abrogera quelques heures avant l’audience, en indiquant que l’opération d’expulsion étant achevée, l’arrêté instituant la zone de protection n’avait plus d’utilité.

Outre l’institution de cette zone de protection, la préfète du Pas-de-Calais a prononcé, en octobre 2016, quatre interdictions de séjour à l’encontre de militants. Un rapport parlementaire le note : ces dernières mesures n’étaient pas fondées sur le fait que la présence de ces derniers constituerait un risque d’attentat terroriste, ni même sur une dangerosité révélée par des violences commises dans le passé, mais sur le simple fait que ces personnes auraient été vues aux abords de la première zone de protection créée le 1er décembre 2015 [14]. Parmi ces interdits de séjour figure un journaliste, auteur d’articles et de reportages témoignant de la dureté des violences policières à Calais.

Jamais une opération « humanitaire » n’a mobilisé autant de prérogatives attentatoires aux libertés. Qu’importe. L’essentiel est, pour le gouvernement, que ce recours aux outils de l’état d’urgence ait permis d’atteindre l’objectif d’une expulsion éclair en trois jours.

 


Notes

[1Voir par exemple sur ce point, Défenseur des droits, Exilés et droits fondamentaux, octobre 2015, p. 53, ou encore M.-C. Fabié et L.-S. Sorlin, « L’accès aux droits des mineurs isolés étrangers dans les bidonvilles du Nord-Pas-de-Calais », in Collectif, Décamper, La Découverte, 2016, p. 280.

[2En ce même mois de novembre 2015, des exilés et plusieurs associations obtiennent du juge du référé-liberté qu’il ordonne à l’État et à la commune de Calais de mettre en œuvre les mesures – toutefois minimales – destinées à aménager le campement et à recenser les mineurs isolés du bidonville.

[3Voir pour une description du dispositif : Maël Galisson, « Voir Calais et mourir », Plein droit n° 109, juin 2016.

[4« Migrants : Londres veut créer une “zone de sécurité” pour protéger les chauffeurs à Calais », Dépêche AFP du 15 juillet 2015.

[5Déclaration du 20 août 2015 : « Faire face à la pression migratoire à Calais »

[6Paul Cassia, Contre l’état d’urgence, Dalloz 2016, p. 86.

[7Amnesty International, « France : une droit, pas une menace. Restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence en France », rapport, mai 2017.

[8« Jungle de Calais : une opération “humanitaire” pour Cazeneuve et Cosse », Le Point, 21 septembre 2016.

[9« Jungle de Calais : le gouvernement s’efforce de désamorcer les critiques », L’Express, 11 octobre 2016.

[10Amnesty International, « France : une droit, pas une menace. Restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence en France », rapport, mai 2017, p. 18.

[11Ordonnance TA Lille, 30 septembre 2016, Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), n° 1607369 ; Ordonnance TA Lille, 13 octobre 2016, Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), n° 1607727.

[12Conseil d’État, 11 décembre 2015, n° 395009.

[13Conseil d’État, 30 décembre 2016, Association nationale des supporters, n° 395337.

[14Voir sur ce point le Rapport d’information sur le contrôle parlementaire de l’état d’urgence du 6 décembre 2016, p. 129.

Libération //A Grande Synthe, c’est à nouveau la jungle

http://www.liberation.fr/debats/2018/07/30/a-grande-synthe-c-est-a-nouveau-la-jungle_1669757

Par Olivier Caremelle , directeur de cabinet du maire de Grande-Synthe, Damien Carême — 30 juillet 2018

Depuis 2015, et malgré la création par la mairie d’un camp humanitaire, détruit accidentellement, le problème de l’accueil des migrants non géré par l’Etat, reste entier.

Directeur de cabinet du maire de Grande-Synthe, Damien Carême, je suis depuis près de trois ans en première ligne pour «suivre» l’actualité migratoire. Rien ne m’y préparait.

Un étudiant de Sciences-Po Lille, lors d’un débat il y a peu, me demandait naïvement : «Comment êtes-vous entré dans l’humanitaire ?» Ma réponse fut aussi claire et limpide que possible : «C’est l’humanitaire qui nous est tombé dessus !» Ce fut un choc. Brutal. Sans retour.

Ce 17 août 2015, mon téléphone sonne beaucoup. Je rentre de vacances. En forme, prêt pour la rentrée politique. Le nombre de migrants a fortement augmenté pendant mes semaines de congés. Ils seraient, ce 17 août, 170. Ils seront plus de 2 800 fin décembre, dont une majorité de Syriens.

Cela conduira à la décision de Damien Carême de construire, avec Médecins sans frontières (MSF), un camp humanitaire, contre l’avis du gouvernement de l’époque. Ni Manuel Valls ni Bernard Cazeneuve n’ont apprécié.

Ce dernier aura pourtant quelques mois plus tard l’intelligence de changer de pied et de proposer au maire de financer le fonctionnement du camp humanitaire.

Ce camp, Damien ne l’a pas bâti pour lui. Ni pour se faire plaisir, ni pour se faire connaître. Il l’a souhaité pour toutes celles et ceux qui survivaient dans le camp de la honte, dans la «jungle» du Basroch.

J’ai encore dans ma tête le poids des images et, faut-il le dire, des odeurs mêlées. Celles du bois brûlé et des conditions sanitaires catastrophiques. Personne n’est mort malgré les risques immenses de cet hiver neigeux. Petit miracle. Qui aurait été responsable ?

Le camp a ouvert ses portes le 7 mars 2016. Il est parti en fumée dans la terrible nuit du 10 avril 2017. Je suis averti de l’incendie et m’y rends pour rejoindre le préfet de région, Michel Lalande.

Au loin, sur l’autoroute, je devine les lueurs du feu sans m’imaginer le chaos du brasier. En entrant sur le camp en feu, j’entends d’abord les bruits de ceux qui continuent à se battre, Afghans contre Kurdes, et des forces de l’ordre qui se mobilisent pour rétablir le calme. En m’enfonçant dans le camp, au téléphone avec Damien, l’émotion m’étreint je l’avoue. Tous nos efforts sont réduits à néant. Il nous faudra plusieurs semaines pour l’accepter. Au petit matin, le camp est parti en fumée. Paysage lunaire.

Depuis cette date et malgré nos efforts collectifs, avec l’Etat, les associations, les services municipaux, notre actualité, tous les jours, reste celle des exilés.

Les filières sont là, bien installées. Les exilés continuent d’arriver via l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique ou encore Paris. La question de l’accueil nous taraude. Beaucoup moins le ministre de l’Intérieur, qui nous reçoit ce 18 septembre 2017.

L’accueil est glacial. Le ministre s’emporte, avec déraison. Militant politique depuis plus de vingt ans et élu local, j’ai souvent croisé la route de ministres ou de personnalités. Gérard Collomb est à côté du sujet et fait des amalgames insoutenables. Inadmissibles. Nous sommes abasourdis. Alors qu’il refuse à Damien Carême toute solution locale, je finis par lui demander s’il veut créer une ligne de démarcation pour le littoral. La réponse sera claire et franche : «Oui !» A la sortie de l’entretien, nous convenons avec Damien Carême de ne rien dire à la presse. Qui nous aurait crus ?

J’apprendrai quelques semaines plus tard par le sous-préfet de Dunkerque que le nouveau traité de Sandhurst interdit toute implantation de centres d’accueil et d’orientation (CAO) de Calais à Dunkerque, condition pour que l’Angleterre finance les dispositifs de sécurisation, côté français !

Le 19 septembre, je rejoins le préfet de région à Grande-Synthe pour une nouvelle mise à l’abri. Ce jour-là, le préfet avait plus de 450 places à sa disposition. Il dut arrêter les opérations avant son terme, victime de «son succès» auprès des exilés, dont plus de 600 étaient présents ce jour sur le site du Puythouck.

Les mois qui suivirent furent difficiles. Pour nous. Pour les associations. Pour l’Etat. Pour les exilés en premier lieu. Au jeu du chat et de la souris, les personnes qui arrivent à Grande-Synthe n’ont qu’une idée : passer en Angleterre. Elles n’ont que faire de rejoindre des CAO, des centres d’accueil et d’examen des situations (CAES), des accueils temporaires, service de l’asile (AT-SA), des programmes d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (Prahda), des centres d’hébergement d’urgence migrants (CHUM) et autres dispositifs. Qui s’y retrouve d’ailleurs ? Malgré l’augmentation du nombre de places, celles-ci sont insuffisantes.

Il est vrai que la loi asile et immigration a, entre-temps, été votée. Que réglera-t-elle ? Une seule constante pour nous. Nous empêchant d’offrir localement à Calais ou à Grande-Synthe une première réponse d’urgence, l’Etat se condamne à des campements sauvages et à des «jungles». Le responsable du Haut Commissariat aux réfugiés en France me le dit un jour, visitant avec moi le camp de la Linière. «Chez nous [en Allemagne], ceci serait impossible, et encore moins des “jungles” !»

Nous sommes aujourd’hui le 24 juillet 2018. A ce jour et à cette heure, près de 500 personnes survivent dans des sous-bois, à deux pas de l’ancien camp humanitaire que nous avions construit.

Olivier Caremelle directeur de cabinet du maire de Grande-Synthe, Damien Carême

 

Politis // Quand le 115 ne répond pas

https://www.politis.fr/articles/2018/07/quand-le-115-ne-repond-pas-39221/

Il faut parfois plus de deux heures pour arriver à joindre au téléphone un écoutant du Samu social. Témoignage d’un Parisien qui a hébergé une femme enceinte de sept mois, à la rue avec son fils de 2 ans.

Comme d’autres Parisiens, et d’autres Franciliens, et d’autres Français, Laurent Coq, pianiste, a hébergé une femme et son petit garçon qui erraient dans les rues de la capitale sans solution d’hébergement et sans ressources. Enceinte de sept mois et mère d’un jeune enfant, Awa répondait pourtant aux critères prioritaires d’accès à une mise à l’abri, en centre d’hébergement d’urgence ou en hôtel meublé. Mais que faire quand le 115, numéro d’appel du Samu social, ne répond pas ? Une femme enceinte peut se tourner vers Solidarité Paris Maman (Solipam), réseau de santé en périnatalité pour les femmes enceintes et leurs enfants en situation de grande précarité en Île-de-France. Ou la mission France de l’ONG Médecins du monde. Encore faut-il les connaître, et arriver à joindre le 115 par qui tout transite, sauf les urgences médicales, en théorie. Laurent Coq a confié son témoignage à Politis.

« En rentrant à pied jeudi 19 juillet au soir après le concert de mes élèves, au niveau de l’avenue Victoria [Ier arrondissement de Paris], je suis tombé sur une maman ivoirienne enceinte de sept mois et son petit garçon de 2 ans, qui erraient dans les rues à la recherche d’un bus. Elle poussait une grosse poussette chargée d’un sac énorme, et je les ai sentis épuisés tous les deux. Ils tournaient dans Paris depuis 9 heures, sans aucun point de chute. Le 115 n’ayant pas trouvé de logement pour eux, elle tentait de rejoindre la gare Montparnasse pour aller y dormir, à même le sol. Ils n’avaient rien avalé depuis le matin. Je les ai ramenés à la maison où ils ont mangé des pâtes avant de s’effondrer sur mon canapé-lit.

« Awa est partie d’Abidjan avec son compagnon pour fuir la famille de celui-ci, qui n’acceptait pas leur union et voulait lui enlever leur fils, Bakary. Mais ils ont été séparés au Maroc au moment de prendre le bateau pour l’Espagne. Depuis, elle n’a plus aucune nouvelle de lui. Pendant la traversée, elle s’est liée d’amitié avec une maman d’un autre petit garçon de 3 ans. Ensemble, ces deux mères et leurs fils ont passé deux mois en Espagne avant de remonter à Paris où elles galèrent depuis un mois à dormir dehors, ou dans le hall d’un hôpital quand celui-ci ne les expulse pas.

« Le 115, c’est le saint Graal ! »

« Vendredi, chaque interlocuteur que j’ai eu au téléphone – associations comme centres d’accueil – n’avait qu’un mot à la bouche : « Appelez le 115 ! » C’est le saint Graal, le 115. Tout passe par ce service qui déploie les sans-abri sur les centres et les hôtels meublés de Paris-Île-de-France. Sauf qu’ils ne sont pas assez nombreux à prendre les appels, et qu’ils manquent de lits pour faire face à la demande, surtout depuis le démantèlement du camp de migrants porte de la Villette, le 30 mai.

« Samedi matin, j’ai laissé Awa et son petit Bakary repartir sous la pluie vers le centre d’accueil de Bonne-Nouvelle, où ils ont pu prendre un petit-déjeuner et une douche, tandis que je partais enregistrer mes élèves à l’Edim (l’école de musique de Cachan où j’enseigne). À mon retour, elle m’a rappelé et ils sont repassés chez moi en début d’après-midi pour qu’ensemble, nous tentions à nouveau d’obtenir un hébergement via le 115. Résultat : presque deux heures d’attente au téléphone. Après quarante minutes d’une première attente, j’ai enfin eu une personne au bout du fil, et lui ai exposé le cas d’Awa, prioritaire normalement puisque enceinte de sept mois avec un enfant en bas âge. La personne m’a répondu de ne surtout pas quitter, elle me transférait à une personne qualifiée… Au bout d’1h30 d’attente, j’ai dû raccrocher parce que je devais partir à une répétition. Sans avoir eu de nouvel interlocuteur…

« Le 115, qui s’adresse exclusivement aux personnes à la rue, c’est une heure d’attente au téléphone minimum, parfois deux, la plupart du temps en vain. Comment une personne à la rue avec un portable à moitié chargé peut-elle patienter si longtemps ? Voilà résumée l’action publique. Un dispositif complètement déshumanisé et inefficace.

« Fiasco d’État ? »

« Mon amie Françoise, qui travaille dans le secteur social depuis trente ans, me dit que ça n’a jamais été pire. Avant, les travailleurs sociaux traitaient directement avec les directeurs des centres d’accueil. Ils les connaissaient et travaillaient en bonne intelligence. Maintenant, tout passe par le 115. Ces liens précieux sont cassés, ce qui a dépossédé autant d’acteurs de terrain de moyens d’agir. C’est un fiasco d’État.

« L’amie d’Awa rencontrée lors de la traversée l’a retrouvée, et ils sont tous partis à Trappes (Yvelines), chez la tante de l’amie qui a accepté de les héberger dans son petit deux-pièces. Awa m’a appelé samedi soir à 22h30, épuisée. Ils étaient enfin arrivés, et j’entendais les enfants qui jouaient. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Pour l’heure en tout cas, ils ne sont plus à la rue…

« Le petit Bakary est la grâce incarnée. Il fallait le voir jeudi soir quand il est entré chez moi, après une journée passée dans la poussette parce que sa maman avait trop peur de le laisser marcher sur le trottoir avec toutes les voitures… Il courait de la salle de bains au canapé sur lequel il sautait en riant. Vendredi après-midi, il a passé une demi-heure sur le piano, comme un ange.

Séparés…

« Je n’ai pas eu de nouvelles d’Awa pendant le week-end. J’étais inquiet. Quand j’ai fini par la joindre lundi, elle était à l’hôpital. Deux jours plus tôt, elle avait enfin décroché un logement avec le 115, à Corbeil-Essonnes, pour une semaine. Mais, dimanche à 6 heures du matin, alors qu’elle dormait avec son fils, elle a eu des contractions et elle a senti qu’elle perdait ses eaux. Sa poche amniotique s’était rompue. Elle a tout de suite compris l’urgence et a pris le décision de repartir à Paris pour l’hôpital. Elle a dû descendre son gros sac (l’appartement était situé au deuxième étage), puis la poussette, puis son fils, pour aller prendre le bus, puis le RER. Arrivés enfin à l’hôpital, la décision du personnel qui l’a prise en charge a tout de suite été de la garder au service des grossesses pathologiques et de placer Bakary dans une pouponnière. C’est la première fois qu’il est séparé de sa mère depuis sa naissance, avec des personnes qui ne parlent pas sa langue. Première nuit seul aussi.

« Mardi, j’ai eu une sage-femme de Solipam au téléphone, vraiment très bien. Si la procédure prendra probablement deux semaines pour que son inscription à l’association soit effective, elle a pris les coordonnées d’Awa et m’a promis de l’appeler dans l’après-midi. La prise en charge consiste en un suivi de la grossesse, de l’hébergement après la naissance et de la scolarité éventuelle des enfants (en l’occurrence Bakary est encore trop jeune) avec l’accompagnement et la coordination de tous les acteurs, dont l’assistante sociale. Ce soir mercredi, en sortant de mes cours, je suis passé la voir. On lui a fait une échographie, Bakary va avoir un petit frère… qui pour l’heure est encore dans le ventre de sa maman. La situation semble s’être stabilisée, il ne manque pas de liquide amniotique.

« Des questions demeurent. Awa va-t-elle rester hospitalisée jusqu’à l’accouchement, deux mois sans son fils ? Comment Bakary va-t-il vivre cette situation, lui qui n’a pas vu sa maman depuis trois jours ? Qu’adviendra-t-il d’eux quand il faudra quitter l’hôpital après l’accouchement ? Auront-ils un logement pérenne ? Qu’est-il arrivé au papa ? Le retrouveront-ils un jour ? Et quid de sa situation au regard de l’État français ? Sera-t-elle renvoyée en Côte d’Ivoire où elle risque à nouveau de se voir retirer la garde de ses enfants ? Des destins comme celui-ci, il en existe des milliers, souvent bien plus tragiques. Combien de femmes seules, avec enfants, et enceintes dormiront dans les gares, les halls d’hôpitaux ou à même le trottoir cette nuit à Paris ? »

 

Référé liberté sur l’eau – Ordonnance du Tribunal Administratif de Lille

L’ordonnance est consultable ici

Le communiqué des associations:

Le Tribunal Administratif rappelle à la préfecture ses engagements et condamne l’Etat à installer de nouvelles latrines à Calais

 Alors que les températures sont à la hausse  à Calais en ce mois de juillet, la situation des personnes exilées est alarmante :

  • les points de distribution d’eau proposés par l’état sont très éloignés des lieux de vie.
  • L’accès à l’eau et aux douches n’est possible que certaines heures de la journée
  • il est impossible de laver et de sécher le linge
  • les exilé.e.s n’ont aucun moyen de stocker l’eau pour y avoir accès 24H/24

La soif, le manque d’hygiène dégradent encore les conditions de vie des exilé.e.s et entraînent des répercussions sur leur santé et leur état psychique.

Nous faisons remonter nos inquiétudes de manière régulières aux autorités, notamment dans le cadre des réunions en sous préfecture de Calais dans des réunions appelées “aide aux migrants” qui sont organisées une fois par mois. Ces réunions présentent toutefois de nombreuses limites : le choix des dates et des ordres du jour, ainsi que la rédaction des comptes rendus, sont effectués à la préfecture, comme la sélection des associations autorisées à y participer. Dans les faits, nous ne sommes pas entendus, et nos remarques lors de ces réunions n’ont pas débouché sur des changements significatifs pour les personnes en situation de transit à Calais.

Nous n’avions alors plus le choix : 11 associations ont invité la préfecture à s’expliquer devant le juge des référés au Tribunal Administratif de Lille.

Le rapporteur spécial de l’ONU Leo Heller est lui aussi intervenu en tierce partie à ce contentieux pour inviter la France à respecter ses obligations en matière de fourniture d’eau.

Le Tribunal Administratif vient de rendre son ordonnance ce 31 juillet 2018.  Celui-ci rappelle les engagements de la préfecture pris à l’audience, invitant ainsi les associations à le saisir de nouveau si les engagements n’étaient pas respectés :

–          l’achat de jerrycanes de 5 litres permettant aux exilé.e.s de transporter de l’eau

–          l’extension des horaires d’accès à l’eau

–          l’installation d’une troisième citerne mobile  et de deux fontaines à eau

–     l’achat de bac permettant de laver le linge

Le juge enjoint également à l’Etat de mettre en place de nouvelles latrines car l’absence de celles-ci dans certains secteurs seraient constitutives d’une atteinte grave et manifestement illégale à la dignité des personnes.

Pour les associations, c’est une victoire : l’accès à l’eau et aux systèmes d’hygiène va être amélioré.

Nous allons rester très vigilantes sur la mise en place de ces différentes annonces dans les semaines à venir.

Nous regrettons de devoir saisir le juge administratif pour que soient respectés les droits les plus élémentaires des personnes migrantes.

L’Auberge des Migrants

La Cabane juridique – The Legal Shelter

Refugee Women Center

Secours Catholique – Caritas France

Communiqué de presse 26 juillet 2018

Communiqué : Face au tribunal, la préfecture du Pas de Calais admet ses manquements et annonce de nouveaux dispositifs

Alors que les températures sont à la hausse  à Calais en ce mois de juillet, la situation des personnes exilées est alarmante :

  • les points de distribution d’eau proposés par l’état sont très éloignés des lieux de vie.

  • L’accès à l’eau et aux douches n’est possible que certaines heures de la journée

  • il est impossible de laver et de sécher le linge

  • les exilé.e.s n’ont aucun moyen de stocker l’eau pour y avoir accès 24H/24

La soif, le manque d’hygiène dégradent encore les conditions de vie des exilé.e.s et entraînent des répercussions sur leur santé et leur état psychique.

Nous faisons remonter nos inquiétudes de manière régulières aux autorités, notamment dans le cadre des réunions en sous préfecture de Calais dans des réunions appelées “aide aux migrants” qui sont organisées une fois par mois. Ces réunions présentent toutefois de nombreuses limites : le choix des dates et des ordres du jour, ainsi que la rédaction des comptes rendus, sont effectués à la préfecture, comme la sélection des associations autorisées à y participer. Dans les faits, nous ne sommes pas entendus, et nos remarques lors de ces réunions n’ont pas débouché sur des changements significatifs pour les personnes en situation de transit à Calais.

Nous n’avions alors plus le choix : 11 associations ont invité la préfecture à s’expliquer devant le juge des référés au Tribunal Administratif de Lille.

Le rapporteur spécial de l’ONU Leo Heller est lui aussi intervenu en tierce partie à ce contentieux pour inviter la France à respecter ses obligations en matière de fourniture d’eau.

Les mesures que nous demandons sont très précises :

  • rapprocher les points d’eau des lieux de vie, faire en sorte qu’ils soient accessibles jour et nuit, et distribuer des récipients pour que les personnes sans-abri puissent stocker de l’eau

  • mettre en place un dispositif pour que les personnes sans-abris puissent laver leurs vêtements, et ainsi améliorer les conditions d’hygiène

  • améliorer l’accès aux douches (plages horaires plus longues, accès spécial pour les femmes et les mineurs)

  • Rapprocher les sanitaires des lieux de vie, et installer des robinets pour que les personnes exilées puissent se laver les mains

  • Mettre en place des bennes à ordure pour que les déchets soient traités

  • Informer les exilés sur ces dispositifs avec des documents traduits


Et cela a payé : le jour de l’audience, la préfecture du Pas de Calais a annoncé de très nombreuses évolutions du dispositif :

  • 2 fontaines à eau vont être présentes 24h/24 rue des Huttes

  • un 3ème lieu de ramassage va être mis en place pour les douches

  • Une 3ème citerne mobile est installé depuis le 23 juillet (veille de l’audience)

  • “plusieurs centaines de jerricans” vont être commandés pour être distribués aux exilé.e.s

  • Des bassines peuvent être commandées pour que les exilé.e.s lavent leur vêtements

La décision sera rendue en début de semaine prochaine.

Pour les associations, c’est une victoire : l’accès à l’eau et aux systèmes d’hygiène va être amélioré.

Nous allons rester très vigilantes sur la mise en place de ces différentes annonces dans les semaines à venir.

Et malgré cela, la situation reste très difficile : les expulsions forcées continuent, la violence et le harcèlement restent la pierre angulaire de la politique de l’Etat à Calais et sur le littoral.

Ce mercredi 25, le matin, une nouvelle opération d’expulsion forcée s’est déroulée sur le camp de la rue des Verrotières, où les exilé.e.s se sont fait confisquer tentes, couvertures et affaires personnelles. Même chose aujourd’hui au bois Chico-Mendès.

Faudra-t-il systématiquement retourner devant le Tribunal Administratif pour réclamer que soient respectés les droits fondamentaux des personnes migrantes?


Auberge des Migrants

Cabane Juridique / Legal Shelter
Gynécologie Sans Frontière
Help Refugees
Refugee Women Center
Utopia 56
Secours Catholique

Calais – boycott des réunions en préfecture

Calais : pourquoi les associations d’aide aux migrants vont boycotter les réunions avec l’Etat

Plusieurs associations d’aide aux migrants de Calais ont annoncé vendredi boycotter à l’avenir les réunions organisées par la préfecture afin de protester contre la “dégradation” de la situation ces dernières semaines.

Par AFP Publié le 14/07/2018 à 09:21

Jusque-là on avait juste refusé de rencontrer Macron en janvier quand il est venu à Calais, sinon on a participé à toutes les réunions”, a souligné auprès François Guennoc, de l’Auberge des migrants, l’une des trois associations signataires. Médecins du Monde et Salam avaient déjà cessé de venir.

Mais les arrestations déloyales de marcheurs a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase“, a-t-il ajouté. Il faisait ainsi référence à l’interpellation de cinq migrants, le 7 juillet à Calais, qui participaient à une “Marche solidaire” reliant Vintimille (Italie) à Douvres (Grande-Bretagne).

Selon M. Guennoc, trois d’entre eux ont été libérés des centres de rétention où ils avaient été placés, un autre allait être renvoyé en Belgique où ses empreintes avaient été enregistrées en vertu de l’accord de Dublin et un dernier va être renvoyé au Mali.

L’Auberge des Migrants, le Secours Catholique à Calais et Utopia 56 ont adressé un courrier au préfet du Pas-de-Calais pour dénoncer “une situation dégradée ces dernières semaines”.

Ils soulignent notamment :

  • une “insuffisance de l’accès à l’eau
  • une “insuffisance voire inexistence actuelle du dispositif d’information aux mineurs“,
  • pas ou pas assez de traducteurs”
  • une “insuffisance des informations sur les départs vers les centres d’accueil
  • des “violences policières persistantes“.

Le préfet “surpris”

Le préfet s’est dit “surpris de ce refus de participer”, assurant que les “échanges avec les associations ont d’ailleurs permis de faire évoluer positivement le dispositif humanitaire piloté par l’État sur plusieurs aspects concrets” (maraudes, points d’eau).

Quant aux interpellations d’étrangers en situation irrégulière à la frontière franco-britannique le 8 juillet 2018, elles viennent d’être reconnues comme loyales par la Cour d’appel de Douai“, a-t-il ajouté dans une réponse écrite adressée à l’AFP, affirmant que “l’État assure un socle humanitaire complet à destination de la population migrante” (distribution de repas, consultations médicales gratuites).

“L’Office français pour l’immigration et l’intégration (OFII) et les associations Audasse et France Terre d’Asile sillonnent le territoire calaisien à la rencontre des personnes migrantes pour leur fournir, dans leurs principales langues maternelles, des informations fiables sur leurs droits et sur le socle humanitaire”, précise-t-il.

La préfecture estime qu’entre 350 et 400 migrants vivent à Calais, les associations parlent de 600 à 700 personnes.